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Biologie et santé

VIH/SIDA : le point sur la recherche et les pistes pour une prévention plus efficace

Recherche sida

Le week-end du Sidaction 2018, qui a eu lieu du 23 au 25 mars, est l'occasion de faire un point sur la prévention, les dernières données épidémiologiques et sur les avancées les plus récentes en matière de recherche sur le VIH.

Actualité - 23.03.2018

Encore trop de comportements à risques chez les jeunes

La méconnaissance du virus et les comportements a risques persistent chez les jeunes.

En effet, selon un sondage commandé par Sidaction en février 2018...

  • 20% des jeunes interrogés estiment être mal informés sur le VIH/SIDA.
  • 26 % considèrent qu’il existe des médicaments pour guérir du sida (contre 13% en 2009).
  • 21% pensent que le virus du sida peut se transmettre en embrassant une personne séropositive
  • 18 % pensent que la transmission peut se faire en entrant en contact avec la transpiration.
  • 19% estiment que la pilule contraceptive d’urgence peut empêcher la transmission de virus (soit +9 points par rapport à 2015)
  • 91 % des jeunes pensent que le préservatif est efficace pour empêcher la transmission du VIH/sida (soit une perte de 7 points depuis 4 ans)
  • 14% des jeunes de moins de 25 ans admettent avoir été exposés au moins une fois à un risque d’être contaminé par le VIH/SIDA
  • Pourtant 32% considèrent avoir moins de risques que les autres d’être contaminés eux-mêmes, soit un chiffre en hausse de 4 points par rapport à  l’année précédente.

Ces chiffres sont également importants chez les étudiants et les diplomés (20% de mal informés), mais on note malgré tout que les jeunes ayant le niveau d’éducation le plus élevé sont ceux qui se protègent le mieux et que se dépistent le plus. 45% des jeunes déclarent avoir déjà eu une expérience de dépistage, mais seulement 28% des jeunes sans diplômes.

Soucieux d'informer les étudiants, le M.E.S.R.I. met à disposition des ressources sur les modes de dépistage du VIH et une information claire et ludique sur la protection contre le VIH à destination de ce public sur le site étudiant.gouv.fr.

Ce bilan nécessite de renforcer les services de santé dont disposent les jeunes

Actuellement, 24 services de santé universitaires sont des centres de santé, c'est-à-dire des lieux au sein desquels les étudiants peuvent recevoir des soins et effectuer des dépistages. Ce nombre sera bientôt porté à 34.


Il s'agit également d'amplifier le système des étudiants relais-santé, et de mettre en place le service sanitaire pour les étudiants en santé qui leur permettra également, dans le cadre de leurs études, d’intervenir auprès des jeunes. C'est l'une des mesures phare du Plan Étudiants.

La France à la pointe de la recherche contre le SIDA

Notre pays est l’un des premiers au monde pour la recherche en biologie et en santé.

Notre institut de recherche médicale, l’INSERM, est parmi les 10 premières institutions de recherche au monde. Dans le domaine particulier du SIDA nous tenons, depuis le début de l’épidémie un rôle de tout premier plan. La France a particulièrement bien structuré sa recherche dans ce domaine et le travail réalisé par l'ANRS est remarquable.



L'ANRS en bref

L’ANRS (France REcherche Nord&Sud Sida-hiv Hépatites) est l’agence française de recherches sur le VIH/Sida et les hépatites virales. Née en 1988, elle mobilise les chercheurs du Nord et du Sud, de toutes les disciplines, et quelles que soient leurs appartenances, autour de questions scientifiques.


Des progrès scientifiques remarquables et des traitements améliorés


La pandémie qui s’est développée à partir de la fin des années 1970, a fait de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) un problème sanitaire mondial : le SIDA a tué plus de 35 millions de personnes et il tue toujours, en dépit des avancées médicales. 

Les résultats des recherches menées au cours des dernières décennies tant dans le domaine fondamental, de la prévention et de la prise en charge des patients ont été remarquables.

  • Découverte du virus de l’immunodéficience humaine (V.I.H.) par les professeurs Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier  en 1983.
  • Découverte des traitements anti-rétroviraux en 1996.
  • Découverte réalisée en France (publiée en mars 2017) :

Les chercheurs viennent d'identifier que les cellules quiescentes CD4+ qui expriment le marqueur CD32a sont des réservoirs. Cela permet d'envisager des stratégies ciblant précisément les réservoirs. Certaines consistent à utiliser des médicaments employés pour d'autres maladies, comme le cancer, pour "attaquer" le réservoir.

La France (l'ANRS, à travers son réseau de chercheurs de l'Inserm, de l'Institut Pasteur, du CNRS, du CEA et de centres hospitaliers) s'inscrit dans cet ambitieux programme intégrant recherche fondamentale, recherche clinique et sciences humaines et sociales.

Par ailleurs, on dispose à ce jour d'une gamme élargie de traitements antirétroviraux qui ont un impact majeur sur la mortalité et la morbidité des personnes vivant avec le VIH. Ces traitements ont permis de passer du statut de maladie mortelle à celui de maladie chronique.



Une étude publiée récemment montre que l'espérance de vie des personnes séropositives vivant en Europe et en Amérique du Nord a augmenté de 10 ans depuis 1996, date d'introduction des antirétroviraux.

Une gestion multilatérale des crises sanitaires


La découverte de traitement anti-rétroviraux efficaces a provoqué une profonde remise en question du modèle économique des industries de santé et montré la surprenante capacité d’adaptation de ces industries à une demande émanant des pays les plus démunis, une situation jusque-là inédite.

La France a joué un rôle important dans la mise en place d’un contexte favorable à cette adaptation en soutenant fortement la création en 2002 du Fonds Mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.



Le Fonds Mondial est un partenariat entre les gouvernements, la société civile, le secteur privé et les personnes touchées par les maladies. Il collecte et investit près de 4 milliards de dollars US par an à l’appui de programmes dirigés par des spécialistes locaux dans les pays et les communautés qui en ont le plus besoin. Son impact a été majeur pour le contrôle de la pandémie et la diminution de la mortalité dans les pays du sud.

La démocratie sanitaire


La politique de lutte contre le VIH/SIDA en France et dans la plupart des pays riches n’a pas eu recours aux stratégies traditionnelles de la santé publique en situation d’épidémie, qui reposent sur l’arbitrage des autorités et font souvent appel à la coercition. Elle s’est d’emblée caractérisée par l’absence inédite de limitation des droits individuels au nom du bien commun. Ce choix libéral repose sur la conviction que la défense des libertés est bénéfique pour la promotion du bien commun qu’est la santé.

Le corollaire de cette responsabilité commune est l’attribution de fonctions spécifiques, indissociables et complémentaires à chacun des acteurs, professionnels de santé et malades dans la définition et la conduite des politiques de santé. 

Ce concept de "démocratie sanitaire" est inscrit dans la loi de modernisation du système de santé votée en janvier 2016.

1ère publication : 23.03.2018 - Mise à jour : 27.03.2018

Chiffres clés

Depuis le début de la pandémie

  • 78 millions de personnes infectées par le V.I.H.
  • 35 millions de personnes décédées de maladies liées au sida
  • 45 % de décès en moins liés au sida entre 2005 (2 millions dans l’année) et 2015 (1,1 million de personnes dans l’année)

En 2016

  • 5,4 millions de sérologies VIH ont été réalisées par les laboratoires de biologie médicale
  • 56 300 tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) ont été réalisés dans le cadre du dépistage communautaire
  • 75 000 autotests ont été vendus en pharmacie
  • Environ 6 000 personnes ont découvert leur séropositivité VIH, dont plus d’un quart à un stade avancé de l’infection
  • 2 600 hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH) ont découvert leur séropositivité, un nombre qui ne diminue pas
  • 3 200 hétérosexuels ont découvert leur séropositivité, un nombre qui continue de baisser surtout chez les hommes
  • Les HSH et les hétérosexuels nés à l’étranger (principalement en Afrique subsaharienne) restent les deux populations les plus touchées
  • Le dépistage du VIH doit être intensifié dans les populations les plus exposées au VIH afin de réduire la proportion de personnes qui ignorent leur séropositivité et leur permettre de bénéficier d’un traitement antirétroviral
  • La progression des infections à gonocoque et des infections ano-rectales à Chlamydia se poursuit chez les HSH
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