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Biologie et santé

VIH/SIDA : point sur les recherches et les pistes pour une prévention plus efficace

La journée mondiale de lutte contre le sida qui se tient le 1er décembre 2018, est l'occasion de faire un point sur les avancées en matière de recherche sur le VIH dans le domaine fondamental et de la prévention ainsi que sur les dernières données épidémiologiques.

Actualité - Publication : 30.11.2018

La France à la pointe de la recherche contre le SIDA


L'ANRS en brefNée en 1988, l'Agence Nationale de Recherches sur le Sida et les hépatites virales (ANRS) est l’agence française de recherches sur le VIH/Sida et les hépatites virales. Acteur principal dans la lutte contre ces maladies dans les pays en développement, elle mobilise les chercheurs du Nord et du Sud, de toutes les disciplines. Elle coordonne et finance la recherche publique sur le SIDA et les hépatites virales dans les domaines de la recherche de vaccins ; la recherche fondamentale ; la recherche clinique, thérapeutique et épidémiologique ; la recherche en santé publique et les sciences humaines et sociales ; la recherche dans les pays en développement.

Des progrès scientifiques remarquables et des traitements améliorés

La pandémie qui s’est développée à partir de la fin des années 1970, a fait de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) un problème sanitaire mondial : le SIDA a tué plus de 35 millions de personnes et il tue toujours, en dépit des avancées médicales. 

Les résultats des recherches menées au cours des dernières décennies tant dans le domaine fondamental, de la prévention et de la prise en charge des patients ont été remarquables.

  • Découverte du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) par les professeurs Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier  en 1983.

  • Découverte des traitements anti-rétroviraux en 1996.

  • En juin 2018, des chercheurs de l'Institut Pasteur et de l'Inserm ont percé le mystère des "patients contrôleurs", ces séropositifs qui parviennent à empêcher la réplication du virus sans le moindre médicament. Ils ont découvert que certaines de leurs cellules immunitaires ont la capacité de reconnaître des quantités infimes de virus. Leur système immunitaire est en fait beaucoup plus sensible que la moyenne, et tuent très rapidement les cellules infectées par le virus.

  • Des chercheurs français ont identifié un marqueur qui permet de différencier les cellules "dormantes" infectées par le VIH des cellules saines. Cette découverte permettra d’isoler et d’analyser ces cellules réservoirs qui, en hébergeant silencieusement le virus, sont responsables de la persistance du virus même chez les patients sous traitements antirétroviraux, dont la charge virale est indétectable. Ces travaux sont issus d’une collaboration entre le CNRS, l’Université de Montpellier, l’Inserm, l’Institut Pasteur, l’hôpital Henri-Mondor AP-HP de Créteil, l’hôpital Gui de Chauliac (CHU de Montpellier) et l’Institut de recherche vaccinale (publication dans la revue Nature le 15 mars 2017).

  • La recherche vaccinale, une priorité absolue : la communauté médico-scientifique estime que seule la combinaison d’une stratégie de prévention combinée et d’un vaccin préventif, permettra de contrôler l’évolution de l’épidémie d’infection par le VIH. Le programme de recherche de l'ANRS dans ce domaine, allant du plus fondamental jusqu’aux essais cliniques, est conduit par l’Institut de recherche vaccinale.


La France (l'ANRS, à travers son réseau de chercheurs de l'Inserm, de l'Institut Pasteur, du CNRS, du CEA et de centres hospitaliers) s'inscrit dans cet ambitieux programme intégrant recherche fondamentale, recherche clinique et sciences humaines et sociales.


Zoom sur l'Institut de recherche vaccinale (VRI)Labellisé Laboratoire d'excellence en 2011, le VRI mène des recherches visant à accélérer le développement de vaccins efficaces contre le VIH/SIDA (virus de l’immunodéficience humaine/syndrôme d’immunodéficience acquise), le VHC (virus de l’hépatite C) et les maladies infectieuses émergentes. La structure du VRI renforce les liens entre la recherche fondamentale et la recherche translationnelle, les associations de patients et le monde socio-économique, avec une action centrée sur le développement de vaccins.Le VRI est construit autour d'équipes de recherche possédant une expertise pluridisciplinaire, un réseau de scientifiques à la pointe reconnus au niveau national et international, un réseau clinique de médecins, et une plateforme innovante de suivi immunologique. La plateforme, basée à l'Hôpital Henri Mondor, constitue un atout essentiel pour le développement des vaccins grâce à son expertise solide sur les marqueurs biologiques de la réponse vaccinale.

Une gamme élargie de traitements antirétroviraux

On dispose à ce jour d'une gamme élargie de traitements antirétroviraux qui ont un impact majeur sur la mortalité et la morbidité des personnes vivant avec le VIH.


L'espérance de vie des personnes séropositives vivant en Europe et en Amérique du Nord a augmenté de 10 ans depuis 1996, date d'introduction des antirétroviraux (étude publiée en 2017 dans la revue The Lancet HIV). Pour une personne ayant commencé son traitement en 2008, et ce, suffisamment tôt après l'infection, l'espérance de vie est désormais de 73 ans chez les hommes et de 76 ans chez les femmes. Les antirétroviraux ont ainsi totalement modifié à la fois la prise en charge et la prévention.

•    21,7 millions de personnes infectées dans le monde ont accès aux antirétroviraux en 2017  (7,5 millions en 2010 et pratiquement pas en 2003). •    52,6% des personnes vivant avec le VIH dans le monde n’ont pas encore atteint l’état de suppression de la charge virale, soit parce qu’ils ne connaissent pas leur statut sérologique, soit parce qu’ils n’ont pas encore accès à un traitement antirétroviral efficace. •    71% des personnes vivant avec le VIH en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale sont toujours sans traitement antirétroviral efficace. •    24 000 personnes vivant avec le VIH en France ne seraient ni traitées ni dépistées (estimation 2014).

Une gestion multilatérale des crises sanitaires

La découverte de traitement anti-rétroviraux efficaces a provoqué une profonde remise en question du modèle économique des industries de santé et montré la surprenante capacité d’adaptation de ces industries à une demande émanant des pays les plus démunis, une situation jusque-là inédite.

La France a joué un rôle important dans la mise en place d’un contexte favorable à cette adaptation en soutenant fortement la création en 2002 du Fonds Mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Le Fonds Mondial est un partenariat entre les gouvernements, la société civile, le secteur privé et les personnes touchées par les maladies. Il collecte et investit près de 4 milliards de dollars US par an à l’appui de programmes dirigés par des spécialistes locaux dans les pays et les communautés qui en ont le plus besoin. Son impact a été majeur pour le contrôle de la pandémie et la diminution de la mortalité dans les pays du sud.

Encore trop de comportements à risques chez les jeunes

La méconnaissance du virus et les comportements a risques persistent chez les jeunes. En effet, selon un sondage commandé par Sidaction en février 2018 :

  • 20% des jeunes interrogés estiment être mal informés sur le VIH/SIDA.
  • 26 % considèrent qu’il existe des médicaments pour guérir du sida (contre 13% en 2009).
  • 21% pensent que le virus du sida peut se transmettre en embrassant une personne séropositive
  • 18 % pensent que la transmission peut se faire en entrant en contact avec la transpiration.
  • 19% estiment que la pilule contraceptive d’urgence peut empêcher la transmission de virus (soit +9 points par rapport à 2015)
  • 91 % des jeunes pensent que le préservatif est efficace pour empêcher la transmission du VIH/sida (soit une perte de 7 points depuis 4 ans)
  • 14% des jeunes de moins de 25 ans admettent avoir été exposés au moins une fois à un risque d’être contaminé par le VIH/SIDA
  • Pourtant 32% considèrent avoir moins de risques que les autres d’être contaminés eux-mêmes, soit un chiffre en hausse de 4 points par rapport à  l’année précédente.
  • Ces chiffres sont également importants chez les étudiants et les diplomés (20% de mal informés), mais on note malgré tout que les jeunes ayant le niveau d’éducation le plus élevé sont ceux qui se protègent le mieux et que se dépistent le plus. 45% des jeunes déclarent avoir déjà eu une expérience de dépistage, mais seulement 28% des jeunes sans diplômes.


Mieux informer les étudiants
- Mise à disposition sur le site étudiant.gouv.fr de ressources sur les modes de dépistage du VIH et une information claire et ludique sur la protection contre le VIH  sur le site étudiant.gouv.fr.
- Augmentation du nombre de services de santé universitaires (qui va passer de 24 à 34) au sein desquels les étudiants peuvent recevoir des soins et effectuer
-
Amplification du système des étudiants relais-santé, et  mise en place du service sanitaire pour les étudiants en santé

Publication : 30.11.2018

21,7 millions de personnes infectées dans le monde avaient accès aux antirétroviraux en 2017 (7,5 millions en 2010 et pratiquement pas en 2003).

1ers résultats de l’étude ANRS Prevenir : 1 500 volontaires, 0 contamination

Parmi les 1 500 premiers volontaires séronégatifs présentant un haut risque d’infection par le VIH, 44% prennent la PrEP (prophylaxie pré-exposition : un traitement antirétroviral préventif contre l’infection par le VIH) quotidiennement et 53% l’utilisent à la demande.

L'étude livre ses premiers résultats et montre l’efficacité et la bonne tolérance de la PrEP : il n’a été observé aucun cas d’infection par le VIH, ni chez les personnes prenant la PrEP de manière continue ni chez celles ayant choisi le schéma de prise à la demande.

L'étude ANRS Prevenir

Chiffres clés

Depuis le début de la pandémie

  • 78 millions de personnes infectées par le V.I.H.
  • 35 millions de personnes décédées de maladies liées au sida
  • 45 % de décès en moins liés au sida entre 2005 (2 millions dans l’année) et 2015 (1,1 million de personnes dans l’année)

En 2016

  • 5,4 millions de sérologies VIH ont été réalisées par les laboratoires de biologie médicale
  • 56 300 tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) ont été réalisés dans le cadre du dépistage communautaire
  • 75 000 autotests ont été vendus en pharmacie
  • Environ 6 000 personnes ont découvert leur séropositivité VIH, dont plus d’un quart à un stade avancé de l’infection
  • 2 600 hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH) ont découvert leur séropositivité, un nombre qui ne diminue pas
  • 3 200 hétérosexuels ont découvert leur séropositivité, un nombre qui continue de baisser surtout chez les hommes
  • Les HSH et les hétérosexuels nés à l’étranger (principalement en Afrique subsaharienne) restent les deux populations les plus touchées
  • Le dépistage du VIH doit être intensifié dans les populations les plus exposées au VIH afin de réduire la proportion de personnes qui ignorent leur séropositivité et leur permettre de bénéficier d’un traitement antirétroviral
  • La progression des infections à gonocoque et des infections ano-rectales à Chlamydia se poursuit chez les HSH
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