Stratégie et recherche spatiale

"Génération ISS", un concours étudiant lié aux missions spatiales habitées

T.Pesquet - copyright NASA

Après l'inauguration, à Paris, d'ArianeWorks, la plateforme d’accélération destinée à préparer les lanceurs du futur (initiative conjointe CNES/ArianeGroup), Frédérique Vidal s'est rendue à Toulouse avec Thomas Pesquet sur la thématique de l’espace et des vols habités. Au programme : rencontre avec des étudiants et présentation du concours étudiants "Génération ISS" organisé par le CNES. Il s’agit de sélectionner des projets étudiants qui seront mis en œuvre lors du prochain vol de Thomas Pesquet fin 2020 ou début 2021.

Article - 1ère publication : 21.02.2019 - Mise à jour : 22.02.2019



Le  concours "Génération ISS"

Thomas Pesquet fera partie d’une prochaine mission vers la station spatiale internationale (ISS) prévue à la fin de l’année 2020 ou au début de l’année 2021.

Afin de faire participer les étudiants à cette aventure, la ministre et le spationaute, avec le CNES,  lancent le concours "Génération ISS". Les meilleurs projets (expériences scientifiques...) partiront dans la station spatiale internationale avec Thomas Pesquet.

A travers ce concours, les étudiants ont l'opportunité de se mobiliser autour de projets artistiques, médiatiques, pédagogiques, technologiques ou scientifiques. Objectifs :

  • renforcer leurs intérêts pour le secteur spatial, 
  • les sensibiliser au travail collaboratif,
  • respecter des normes et des exigences des missions spatiales habitées,
  • s’impliquer dans une action de communication (valorisant l’esprit d’innovation et d’excellence de la formation française).

Ce concours est organisé du 21 février au 7 juin 2019 (date de clôture du dépôt des dossiers de candidature).

Le palmarès sera annoncé par le Président du CNES le 20 juin 2019. Les lauréats pourront ensuite concrétiser leurs projets avec l’aide du CNES.

Les vols habités français

Les dix spationautes français

spationautes français

Jean-Loup Chretien, Patrick Baudry, Michel Tognini, Jean-Pierre Haigneré, Jean-François Clervoy, Jean-Jacques Favier, Léopold Eyharts, Claudie Haigneré, Philippe Perrin et Thomas Pesquet

Thomas Pesquet est le dixième spationaute de nationalité française à être allé dans l’espace. Il est le premier et le seul à ce jour astronaute français directement sélectionné dans le corps des astronautes européens.Il a volé de décembre 2016 à juin 2017 pour la mission Proxima. Il y a notamment conduit sept expériences françaises (réalisées par le CADMOS - Centre d’aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales) permettant : l’amélioration des analyses de potabilité de l’eau, le contrôle à distance d’une sonde d’échographe, le recueil de données médicales, physiologiques et personnelles de l’astronaute, l’étude par des groupes d’élèves des effets de la gravité, l’analyse du comportement des fluides en micropesanteur, la caractérisation de surfaces intelligentes réagissant à l’approche de bactéries, le suivi des modifications des fonctions visio-motrices grâce à la réalité virtuelle.

  • Il succède par ordre d’accès à l’espace à Jean-Loup Chretien, Patrick Baudry, Michel Tognini, Jean-Pierre Haigneré, Jean-François Clervoy, Jean-Jacques Favier, Claudie Haigneré, Léopold Eyharts et Philippe Perrin.
  • C’est Jean Pierre Haigneré qui a séjourné le plus longtemps dans l’espace avec une durée cumulée de 209 jours devant Thomas Pesquet 196 jours.
  • Le premier vol français a lieu grâce à la coopération franco-soviétique : Jean-Loup Chrétien décolle à bord du Soyouz, le 24 juin 1982, pour rejoindre la station Saliout 7. Patrick Baudry, quant à lui, effectue le premier vol franco-américain du 17 au 24 juin 1985 sur la navette Discovery.
  • A partir de 1998, les astronautes français du CNES rejoignent progressivement le corps d’astronautes européens créé à l’ESA pour optimiser l’organisation des missions européennes. En 1999, c’est en tant qu’astronaute de l’ESA que Jean-Pierre Haigneré effectue la dernière mission longue durée (6 mois) à bord de la station Mir avant que celle-ci ne soit détruite. En 2001, Claudie Haigneré qui a déjà volé en 1996, devient la première Européenne à pénétrer à bord de la Station spatiale internationale (ISS), station en orbite basse (350 à 400 km d’altitude) occupée en permanence depuis 2000 par un équipage de 3 à 6 astronautes, desservie uniquement par les vaisseaux russes Soyouz depuis 2011 avec l’arrêt du programme américain de navettes et dont l’exploitation est prévue au moins jusqu’à 2024.

Le CADMOS et MEDES

Le Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales (CADMOS) a été créé par le CNES au Centre spatial de Toulouse en 1993. Le centre a été responsable de la préparation, de la réalisation et du suivi opérationnel de plusieurs missions habitées depuis cette date. A l’origine axée sur la station orbitale Mir et la navette spatiale américaine, sa mission actuelle est de préparer, organiser et assurer l’exécution de missions scientifiques devant être réalisées en micropesanteur (ISS, capsule récupérable, fusée-sonde ou Airbus Zéro-G de Novespace). Ces expériences visent notamment à faire avancer la connaissance du corps humain, la physique et la biologie, notamment en tant que responsable des expériences de physiologie de l’ESA et en coopérations multilatérales (Russie, Etats-Unis...).

MEDES, institut de médecine et de physiologie spatiale (contraction de MEDecine et Espace), créé en 1989, associe le CNES, les Hôpitaux de Toulouse et plusieurs universités (Clermont-Ferrand, Bordeaux 3, Saint-Étienne, Toulouse 3, Tours et Angers). L'institut travaille étroitement avec le CADMOS et le centre européen des astronautes et s'investit dans les missions spatiales habitées (suivi médical des astronautes), dans la recherche clinique (effets de l'impesanteur) et ses applications à la santé et dans la télémédecine. La clinique spatiale du MEDES est installée au CHU de Toulouse-Rangueil.

Les infrastructures européennes pour les vols habités

L’ESA s’engage en 1995 à participer à l’ISS, et développe dans ce cadre le laboratoire de recherche attaché de manière permanente à la station Columbus et le vaisseau cargo automatisé ATV (Automated Transfer Vehicle) lancé par Ariane 5. Cinq ATV, contrôlés depuis le Centre spatial de Toulouse du CNES, ont été lancés de 2008 à 2014 pour ravitailler l’ISS.

Désormais, l’ESA s’implique dans le module de service ESM (European Service Module) qui exploite les technologies du module de service de l'ATV. Ce module doit fournir la propulsion, l’alimentation, la régulation thermique et des réserves d’eau et d’air nécessaires aux missions du vaisseau habité Orion de la NASA. Un premier vol habité d’Orion autour de la Lune est prévu en 2022, puis la construction d’un poste avancé en orbite lunaire à partir de 2023, le LOP-G (Lunar Orbital Platform – Gateway), doit servir de hub pour des missions de surface lunaires ou pour la préparation de voyages vers Mars ou l’espace lointain.

A l’échéance de quelques dizaines d’années, un premier vol habité vers Mars constitue le nouveau défi du vol habité, extrêmement difficile, ambitieux et onéreux mais pas totalement irréaliste. La complexité peut, par exemple, être illustrée par la nécessité de devoir rester dans l’espace en autonomie pour une période proche de 3 ans sans possibilité d’interruption du voyage. Pour relever ce défi, une approche de validation incrémentale est prévue allant des capacités existantes en orbite basse terrestre, accessibles en quelques heures, à de nouvelles installations accessibles en quelques jours en orbite et sur la surface lunaire.

Pour l’orbite basse, les prochains vols habités doivent permettre d’augmenter la capacité d’autonomie humaine et de renforcer les capacités opérationnelles et de support au développement d’expériences. Pour l’orbite lunaire, deux modules européens (Module de service ESPRIT et module d’habitation international I-HAB) sont envisagés pour le LOP-G pour permettre à terme la désignation d’un astronaute français pour un vol vers l’orbite lunaire et le LOP-G. En parallèle, la poursuite de participations en coopération à des missions scientifiques et technologiques robotiques, notamment avec retour d’échantillons lunaires puis martiens, permet de préparer ces futures missions habitées.

Toulouse, capitale européenne du spatial

  • 12 000 emplois et 400 entreprises
  • 25% des effectifs européens
  • Des centres de recherche et des laboratoires : CNES, ONERA, IRT Saint Exupéry, LAAS, IRAP, TéSA...
  • Deux grands sites industriels : Thales Alenia Space, Airbus Defence and Space.
  • Un tissu d’ETI/PME associées dans la NewSpace Factory : Anywaves, Callisto, CLS, COMAT, CS, DSI, ECA Aerospace, EREMS, Mecano ID, Microtec, NanoRaven, Nexeya, Syntony, Syrlinks, TRAD.
  • 16 500 étudiants formés au spatial
  • L’Université Paul Sabatier et cinq grandes écoles (ISAE-Supaéro, INSA, INP-ENSEEIHT, INP-ENIT, ENAC) proposant plus de 100 formations par an dans le secteur.
  • Le nouveau quartier Toulouse Aerospace dédié à l’innovation technologique des filières aéronautique, espace et systèmes embarqués, est un pôle d’activités et de recherche, avec l’Innovation Campus, symbolisé par le bâtiment B612 (du nom de l’astéroïde dont vient le Petit Prince) qui héberge notamment l’IRT Saint-Exupéry.
  • Le Toulouse Space Show, un évènement biennal qui attire plus de 3 700 professionnels du monde entier.
  • La Cité de l’Espace (20 ans d’existence et plus de 6 millions de visiteurs) est le site leader européen de diffusion de la culture spatiale et astronomique auprès du grand public.
  • Le siège de l’Académie de l'Air et de l'Espace, situé à Toulouse, fait beaucoup pour l'animation des filières spatiales nationale et européenne.

Le pôle de compétitivité Aerospace Valley: premier bassin d’emplois européen dans le domaine de l’aéronautique, de l’espace, des drones et des systèmes embarqués

Il associe les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, constituant ainsi le premier bassin d’emplois européen dans le domaine de l’aéronautique, de l’espace, des drones et des systèmes embarqués : 146 000 emplois industriels, 8 500 chercheurs, 1 900 établissements, 1/3 des effectifs aéronautiques et 50% des effectifs spatiaux en France.

Il rassemble plus de 800 membres (entreprises, laboratoires de recherche, établissements universitaires), organise plus de 130 événements par an et a déjà soutenu 580 projets de R&T. Dans le domaine spatial, Aerospace Valley anime notamment l'ESA BIC Sud France, un incubateur labellisé par l'Agence spatiale européenne (ESA), qui compte près de 60 startup et favorise le transfert de technologies et services associés issus du spatial vers d'autres domaines, permettant ainsi à ces technologies d’élargir leurs champs d’application.

Le Centre spatial universitaire de Toulouse  (CSUT)Créé en juin 2016,  le Centre spatial universitaire de Toulouse est porté par l'ISAE-SUPAERO et rassemble 5 universités/grandes écoles (Université toulouse III-Paul Sabatier, ENAC, INP Toulouse, INSA Toulouse, ISAE-SUPAERO) et 3 laboratoires (ONERA, LAAS/CNRS, IRAP/OMP). Il intègre 7 à 8 permanents de différents établissements du CSUT, une équipe d’ingénierie composée de 5 à 6 jeunes ingénieurs, une trentaine d’enseignants et chercheurs et environ 150 étudiants par an.Sa mission : fédérer autour de mini-projets spatiaux le monde de l’industrie, les chercheurs, les enseignants et les étudiants afin de développer un partage de connaissances, de promouvoir les usages des nano-systèmes spatiaux et de participer au développement économique associé.Le CSUT s’est focalisé sur les Cubesats 3U en s’appuyant sur l’expérience acquise par la réalisation du premier 3U français étudiant ENTRYSAT (étude du comportement des débris orbitaux), qui sera lancé vers l’ISS le 17 avril 2019, et par sa participation importante au projet EYESAT (étude de la lumière zodiacale et de la voie lactée), pilote 3U du programme JANUS du CNES. Il développe actuellement 2 missions, NIMPH (test de composants optoélectroniques) et CREME (développement d’un micro moniteur de radiations). Il est aussi impliqué dans le développement d’une plateforme 12U en collaboration avec le CSUG pour la mission ATISE (aurores polaires).
En savoir plus sur les centres spatiaux universitaires

ArianeWorks, la plateforme d’accélération destinée à préparer les lanceurs du futur

Conscients de la nécessité d’intensifier la préparation des lanceurs futurs, le CNES et ArianeGroup ont décidé de franchir une nouvelle étape dans leur coopération en créant ArianeWorks, une entité commune composée de collaborateurs réunis sur un même plateau et connectés à l’écosystème spatial européen. Il s'agit d'accélérer l’innovation pour le développement des lanceurs du futur.

ArianeWorks va préparer au niveau français, les dossiers des lanceurs du futur, qui seront présentés à la prochaine Conférence ministérielle européenne, en particulier la feuille de route d’Ariane Next et de sa première étape, le démonstrateur Themis (un démonstrateur de premier étage à bas coût et réutilisable, modulaire, flexible, digital et propulsé par des moteurs Prometheus).

Les missions d’ArianeWorks

  • Accélérer les processus d’innovation pour préparer les futures évolutions d’Ariane, en impliquant de nouveaux acteurs et en activant de nouveaux types de financement.
  • Accompagner l’éclosion de la deep tech via l’accès à des financements dédiés, avec une volonté assumée de prendre des risques en matière d’investissement et de développements technologiques.
  • Promouvoir les innovations disruptives via l’arrivée de nouveaux acteurs, mais aussi en mettant l’accent sur l’expérimentation et l’agilité.
1ère publication : 21.02.2019 - Mise à jour : 22.02.2019
Concours generation ISS
  • Le concours étudiant Génération ISS est lancé le 21 février 2019.
  • 7 juin 2019 : clôture du dépôt des dossiers de candidature.
  • Les lauréats concrétiseront leurs projets, avec l’aide du CNES.

Consulter le règlement du concours

chiffres clés

France

  • 2,3 Mds € investis par an par l’État dans le spatial, soit 1/3 des budgets institutionnels spatiaux en Europe
  • 2e rang mondial après les États-Unis en terme de budget spatial institutionnel par habitant, soit près de 35 € / an / habitant
  • 15 680 personnes dans l’industrie manufacturière spatiale en France (42 600 en Europe en 2017)


Aerospace Valley

Le pôle de compétitivité Aerospace Valley associe les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie Pyrénées/Méditerranée

  • 1er bassin d'emplois européen dans le domaine de l'aéronautique, de l'espace, des drones et des systèmes embarqués
  • 146 000 emplois industriels
  • 8 500 chercheurs
  • 50% des effectifs spatiaux en France et 1/3 des effectifs aéronautiques
  • 800 entreprises, laboratoires de recherche, établissements universitaires

En savoir plus


Toulouse

  • 25% des effectifs européens du secteur spatial
  • 16 500 étudiants dans l’aérospatial en région toulousaine





Le CNES et ArianeGroup

  • Les deux acteurs majeurs de la filière Ariane sont parties prenantes dans le développement d’Ariane 6 pour le compte de l’ESA.
  • Ils ont imaginé dès 2015 le nouveau moteur Prometheus, en cours de développement avec l’objectif de tester un premier prototype en 2021.
  • Ils sont aussi associés pour le développement du démonstrateur de premier étage réutilisable Callisto (coopération entre le CNES, le DLR et la JAXA).

10 spationautes français

  • Jean-Loup Chrétien (1982)
  • Patrick Baudry
  • Michel Tognini
  • Jean-Pierre Haigneré
  • Jean-François Clervoy
  • Jean-Jacques Favier
  • Léopold Eyharts
  • Claudie Haigneré
  • Philippe Perrin
  • Thomas Pesquet (2016)
  • Jean-Loup Chrétien

En se rendant dans la station spatiale soviétique Saliout en juin 1982, il est le premier Français et le premier Européen de l’Ouest à aller dans l’espace. En 1988, au cours de sa mission à bord de la station spatiale russe Mir, il devient le premier non-Russe et non-Américain à effectuer une sortie dans l’espace. Il totalise 25 jours dans l'espace.

  • Claudie Haigneré

Première femme française dans l’espace (1996). Première femme commandant d’une capsule Soyouz pour un vol de rentrée sur Terre (1999). Première femme européenne dans la Station spatiale internationale (2001). Première femme astronaute de l’ESA.
Elle participe à deux missions : à bord de la station orbitale russe Mir en 1996 et dans la Station spatiale internationale (ISS) en 2001. Elle totalise 25 jours dans l'espace.

  • Thomas Pesquet

Agé de 38 ans, il part vers la Station spatiale internationale (ISS) en novembre 2016 et passe plus de 6 mois à bord. Sa mission est baptisée Proxima en hommage à l'étoile la plus proche de notre Soleil. Il totalise 196 jours dans l'espace.

L'ISAE-SUPAERO

ISAE/SUPAERO

L’ISAE-SUPAERO est le leader mondial de l’enseignement supérieur dans le domaine de l’ingénierie aérospatiale.

  •  1700 étudiants
  •  33 programmes de formation

En savoir plus sur l'ISAE-SUPAERO

L'Université Toulouse III - Paul Sabatier

Toulouse 3 - Paul Sabatier

Des formations tournées vers l'aéronautique et l'espace :

  • 3DUT
  • 10 licences professionnelles
  • 3 licences générales
  • 15 masters


En savoir plus sur l'Université Toulouse III - Paul Sabatier

Retour haut de page