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Prix Galien 2008 de la recherche pharmaceutique 2008

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Prix Gallien : médaille créée par Albert de Jaeger

Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, ont remis le Prix Galien 2008 de la recherche pharmaceutique. A cette occasion, Valérie Pécresse a tenu à encourager tous les partenariats associant recherche privée et recherche publique pour favoriser la mise au point de nouvelles avancées au bénéfice des patients. Le Prix Galien a été décerné pour la première fois à deux médicaments destinés à soigner des pathologies orphelines.

 

Discours - 1ère publication : 4.06.2008 - Mise à jour : 5.06.0008
Valérie Pécresse

Madame la Ministre
Mesdames et Messieurs les Présidents ;
Mesdames, Messieurs,

Etre parmi vous ce soir pour mettre à l'honneur la recherche pharmaceutique, avec ma collègue et amie Roselyne BACHELOT est pour moi un réel plaisir. En effet, c'est l'occasion de féliciter très chaleureusement les récipiendaires du prix et d'encourager l'innovation qui tirera la croissance de nos sociétés pour le bien du plus grand nombre et qui assurera notre cohésion sociale.

Je voudrais, tout d'abord, rendre hommage aux hommes et femmes qui ont imaginé,  conçu ce prix  et qui  s'investissent au quotidien pour distinguer   en France  et à l'étranger l'excellence de la recherche pharmaceutique.  Je pense bien sûr,  à Roland MEHL son fondateur, aux jurys successifs qui, par leur rigueur scientifique, leur indépendance et leur autorité morale ont donné  au prix sa crédibilité et son rayonnement international. 

Je voudrais ainsi remercier les Professeurs Jean COSTENTIN et le Professeur Charles CAULIN ainsi que tous les membres du jury 2008 pour leur engagement et leur professionnalisme. Je voudrais aussi saluer tous ceux qui accompagnent le prix, en particulier Gérard KOUCHNER partenaire depuis plus de 20 ans avec le Quotidien du Médecin et le Quotidien du Pharmacien.

En vous référant à GALIEN pour honorer l'innovation pharmaceutique, vous faites appel au créateur de la médecine et de la pharmacie scientifique et à son œuvre. Vous  avez aussi en tête le médecin et le philosophe. Ses travaux, notamment « les traités philosophiques et logiques » qui s'adressent au futur médecin voulant acquérir des connaissances, soulignent combien  «  le meilleur médecin est aussi philosophe ».  Déjà la transdisciplinarité dans la formation était au cœur des préoccupations ; la place des humanités, des sciences humaines et sociales était déjà posée. C'est encore un des sujets de réflexion que nous partageons, Roselyne Bachelot et moi,  dans la réforme des études médicales et plus largement pour toutes les études en santé.

A travers ce prix GALIEN, ce sont des hommes et des femmes, des entreprises qui s'engagent pour faire reculer la maladie, la souffrance, que vous voulez  honorer.

Cette année, pour la première fois, vous avez choisi de  décerner cette distinction à quatre molécules, une destinée à la médecine ambulatoire, une à la médecine hospitalière et deux destinées à traiter  des pathologies dites orphelines.

Comme médicament utilisé en thérapeutique ambulatoire, vous avez distingué l'IVABRADINE (nom commercial PROCORLAN) issu de la recherche du groupe SERVIER. Les professeur Michel DESNOS et Charles HAAS vous ont présenté, au cours de cette soirée, toutes les spécificités de cette spécialité pharmaceutique destinée au traitement de l'angor alors que nous connaissons la place prépondérante des pathologies cardio vasculaires dans nos sociétés développés. Ce médicament est,  le premier et le seul, qui inhibe de façon sélective le courant dépolarisant sinusal If réduisant exclusivement la fréquence cardiaque.

Par cette distinction, c'est à nouveau le groupe SERVIER qui est mis à l'honneur par la qualité de sa recherche ; Il l'a déjà été à l'étranger et en France, tout dernièrement en 2005, pour le RANELATE DE STRONTIUM (PROTELOS).  Je voudrais donc rendre hommage à son  Président, le Docteur Jacques SERVIER,   « entrepreneur d'impossible » tel qu'il se qualifie dans son ouvrage « la passion d'entreprendre », à la priorité qu'il accorde en permanence à la recherche/développement  en y consacrant 25% de son chiffre d'affaires.  Par cette culture du défi relevé en permanence, il incarne le stratège, l'homme d'action mais aussi l'humaniste. Sa référence à Hippocrate est constante : « là où est l'amour des humains, là est aussi l'amour du métier» est l'une de citations qu'il a choisi de placer en exergue de ces ouvrages. En tant que Ministre de l'Enseignement supérieur, il m'est agréable de souligner que Jacques SERVIER  a été  un des premiers entrepreneurs à se soucier de la place des femmes dans l'entreprise employant près de 40% de femmes cadres.

Le prix destiné à récompenser un médicament réservé à la thérapeutique hospitalière a été décerné au RALTEGRAVIR (ISENTRESS), un inhibiteur de l'intégrase, premier représentant d'une nouvelle classe de médicaments anti-VIH-1. Les laboratoires MERCK SHARP and DOME-CHIBRET ont eu en effet l'idée de  focaliser leurs recherches sur l'intégrase, une enzyme qui permet l'intégration du génome viral dans le génome cellulaire lors de la réplication virale et de mettre au point un inhibiteur de cette enzyme.

Je suis heureuse de saluer cette innovation thérapeutique que nous ont présentée les Professeurs Catherine LEPORT, Monique ADOLPHE et Charles CAULIN et l'importance qu'elle revêt pour les patients échappant aux traitements plus classiques. C'est aussi pour moi l'occasion de dire au Docteur Michel VOUTNASOS, PDG des laboratoires MSD-CHIBRET combien son parcours est exemplaire, son expérience professionnelle riche, couvrant plusieurs continents, tout en étant soucieux du respect de la culture de chacun et de ses besoins. C'est aussi pour moi un plaisir  de saluer la recherche d'un laboratoire qui partout à travers le monde mise sur la recherche,  l'innovation et  qui se trouve une nouvelle fois mis à l'honneur par le prix Galien.

Cette année est une grande première pour le prix qui est décerné à deux médicaments destinés à soigner des pathologies orphelines.

Le premier d'entre eux, le SORAFENIB (NEXAVAR) développé par les laboratoires BAYER,  est la seule alternative de prise en charge thérapeutique pour les patients présentant un carcinome hépatocellulaire avancé non éligible à un traitement loco-régional. Il agit par un double mécanisme d'action. Les professeurs David KHAYAT et Claude JAMIN nous ont montré la place de cette molécule dans l'arsenal thérapeutique. Je voudrais souligner le parcours professionnel de  M. Werner de PRINS,  président du directoire de BAYER santé,  pharmacien hospitalier avant d'entamer une carrière industrielle. Il démontre tout l'intérêt de parcours diversifiés.  Comme pharmacien hospitalier, comme nombre de ses confrères au sein de cette noble assemblée, il sera certainement sensible à la volonté que Roselyne et moi avons eue  de mettre en place le CHU pharmaceutique qui institue la bi-appartenance des enseignants chercheurs des UFR des sciences pharmaceutiques et biologiques. Ainsi, est assurée une plus grande osmose entre recherche et formation. Les derniers textes d'application sont en cours de signature, en l'espèce l'arrêté sur la composition du Conseil National des Universités (vous l'avez signé, c'est chez RB).

Le second médicament, le STIRIPENTOL (DIACOMIT) antiépileptique découvert par les laboratoires BIOCODEX a été développé dans le traitement du syndrôme de DRAVET (une épilepsie grave du nourrisson) par une coopération exemplaire entre ce laboratoire et les pharmacologues de l'hôpital Saint Vincent de Paul comme nous l'ont exposé les deux rapporteurs le Professeur Géraud LASFARGUES et le Professeur Marie-Germaine BOUSSER.

J'ai remarqué avec attention, l'expérience professionnelle riche de son Président M. Jean-Marie LEFEVRE.  Je tiens à saluer là encore le dynamisme d'un laboratoire et de tous ceux qui s'engagent sur ces voies étroites et risquées que constituent les pathologies orphelines et à encourager, d'une manière générale, tous les partenariats qui associent recherche privée et recherche publique pour favoriser la mise au point de nouvelles avancées au bénéfice des patients.

Cest ensemble que nous  arriverons, en unissant les forces de la recherche publique et de la recherche privée, en menant d'un même élan la recherche fondamentale et la recherche appliquée.C'est pourquoi nous avons décidé de tout faire pour faciliter ces rapprochements et ces échanges sous toutes leurs formes : avec le crédit impôt recherche, ou avec le développement des conventions CIFFRE, auxquelles sont désormais associées des rémunérations et subventions plus importantes. Nous avons choisi d'aider les entreprises qui misent sur la recherche et dont l'effort bénéficie à toute la nation.
C' est ainsi que nous avons créé les doctorants-conseils en entreprise, qui permettront à des jeunes chercheurs de mettre leur expertise au service d'un projet essentiel au développement de nos entreprises. Car la société de la connaissance, c'est aussi une société où les jeunes scientifiques sont partout à leur place.

C'est ainsi que nous donnerons à notre pays la recherche privée forte dont il a besoin, une recherche dont naîtrons les innovations qui feront la croissance et les succès de demain. Scientifiques ou entrepreneurs, citoyens ou consommateurs, nous avons tous à y gagner, car c'est la construction de la société de la connaissance est une aventure collective, dont chacun recueillera les fruits.

C'est à l'occasion de moments forts, comme ceux que nous vivons en ce moment, où nous honorons des hommes et des femmes qui se consacrent à la recherche, mais aussi où nous pensons aux malades qui vont bénéficier ou qui attendent des traitements curatifs ou préventifs à venir que nous mesurons l'immensité de la tâche qui nous incombe. En tant que ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur, j'attache une importance toute particulière à ce sujet avec Roselyne BACHELOT.

La priorité qu'a donnée le Président de la République à la prise en charge de la maladie d'Alzheimer est le témoignage d'une volonté et doit s'analyser, pour chacun d'entre nous, comme une obligation de résultat. Notre système public d'enseignement supérieur et de recherche doit devenir plus stratégique, plus puissant, plus réactif, plus souple.

C'est le sens de l'action conduite avec la réorganisation de l'INSERM en instituts et celle que met en œuvre le CNRS en ce moment. Tout le monde s'accorde, depuis des années pour dire que les sciences du vivant dans toutes leurs dimensions, de la biologie la plus fondamentale aux applications à la santé sont une priorité nationale.  Je veux trouver le bon équilibre entre collaboration et compétition. Je ne veux pas d'une compétition entre organismes de recherche français car le champ de la compétition c'est à l'international.

La refondation du système français d'enseignement et de recherche s'appuie sur chacun de ses quatre piliers naturels. Entre les universités, les organismes de recherche, la recherche sur projet et la recherche privée, nous n'avons pas à choisir, bien au contraire : c'est de chacun d'eux que nous avons besoin et c'est l'excellence de chacun d'eux  que fera le rayonnement de la science française. Avec des universités puissantes et autonomes, avec des organismes de recherche d'excellence, avec une recherche  publique sur projet dynamique et une recherche privée ambitieuse

De notre capacité à nous organiser, de notre capacité à fédérer les talents où qu'ils soient, de notre capacité à simplifier les procédures, dépendra notre capacité d'intervention et notre apport aux générations actuelles et futures.  C'est  aussi ce que vous avez su faire pour arriver à la mise sur le marché de médicaments pour le bien des malades.
Je voudrais  donc pour terminer féliciter très chaleureusement les lauréats, leur dire toute mon admiration, les encourager à poursuivre. Ils sont assurés de mon soutien.

1ère publication : 4.06.2008 - Mise à jour : 5.06.0008

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