Faisant suite à la publication, en avril 2007, du Livre vert sur l'avenir de l'Espace européen de la recherche (EER), le Conseil européen a tiré au printemps 2008 les conclusions d'une année de débats, ouverte sous présidence allemande et poursuivie sous présidence portugaise. Les chefs d'Etat et de gouvernement européens demandent d'"exposer, dans nos programmes nationaux de réforme, la manière dont nos stratégies de R&D pourront contribuer à la concrétisation de l'Espace européen de la recherche et à une gouvernance plus efficace de celui-ci". Il s'agit là d'une invitation claire qui fait écho à l'une des principales conclusions des débats : c'est maintenant aux Etats membres d'agir et donc de convenir d'une stratégie de mise en uvre pour l'Espace européen de la recherche, dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne afin, notamment, de renforcer la compétitivité européenne au plan mondial, et de coordonner plus étroitement les différents efforts de recherche européens.
La gouvernance de l'EER ne repose aujourd'hui que sur une coordination limitée, entre politique communautaire et politiques nationales, voire régionales alors que 85% des montants actuellement alloués à la recherche publique en Europe le sont par les administrations nationales ou régionales. La méthode ouverte de coordination (MOC) appliquée dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne s'avère insuffisante pour permettre d'obtenir rapidement des résultats satisfaisants.
Et pourtant, nous savons qu'il faudra, pour prétendre jouer un rôle de premier plan dans la société de la connaissance, réussir à porter le triangle éducation-recherche-innovation à un niveau d'efficacité sans précédent. Décider ensemble de ce que nous voulons faire de l'EER à l'horizon 2020 et tracer une voie pour y parvenir sur la base d'une feuille de route commune, tels sont les objectifs du "Processus de Ljubljana" dont le Conseil, sur la base de positions défendues par le trio de présidences composé de la France, de la République tchèque et de la Suède, a unanimement approuvé le lancement pour les dix-huit prochains mois. L'Europe a manifesté ainsi sa volonté de faire avancer significativement la construction de l'EER et d'en définir les grandes lignes de fonctionnement d'ici fin 2009.
Ce processus, efficacement lancé par la Slovénie, devra être porté par ce trio de présidences, en coopération avec la Commission européenne et le trio de présidences suivant, composé de l'Espagne, de la Belgique et de la Hongrie. Cette opportunité s'inscrit parfaitement dans la vision à long terme de la France au sujet de l'EER, en particulier :


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