La présidence française souhaite que le renforcement de l'EER se traduise par une plus grande prise en compte des défis posés à la recherche européenne en ce début du 21e siècle.
Les premières étapes du «Processus de Ljubljana » reposeront notamment sur les cinq initiatives de la Commission en faveur de l'approfondissement de l'Espace européen de la recherche :
Ces cinq initiatives s'inscrivent parfaitement dans l'objectif politique de la présidence française qui souhaite faire avancer aussi vite que possible la prise en compte des propositions de la Commission.
La réunion informelle des ministres en charge de la recherche, à Versailles, les 16 et 17 juillet, constituera la première réunion de mise en uvre effective du « Processus de Ljubljana », en abordant spécifiquement des thématiques prioritaires telles que l'énergie et le changement climatique, la santé, l'alimentation et les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Cette réunion nous permettra d'avancer dans notre « vision commune 2020 » de l'EER.
En s'appuyant sur l'exemple du Plan-SET sur les technologies clés de l'énergie, le contenu des programmes que l'Union se doit de faire avancer d'ici 2020 fera l'objet d'un accord au sein du Conseil, fin 2008. L'EER doit être en mesure d'apporter des réponses à une série de grands défis d'ordre économique, social et environnemental (changement climatique, sécurité énergétique et alimentaire, vieillissement), scientifique et technologique (recherche fondamentale).
L'identification de ces défis majeurs est essentielle et constitue la première étape critique sur le chemin d'une relance et d'un approfondissement de l'EER.
L'accord sur les grands défis doit devenir la base d'un nouveau pacte d'action ; travailler dans ces domaines appelle une nécessaire coordination entre les membres et une implication de la Commission. Il ne s'agit donc pas d'entrer dans le débat classique sur la nécessité et les formats d'une intégration européenne, mais de définir les priorités majeures, qui constituent l'épine dorsale de l'EER, à traiter dans un cadre européen tout en conservant ouvertes les options de chacun des membres, à savoir investir ou pas un domaine ou prendre part ou non à une stratégie.
Ces grands défis sont aussi un mode d'action : ils fondent la définition de programmes (identification des facteurs clés, des seuils critiques, des objectifs intermédiaires - technologie, industrialisation, etc.). Ils impliquent autant qu'ils permettent la concentration des moyens budgétaires coordonnés.
Ils sont aussi un mode de structuration du territoire : l'Europe doit, pour servir ces défis, créer ou identifier et renforcer les pôles de compétence, les mettre en réseau. Ils donnent aux acteurs territoriaux (notamment à l'échelon régional) le cadrage stratégique leur permettant d'agir pour un environnement favorable à la recherche.
Enfin, les grandes infrastructures de Recherche constituent un volet décisif de la construction de l'EER et il importe, dans le prolongement des travaux du Forum européen des grandes infrastructures de recherche (ESFRI), que nous en ayons une vision stratégique partagée.
Prendre en compte les besoins des citoyens européens, c'est aussi la méthode que nous souhaitons proposer pour poursuivre le développement de la politique spatiale européenne. L'Union européenne a aujourd'hui la capacité d'être reconnue sur la scène internationale comme un acteur spatial mondial à part entière, porteur d'une politique spatiale ambitieuse, autonome et cohérente, au service de l'homme et ouverte à des coopérations multilatérales fortes. Elle est également en mesure de renforcer sa capacité à développer des services spatiaux d'intérêt général répondant aux besoins de ses politiques sectorielles et de celles de ses Etats membres ainsi qu'aux attentes de ses citoyens et de ses entreprises, notamment des PME.
Dans cette perspective, la présidence française, en liaison étroite avec ses partenaires tchèque et suédois du trio de présidences ainsi qu'avec les présidences néerlandaise et italienne de l'ASE (agence spatiale européenne) poursuivra les travaux engagés autour des deux programmes phares : Galileo et GMES. Elle sera l'occasion d'identifier de nouveaux axes autour desquels l'Union européenne pourrait engager des initiatives dans le domaine spatial telles que le changement climatique, la sécurité, la compétitivité ou l'exploration.
Au-delà des mots, c'est dans le quotidien des citoyens autant que dans les avancées majeures à long terme de la recherche que s'inscrit notre ambition pour l'EER. L'exemple du plan Alzheimer (au sein du triple défi sociétal du vieillissement, technologique de la santé, cognitif des neurosciences) illustre ce renouveau possible. En effet, la France propose aux pays européens de partager cet effort national dont les résultats seront demain partagés au sein de toute l'Union et avec ses partenaires privilégiés.
Exemplaire de ce que l'Europe signifie, ce renouveau constitue l'une des voies de la poursuite du destin de l'Union, mêlant solidarité entre membres, création intellectuelle et citoyenneté. Ainsi s'incarneront les valeurs européennes au XXIe siècle.


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