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Rentrée 2008: l'Université change

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Valérie Pécresse

Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a présenté les nouveautés de la rentrée universitaire à l'occasion de la conférence de presse tenue au ministère. La ministre a salué la mobilisation des universités au service de la réussite des étudiants, notamment au travers des nouvelles offres de formation en licence.

Discours - 1ère publication : 18.09.2008 - Mise à jour : 18.09.0008
Valérie Pécresse

Valérie Pécresse


Conférence de presse - Rentrée universitaire 2008


Cette rentrée 2008 est la rentrée d'une université qui change, c'est la rentrée d'une université libérée de ses carcans, une université qui rassemble ses forces, une université qui construit les campus de demain et ose bâtir un projet d'excellence avec enfin, le soutien que l'Etat lui devait. 

Une université qui change d'abord  pour ses étudiants.
La France a besoin de diplômés nombreux pour élever son niveau global de qualification et participer à la bataille mondiale de la connaissance.
Or les deux-tiers de nos étudiants sont à l'université : nous ne pouvions plus nous permettre l'échec de masse des 1ers cycles universitaires. 
Nous avons besoin d'étudiants qui réussissent.  Et cela dès leurs accès à l'université. Nous leur devons une formation de licence solide, un accompagnement  pédagogique différencié et continu, une ouverture sur le monde de l'emploi.
Le plan Réussir en licence  a cet objectif : permettre aux universités de mettre en œuvre des conditions de la réussite et je suis particulièrement heureuse de pouvoir accueillir en cette rentrée 2008, la première génération des  jeunes bacheliers qui bénéficieront  d'une licence requalifiée et donc qualifiante.


Des universités mobilisées
Alors ces conditions  de la réussite quelles sont-elles ?

  • Une orientation choisie et préparée,
  • Un accueil  personnalisé,
  • De vraies équipes pédagogiques porteuses d'un projet,
  • Des étudiants  tuteurs mobilisés dans l'accompagnement des plus jeunes,
  • Des enseignants - référents au plus près de leurs étudiants,
  • Une première année qui  offre un socle pluridisciplinaire d'entrée dans l'enseignement supérieur ,
  • Une construction progressive du projet professionnel en lien avec des stages
  • Et enfin l'acquisition de compétences absolument indispensables dans le monde d'aujourd'hui : la maîtrise des langues et des nouvelles technologies.


Le président de la République a fait de l'université une priorité nationale, et, pour  la réussite des étudiants, le gouvernement a décidé de mobiliser 730 millions sur cinq ans.
Cet effort considérable a une contrepartie : la mobilisation pleine et entière de tous dans la poursuite de notre objectif.
Après les moyens 2008 répartis sur la base exclusive du nombre de bacheliers pondéré par le taux d'élèves en retard, j'ai donc annoncé que les moyens 2009 tiendraient compte de la réactivité des universités et de leur capacité à répondre  au cahier des charges.
Nous avons tenus nos engagements : 35 millions d'euros ont été versés aux universités pour la seule année 2008. Cela représente, pour chacune d'entre elle, des contributions supplémentaires pour leur budget de fonctionnement comprises entre 150 000 et 700 000 euros.
Les universités ont relevé le défi.  Alors que leur plan de charge était particulièrement lourd, avec la mise en œuvre de la loi, la préparation des projets campus, elles ont toutes, proposé en quelques mois une nouvelle offre de formation.
Une trentaine d'universités ont amélioré leurs propositions après une première évaluation qui ne donnait pas toute satisfaction.

 Aujourd'hui 90% des projets présentés sont conformes au cahier des charges.

16 universités ont présenté des projets exemplaires.
Moins d'une dizaine de projets ne sont pas aboutis et ne répondent pas encore au cahier des charges. Je ferai le point avec les universités concernées dans quelques semaines. Nous verrons alors ensemble comment proposer  aux étudiants une offre de formation renouvelée, et cela dès le second semestre de cette année universitaire.
Globalement, je crois pouvoir dire que  ma détermination à promouvoir la qualité des projets rencontre le volontarisme de la communauté universitaire. L'ensemble des projets sera  d'ailleurs rendu public et transmis par le Directeur Général de l'enseignement supérieur au prochain CNESER. Chacun pourra alors juger de l'engagement des établissements.

Une année réussie c'est une année préparée : préinscription et orientation active.
Un engagement qui commence bien avant l'arrivée des étudiants en première année.
La réussite à l'université s'organise et se prépare. Une année réussie, c'est une année préparée !
Avec la préinscription, nous avons voulu responsabiliser les élèves, les pousser à réfléchir plus tôt et davantage à leurs choix d'orientation. En retour, l'Université doit être irréprochable dans l'accompagnement de ces choix.
C'est tout l'enjeu de l'orientation active qui est une démarche réciproque : des élèves vers l'université mais  aussi des universités vers leurs futurs étudiants.

Cette année, un tiers des lycéens qui se sont préinscrits ont pu bénéficier d'un avis et d'un conseil d'orientation.
A ce propos, je voudrais rassurer ceux qui craignaient une sélection souterraine sous couvert d'orientation active.  Les universités n'ont à aucun moment utilisé l'orientation active comme un moyen de décourager les étudiants. Dans 61% des cas elles ont,  au contraire,  appuyé les lycéens dans leur choix de filière.
Mais dans le cadre de l'échange qu'elles ont eu avec les élèves préinscrits, elles ont  également aidé un quart d'entre eux à formuler des vœux plus pertinents et ont conseillé à seulement 15% d'entre eux, d'envisager d'autres parcours d'études.
Nous dresserons une évaluation complète de l'orientation active telle qu'elle s'est  passée pour cette rentrée 2008, mais nous pouvons déjà, au vu des premières remontées d'information dont nous disposons, tirer un premier bilan :
Le contact des lycéens avec l'enseignement supérieur n'est ni suffisamment anticipé, ni suffisamment généralisé.
Nous devons construire un véritable réseau de communication entre l'enseignement scolaire et l'enseignement supérieur.  Et  aujourd'hui, cela passe par les nouvelles technologies.
Les lycéens sont sans arrêt sur le  Web. Ils savent s'y déplacer, y chercher de l'information, s'y exprimer. Les universités doivent s'organiser pour aller à leur rencontre en utilisant les modes de communication d'aujourd'hui.
La semaine dernière à Aix en Provence, j'ai par exemple vu fonctionner un système de Visioconférence par internet qui permet une communication rapide, conviviale entre lycéens et universitaires. C'est ce type  d'expériences que les universités doivent développer.
Pour ce qui  concerne le Ministère de l'enseignement supérieur, nous avons déjà un bon outil que nous devons développer et améliorer : c'est le serveur de préinscription Admission Post-Bac.
Il a fonctionné cette année dans 24 académies, plus d'1 million 700 mille vœux ont été traités. 12 académies ont proposé aux élèves un dossier unique de préinscription avec toutes les formations présentes sur ce serveur.
Techniquement l'outil est fiable, nous devons maintenant en faire un véritable espace de dialogue :
le portail d'accès à l'enseignement supérieur, accessible dans les 30 académies, dès la rentrée prochaine.
Pour cela, il faudra  rendre Admission Post-bac plus convivial, plus clair, en faire un espace ouvert, avec des liens sur les sites des universités, des CROUS, et sur tous les sites qui sont susceptibles de proposer de l'information et du service utiles à l'étudiant.

Tout le monde sera gagnant à la mise en place de ce portail :

  •  il permettra aux universités de se faire connaître,  de mieux organiser leur rentrée et  de préparer leurs futurs étudiants,
  •  il permettra aux élèves de s'informer, de faire des choix éclairés et d'organiser leur rentrée,
  • iil permettra enfin au ministère de l'enseignement supérieur d'avoir, en temps réel, un état précis de l'offre et de la demande en matière de formation.  Une base de données complète, fiable, et directement accessible sera un outil très précieux dans le pilotage de notre offre de formation.

Dans les 12 académies pour lesquelles Admission Post-Bac a proposé un panel complet de formations, il est par exemple frappant de constater que les filières sélectives  (STS et IUT) restent plus attractives que l'université qui n'attire en premier choix que 41% des bacheliers généraux.

En France aujourd'hui, on ne choisit pas l'Université en priorité : c'est cela que nous voulons changer.
Certes les filières professionnelles courtes doivent se développer en s'adaptant  aux métiers de demain et permettre des poursuites d'études aux meilleurs de leurs étudiants, mais elles doivent  aussi s'ouvrir davantage au public des bacheliers technologiques et professionnels pour lesquelles elles ont été créées.
Dotés du bonus de 5 millions d'euros que nous leur avons alloués en 2008, les IUT  se sont mobilisés et annoncent  pour cette rentrée 3000 bacheliers  technologiques supplémentaires dans leurs effectifs. 
Pour tous les étudiants et particulièrement pour les filières technologiques et professionnelles de l'enseignement secondaire, nous devons mettre en œuvre la refonte des cartes de formation professionnelles courtes afin : d'élargir l'offre, de la rendre plus cohérente mais aussi plus réactive et plus conforme aux métiers de demain.
Les universités, quant à elles, doivent pouvoir attirer davantage de très bons lycéens et cela dans toutes les filières. La qualité de formation à l'université, on la trouve dans les IUT, en Droit, en Médecine bien sûr, mais aussi en Lettres, en Langues, ou en Sciences.

L'Université dispose des meilleurs enseignants, elle doit reconquérir les meilleurs étudiants, et cela dès la première année.
Le plan Réussir en licence offre aux établissements l'occasion de regagner la confiance des familles et des élèves, et les universités semblent décidées à relever le défi :
les dispositifs pédagogiques innovants proposés dans le cadre du nouveau cahier des charges de la licence sont nombreux, mais de manière générale, les universités ont plébiscité un renforcement de l'encadrement de leurs étudiants :
  Elles se sont en particulier appuyées  sur 5 dispositifs :

  • une véritable prérentrée, qui fait la place à un accueil personnalisé,
  • des enseignants-référents dont je rappelle qu'ils se verront allouer une prime de l'ordre de 2000 euros par an,
  • des tuteurs étudiants qui trouvent leur place dans des équipes pédagogiques pilotées,
  • des modules de mise à niveau ciblés en fonction des bacs d'origine et des filières choisies,
  •  Des petits groupes d'enseignement et des horaires augmentés.


L'essentiel de l'effort des universités s'est porté sur la première année qui on le sait bien, est décisive
Dès demain, le site nouvelleuniversité.gouv.fr accueillera un forum ouvert à tous les étudiants qui souhaiteront s'exprimer sur ce qui change vraiment dans leur première année de licence. Ils nous diront si les conditions de leur réussite sont là.

La réussite exige de bonnes conditions d'étude et de vie : bibliothèque, logement, aides sociales.
Mais la réussite c'est aussi des conditions de vie et d'étude optimales : qui permettent à tous de se consacrer pleinement à leurs études.
Et pour cela, sur les campus mêmes, les bibliothèques universitaires doivent être en mesure d'accueillir davantage et plus longtemps les étudiants qui souhaitent y travailler.
L'effort est engagé.

Toujours dans le cadre du plan réussir en licence, nous avons engagé un effort supplémentaire de 1,6M d'euros pour l'allongement des horaires d'ouvertures.
Cela se traduit  dès cette rentrée par :

  • 100 000 heures de travail étudiant en bibliothèque
  • 39 bibliothèques sur 90 qui sont à 60 heures ouvrables par semaine
  • 13 qui ont déjà atteint les 65 heures par semaine qui est mon objectif pour 2011.

Dès cette année, nous avons gagné en moyenne 2 heures d'ouverture supplémentaire par rapport à l'année dernière. ( de 58 à 60 heures en moyenne)

Une université qui soit un lieu d'enseignement, de travail personnel, convivial et ouvert sur la cité c'est le projet que nous bâtissons pour nos étudiants.  Et ce projet nous devons le proposer à tous ceux qui le souhaitent sans autre considération que leur motivation et leurs capacités.

La question du logement qui est le premier poste de dépenses pour les étudiants, reste évidemment pour nous une question centrale. Nous nous approchons des objectifs du Plan Anciaux. En 2008,  6100 chambres réhabilitées et 3300 places nouvelles dans le parc immobilier géré par le CROUS seront livrées. La convention que j'ai signée avec Hervé Morin  nous permettra de créer 6000 logements supplémentaires à l'intention des étudiants.
Dès mon arrivée au ministère, j'ai engagé une réforme ambitieuse des aides sociales avec un système de bourses plus lisible, plus transparent, plus équitable. Les bourses ont été augmentées de 100 millions d'euros en deux ans.  Nous soutenons 50 000 boursiers supplémentaires  cette année, tandis que nous avons augmenté  de 10 % en deux ans les bourses des 100 000 étudiants les plus défavorisés.

Le prêt étudiant que nous venons d'ouvrir  permet aux boursiers comme aux non boursiers d'emprunter jusqu'à 15 000 euros. Ce prêt va permettre à certains étudiants qui ne bénéficient  pas d'une caution parentale de construire des projets d'études plus longs, plus ambitieux.

Vous le voyez, nous mettons en place tous les leviers possibles d'une existence plus simple, plus confortable pour tous les étudiants, pour qu'ils puissent se consacrer le plus et le mieux possible à la construction de leur projet de vie.
Car, si lutter contre les déficits sociaux et culturels, offrir une formation de qualité au plus grand nombre et proposer à tous les diplômés une insertion professionnelle est bien la triple mission de notre service public d'enseignement supérieur, l'Etat lui, doit accompagner l'effort pédagogique que cela suppose par un engagement social sans faille.
 Avec l'ensemble de la communauté universitaire, nous portons le projet de la République toute entière : garantir, à chacun, le droit de réussir autant qu'il le peut et autant qu'il le mérite.

 

1ère publication : 18.09.2008 - Mise à jour : 18.09.0008

Ma première année à l'université

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