Accueil >  [ARCHIVES] >  [ARCHIVES] Discours

[ARCHIVES] Discours

Présentation des 6 premiers projets Opération Campus

[archive]
logo opération campus

Les 6 premiers projets sélectionnés dans le cadre de l’Opération Campus (Bordeaux, Grenoble, Lyon, Montpellier, Strasbourg, Toulouse) ont été présentés à Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le 14 novembre 2008, à la Cité de l’architecture et du patrimoine. La ministre a de nouveau salué le travail des équipes et rappelé que la prochaine étape, à l’issue d’un dialogue entre les porteurs de projet et le jury de l’Opération Campus, fixera l’enveloppe financière qui sera allouée à chacun des 6 projets.

Discours - 1ère publication : 14.11.2008 - Mise à jour : 24.10.2012
Valérie Pécresse

Mesdames et Messieurs

Nous sommes à la veille du jury de l'Opération Campus et vous allez assister en avant-première à la présentation, par les 6 équipes que vous avez devant vous, des projets «Campus» qu'elles m'ont remis il y a dix jours.

Avant même l'examen de ces projets par le jury, j'ai souhaité que les équipes elles-mêmes puissent vous expliquer à quoi ressembleront nos campus de demain. Les projets architecturaux ne sont pas encore là mais les dossiers que j'ai reçus donnent une idée déjà précise de l'aménagement des campus et des projets phares qui seront réalisés.

A l'heure où les universités s'emparent de l'autonomie, où de profonds changements s'opèrent, où l'Opération Campus leur donne une occasion unique de construire un véritable projet de long terme pour se projeter dans la compétition internationale, j'ai souhaité leur donner la parole.

Sans préjuger des délibérations du jury, cette conférence de presse est aussi l'occasion pour moi de saluer votre travail de très grande qualité. Je sais que vous avez, dans des délais extrêmement tendus, multiplié les groupes de travail pour répondre à un cahier des charges foisonnant, que vous avez impliqué un très grand nombre de personnes (parfois plusieurs centaines), que vous avez mené une concertation exemplaire (y compris sur internet) pour que le projet que vous me présentez soit le projet de toute une communauté universitaire. Je sais aussi que vous avez convaincu les collectivités locales et les villes en particulier, qu'il fallait remettre l'université au cœur du système urbain.

Avant même la sélection définitive des projets, j'ai pu constater au cours de mes déplacements que l'Opération Campus a créé une dynamique irréversible et vertueuse dans vos universités : rapprochement voire fusion des universités, renforcement des Pôles de Recherche et d'Enseignement Supérieur pour une meilleure visibilité internationale, collaborations accrues avec les organismes de recherche, liens avec le monde de l'entreprise et partenariats avec la recherche privée.

Un grand merci donc pour tout le travail d'ores et déjà accompli.


Mais laissez-moi revenir sur la genèse de l'Opération Campus

Vous savez que l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation sont la priorité numéro 1 du Président de la République ; c'est en y investissant que l'on créera les emplois de demain. C'est un atout incontournable pour doter notre pays d'une croissance durable.

Cet engagement du Président de la République, le gouvernement le tient doublement : en augmentant le budget de mon ministère d'1 milliard 800 millions d'euros en 2009 comme il l'a fait en 2008 et en investissant 5 milliards dans les campus universitaires à travers l'Opération Campus.

L'objectif de l'Opération Campus est de fédérer, voire de créer, les grands campus universitaires français de demain. Nos universités sont soumises à la compétition mondiale de la connaissance : l'Opération Campus leur donne les moyens de construire leur visibilité internationale. L'intention est, d'abord, de définir leur projet scientifique et pédagogique stratégique qui considère la politique immobilière comme un élément majeur de l'attractivité des universités envers les étudiants, les enseignants et les chercheurs français et du monde entier. Mais c'est aussi une réponse immédiate aux besoins urgents de rénovation des locaux universitaires et des locaux d'accueil et de vie.

10 sites ont été choisis au terme d'un appel à projets en mai et juillet derniers. Ces dix sites impliquent : 39 universités, 37 écoles, 650 000 étudiants et tous les grands organismes de recherche.

Nous voici à présent à la deuxième étape de l'Opération Campus, la plus importante. En effet, à l'issue d'un dialogue entre les porteurs de projet et le jury qui débutera la semaine prochaine, l'enveloppe financière qui sera allouée à chacun des 6 projets sera fixée. Ce ne sera pas une simple division par dix. Cette dotation dépendra du potentiel scientifique du site, de la qualité intrinsèque de chaque projet, que ce soit au plan scientifique ou immobilier, et de la force des partenariats qui ont été noués avec les collectivités locales. Cette compétition, c'est la garantie, pour l'Etat, que les projets financés seront de très grande qualité.

Je serai particulièrement vigilante au fait que les projets qui verront le jour soient des projets « complets » : avec des locaux pédagogiques et de recherche remis à neuf, la création de véritables cœurs de campus vivants et attractifs pour les étudiants, les chercheurs et tout la communauté universitaire, des projets de partenariats avec les entreprises et la recherche privée, des campus ouverts qui se transforment en véritables quartiers.

Evidemment, les questions soulevées par le Grenelle de l'Environnement devront être au cœur des projets : je veux construire des éco-campus, accessibles à tous les étudiants. Et je veux des campus du futur où l'accès au numérique devient la norme pour tous.

Les projets seront réalisés en partenariat public-privé. Chacun des sites lauréats se verra donc attribuer une part de la dotation. C'est une dotation non consommable, dont les produits de placement serviront à financer des partenariats publics-privés, dans un quadruple objectif :

  • rapidité de mise en œuvre ;
  • encouragement des relations entre les établissements d'enseignement supérieur et le secteur privé ;
  • responsabilisation des équipes dirigeantes des universités suivant la logique de la loi votée en août 2007 ;
  • financement non seulement de l'investissement mais aussi de la maintenance des bâtiments pour s'assurer de leur bon état d'utilisation pendant de nombreuses années.


Mais ce choix du partenariat public-privé ne doit pas se faire au détriment de la qualité architecturale des projets. C'est souvent la crainte qui s'exprime dans le milieu de l'architecture. Nous avons été capables, par le passé, de produire de belles réalisations universitaires. Et nos sites universitaires ont besoin de signes architecturaux, qui permettent d'identifier les campus et de leur forger une image durable. Je serai donc très attentive à ce point.

D'ailleurs, pour placer d'ores et déjà l'Opération Campus sous le signe d'une architecture de qualité, j'ai fait appel avec Christine Albanel aux forces vives que sont les écoles d'architecture. Sur chacun des dix sites retenus, j'ai demandé aux écoles associées de faire travailler un atelier d'étudiants de 4ème année sur un projet campus. Nous connaitrons les résultats de cette consultation grandeur nature au printemps prochain. Ce sera à la fois la réflexion de futurs architectes portant un regard neuf sur les campus mais aussi la réflexion de jeunes étudiants sur le campus universitaire idéal. J'attends beaucoup de ces travaux et je suis sûre que cela constituera un apport précieux pour les communautés universitaires concernées.

Vous l'aurez compris, avec l'Opération Campus, il s'agit de faire de nos campus des lieux où la jeunesse et la communauté scientifique pourront mettre en valeur pleinement leurs compétences au service du développement économique et culturel de notre pays.

Je vous remercie.

1ère publication : 14.11.2008 - Mise à jour : 24.10.2012
Retour haut de page