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Opération 'Sortez couverts'

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Opération sortez couverts

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche s’associe à l’opération "Sortez couverts" parrainée par Christophe Dechavanne. Les universités et les résidences étudiantes vont être équipées de distributeurs de préservatifs à 20 centimes d’euros l’unité ou 2 euros le paquet de douze.

Discours - 1ère publication : 23.11.2009 - Mise à jour : 26.11.0009
Valérie Pécresse

  • Conférence de presse Sortez couverts
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  © M.E.S.R. / Philippe Devernay

Je voudrais remercier chacun aujourd’hui pour sa présence. Nous sommes nombreux autour de la table mais cela montre bien à quel point la mobilisation sur la question qui nous préoccupe est forte et je m’en réjouis.

Nous sommes tous rassemblés aujourd’hui pour porter un message commun. Celui de notre mobilisation contre les maladies sexuellement transmissibles, à quelques jours de la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Celui de notre mobilisation pour envoyer un message fort à la jeunesse, et tout particulièrement aux étudiants. Pas de rapports sexuels non protégés tant que vous n’êtes pas sûrs de votre partenaire, tant que vous n’avez pas fait les tests.

Et notre engagement à tous, celui de mon ministère qui apporte aujourd’hui sa pierre à la cause que vous défendez depuis des années cher Christophe Dechavanne, c’est de tout mettre en œuvre pour que les jeunes, les étudiants, ne refusent pas le préservatif parce qu’ils sont trop chers. Mon engagement c’est celui de donner à tous les étudiants de France un accès à des préservatifs les moins chers possibles.

Cet engagement s’inscrit dans le cadre de l’Opération « sortez couverts » qui mobilise un réseau de 25 000 pharmacies françaises d’un côté, une grande entreprise française de production de l’autre, pour proposer aux jeunes des préservatifs à 20 centimes d’euros l’unité ou à 2 euros le paquet. Je rappelle qu’une boîte de préservatifs coûte habituellement de 8 à 12 euros. il s’agit donc d’un prix exceptionnellement faible.

Cette mobilisation est essentielle car l’épidémie du SIDA est malheureusement loin d’être enrayée en France et les résultats prometteurs de la recherche n’offrent pas encore d’issue concrète. On dénombre 7 000 nouvelles infections par an en France et on estime que plus de 20% des personnes contaminées ne connaissent pas leur séropositivité. Les traitements existants sont très contraignants, ils font apparaître des complications extrêmement lourdes. L’idée selon laquelle le sida a déjà son traitement définitif est fausse et contribue à faire baisser la vigilance de la population et tout particulièrement des jeunes.

Car au-delà de la question spécifique du SIDA, cette mobilisation est aussi essentielle car nous observons que les comportements à risque augmentent chez les jeunes. Les chiffres ne sont pas toujours alarmants : une récente enquête de la LMDE montre, par exemple, que près de la moitié des étudiants interrogés qui ont eu un rapport sexuel ont déjà effectué un test HIV.
Les jeunes ont également une relativement bonne connaissance de la maladie et de ses modes de transmission : ils savent qu’il n’existe pas de médicaments « miracle » (92%) et ils connaissent la plupart des pratiques à risque. Malheureusement, cela n’empêche pas toujours le développement de comportements à risque et le recours au préservatif n’est pas encore systématique. Notamment en raison de son coût.

Les chiffres présentés par Bertrand Pisa sont à cet égard éloquents : la France utilise 30 millions de préservatifs de moins qu’il y a 10 ans. Depuis 1997, la consommation est en chute constante alors qu’elle augmente chez nos voisins.

Face à ce constat inquiétant nous avons collectivement un rôle important à jouer. Il faut modifier les comportements de la population, et cela n’est pas une mince affaire. C’est le rôle de l’Etat bien sûr, qui doit alerter la population et la sensibiliser sans relâche aux dangers encourus. C’est un travail que ma collègue Roselyne Bachelot, ministre de la santé, mène avec conviction. Mais c’est aussi notre rôle en tant que parent, en tant que professeur.

Du point de vue de l’enseignement supérieur, je crois que nous pouvons faire beaucoup plus que ce que nous faisons aujourd’hui.

L’amélioration des conditions de vie étudiante est un de me objectifs principaux depuis 2007. Nous avons mobilisé beaucoup d’argent et beaucoup agi pour accompagner financièrement les étudiants pendant leurs études et les aider ainsi à réussir leur insertion professionnelle et à accomplir leur épanouissement personnel. Nous avons profondément réformé le système de bourses en les augmentant de 6 à 13% et en élargissant à 60 000 étudiants supplémentaires le spectre des bénéficiaires. Nous avons créé ou réhabilité 30 000 chambres étudiantes pour les aider à accéder à l’autonomie qu’ils désirent tant.

Les préoccupations financières sont au cœur des préoccupations étudiantes : à un âge de la vie où ils souhaitent s’émanciper de leurs parents ou tout simplement pendant lequel les parents ne peuvent plus les aider financièrement, les étudiants doivent faire des choix. Certains choisissent de recourir à l’emprunt pour financer leur vie étudiante, d’autres exercent des petits boulots parallèlement à leurs études. Le logement, les fournitures scolaires, les transports, la restauration, sont autant de postes de dépense importants et qui pèsent sur le revenu d’un étudiant. Chaque dépense, même petite, est importante.

Et bien, tout comme je crois qu’il est du devoir de l’Etat d’aider financièrement et directement ceux qui en ont le plus besoin, je crois qu’il est de notre devoir de ne pas laisser les étudiants face à des choix impossibles. Les étudiants ne doivent pas choisir de ne pas avoir de rapports protégés parce que les préservatifs sont trop chers. Ce n’est tout simplement pas envisageable.

Le fait de mettre à disposition des étudiants des préservatifs à prix très réduits n’épuise pas la question des comportements. Cela ne nous dispense pas de continuer à informer, éduquer, communiquer sur la nécessité impérieuse de se protéger. Mais cela permet d’éliminer définitivement une alternative qu’ils ne doivent pas avoir à faire : la protection ou l’argent.

Quand la société Polidis est venue me présenter son projet, je n’ai pas hésité une seconde. J’ai immédiatement contacté la Conférence des Présidents d’université et le réseau des CROUS. Nous avons décidé ensemble de se mobiliser pour rejoindre l’opération « sortez couverts ».

Dans les mois qui viennent, dans toutes les universités françaises et dans toutes les résidences étudiantes, seront installés des distributeurs de préservatifs à 20 centimes d’euros l’unité, comme vous les voyez présentés ici.

Je compte sur la mobilisation des mutuelles étudiantes, qui ont présentes aujourd’hui, des associations étudiantes, des services de santé des universités, pour assurer l’entretien et l’approvisionnement de ces distributeurs. Pour assurer également, comme ils le font déjà, l’information et la prévention auprès de tous les étudiants d’un campus.

Jusque là, il existait des initiatives éparses. Nous entrons aujourd’hui dans une phase de systématisation. Dans un instant, nous allons signer tous ensemble une lettre d’intention qui retrace l’engagement que nous prenons aujourd’hui. Cette lettre d’intention a vocation à être déclinée très rapidement en une série de conventions locales entre l’association « croix verte et ruban rouge » et les établissements, qui prévoiront, notamment, les conditions de livraison et d’approvisionnement des distributeurs et les emplacements retenus. Je compte sur leur mobilisation pour assurer que notre objectif soit rempli très vite. Je suis très attachée à ce dispositif.

Camille Galap, qui représente la Conférence des Présidents d’université, et Jean-François Cervel, directeur du CNOUS, vont vous dire quelques mots sur leur engagement.

Il ne me reste plus qu’à tous vous remercier de votre présence. Nous répondrons à toutes vos questions dès que nous aurons signé la lettre d’intention.

Je crois que je n’ai plus qu’un seul message à vous faire passer, et au-delà de vous, à tous les jeunes et les étudiants français : « sortez couverts ! ».

 

 

1ère publication : 23.11.2009 - Mise à jour : 26.11.0009

Sortez couverts : signature d'une lettre d'intention

boitepreservatifs.JPG

La présente lettre d’intention est signée entre :

  • L’association "croix verte et ruban rouge"
  •  La société Polidis
  • Christophe Dechavanne

Et :

  • Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
  • La conférence des présidents d'université
  • Le centre national des œuvres universitaires et son réseau CROUS

Lettre d'intention "Sortez couverts"

Extraits de la lettre d'intention

Les engagements

  • poursuivre les efforts d’information et de prévention menés en direction des populations jeunes et notamment au sein des établissements d’enseignement supérieur.
  • faciliter l’accès des populations étudiantes aux préservatifs masculins à 20 centimes d’euros, en installant dès les premiers mois de l’année 2010, des distributeurs de préservatifs dans toutes les universités et dans toutes les résidences étudiantes gérées par les CROUS.
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