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La Médaille d'or 2010 du CNRS est décernée au chimiste Gérard Férey

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Gérard Férey

Gérard Férey, chercheur en physico-chimie des solides et des matériaux inorganiques ou hybrides a reçu la médaille d'or 2010 du CNRS, pour ses travaux dans le domaine des solides poreux cristallisés menés avec son équipe à l’Institut Lavoisier. «Grâce à vous, l’année internationale de la chimie commence avec un peu d’avance, signale Valérie Pécresse, une année qui mettra à l’honneur cette discipline où la France excelle depuis si longtemps et dont vous serez, tout au long de l’année 2011, l’un des ambassadeurs les plus prestigieux.»

Discours - 17.12.2010
Valérie Pécresse


Je devine aisément l’émotion qu’avec vos proches, vous éprouvez au moment de recevoir en Sorbonne la plus haute distinction scientifique française.

Votre modestie est aujourd’hui mise à rude épreuve. Et cela ne fait que commencer, puisqu’elle devra souffrir qu’à l’avenir votre nom apparaisse aux côtés de ceux des plus grands chercheurs que compte notre pays : je pense à Jean Tirole, à Jean Weissenbach ou bien encore à Serge Haroche, pour ne citer que les plus immédiats de vos prédécesseurs.

Comme eux, vous avez contribué de manière exceptionnelle au dynamisme et au rayonnement de la recherche française. L’extraordinaire fécondité de vos travaux et la très forte reconnaissance internationale qui les accompagne depuis plusieurs années déjà en sont les meilleures preuves.

Ceux qui vous entourent peuvent donc être particulièrement fiers de vous ce soir, comme je suis moi-même honorée de pouvoir vous témoigner, aux côtés de vos pairs et au nom de l’ensemble de la communauté scientifique, notre reconnaissance et notre admiration.

Et parmi tous les chercheurs qui, aujourd’hui, sont heureux et fiers de voir vos travaux couronnés par la médaille d’or du CNRS, il y a bien sûr la communauté des chimistes français.

Grâce à vous, Monsieur le Professeur, l’année internationale de la chimie commence avec un peu d’avance, une année qui mettra à l’honneur cette discipline où la France excelle depuis si longtemps et dont vous serez, tout au long de l’année 2011, l’un des ambassadeurs les plus prestigieux.

Car je sais, Monsieur le Professeur, que vous êtes de ceux pour qui il y a bien un style français en chimie, un style qui a bien sûr évolué au fil du temps, mais dont la permanence a permis à la France, de génération de chercheurs en générations de chercheurs, de rester un grand, un très grand pays de chimie.

Cet attachement à une certaine tradition d’excellence française, vous l’avez démontré en baptisant l’institut que vous avez créé du nom du plus grand de nos chimistes, Antoine Lavoisier, considéré comme le père de la chimie moderne.

Et vous le savez, l’Histoire, qui se confond ici avec la légende, veut que Lavoisier, qui avait demandé, en pleine Terreur, que son exécution soit retardée de quelques jours pour lui permettre de terminer une expérience importante, se soit entendu répondre par ses juges : « La République n’a besoin ni de savants ni de chimistes ». Et aucun délai de grâce ne lui fut accordé.

Au seuil de cette cérémonie qui, chaque année, témoigne de la reconnaissance que la nation porte à ses scientifiques, permettez-moi en quelque sorte de rectifier solennellement cette erreur historique et de dire, au nom de la République, que non seulement nous avons besoin de savants et de chimistes, mais que la France est fière, très fière même, d’être la patrie de Lavoisier, de Pasteur et Curie et de tous ceux qui, comme vous, font vivre leur héritage. 

La méthode Gérard Férey : une approche globale et rationnelle de la chimie

Alors, cher Gérard Ferey, la tradition – toujours elle - exigerait en pareille circonstance que je commence par louer les mérites de votre parcours, exemplaire en tout point, il est vrai : je le ferai dans un instant.

Mais je voudrais, si vous me le permettez, déroger à l’usage pour entrer directement dans le vif du sujet, ou si j’ose dire, au cœur de la matière, et tenter ainsi de saisir d’emblée, Monsieur le Professeur, ce qui a fait le succès et la réputation de vos travaux.

En observant en effet les images de ces solides poreux cristallisés que vous avez imaginés et façonnés avec votre équipe à l’Institut Lavoisier, les fameux MIL (pour Matériaux de l’Institut Lavoisier, c’est la tradition d’appeler ces solides du nom des laboratoires qui les a vus naitre), on est d’abord saisi par la beauté étrange et presque abstraite que leur confère la perfection de leur géométrie.

Et pour cause, ces nanomatériaux hybrides composés de minéraux et de matière organique, sont d’abord de véritables constructions de l’esprit, des joyaux intellectuels qui répondent aux exigences de formes, de volume ou de composition que vous leur assignez. 

Voilà qui nous amène, je crois, au cœur même de votre spécialité, Monsieur le Professeur, qui assure à présent la renommée internationale de l’école française de chimie : la construction raisonnée de matériaux complexes. 

Car si depuis Galilée et Descartes, la science moderne s’écrit en langage mathématique, chez vous, le passage par l’abstraction et par la modélisation prend ici une dimension toute particulière. Le désir de comprendre et de rendre raison des phénomènes naturels les plus complexes s’immisce pour ainsi dire à toutes les étapes de votre démarche scientifique : de l’observation à la synthèse en passant par la prédiction.

Cette démarche, on la dit globale et rationnelle, parce qu’elle permet non seulement d’appréhender les mécanismes les plus intimes qui régissent ces nanomatériaux, ce qui est déjà beaucoup, mais aussi de les manipuler et de prévoir, notamment par simulations informatiques, toutes les transformations qu’il est possible de leur faire subir.

Au regard du profane, permettez-moi de vous le dire, cela est tout simplement prodigieux. Car non seulement vous forgez des particules aux architectures entièrement inédites, mais vous vous vous assurez presque une entière maîtrise sur les lois physiques et chimiques les plus fondamentales qui concourent à leur création.

Là où d’autres en effet procèdent à l’aveugle et par tâtonnements successifs, en multipliant les coups d’essais et donc les erreurs, vous ne laissez, vous, aucune place à la chance ou au hasard. Et c’est ce qui rend votre travail si passionnant.

Le passage par l’expérience demeure bien sûr, avec toutes les incertitudes que cela comporte, mais le champ des possibles, en amont, est si étroitement réduit que vos hypothèses finissent le plus souvent par se concrétiser. 

Et j’imagine, Monsieur le Professeur, l’intense satisfaction qui doit accompagner l’élaboration de chacun de ces solides cristallisés qui sont nés dans votre laboratoire.

Car c’est une chose de faire une découverte ou de vérifier une théorie en la confrontant à l’expérience, c’en est une autre encore de sculpter à l’échelle atomique des édifices cohérents et de donner à la matière des propriétés physiques inouïes.

Bien que le terme soit souvent utilisé abusivement, il est bien peu d’activités humaines qui soient, à proprement parler, des activités créatrices. La vôtre en fait partie, indubitablement, et au sens le plus passionnant du terme, celui que lui a donné précisément le projet scientifique moderne : arracher à la nature le secret des forces qui la régissent, non seulement pour les comprendre, mais pour libérer le potentiel d’action et de transformation du monde qu’elles portent en elles.  

Un parcours placé sous le signe de la passion de la recherche

Elevée à un tel niveau d’exigence et de créativité, on comprend dès lors pourquoi la recherche vous a tant passionné.

Et de fait, Monsieur le Professeur, s’il y a bien un point sur lequel s’accordent toutes celles et tous ceux qui vous ont côtoyé au cours de votre carrière, c’est bien sur cet enthousiasme et cet engagement total avec lesquels vous avez mené vos travaux, animé vos équipes de recherche ou enseigné les secrets de la chimie à vos étudiants.

Certains même de vos collègues ou de vos élèves, de dix ou vingt ans vos cadets pourtant, confessent encore vous envier parfois cette énergie inépuisable dont vous faites preuve dès qu’il s’agit de mener une expérience ou d’échafauder une nouvelle théorie. Ils ont beau vous connaître et vous suivre depuis des années, il n’est pas si facile d’aller du même pas que Gérard Ferey, cette « force qui va ».

Et cet enthousiasme vient de loin. Votre carrière de scientifique n’a en effet commencé ni à l’université ni au lycée : jeune diplômé de ce qu’on appelait autrefois les écoles normales d’instituteurs, vous avez d’abord enseigné pendant trois ans à de jeunes élèves de l’école primaire.

Et s’ils ne vous ont sans doute pas poussé dans les derniers retranchements de la chimie des solides poreux hybrides ou inorganiques, c’est à leurs côtés que vous avez aiguisé ces talents pédagogiques qui ont fait peu après le bonheur de tous vos étudiants.

Car vous n’allez pas tardez à devenir enseignant-chercheur. Vous rejoignez pour cela l’Université de Caen où vos professeurs reconnaissent immédiatement en vous la même curiosité insatiable dont faisaient preuve vos premiers et jeunes élèves, mais une curiosité doublée de remarquables facultés d’analyse, qui ne demandaient qu’à s’affirmer.

Vous gravissez donc une à une toutes les étapes qui jalonnent un parcours scientifique : votre doctorat à peine en poche, vous rejoignez l’Institut Universitaire de Technologie du Mans où vous serez successivement assistant, maître assistant et professeur.

Rapidement, vos talents y sont remarqués et dûment mis à profit, que ce soit au sein du tout nouveau laboratoire des fluorures inorganiques de métaux en transition ou dans les amphithéâtres et salles de cours.

Vous étudiez alors la chimie du solide et en particulier la cristallographie et les arrangements spatiaux des atomes, un domaine dans lequel vous excellez tout particulièrement.

Quant à vos cours, vos étudiants y assistent avec une assiduité peu commune et profitent outre de votre connaissance déjà bien avancée de la chimie des minéraux, d’un autre de vos talents, qui a aussi chez vous force de passion : le dessin. A une époque pas si éloignée où les outils du type Powerpoint n’existaient pas, rares étaient les professeurs qui étaient comme vous capables de tracer à main levée, tridimensionnalité et perspective comprises, une structure atomique complexe.

Cela vous a valu l’admiration de vos étudiants, dont certains du reste figurent désormais au rang de vos pairs et de vos amis. Les plus anciens d’entre eux pourraient, mieux que moi, témoigner de cette implication sans faille dont vous avez fait preuve à chaque étape de votre parcours, comme des terrains nombreux sur lesquelles elle s’est s’exprimée.

Car tout en menant une carrière scientifique exceptionnelle, vous vous êtes toujours intéressé à la vie de vos établissements et en particulier à l’organisation et à la gestion de la recherche, que ce soit au Mans où vous vous avez assuré pendant 6 ans la vice-présidence de l’Université ou au CNRS que vous rejoignez dès 1988, en tant que directeur adjoint du département des sciences chimiques.

Et ces fonctions d’encadrement et de gestion vous passionnent, car non seulement elles vous permettent d’agir au service de la recherche française, à laquelle vous êtes profondément attachée, mais elles vous font prendre conscience de la part que peuvent prendre les questions d’organisation et de structure dans les réussites de notre système scientifique.

Je pense aux cloisonnements qui ont parfois atténué le rayonnement de notre recherche. Son excellence incontestée était en effet masquée par la multiplication de structures dont les limites respectives devenaient parfois des frontières étanches, ralentissant ainsi la mise en commun des progrès de la recherche et fragilisant l’environnement scientifique de nos savants.

C’est pourquoi je tenais à saluer tous ceux qui comme vous, cher Professeur, ont pris conscience de ces difficultés et ont œuvré à la transformation de la recherche française, pour la rendre plus ouverte et plus collaborative.

Aujourd’hui grâce aux réformes que nous menons depuis plus de trois ans et demi, c’est l’ensemble de notre enseignement supérieur et de notre recherche français qui évolue dans ce sens, à commencer bien entendu par le CNRS qui s’est saisi de cette dynamique en assumant plus que jamais son rôle d’organisme leader et stratège pour l’ensemble de notre paysage scientifique.

De nouveaux matériaux qui font naître de nouveaux espoirs

Cette quête de l’excellence scientifique fondée sur l’interdisciplinarité, la collaboration entre établissements et organismes, français ou étrangers, mais aussi sur l’ouverture sur le monde économique, vous en avez été, Gérard Férey, non seulement l’un des ardents défenseurs, mais aussi l’un des pionniers en créant il y a une quinzaine d’années l’institut Lavoisier qui unit les forces de l’Université de Versailles-Saint-Quentin et celles du CNRS.

Vous y avez réuni tous les ingrédients qui font le succès d’un centre de recherche de très haut niveau international : en particulier une organisation resserrée malgré une forte interdisciplinarité, une ouverture assumée en direction du monde industriel et enfin une très forte visibilité internationale adossée à une politique particulièrement active de publications. 

Et je sais qu’avec votre ami et ancien élève, Christian Serre, vous avez trouvé un successeur de taille qui saura donner à votre œuvre et à vos découvertes toutes les suites qu’elles méritent.

Alors, bien entendu, sa réputation l’Institut la doit d’abord aux succès que vous avez enregistrés dans votre laboratoire. Grâce à la méthode globale et rationnelle que j’évoquais il y a quelques instants et aux techniques développées à l’Institut, ce sont ainsi plus de 150 solides poreux qui ont été conçus à Lavoisier.

Cela explique sans doute pourquoi vous êtes désormais, cher Professeur, le deuxième chimiste français le plus cité au monde ! La performance méritait d’être soulignée, d’autant que vous avez eu la délicatesse de céder la première place à votre ami, le Prix Nobel Jean-Marie Lehn, que je tenais à saluer ce soir.

Mais plus que leur nombre, ce sont les performances extraordinaires de certains de ces matériaux qui sont les plus marquantes. Je pense notamment au très célèbre MIL-101, le téréphtalate de chrome, dont les pores peuvent contenir 400 fois son volume total en dioxyde de carbone !

C’est pourquoi vous n’avez pas hésité à nouer des partenariats particulièrement prometteurs avec les grands noms de l’industrie : je pense notamment à TOTAL ou à BASF qui commercialisent d’ores et déjà certains de vos matériaux.

Et derrière vos prouesses scientifiques, ce sont des perspectives immenses qui s’ouvrent, non seulement pour la science, mais pour nos sociétés. Que ce soit en termes de décontamination rapide, nous venons de le voir avec votre véritable piège à CO2, mais aussi dans le domaine des énergies, ou encore, ce qui vous tient sans doute le plus à cœur, dans le domaine médical.

Et dans ce domaine, tous les espoirs sont permis. Je sais qu’en scientifique rigoureux et réfléchi, vous vous gardez, à juste titre d’ailleurs, de verser dans un optimisme qui serait excessif ou prématuré, il n’empêche : une étude en laboratoire menée à Châtenay-Malabry l’a pleinement démontré, certaines des structures moléculaires que vous avez développées seraient capables d’apporter dans un futur proche une alternative encore plus efficace aux traitements que reçoivent aujourd’hui les malades atteints notamment de certains cancer ou du sida, en stockant en quantité suffisante les substances anti-tumorales et anti-virales avant de les diffuser de manière progressive dans l’organisme.

Affirmer la valeur du progrès scientifique

C’est dire encore une fois les attentes extraordinaires que suscitent vos travaux, Monsieur le Professeur. Et de cela, je tenais à également vous remercier. Car à tous ceux qui se méfient parfois du progrès scientifique, non par principe, mais parce qu’ils peinent à percevoir les progrès que leur apporte pourtant la marche incessante du savoir, eh bien, vos travaux offrent la meilleure des réponses.

Quoi de plus abstrait, de plus complexe et de plus éloigné en apparence du champ de nos besoins quotidiens que la chimie des solides poreux cristallisés ? Et pourtant, derrière ces travaux se dessinent de multiples promesses qui sont autant de démentis cinglants adressés à ceux qui prétendraient, aujourd’hui encore, que notre nation n’a besoin ni de savants ni de chimistes.

C’est la raison pour laquelle je tiens tant, Mesdames et Messieurs, à ce que la voix des scientifiques se fasse partout entendre. L’année qui s’achève a offert bien des occasions de s’exprimer à tous ceux qui, prisonniers de leurs certitudes, remettent en cause l’idée même de progrès scientifique.

Qu’il s’agisse du changement climatique, des nanotechnologies ou des OGM, le travail des chercheurs a subi de multiples attaques. On les a, on vous a présentés, Mesdames et Messieurs, comme des apprentis sorciers. Et quand la science n’était pas comparée à la magie noire, certains ont semblé y voir un luxe dont nos sociétés développées pourraient aisément se passer.

Comme si le progrès du savoir comptait pour rien. Comme s’il n’y avait pas, en chimie comme dans toutes les autres sciences, de nouvelles frontières à repousser pour pouvoir, demain, relever les défis qui sont devant nous. Comme si, justement, ces défis n’étaient pas assez nombreux !

Alors mon rôle, Mesdames et Messieurs, c’est bien sûr de prendre la parole lorsque la recherche est attaquée. C’est de vous défendre contre la démagogie du soupçon vis-à-vis de la science. Je l’ai fait et je continuerai à le faire.

Mais je veux aussi vous le dire : ce combat, je ne peux le remporter seule. Votre voix, Mesdames et Messieurs les chercheurs, doit se faire largement entendre. Vous êtes les meilleurs ambassadeurs de la science. Vos travaux doivent être connus du grand public. Vous seuls êtes capables de les expliquer avec la clarté et la passion nécessaires pour emporter l’adhésion. Vous seuls pouvez dire à la société française ce qu’elle est en droit d’espérer de vous.

Au moment même où notre Gouvernement place notre destin collectif sous le signe de l’enseignement supérieur et de la recherche, en y consacrant 22 des 35 milliards d’euros du plan d’investissements d’avenir, nous ne pouvons pas laisser grandir les germes du désamour et du soupçon vis-à-vis de la science. Nous ne pouvons pas laisser se multiplier les procès en sorcellerie.

N’ayons pas peur de laver l’honneur de la recherche et de dire notre fierté collective d’être un grand pays de science. 

Notre nation a besoin de savants et de chimistes. A vous, Mesdames et Messieurs, de le dire autour de vous. A vous, cher Gérard Ferey, de le répéter à tous ceux qui ne manqueront pas de vous interroger en ce jour où vos travaux et votre vocation de chercheur sont à l’honneur. Je sais que fidèle à votre approche globale et maitrisée du travail scientifique, fidèle à votre souci constant de voir vos découvertes bénéficier à notre société et à notre économie, vous serez au rendez-vous.

* * *

Comme je sais, cher Gérard Férey, que vous continuerez par mille autres voies à porter très haut les couleurs de la science française. Car de l’aveu général, ni le goût du savoir ni la passion de la recherche ne vous ont jamais quitté. 

De cela, vos proches mieux que moi pourraient témoigner : Thierry, votre fils qui, fidèle à l’esprit d’entreprise et d’aventure de son père, s’est lancé dans une start-up à Nantes, ainsi que vos deux petits enfants. 

Ils peuvent être particulièrement fiers de vous ce soir, au moment où nous nous apprêtons à vous rendre un double hommage, en signe de notre admiration et de notre gratitude.

Celui de la communauté scientifique d’abord qui a marqué de son estime chacune des étapes de votre carrière, en vous décernant les prix les plus prestigieux, en France comme à l’étranger et en vous accueillant dans ses plus hautes enceintes comme l’académie des sciences.

Celui de notre communauté nationale au nom de laquelle je m’adresse à vous aujourd’hui, cher Gérard Ferey.

Au nom de notre jeunesse et de nos étudiants pour la passion et le savoir que vous leur avez transmis.

Au nom de nos chercheurs que vos travaux ont inspiré et inspireront longtemps. Puissent-ils être nombreux à suivre la voie que vous avez ouverte !

Au nom de toutes celles et tous ceux qui voient dans chacune de vos découvertes un pas supplémentaire vers la construction d’un monde meilleur.

Je vous remercie.

1ère publication : 17.12.2010 - Mise à jour : 28.04.0011

Gérard Férey
Gérard férey
© CNRS Photothèque/Frédérique Plas

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