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Doubler les logements pour les étudiants d'ici 2020

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Valérie Pécresse lors de la Conférence nationale sur le logement étudiant

Valérie Pécresse a clos la conférence nationale qui réunissait tous les acteurs (CNOUS, bailleurs sociaux, privés...) concernés par le logement étudiant. La ministre a annoncé sa volonté de voir doubler le nombre de logements dédiés aux étudiants d'ici 2020, pour atteindre 680 000, et a présenté une série de 12 mesurers en faveur du logement étudiant.

Discours - 5.04.2011
Valérie Pécresse

 

 

Discours de clôture

En lançant ce matin la convention nationale sur l’avenir du logement étudiant, je faisais avec vous un pari : celui de placer cette journée de réflexion et de débat sous le double signe de l’imagination et de l’inventivité.

Je vous demandais ainsi de procéder à un examen lucide des besoins auxquels nous aurions à faire face et des objectifs que nous pouvions nous fixer, mais aussi, mais surtout de réfléchir aux nouvelles pistes que nous devrions emprunter.

Car ma conviction la plus profonde, c’est que nous n’avons pas tout essayé, loin s’en faut en matière de logements étudiants.

Qu’il n’y aura ni de solution miracle ni de réponse unique à ce mouvement de fond qui traverse la jeunesse française et qui la pousse à faire le choix de plus en plus tôt de la décohabitation.

Et que pour ces deux raisons mêmes, nous avions le devoir d’organiser la  concertation la plus large possible et de ne négliger aucune des possibilités qui s’offrent aujourd’hui à nous.

Eh bien, mesdames et messieurs, force est de le constater : le pari a été tenu et avec brio ! A entendre de la voix de votre rapporteur les conclusions de vos travaux, je me disais à l’instant que cette alliance des bonnes volontés et des expertises allait finalement déboucher sur un projet solide et partagé.

Car sur les résidences universitaires comme sur le logement social, sur l’offre privée comme sur la collocation ou le logement intergénérationnel, vous venez d’ouvrir des perspectives qui sont des perspectives audacieuses mais concrètes, et je m’en réjouis tout particulièrement.

C’est la raison pour laquelle je voudrais commencer par vous remercier, très cher Jean-Paul Anciaux, d’avoir mené jusqu’à son terme ce travail de réflexion collective, et par remercier à travers vous tous ceux qui y ont participé.
Etat, universités, CROUS, régions, villes, bailleurs sociaux, promoteurs immobiliers, syndicats étudiants, associations : bref à tous les acteurs, je veux dire, je veux vous dire, mesdames et messieurs, que vos propositions inspireront très directement les mesures que nous allons prendre ces prochains mois pour relever ensemble le défi du logement étudiant.

* * *

Un objectif assumé, une évaluation renforcée

Alors bien entendu, pour mener à bien un tel chantier, il faut de la méthode et il faut penser notre action sur le long terme. C’est pourquoi nous devons dès aujourd’hui définir des principes clairs et des objectifs précis.

Notre ambition est assumée, mesdames et messieurs : nous souhaitons multiplier par deux l’offre de logements pour les étudiants d’ici 2020. Logements privés et labellisés inclus, il y en a aujourd’hui 340 000, il en faudra donc demain 680 000.

Cet objectif qui est un objectif ambitieux, mais que je sais réaliste, nous le remplirons naturellement de manière progressive. Mais je veux le dire tout aussi clairement : il ne s’agit pas là de renvoyer à de quelconques calendes grecques les efforts que nous devons accomplir dès aujourd’hui, ni de faire reposer sur d’autres épaules les responsabilités qui sont les nôtres et qui sont celles de ce gouvernement.

C’est la raison pour laquelle nous allons mettre en place dès la rentrée prochaine un tableau de bord national du logement étudiant qui permettra, année par année, de mesurer nos progrès, d’identifier nos besoins et de recenser les initiatives qui auront été prises pour y répondre.

Décliné par région et par objectif, ce tableau de bord aura pour seconde vertu, la création d’un rendez-vous annuel et national sur le logement étudiant, et cela avec l’ensemble des acteurs concernés : les services du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche et du Ministère du logement, les collectivités territoriales, les CROUS, les universités, les Grandes écoles, les acteurs privés... bref tout le monde.

J’ajoute que pour compléter et renforcer encore cette mobilisation nationale, nous allons mettre en place au niveau local un schéma directeur du logement étudiant qui permettra de connaitre, au plus près de nos universités, le détail des places disponibles que ce soit pour les résidences universitaires, le logement social ou le parc privé.

Soumis au principe de subsidiarité, ces schémas directeurs seront élaborés et mis en œuvre par les deux acteurs-clefs du logement étudiant :

les collectivités territoriales d’une part, régions et villes, dont le rôle s’avère de plus en plus crucial, que ce soit pour accélérer les chantiers ou pour trouver de nouveaux terrains disponibles ;


les universités d’autre part qui au travers des PRES notamment ont fait des campus et du logement, une composante essentielle de leur politique d’établissements. A juste titre du reste, car dans le droit fil de l’autonomie, la réussite des étudiants est désormais au centre de la nouvelle université française. Cela implique de travailler sur les diplômes et les cursus bien sûr, mais aussi de prendre en compte tous les aspects de la vie universitaire : les campus, les bourses, et bien entendu la question du logement.

* * *

Un effort sans précédent de l’Etat pour construire de nouveaux logements...

Vous l’aurez compris, mesdames et messieurs, cette cible de 680 000 logements pour les étudiants à horizon 2020, nous allons nous donner les moyens de l’atteindre : année par année, territoire par territoire, université par université.

Pour cela il faut un engagement de tous et il faut que chacun assume pleinement son rôle.

Le rôle de l’Etat c’est de maintenir dans la durée l’effort inédit qu’il soutient depuis 4 ans pour accélérer la construction et la réhabilitation de nouveaux logements.

Car je le disais ce matin : avec la création de plus de 5 000 logements sociaux par an et la réhabilitation de plus de 7 000 chambres étudiantes, nous sommes à présent sur le rythme de croissance annuelle que nous avait fixé le rapport Anciaux.

Cet effort, nous allons le poursuivre et même l’amplifier, en travaillant sur le foncier, en travaillant sur le bâti, en construisant partout où il sera possible de construire. Je souhaite en particulier que nous investissions pleinement la solution du logement modulaire. Parce que c’est à la fois la manière la plus rapide de faire du logement étudiant, mais aussi la plus souple et donc la plus adaptée aux besoins de nos campus et de nos universités.

En juste proportion de cet effort de construction, l’Etat, vous le savez, a engagé des moyens financiers puissants. En 3 ans à peine le budget consacré au logement étudiant a ainsi été multiplié par 2 ou presque: de 64 millions d’euros en 2007 à 110 millions en 2010.

Ces moyens, je vous annonce qu’ils seront maintenus en 2011 et les années qui suivront. Ils seront même renforcés par le Plan d’investissements d’avenir qui prévoit le financement de 3 à 5 000 places dans les résidences pour la réussite des étudiants boursiers, ainsi que par le Plan Campus avec la création de 8 000 logements supplémentaires.

Au total, l’ensemble de ces investissements devraient donc nous permettre d’ici 2020 de dépasser la barre de 220 000 logements CROUS, tout en répondant aux besoins les plus urgents, tels qu’ils s’expriment ici ou là dans nos territoires.

Je pense en particulier à la Région Ile-de-France qui accueille, et de loin, le plus grand nombre d’étudiants et qui bénéficiera d’un effort exceptionnel ces prochains mois et ces prochaines années :

  • au titre des investissements d’avenir, avec la création de 3 résidences : au Kremlin-Bicêtre, à Neuilly-sur-Seine et à La Courneuve ;
  • au titre de l’Opération Campus aussi, avec la construction de 7 500 logements supplémentaires sur le plateau de Saclay ;
  • grâce à un accord historique enfin que nous avons conclu avec la Mairie de Paris pour élargir de 1 200 places supplémentaires les capacités d’accueil de la Cité internationale Universitaire.

L’Etat sera donc au rendez-vous, mais ne nous y trompons pas : aussi exceptionnels que soient ces moyens, ils ne répondront pas à long terme aux besoins croissants de la demande étudiante.

* * *

... qui doit se prolonger par un renforcement de l’offre sociale et de l’offre privée

C’est la raison pour laquelle nous devons travailler aussi sur le logement social et sur l’offre privée. J’y veillerai tout particulièrement.

Concernant le logement social, je veux fixer un minimum : que chaque ville universitaire définisse dans son Plan local d’Habitat une part réservée au logement social étudiant, en cohérence avec les besoins des établissements.

Je fixe donc un minimum, mais j’ai naturellement une ambition plus haute : réserver, dans tout nouveau projet de construction, 10 % du logement social aux étudiants et aux apprentis.

Ce principe je le soutiendrai avec la plus grande force, car je suis convaincue que nous pouvons, que nous devons faire beaucoup plus la place aux jeunes dans le parc social français. Ils sont aujourd’hui beaucoup trop peu nombreux à en bénéficier, alors même que, par définition, ils devraient être un public sinon prioritaire, du moins privilégié.

S’agissant de l’offre privée, je souhaite travailler dans trois directions qui du reste ont été parfaitement explorées au cours de vos débats tout au long de cette journée.

Je pense d’abord à ce qui intéresse sans doute le plus les étudiants : la question de la caution.

Trop souvent en effet les étudiants renoncent à se loger dans le parc locatif, non pas parce qu’ils n’en ont pas les moyens, mais parce que leurs parents n’ont pas les revenus suffisants pour se porter caution solidaire ou pour avancer les dépôts de garantie et les loyers d’avance exigés par les propriétaires.

C’est la raison pour laquelle, nous allons créer la caution CROUS qui servira aux étudiants de garantie de paiement de loyer et de charges locatives auprès de leur bailleur.

En complément de cette caution CROUS, je sais que le Secrétaire d’Etat au Logement, Benoist Apparu, est favorable à l’élargissement à tous les étudiants du bénéfice de la  Garantie pour les Risques Locatifs, y compris donc pour ceux qui ne sont pas salariés. Je m’en réjouis tout particulièrement.

Deuxième chantier que je souhaite ouvrir avec vous : la colocation. Nous sommes sur ce sujet confrontés à un curieux paradoxe que du reste vous avez relevé au cours de vos débats : en France, seulement 17 % des colocations sont le fait des étudiants ! Existe-t-il pourtant un âge de la vie plus propice à la colocation que le temps des études ? A l’évidence non, et c’est la raison pour laquelle nous devons tout faire pour avancer sur cette question.

A l’image du travail mené par les CROUS dans le parc public, je souhaite donc créer pour le privé un contrat de location unique, un bail unique qui permettra tout à la fois de faciliter les démarches des étudiants et d’augmenter leurs chances de trouver un logement.

Mais je veux le dire aussi, derrière le chiffre que j’évoquais à l’instant - 17 % seulement d’étudiants dans les colocations privées -, se profile une autre réalité :  je veux parler de ce sentiment de méfiance qui pour être diffus n’en est pas moins réel et qui pèse lourdement sur l’offre de logements qui est faite aux étudiants. C’est le troisième point que je voulais évoquer.

Ma conviction est que nous devons travailler sur les mentalités et renforcer ce lien de confiance qui est la clef de tout dans les relations contractuelles qui unissent un propriétaire à son locataire.

Cela passe par une meilleure information. Les étudiants sont de bons payeurs et des locataires fiables. Je compte sur les organismes professionnels et les associations notamment pour le faire savoir ! Et pour rappeler à tous ceux qui en douteraient que dans le parc du CROUS par exemple, les impayés après recouvrement sont seulement de 0,2 % du montant annuel des loyers. Ou que le taux que l’on dit de sinistralité, est, de l’aveu même des bailleurs privés, particulièrement faible dans les locations étudiantes.

Mais cela passe aussi par des mécanismes concrets pour rapprocher l’offre privée de la demande étudiante.

Parmi les diverses propositions qui ont été avancées à ce sujet, je retiens notamment la création d’un Label CROUS pour les chambres ou les appartements disponibles dans le parc privé.

Je pense aussi à toutes les initiatives qui ont été prises pour encourager ce que l’on appelle le logement intergénérationnel : une idée à laquelle je crois moi-même beaucoup et qui grâce au travail de certaines associations notamment, s’installe peu à peu dans les mentalités françaises.

Je tenais du reste à remercier les membres de ces associations présentes ce soir pour le très beau travail qu’ils font auprès des personnes âgées et pour ces liens de confiance et de solidarité qu’ils établissent entre les générations.

* * *

Aider les étudiants à trouver un logement en les informant mieux et en les protégeant plus


Construction de nouveaux logements dans le parc public, effort sur le logement social, ouverture de l’offre privé : tous ces chantiers, nous allons les mener de front, et c’est la raison pour laquelle nous devons en parallèle accompagner les étudiants vers ces nouvelles opportunités.

Je souhaite en particulier que soit rapidement créé un Portail du logement étudiant qui servira de répertoire en ligne de toutes les offres disponibles, académie par académie. Je demanderai aux services des CROUS de les mettre rapidement sur pieds, et surtout de les tenir à jour tout au long de l’année.

Je vous annonce par ailleurs que dès l’été prochain, il y aura dans chaque université française, un Forum du logement étudiant où pendant un mois les étudiants pourront s’informer de l’ensemble des offres disponibles à proximité de leur établissement.

Mais je veux dire aussi, et j’aimerais terminer sur ce point, qu’accompagner les étudiants vers le logement c’est aussi les protéger contre les abus, pour ne pas dire pire, dont ils sont parfois les victimes sur le marché de la location.

Je pense en particulier à cette nouvelle espèce de marchands de sommeil qui font commerce de listes dont la légalité, et c’est le moins que l’on puisse dire, est soumise à caution.

Parce qu’elles sont parfois illégales et le plus souvent malhonnêtes, ces pratiques nous devons non seulement les dénoncer, mais aussi les combattre.

Je compte pour cela sur le soutien de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes. Et je me réjouis que Frédéric Lefebvre soit entièrement mobilisé sur le sujet. J’ajoute que les agences immobilières elles-mêmes à travers leur fédération nationale se sont engagées à participer à cet effort de moralisation du marché locatif et de protection de nos étudiants.

* * *

Vous l’aurez compris, mesdames et messieurs, ma conviction est que toutes ces questions doivent aujourd’hui être traitées ensemble et demain progresser au même rythme. Car c’est ainsi que nous ferons avancer la cause qui nous réunit.

Une chose est certaine en tous cas : grâce à la mobilisation de l’Etat qui est totale, grâce au travail remarquable qui a été le vôtre tout au long de cette journée, nous avons désormais toutes les cartes en main pour relever ce beau et grand défi, au service de nos étudiants.

 

Disours d'ouverture de la Convention

Avant toute chose, je voudrais remercier notre hôte pour ses paroles de bienvenue et lui dire que je lui suis très reconnaissante d’accueillir nos débats dans ce temple de la culture et de la création qu’est le Centre Pompidou.

L’imagination et la créativité, très cher Alain Seban : on ne saurait trouver meilleurs augures pour cette journée de dialogue et de rencontres sur l’avenir du logement étudiant.
Car tout l’enjeu de cette conférence est là : répondre de la manière la plus efficace possible à un besoin toujours plus urgent en logements étudiants, mais le faire en explorant toutes les pistes, et le cas échéant en en inventant de nouvelles.
Pour cela nous devons agir vite, mais nous devons penser notre action sur le long terme, en prenant dès aujourd’hui la pleine mesure des diverses problématiques que nous aurons à surmonter.
Et c’est la raison pour laquelle, j’ai souhaité que cette conférence nationale sur l’avenir du logement étudiant, soit la plus ouverte possible. Qu’y soient associés tous ceux qui d’une manière ou d’une autre sont confrontés à cette question que je crois essentielle et à laquelle seuls, ni les CROUS, ni les Universités, ni les collectivités ne sauraient faire face.

D’emblée je tenais donc à vous remercier d’avoir répondu si largement à cette invitation en vous disant que j’attends beaucoup des multiples débats que vous allez ouvrir tout au long de cette journée et qui, je l’espère, nous conduiront à un projet qui soit un projet solide et un projet partagé.

* * *

Alors bien entendu nous ne partons pas de rien. A la tête du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, j’ai fait du logement étudiant, vous le savez, une priorité de mon action.

Pour une raison très simple : depuis 4 ans, je n’ai qu’un seul souci, qu’une seule ambition,  refonder l’université avec les étudiants et pour les étudiants eux-mêmes.

Tous les rapports le démontrent en effet : la réussite scolaire, l’entrée dans la vie active, la confiance que les jeunes entretiennent dans l’avenir, tout cela est étroitement lié à leurs conditions de vie et d’étude.


Cette conviction que j’avais hier, je la ressens aujourd’hui avec plus d’acuité encore : travailler sur le logement comme sur les bourses ou la rénovation de nos campus, ce n’était pas seulement améliorer le cadre de la vie universitaire, c’était aller au devant même des défis que je me suis fixés pour notre système de formation, pour la qualité de nos diplômes et pour l’insertion professionnelle de nos étudiants.

Or force est bien de l’admettre : après des décennies d’inaction et de négligence, nous avions pris sur cette question du logement un retard évident. Un retard qui pesait non seulement sur les jeunes bien sûr, mais aussi sur leurs familles et finalement sur la société toute entière.

Car à force de ne pas créer de nouvelles places dans nos résidences universitaires, dans le logement social, dans le parc privé, c’est l’ensemble des loyers qui se mettent à augmenter, réduisant d’autant les capacités des familles les plus démunies à investir dans l’avenir de leurs enfants et à financer leurs études.

A qui douterait du reste des lourdes conséquences qu’entrainait cette pénurie en logements, il suffirait de se plonger un instant dans les deux excellents rapports que Jean-Paul Anciaux a livrés à la nation.

Au terme de ce travail remarquable, vous nous aviez, monsieur le Député, fixé un objectif ambitieux : construire 50 000 logements supplémentaires d’ici 2015.

Eh bien, je veux vous dire que c’est de cet objectif que nous sommes partis et c’est à lui que nous nous efforçons de répondre depuis maintenant trois ans.

Nous le faisons en construisant des logements neufs tout en réhabilitant et en agrandissant les résidences les plus vétustes.

Nous le faisons en travaillant en lien étroit avec les collectivités territoriales autour de l’épineux problème du foncier partout où il se pose. Mais aussi en trouvant de nouveaux terrains disponibles, y compris sur les anciennes casernes militaires du Ministère de la Défense.

Nous le faisons en développant la colocation dans le parc public grâce à la loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion. En encourageant le logement intergénérationnel et en expérimentant le logement modulaire. En facilitant l’accès au logement privé grâce aux services « Logement en ville » des CROUS qui chaque année proposent plus de 50 000 locations aux étudiants. Ou encore en inventant de nouvelles formes d’hébergement comme les internats d’excellence. Bref en redoublant d’efforts et d’imagination et en faisant flèche de tout bois !

Et aujourd’hui les résultats sont là. Depuis deux ans, nous avons rejoint le sentier de croissance que nous avait fixé le rapport Anciaux, avec la création de plus de 5 000 logements sociaux par an. J’ajoute que 28 résidences supplémentaires ont ouvert leurs portes à la rentrée dernière et plus de 8 500 places ont été réhabilitées par les CROUS.

Au total, ce sont ainsi près de 44 000 places supplémentaires qui auront été mises à la disposition de nos étudiants depuis 2007. Et permettez-moi de vous le dire : jamais depuis plus de 30 ans notre pays n’avait autant investi dans le logement étudiant.

Pour assumer un tel effort, il fallait des moyens financiers puissants. Et là encore, l’Etat a été au rendez-vous de ses engagements. En 3 ans à peine nous avons multiplié par 2 ou presque le budget consacré au logement étudiant : de 64 millions d’euros en 2007 à 110 millions en 2010, sans compter naturellement les 47 millions d’euros supplémentaires apportés par le Plan de relance, ni les crédits exceptionnels du Plan Campus que nous lançons cette année.

Mais je veux dire aussi que ces moyens, aussi nécessaires et massifs soient-ils, n’auraient pas suffi sans une mobilisation générale de tous : je pense aux collectivités territoriales bien sûr dont je tiens à saluer l’engagement constant et décisif aux côtés de l’Etat, mais aussi aux acteurs du logement, bailleurs privés et organismes HLM inclus, qui ont mis toutes leurs forces pour accélérer les chantiers et construire dans les meilleurs délais ces logements dont nous avions besoin.

Aux uns et aux autres, je tenais aujourd’hui à adresser mes remerciements les plus sincères et les plus appuyés.

A la CPU qui a participé très activement à la préparation de cette conférence, démontrant une nouvelle fois, très cher Louis Vogel, combien le logement est au cœur des préoccupations des universités, au même titre que la réussite de leurs étudiants.

Aux maires et aux Présidents de Région que je salue au travers des membres de leurs associations respectives : l’Association des régions de France qui sous l’impulsion de son Président, Alain Rousset, s’est fortement mobilisée pour la réussite de cette journée, mais aussi l’Association des villes universitaires de France et l’Association des maires des grandes villes universitaires.

Aux membres de la Fédération des promoteurs immobiliers et de l’Association interprofessionnelle des résidences étudiantes et services dont je remercie très chaleureusement les deux Présidents, Marc Pigeon et Philippe Nicolet d’être présents parmi nous ce matin comme ils le sont sur le terrain tout au long de l’année.

Et bien entendu, je n’oublie pas les CROUS, ni les représentants de l’ensemble des associations étudiantes présentes parmi nous.

* * *

Mesdames et messieurs, ensemble nous pouvons être fiers, très fiers même des progrès que nous avons accomplis, mais nous devons garder pleine conscience du chemin qu’il reste à parcourir.

Pour une raison simple : dans un futur proche et de manière durable, nous aurons toujours plus besoin de logements étudiants.

A en croire une enquête menée par l’institut IPSOS en mars dernier, ce mouvement qui pousse les jeunes à quitter le domicile familial pour s’installer ailleurs, loin de s’essouffler, s’amplifie et même s’accélère, et ce dès leur entrée dans le Supérieur.

Ils sont ainsi plus de 60 % à faire ce choix aujourd’hui, contre seulement 45 % il y a encore 3 ans.

Ce mouvement que l’on dit de décohabitation, nous avons d’ailleurs ni à le craindre, ni à le regretter. Il traduit simplement une aspiration profonde de la jeunesse française à l’autonomie, sans doute plus forte ou plus précoce qu’autrefois. Une envie d’indépendance qui n’est pas immédiatement matérielle ou financière, mais qui participe tout autant à la construction d’une personnalité et à l’émancipation d’un individu.

Et c’est la raison pour laquelle nous avons plus que jamais le devoir d’y répondre. Car ce désir d’indépendance est une étape décisive de la transition vers l’enseignement supérieur qui est un temps d’études bien évidemment, mais aussi un temps où l’on fait l’apprentissage des nouvelles libertés et des nouvelles responsabilités qui seront celles ensuite de la vie adulte et de la vie professionnelle.

Vous l’aurez compris, c’est parce que je crois profondément que cette question du logement est intimement liée à la réussite de nos étudiants que je me refuserai à ce qu’à nouveau nous prenions du retard, faute d’avoir pris à temps l’exacte mesure de nos besoins.

A l’évidence nous partageons tous cette ambition et c’est la raison pour laquelle, ensemble, nous devons nous poser les bonnes questions :

Quel objectif ambitieux mais raisonnable pouvons-nous fixer en termes de construction de nouveaux logements ? Et par conséquent comment répondre aux demandes qui ne seront pas satisfaites ?

Comment mieux faire connaitre aux jeunes les possibilités qui leur sont offertes et comment encourager sous toutes ses formes de nouvelles opportunités, dans l’habitat social comme dans le privé ?

Quelle doit être enfin le rôle et la place de chacun dans cet effort général que nous devons mener ? Quels partenariats favoriser ? A quelle échelle doit-on les mettre en œuvre

A toutes ces interrogations, c’est à vous qu’il revient maintenant de répondre. Mais je veux vous dire dès maintenant deux convictions auxquelles pour ma part je ne dérogerai pas.

La première d’entre elles c’est que nous n’avons pas toute essayé, loin s’en faut, en matière de logement étudiant. Que ce soit sur le foncier, le bâti ou encore les manières d’habiter ou de cohabiter, nous devons redoubler d’efforts, mais aussi d’imagination et d’inventivité.

Ma seconde certitude, c’est qu’à l’évidence les étudiants souffrent d’un handicap d’image sur le marché du logement, alors même qu’il n’y a aucune raison à cela et qu’à plus d’un titre, je crois que cela devrait plutôt être l’inverse. Pour nous tous en tous cas, c’est là un défi de taille que d’une manière ou d’une autre nous aurons à relever.

Mesdames et messieurs, je vous remercie de votre attention et vous souhaite une excellente journée de rencontres et d’échanges. Je ne doute pas qu’elle vous permettra d’appréhender l’ensemble des enjeux que je viens d’évoquer et ainsi de nous faire avancer sur la très belle cause qui nous réunit.

1ère publication : 5.04.2011 - Mise à jour : 19.04.0011

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