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Inauguration du laboratoire commun LINCS

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Internet du futur

Valérie Pécresse a inauguré le laboratoire public-privé Lincs (Laboratory of information, Network and Communication Sciences) porté par l’Université Pierre et Marie Curie, l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA), l’Institut Télécom et Alcatel Lucent et dédié à la recherche et à l’innovation dans le domaine de l’internet du futur.

Discours - 1ère publication : 2.05.2011 - Mise à jour : 28.05.0011
Valérie Pécresse

Je suis particulièrement heureuse d’être à vos côtés cet après-midi afin d’inaugurer le laboratoire LINCS. C’est en effet un centre de recherches exemplaire dont nous célébrons aujourd’hui la naissance.
Exemplaire, car, cher Daniel Kofman [directeur du laboratoire], le LINCS se place dès à présent au cœur de notre futur : dans une dizaine d’années, non seulement les hommes seront connectés au travers de l’internet, mais aussi une grande partie des objets quotidiens qu’ils manipulent. Aux 5 milliards d’ordinateurs, de smart-phones ou de tablettes actuellement connectés à l’internet, s’adjoindront, d’ici 2020, 15 milliards d’objets devenus communicants, allant de nos téléviseurs à nos réfrigérateurs ! Il est certes encore difficile de prédire l’ensemble des fonctionnalités de ce réseau du futur, tant ses potentialités paraissent immenses. Mais, il s’agira, nous le savons, d’une véritable révolution à l’instar de la démocratisation de l’internet débutée il y a seulement 20 ans.

Devant de telles perspectives exceptionnelles, mais aussi devant les nombreux défis afin de constituer un tel réseau intelligent, convergeant et sûr, nous nous devions de regrouper nos meilleurs talents. Exemplaire, le LINCS l’est donc encore, puisqu’il permet de renforcer la visibilité de notre recherche, son attractivité, et d’atteindre un taille critique de chercheurs, en co-localisant différentes équipes qui étaient jusque là dispersées. Je vois d’ailleurs dans le partenariat qui constitue le LINCS un véritable symbole du décloisonnement de notre système national de recherche et d’innovation. En effet, ce laboratoire associe déjà une université, une école, un organisme de recherche et une entreprise, et a vocation à élargir ses partenaires dans le futur.
Laboratoire au cœur d’un réseau national, qui se trouve renforcé par les 6 millions d’euros de l’équipement d’excellence FIT sélectionné dans le cadre des investissements d’avenir, le LINCS est enfin résolument tourné vers l’Europe, au travers de l’ICT Labs, la Communauté de la Connaissance et de l’Innovation distinguée par l’Institut Européen de Technologies.

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Donc, oui, à l'évidence, le LINCS consacre bien cette recherche décloisonnée et en partenariat, qui est à l’œuvre depuis 2007

En effet, avec la création de l’alliance Allistene dans le domaine du numérique, ou  grâce au doublement de l’avantage du CIR en cas de partenariat avec un laboratoire public, ce sont bien ces mêmes principes cardinaux de décloisonnement et de partenariat que je défends, avec une seule ambition : faire de notre pays un grand pays d’innovation.

Le LINCS nous fournit, d’ailleurs, une nouvelle preuve que notre pays redevient une terre d’innovation. Nouvelle, car de nombreux indicateurs sont devenus très positifs ces dernières années, comme le fait que, pour la première fois en 2010, quatre universités et écoles font partie du top 50 des déposants de brevets de l’INPI, dont l’UPMC et l’Institut Télécom !

Je tiens de même à saluer la dynamique exceptionnelle des partenaires du LINCS, que ce soient l’INRIA, l’Institut Telecom ou l’UPMC, qui se sont engagés fortement dans la recherche partenariale. Ils se trouvent désormais au cœur de plusieurs Instituts Carnot, ces Instituts dont j’ai renouvelé la liste la semaine dernière à l’issue d’un appel à candidatures, et qui sont le fer de lance de notre recherche partenariale à l’instar des Instituts Fraunhofer en Allemagne.

Je suis d’ailleurs convaincue que cette dynamique d’innovation va continuer de s’accélérer grâce aux investissements d’avenir qui réservent, vous le savez, 22 milliards d’euros sur un total de 35 à la recherche et à l’innovation.
Alors que la première vague d’appels à projets n’est pas encore terminée, les 2 instituts hospitalo-universitaires, les 2 cohortes, l’infrastructure en biologie-santé, les 11 équipements d’excellences ou les 17 laboratoires d’excellences auxquels l’UPMC participe, consacrent déjà l’excellence de votre université, cher Jean-Charles Pomerol. C’est pourquoi, je suis particulièrement heureuse de vous confirmer aujourd’hui que nous avons décidé de retenir le projet de société d’accélération du transfert de technologies LUTECH porté par le PRES Sorbonne Universités notamment, parmi les 5 premières SATT sélectionnées conformément aux recommandations du jury international qui a analysé les projets. Cette SATT sera, j’en suis sûre, un véritable catalyseur de l’excellence scientifique de votre université pour la transformer en innovation.
Mais je sais que vos projets en matière d’innovation ne s’arrêtent pas là et je tiens à le saluer : vous vous êtes ainsi entouré des meilleures équipes d’investisseurs afin de porter un projet de fonds d’amorçage dénommé « Quadrivium » pour lequel, à la demande du Président de votre fondation partenariale, Nicolas Crespelle, j’ai déjà exprimé mon soutien à une vingtaine d’investisseurs de la place de Paris.

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Mesdames et Messieurs, votre laboratoire, ainsi que tous ces exemples de partenariats, qui se développent partout, démontrent un mouvement d’ouverture réel de nos établissements vers le monde économique.

En particulier, nous ne pouvons qu’être impressionnés par la progression spectaculaire du nombre de laboratoires public-privé : sur les 214 qui existent aujourd’hui en France, plus de la moitié ont moins de 6 ans !
Dans ces laboratoires public-privé qui représentent la forme la plus intégrée de recherche partenariale entre opérateurs de recherche académiques et acteurs industriels, travaillent déjà plus de 4 000 chercheurs.

Ce nombre devrait augmenter très fortement ces prochaines années, notamment grâce aux 3 milliards d’euros prévus afin de constituer des Instituts de recherche technologique ainsi que des instituts d’excellences dans les énergies décarbonées. J’annoncerai d’ailleurs très prochainement les premiers lauréats de ces appels à projets. Véritables outils de décloisonnement des mondes académiques et industriels, ces instituts public-privé favoriseront ainsi les fertilisations croisées.

Mais je souhaite que cette dynamique puisse être plus large et s’étende notamment aux autres dispositifs des investissements d’avenir. C’est pourquoi j’ai demandé à mon ministère d’organiser prochainement des rencontres entre lauréats des investissements d’avenir et entreprises susceptibles d’être intéressés à la mise en place de collaborations de recherche.

Je souhaite aussi que les bonnes pratiques en matière de création de tels laboratoires public-privé puissent être partagées. C’est pourquoi la carte des laboratoires public privé sera très prochainement mise en ligne sur le site de mon ministère, et un « vademecum des laboratoires public privé » sera réalisé dans les prochains mois, sur le modèle de ce que nous avons fait pour les passerelles public privé à destination des chercheurs.

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Mesdames et Messieurs, je sais que l’excellence, le partenariat et la mise en réseau forment les gènes de votre laboratoire, et je vous adresse tous mes vœux de succès. Je sais que, grâce à vous, l’internet du futur sera très prochainement une réalité tangible.

1ère publication : 2.05.2011 - Mise à jour : 28.05.0011
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