L'espace européen de l'enseignement supérieur (E.E.E.S.)

Présentation de l'E.E.E.S.

Etudiants (crédit photo : Commission européenne)

La construction d'un espace européen de l'enseignement supérieur (E.E.E.S.) est une initiative intergouvernementale lancée à Bologne en 1999. Le processus de Bologne a entraîné des réformes d'ampleur et a permis des acquis incontestables à l'échelle du continent : harmonisation des cursus er des diplômes, transparence, mobilité accrue, renforcement de l'attractivité de la zone Europe...

Article - 3.04.2015

Le processus de Bologne : 47 pays européens impliqués en 2015

Le processus de Bologne a pour finalité la construction de l'espace européen de l'enseignement supérieur (E.E.E.S.). L'objectif est double : faire du continent européen un vaste espace "sans frontières", où la mobilité des étudiants et des enseignants chercheurs est naturelle ; et rendre cet espace européen lisible et attractif vis-à-vis du reste du monde.

La construction de l'espace européen de l'enseignement supérieur constitue une initiative intergouvernementale, développée dans le cadre de réunions régulières des ministres européens en charge de l'enseignement supérieur.

1998 Déclaration de la Sorbonne : la France, l'Italie, le Royaume-Uni et l'Allemagne signent une déclaration sur "l'harmonisation de l'architecture de l'enseignement supérieur en Europe" qui, pour la première fois, met en avant la notion d'espace européen de l'enseignement supérieur et jette ainsi les bases de la déclaration de Bologne

1999 Déclaration de Bologne : 29 pays adoptent la déclaration fondamentale du processus et s'engagent à coordonner leurs politiques afin de créer l'espace européen de l'enseignement supérieur.

Par la suite, les conférences ministérielles, organisées successivement à Prague (en 2001), Berlin (en 2003), Bergen (en 2005), Londres (en 2007), Louvain (en 2009), et Budapest-Vienne (en mars 2010), ont conduit à un élargissement continu des pays membres, conjugué à des avancées constantes du processus de Bologne pour la mise en place effective d'un espace européen de l'enseignement supérieur.

Depuis 2011, le processus de Bologne compte 47 pays européens, de la Finlande à Chypre, et de l'Irlande à la Russie.

Afin de concrétiser cet espace européen de l'enseignement supérieur, les ministres ont décidé de mettre en place des structures similaires qui :

  • établissent un système lisible et comparable de diplômes ;
  • soient fondées sur 3 niveaux ou cycles d'études supérieures : licence (ou "bachelor") /master /doctorat (ou "doctorate") ;
  • s'articulent avec l'espace européen de la recherche, afin de mieux promouvoir la mobilité, de renforcer l'attractivité de la zone Europe, en particulier grâce à une coopération portant sur la garantie de la qualité, au développement de diplômes conjoints, au système de crédits E.C.T.S. transférables et capitalisables, et au "supplément au diplôme" (ou annexe descriptive du diplôme).

Des réformes d'ampleur à l'échelle du continent

Le succès du processus de Bologne a entraîné des réformes d'ampleur à l'échelle du continent, jouant par là-même un véritable effet de levier pour la modernisation de l'enseignement supérieur européen.

Cette réussite est due à une méthode originale et nouvelle qui permet d'inscrire une politique européenne dans un cadre intergouvernemental, en s'appuyant, non pas sur des normes juridiques, mais sur l'adhésion de toutes les parties prenantes (gouvernements, établissements d'enseignement supérieur, étudiants, enseignants).

En effet, l'organisation de ce processus associe les représentants de toutes les catégories d'acteurs, notamment l'Association européenne de l'université (E.U.A.) et le Syndicat européen des étudiants (ESU), qui fédère des unions nationales représentatives des étudiants - soit, pour la France, les syndicats UNEF et FAGE).

Les actions prioritaires depuis les conférences de Bergen et Londres

La mise en place d'un registre de l'ensemble des agences opérant en Europe en matière d'assurance-qualité - que ce soient des agences d'évaluation ou d'accréditation, et qu'elles aient pour objet des programmes ou des établissements -, constitue une des priorités pour la concrétisation d'un véritable espace européen de l'enseignement supérieur, lisible et attractif, qui garantisse la confiance mutuelle entre les pays et le développement de la mobilité des étudiants.

À Bergen, en 2005, ont ainsi été adoptées les grandes références et orientations en matière de qualité ("European Standards and Guidelines" ou E.S.G.), que ces agences doivent respecter en Europe. Le registre européen des agences "Qualité", ("European Quality Assurance Register for higher education" ou EQAR), opérationnel depuis l'automne 2008, se construit progressivement, sur la base de l'examen des candidatures des agences, qui font l'objet d'évaluations externes. Pour la France, l'HCERES et la C.T.I.en font actuellement partie.

La prise en compte des études doctorales et le renforcement des liens enseignement supérieur/recherche constituent un second sujet majeur. La convergence européenne en matière de diplômes doit se poursuivre et intégrer davantage le doctorat dans le processus.
Le développement des formations "à et par la recherche" doit constituer une priorité, tant pour la compétitivité de la zone Europe que pour permettre une bonne articulation entre l'espace européen de l'enseignement supérieur (E.E.E.S.) et l'espace européen de la recherche (E.E.R.). Après le séminaire de Salzbourg (Autriche) de 2005, consacré pour la première fois aux doctorats en Europe, la France a co-organisé avec l'E.U.A., à Nice en décembre 2006, un séminaire destiné à approfondir cette question, qui a réuni 450 participants européens. Désormais, la construction des formations doctorales dans l'E.E.E.S. peut s'appuyer sur les principes adoptés à cette occasion.

Autre priorité : promouvoir le processus hors d'Europe et renforcer l'attractivité des établissements d'enseignement supérieur et de recherche européens. Dans un contexte d'internationalisation et de compétition mondiale, cette exigence a conduit les ministres européens réunis à Londres à adopter une stratégie vis-à-vis du reste du monde ; celle-ci repose sur l'information et la promotion de l'enseignement supérieur, l'intensification de la coopération fondée sur le partenariat, le renforcement du dialogue politique, et l'amélioration de la reconnaissance des diplômes.
Après Louvain - qui a vu en 2009 la première édition d'un "Forum politique de Bologne" permettant un dialogue inédit entre pays de l'E.E.E.S. et des pays du reste du monde - deux autres "Forums politiques" du même type ont été  organisés à Vienne en 2010, puis à Bucarest en avril 2012.  Ces trois Forums ont abouti respectivement à une déclaration, qui met en exergue la volonté de renforcer la coopération entre l'E.E.E.S. et le reste du monde, par des projets concrets, des réseaux innovants et des échanges réguliers et la mutualisation de bonnes pratiques.

Pour en savoir plus

Site EHEA (European Higher Education Area).

Bologne 2020 : perspectives de l'espace européen de l'enseignement supérieur à l'horizon 2020

Les 28 et 29 avril 2009, à Louvain, les ministres de l'enseignement supérieur des Etats membres du processus de Bologne (alors au nombre de 46) ont décidé de consolider les réformes déjà entreprises en faveur de la construction d'un espace européen de l'enseignement supérieur (E.E.E.S.) :: 

  • mise en œuvre, concrète et généralisée, des références européennes en matière de qualité, 
  • construction progressive du registre européen des agences d'évaluation,
  • ancrage des formations et des diplômes d'enseignement supérieur autour des résultats attendus de formation ("learning outcomes"), appréhendés en termes de savoirs, capacités et compétences ("knowledge, skills, competences" ou K.S.C.),
  • meilleure insertion professionnelle via l'éducation et la formation tout au long de la vie,
  • développement et démocratisation de la mobilité dans l'espace européen,
  • renforcement de l'orientation/l'information/le conseil pour la pleine réussite des étudiants.

Perspectives pour 2020

  • mieux prendre en compte la dimension sociale corrélée à l'éducation et à la formation tout au long de la vie ;
  • favoriser un enseignement conçu selon une approche centrée sur les connaissances et les compétences, ainsi que l'insertion professionnelle des étudiants à l'issue de leur formation ;
  • accroître l'ouverture internationale des établissements et développer la mobilité qui "doit être la marque distinctive de l'espace européen de l'enseignement supérieur". A ce titre, d'ici à 2020, "au moins 20 % des diplômés devront avoir bénéficié d'une période d'études ou de formation à l'étranger" ;
  • suivre le développement d'outils qui fournissent des informations plus détaillées et plus transparentes sur les établissements d'enseignement supérieur.

Les 11 et 12 mars 2010, s'est tenue la conférence-anniversaire du Processus de Bologne, organisée par l'Autriche et la Hongrie (à Vienne et à Budapest) : à cette occasion a été célébrée la création officielle de l'espace européen de l'enseignement supérieur (E.E.E.S), en écho à l'échéance de 2010 fixée par la conférence de Prague en 2001.

Tout en réaffirmant les objectifs de Louvain, centrés sur le développement de la mobilité, le principe d'une formation centrée sur l'étudiant, l'insertion professionnelle et la dimension sociale, les 47 ministres ont souligné la nécessité de :

  • parachever, approfondir les réformes au plus près du terrain, au cœur même de chaque établissement d'enseignement supérieur ;
  • mieux prendre en compte les préoccupations des étudiants et des enseignants ;
  • communiquer davantage sur les objectifs et les acquis du Processus;
  • réaffirmer la responsabilité des pouvoirs publics vis-à-vis de l'enseignement supérieur.

Tout en réaffirmant les objectifs de Louvain, les ministres européens  réunis à  la conférence de Bucarest (Roumanie) les 27 et 28 avril 2012, ont réaffirmé la responsabilité publique vis-à-vis de l’enseignement supérieur pour garantir le plus haut niveau possible de financement public.

Prochaine étape : la conférence ministérielle d'Erevan (Arménie), prévue les 14 et 15 mai 2015, permettrad’une part, de faire le point sur les nouvelles avancées réalisées au cours de la période 2012-2015 pour la mise en œuvre des réformes relatives à l’enseignement supérieur à l’échelle du continent européen, dans chacun des 47 pays impliqués, et d’autre part, d’arrêter une "feuille de route" pour consolider l’E.E.E.S. au cours de la période 2015-2018.

En savoir plus
Site EHEA  (European Higher Education Area)

 

1ère publication : 3.04.2015 - Mise à jour : 9.04.2015

Processus de Bologne

Lancé en 1999, le processus de Bologne vise à construire un espace européen de l'enseignement supérieur en facilitant la mobilité des étudiants et des enseignants-chercheurs et en accroissant l'attractivité pour les pays tiers. (Le L.M.D. en est issu).

Kazakhstan

Carte du Kazakhstan

Le Kazakhstan, 47e pays membre du processus de Bologne

La conférence-anniversaire du processus de Bologne, organisée par l'Autriche et la Hongrie, en mars 2010 a été l'occasion de célébrer la création officielle de l'espace européen de l'enseignement supérieur (E.E.E.S.).

Outre l'accueil du Kazakhstan (désormais partie prenante de la Convention culturelle européenne du Conseil de l'Europe) comme 47e pays membre du processus de Bologne, la ministérielle de Budapest-Vienne a permis de dresser un état des lieux des réformes impulsées. En dépit d'acquis incontestables à l'échelle du continent européen, ce bilan d'étape a montré que des efforts importants restent encore à accomplir pour mettre pleinement en place l'E.E.E.S.

Les recherches les plus fréquentes :

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