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Espace et politique spatiale : composante essentielle de la recherche française

Contrail graffiti over the North Sea© ESA

La recherche spatiale est une composante essentielle de la recherche française. Elle est devenue incontournable pour progresser dans de nombreux domaines : astronomie, astrophysique, physique fondamentale, exobiologie, sciences de la vie et de la matière en micropesanteur, sciences de la Terre, environnement... La France a toujours soutenu la définition d'une véritable politique spatiale européenne. Car, dans un domaine aussi exigeant les Etats européens se doivent d'agir ensemble pour être compétitifs.

Article - 10.01.2014

 

L'histoire de ces cinquante dernières années montre que les principales puissances, aussi bien politiques qu'économiques, ont toutes développé des capacités spatiales importantes à partir d'un effort public prépondérant. Les différents objectifs d'un financement public des activités spatiales sont les suivants, sachant qu'une même activité spatiale peut répondre à plusieurs d'entre eux.

Les grands objectifs de la stratégie spatiale française 

Satisfaire un besoin opérationnel des pouvoirs publics

Les activités de défense et de sécurité sont prépondérantes. Les activités correspondantes sont celles liées à l'acquisition (systèmes spatiaux d'observation de la Terre, systèmes spatiaux de renseignement d'origine électromagnétique) et au transfert de l'information (systèmes spatiaux de télécommunications sécurisées), sans oublier les systèmes de navigation/localisation/synchronisation, qui ont pris une place de plus en plus grande dans les opérations militaires ou de sécurité civile ces vingt dernières années.

 

Les activités de lancement en font aussi partie car c'est essentiellement pour les missions de défense que l'accès aux lanceurs étrangers est des plus hasardeux et risqués.

On peut également considérer que les missions scientifiques entrent dans cette catégorie : d'une part, parce que les outils spatiaux sont devenus de plus en plus importants pour la progression de la connaissance scientifique, particulièrement pour ce qui est des sciences de l'univers et de la Terre ; d'autre part, par les progrès technologiques que ces missions entraînent et qui peuvent être mis au service des autres systèmes spatiaux. En effet, de par leur originalité et leur diversité, ces missions stimulent fortement la créativité technique des équipes engagées ; par ailleurs, elles utilisent très souvent des technologies pionnières et à la limite de leurs performances, ce qui permet de les valider opérationnellement ; enfin, en mettant en contact les laboratoires publics et l'industrie spatiale, elles favorisent considérablement la fertilisation croisée.

 

Mettre en place une infrastructure importante pour l'économie nationale

Cela est typiquement le cas des systèmes spatiaux de navigation/localisation/synchronisation et de ceux de météorologie, de très nombreux secteurs économiques voyant leur efficacité grandement augmentée par ces systèmes. Les systèmes spatiaux de télécommunication entraient historiquement dans cette catégorie mais, du fait du développement des systèmes terrestres, ils y figurent essentiellement aujourd'hui, en Europe, pour les zones géographique dans lesquelles des infrastructures terrestres correspondantes ne sont pas les mieux adaptées voire possibles.

 

Soutenir une activité économique

Cet objectif n'a de sens que si un fort effet de levier est espéré : c'est le cas dans certain secteurs spécifiques tels que les télécoms ou les lanceurs. Cet objectif se justifie particulièrement si l'activité commerciale induite est susceptible d'augmenter la fiabilité et/ou de réduire le coût des systèmes permettant de répondre aux autres objectifs. Pour le cas particulier des lanceurs, il permet également d'accroître la fiabilité et de réduire le coût des missiles balistiques de la force de dissuasion.

L'effet levier peut également être indirect si la maîtrise technologique du segment spatial permet un avantage concurrentiel important dans un large secteur aval : c'est le cas, par exemple, pour les télécommunications et la navigation/localisation/synchronisation.

 

Soutenir une politique de prestige

Cet objectif était très présent chez les deux "grands " durant la Guerre Froide : la course aux "premières mondiales " servait de vitrine technologique.

Aujourd'hui, à en juger par les couvertures médiatiques, les deux principaux domaines concernés sont les missions scientifiques et les missions d'exploration du système solaire, qu'elles soient automatiques ou habitées. 

 

Une politique spatiale qui s'inscrit dans une perspective européenne

La politique spatiale française s'inscrit résolument dans une perspective européenne : c'est un choix, car cela traduit la convergence européenne des politiques auxquels les outils spatiaux contribuent, et une nécessité, car le coût des systèmes spatiaux ne permet pas à un état européen de financer seul une capacité cohérente dans ce secteur.

 

L'originalité historique du spatial européen est que, contrairement aux Etats-Unis ou à l'Union soviétique, il n'a pas été motivé principalement par le militaire ni par le prestige. Les Européens ont eu très tôt une vision spatiale à long terme pragmatique et cohérente dont ils continuent d'entreprendre la réalisation avec constance.

  • L'Europe, en fédérant ses efforts dans l'Agence spatiale européenne, a conquis l'autonomie de l'accès à l'espace et a mis en place un véritable programme scientifique permettant de maîtriser les technologies spatiales et d'explorer des applications possibles.
  • Puis, dès que certaines de ces dernières se sont révélées pertinentes, elle s'est organisée pour les mettre en œuvre, comme l'illustrent les cas de la météorologie (avec Eumetsat) et des télécommunications (avec Eutelsat).
  • Ce processus continue avec la mise en place de nouvelles applications avec les programmes Galileo et GMES, à l'occasion desquels un acteur majeur est ainsi récemment apparu: l'Union européenne.

 

Le traité de Lisbonne a marqué une étape importante en confiant à l"Union européenne une compétence partagée, pour laquelle une comitologie spécifique a même été instituée dans les instances communautaires. Un des grands enjeux des prochaines années est la mise en place effective de cette compétence partagée, y compris dans le cadre des perspectives financières 2014-2020.

1ère publication : 10.01.2014 - Mise à jour : 29.10.2014

Investir dans le spatial

Pourquoi investir dans le spatial ?

Le spatial permet des usages très spécifiques et irremplaçables, par exemple dans les domaines de l'observation de la Terre, les télécommunications et la géolocalisation. La France doit promouvoir et soutenir l'ambition européenne dans ce secteur, que ce soit en matière d'accès à l'espace ou en matière de satellites.

Investissements d'Avenir

La préparation de la fusée de nouvelle génération "Ariane 6" sera réalisée en coopération avec les partenaires européens de la France. "Ariane 6" doit être un lanceur compétitif en termes de coût, à la puissance modulaire en fonction du nombre de satellites à emporter, et adapté à tous les besoins stratégiques des États européens.

Investissements d'avenir :  Espace

A noter

L'Europe est aujourd'hui la seconde puissance spatiale mondiale

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Stellar occultation at Venus© ESA

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