A l'occasion d'un déplacement à Bordeaux, Laurent Wauquiez a annoncé les premiers lauréats de l'appel à projets Initaitives d'excellence.
Monsieur le Ministre d’Etat, Monsieur le Maire, cher Alain Juppé,
Monsieur le Commissaire général aux investissements, cher René Ricol,
Monsieur le Président du Conseil régional, cher Alain Rousset,
Monsieur le Préfet, cher Patrick Stefanini,
Monsieur le Recteur, cher Jean-Louis Nembrini,
Messieurs les présidents d’université,
Madame la Directrice de l’Agence nationale de la Recherche, chère Jacqueline Lecourtier,
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Je suis très heureux que mon premier déplacement en tant que Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche soit l’occasion d’annoncer une excellente nouvelle : la concrétisation d’une grande aventure, le lancement des tout premiers campus d’excellence à vocation mondiale.
C’est pour moi un moment très important. Mon parcours et mon engagement personnels m’ont donné une conviction très forte : par son histoire, par sa capacité à créer et à s’adapter aux évolutions, par la qualité de ses enseignants-chercheurs internationaux, la France est un fer de lance de l’innovation mondiale. Son excellence est appelée à grandir et à être reconnue à sa juste place dans les années à venir.
Je voudrais commencer par saluer Alain Juppé, que je ne pensais pas retrouver si vite, mais aussi René Ricol : sans son implication aux côtés de Valérie Pécresse, à laquelle je voudrais rendre hommage, ce beau projet n’aurait pu voir le jour. Je tiens à remercier le recteur, les présidents d’université, la directrice de l’A.N.R. et tous ceux qui ont participé activement à la réussite du processus de sélection.
C’est un joli symbole que la proclamation des premiers résultats des Initiatives d’excellence, un jour historique pour l’enseignement supérieur et la recherche français, ait lieu précisément un 4 juillet, fête de l’Independence Day aux Etats-Unis. C’est un jour de révolution, un jour qui déplace les lignes et construit une nouvelle identité, un jour qui lance un élan fédérateur, grâce à un rassemblement inédit des forces et des acteurs. Ce n’est pas un hasard si ce coup d’envoi a lieu à Bordeaux, la ville de Montesquieu, cet homme des Lumières attaché à l’excellence et au rayonnement des savoirs, soucieux de la force des corps intermédiaires, qui étaient pour lui garants de la liberté des individus. Dans les Lettres persanes (Montesquieu, 1721), Rica tentait d’expliquer à son ami resté au pays une spécificité française particulièrement exotique pour les persans : "L’Université de Paris est la fille aînée des rois de France ; et très aînée, car elle a plus de 900 ans ; aussi rêve-t-elle quelquefois". Près de 300 ans plus tard, nous avons voulu réactiver ce rêve. Aujourd’hui, nous sommes passés d’une idée ambitieuse, de sa conception théorique sur le papier à la mise en pratique concrète.
Miser sur les investissements d’avenir, c’était tout sauf une évidence.
Il aurait en effet été facile de céder à la tentation du repli, d’une France tour d’ivoire.
D’abord parce qu’avec la crise financière et économique que nous avons traversée, nous aurions pu choisir de préserver vaille que vaille l’existant et de reporter les investissements au lendemain. Nous avons également subi le choc du classement de Shanghai, où la première institution française citée était reléguée au 39e rang mondial (l’Université Pierre et Marie Curie). Nous aurions pu ressasser cette blessure d’amour-propre, refuser d’entrer dans la compétition mondiale en ignorant des standards internationaux marqués par la prééminence des publications en anglais.
Mais nous avons refusé la facilité. Plutôt que de battre en retraite, nous avons livré bataille et fait mentir les déclinistes.
Au plus fort de la crise, en décembre 2009, le Président de la République a voulu continuer à investir, à anticiper, en misant sur notre meilleur atout : l’excellence de notre recherche et de notre formation. Il a tenu, avec Valérie Pécresse, à marquer sa confiance en notre communauté scientifique par un geste fort : lancer un vaste programme d’investissements d’avenir avec 22 milliards d’euros (sur 35 milliards) uniquement destinés à l’enseignement supérieur et la recherche. Car nous en sommes convaincus : la meilleure arme anti-crise, le meilleur antidote à tous les déclinismes, c’est la créativité et l’audace de nos chercheurs, qui font avancer notre société et notre économie sur tous les fronts. Les investissements d’avenir sont le vaisseau amiral de l’innovation, la source de la croissance d’aujourd’hui et de demain.
Le programme dont nous posons aujourd’hui les premiers jalons concrets s’inscrit dans une dynamique engagée depuis 4 ans, celle de la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche, avec l’autonomie des universités. L’objectif, c’était de faire tomber les murs qui séparaient nos universités, nos écoles et nos organismes de recherche, de multiplier les partenariats avec le monde économique. Vous avez commencé à le faire avec Valérie Pécresse, et nous allons continuer à le faire ensemble. D’ici la fin du quinquennat, 9 milliards d’euros supplémentaires auront été injectés dans l’enseignement supérieur et la recherche, ainsi que 5 milliards dans l’Opération Campus, qui va faire émerger un peu partout dans notre pays 12 campus dignes du XXIe siècle.
Je suis heureux d’annoncer aujourd’hui avec René Ricol les résultats de l’action initiative d’excellence, dotée de 7,7 milliards d’euros.
Je veux d’abord insister sur la méthode.
Nous ne nous sommes pas contentés de rénover l’existant. Nous avons voulu être des bâtisseurs, dessiner une nouvelle carte des territoires, en mettant en valeur leurs atouts et leurs talents.
L’objectif du gouvernement est de tirer l’ensemble des établissements vers le haut. L’excellence est partout sur le territoire, et pas seulement dans les grandes métropoles universitaires. En tant qu’élu d’un petit département, je sais le rôle de l’enseignement supérieur et de la recherche en termes d’aménagement du territoire. Mais il ne faut pas se tromper de combat. Les investissements d’avenir doivent permettre d’aider quelques-uns de nos pôles universitaires à affronter le XXIe siècle et les grandes universités mondiales. Trois projets sont aujourd’hui lauréats de la première vague : Bordeaux, Strasbourg et Paris Sciences et Lettres. Ils ont été sélectionnés par un jury international de premier rang, au terme d’un processus rigoureux et transparent. Je veux rendre hommage à ce jury et à l’Agence nationale pour la recherche (ANR) qui a apporté tout son savoir-faire au processus de sélection.
Nous laisserons dans quelques instants la parole aux lauréats. Mais je veux vous dire d’emblée combien j’ai été marqué, en les découvrant, par leur qualité et leur portée exceptionnelles. Chacun d’entre eux est guidé par une démarche novatrice, qui accélère une tendance de fond à l’œuvre depuis plusieurs années : une interdisciplinarité exigeante, la circulation des savoirs, le croisement fécond entre les champs de recherche pour les chercheurs et les étudiants.
En offrant des cursus pluridisciplinaires, des passerelles entre la formation et la recherche ou en améliorant les liens avec les entreprises, ces universités se donnent les moyens d’aider au mieux les étudiants à s’insérer professionnellement, mais aussi à améliorer leurs conditions de vie, notamment en offrant des bourses aux meilleurs. En tant que député, j’ai rédigé un rapport sur la question. Je compte bien poursuivre le travail engagé par Valérie Pécresse, un travail qui est suivi de près par le Président et le Premier ministre.
Le montant des dotations sera connu d’ici quelques semaines. Mais René Ricol et moi-même avons souhaité que les étudiants et les enseignants-chercheurs voient rapidement la différence sur le terrain. Vous recevrez donc très vite un acompte sur ces dotations.
Cette première vague sera suivie d’autres sélections où chacun aura sa place et sa chance. Le jury a envoyé des signaux clairs aux autres candidats pour la prochaine vague, qui aura lieu à l’automne. Au-delà de la qualité scientifique de chaque pôle, il a rappelé la nécessité de mettre en place des structures efficaces de décision. Compte-tenu des moyens en jeu, il n’est pas concevable que des mésententes locales bloquent le développement de ces universités.
Je voudrais terminer par deux idées.
Mesdames et Messieurs, je terminerai simplement en vous disant merci, merci à vous et à tous ceux qui ont travaillé si dur sur ces immenses projets. Ils nous ont offert un aperçu saisissant de l’avenir qui attend la France du XXIe siècle.
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