Enseignement supérieur

Remise du rapport de Salima Saa sur la relance de l'ascenseur social par l'enseignement supérieur

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Salima Saa, présidente de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (A.C.S.E.), a remis son rapport sur la relance de l'ascenseur social par l'enseignement supérieur.

Actualité - 20.03.2012

Le contrat trienna l entre le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et le CNAM a été signé le 20 mars au Conservatoire national des arts et métiers. A cette occasion, Salima Saa, présidente de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (A.C.S.E.), a remis son rapport sur la relance de l'ascenseur social par l'enseignement supérieur.

Pour la grande majorité des étudiants et de leurs familles, l'enseignement supérieur est le moteur de l'ascension sociale. Un diplôme du supérieur reste le sésame pour l'emploi. Un diplômé a trois fois plus de chances de trouver un emploi qu'un non-diplômé. A l'inverse, l'absence de diplôme n'a jamais été aussi pénalisante.

Mais de nombreux signes montrent que le moteur se grippe et que l'ascenseur social ne s'arrête plus à tous les étages. La massification de l'enseignement supérieur n'a pas nécessairement conduit à sa démocratisation et une partie des classes moyennes et défavorisées reste au bord du chemin : en France, l'impact de l'origine sociale est le double de celui du Japon ou du Canada. Les diplômés restent en majorité issus des classes supérieures. 41% d'entre eux ont un père qui appartient aux professions intellectuelles, 18% aux professions intermédiaires et 15% aux employés.

C'est pourquoi avait été confié le 25 janvier dernier à Salima Saa, présidente de l'A.C.S.E., une mission visant à identifier les freins à l'ascension sociale et proposer des solutions pour la relancer. Salima Saa a une vraie expertise de terrain et connaît très bien les problématiques de l'égalité des chances. Elle a un parcours exemplaire et un engagement qui lui vient de son implication dans la vie associative autour des questions d'insertion et d'éducation, puis au sein du Conseil à l'intégration.
Elle a été accompagnée de Claude Boichot, inspecteur général de l'Education nationale, correspondant de la médiatrice de Paris et auteur du rapport de 2009 sur les C.P.G.E., et excellent connaisseur de ces questions.

Le rapport salue les efforts importants réalisés ces dernières années pour ouvrir l'enseignement supérieur aux classes moyennes et défavorisées, notamment l'augmentation des bourses, la construction de logements, le renforcement de l'information sur l'orientation au lycée, et la réforme de la licence.

A souligner : le rôle positif de dispositifs innovants comme les cordées de la Réussite, qui ont bénéficié à près de 50 000 jeunes dans plus de 2000 établissements, ou les internats d'excellence.
Le rapport insiste également sur la puissance du phénomène d'autocensure dont font preuve les jeunes issus d'un milieu modeste ou défavorisé, avec une composante territoriale affectant particulièrement les zones d'habitat rural.

Il préconise de consolider les dispositifs innovants, comme les cordées de la réussite, les internats d'excellence ou les passerelles entre différents cycles de formation, et de les généraliser sur l'ensemble du territoire, notamment dans les zones rurales.

Par ailleurs, il contient plusieurs propositions innovantes et susceptibles de faire évoluer les mentalités, parmi lesquelles :

Pour vaincre l'autocensure grâce à l'accompagnement personnalisé :

  • Rapprocher les lycées des établissements de l'enseignement supérieur, en organisant notamment des journées de visite sur site (sur le modèle des "Campus visit" américains)
  • Mettre en place dans tous les établissements, un "réseau des anciens" actifs via les moyens actualisés des réseaux sociaux.

Pour faciliter l'accès des classes moyennes et défavorisées aux classes préparatoires :

  • Repérer les lycées à faible émergence de candidatures en C.P.G.E. pour en analyser les causes :
    • Proposer un accompagnement et un partenariat renforcé de l'établissement par un lycée à C.P.G.E.
    • Intégrer de manière prioritaire l'établissement dans une Cordée de la réussite.

Accompagner les élèves issus de milieux défavorisés dès le début de la C.P.G.E.

  • Systématiser les prérentrées (à partir du 20 août) pour les élèves boursiers.

Réformer les concours

  • Mettre en place une épreuve de culture générale sur programme afin de réduire l'effet ségrégatif de cette épreuve.

Développer les aides à destination des classes moyennes

  • Instaurer un paiement des frais de scolarité après les études supérieures, comme l'avait proposé la Conférence des grandes écoles.

Les propositions du rapport s'inscrivent dans le prolongement des actions engagées depuis cinq ans. Elles donnent des orientations pour consolider, généraliser les dispositifs, en intégrant deux dimensions insuffisamment prises en compte : celle de l'autocensure et des territoires ruraux.

L''objectif était de favoriser une prise de conscience et de favoriser l'appropriation des dispositifs d'équité sociale et territoriale par les acteurs de l'enseignement supérieur.

Salima Saa a déclaré : "nous espérons que ce rapport permettra à l'école de la République et à ses acteurs de se mobiliser sans plus attendre, pour permettre de répondre à cet enjeu majeur pour l'avenir de notre pays qu'est l'ouverture sociale. Des mesures sont proposées aujourd'hui, autant de pistes d'actions pour inverser la tendance et permettre à un plus grand nombre de jeunes de réussir dans ses ambitions et à La République de tenir ses engagements : offrir une chance à tous".

1ère publication : 20.03.2012 - Mise à jour : 10.05.2012

Rapport sur l'ouverture sociale dans l'enseignement supérieur

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