Enseignement supérieur

Discours de Geneviève Fioraso à la Sorbonne en présence de Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi et Genevieve Fioraso© Fabrice Gousset

Geneviève Fioraso s'est exprimée à l'occasion de la rencontre entre Aung San Suu Kyi et des étudiants à l'Université de la Sorbonne. 

Discours - 28.06.2012
Geneviève Fioraso

Madame, c'est un honneur et une très grande fierté de parler devant vous.

Vous arrivez aujourd'hui presque au terme de votre visite sur Paris, et plus largement de votre séjour en Europe que vous avez voulu placer sous le signe de la jeunesse et du débat démocratique. C'est pour nous un immense plaisir de vous recevoir, au cœur du quartier latin, quartier historique de la jeunesse de Paris.

Votre parcours exceptionnel trouve ici un écho particulier dans ce grand amphithéâtre de La Sorbonne, lieu prestigieux de savoir et de débats. Quel symbole magnifique pour une femme si longtemps privée de liberté et du souffle de vie que donne la culture ! Je sais que vous avez beaucoup lu pendant vos années d'enfermement, que vous connaissez de nombreux auteurs de langue française avec une passion particulière pour Victor Hugo!

Je salue la présence nombreuse d'étudiants de différents horizons, notamment de La Sorbonne mais aussi de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'Institut national des langues et civilisations orientales, l'un des très rares établissements d'Europe où la langue et la culture birmanes sont enseignées. Vous avez souhaité ce moment d'échanges et ils sont là pour vous. Je ne vais donc parler longtemps car j'imagine combien ce moment privilégié restera gravé dans leurs mémoires à jamais.

Un engagement en faveur de la jeunesse

Nous sommes particulièrement sensibles à votre engagement en faveur de la jeunesse.

Je suis à cet égard tout à fait honorée que vous ayez accepté d'être la marraine de l'Institut français de Birmanie. La France est fière d'avoir pu maintenir à Rangoun, durant toutes ces années, ce lieu d'ouverture culturelle et de débat d'idées pour les jeunes, dans un contexte qui offrait si peu d'occasions de s'exprimer librement.

L'Institut français, qui a pendant longtemps été le seul centre culturel du pays à offrir une programmation artistique régulière et de qualité, est devenu au fil du temps un espace d'expression incontournable pour de nombreux artistes et étudiants birmans.

La France est honorée par votre présence et vous remercie. Elle a toujours été à vos côtés, car les valeurs pour lesquelles vous vous battez sont particulièrement chères aux Français.

Malgré les privations et humiliations, vous n'avez cessé d'appeler au dialogue, à la justice, et à la réconciliation entre toutes les composantes de la nation birmane. Ces objectifs sont aussi les nôtres.

L'ouverture que connaît à présent la Birmanie nous permet d'espérer. Nous demeurons plus que jamais à l'écoute de votre analyse de la situation et de vos attentes à l'égard de la communauté internationale. Nous avons notamment conscience que la formation des jeunes, dans tous les domaines, est un défi vital pour l'avenir de la Birmanie.

En tant que ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, je veux vous assurer de toute mon écoute et toute ma détermination à ce sujet et j'en prends l'engagement, ici, devant vous, à La Sorbonne.

L'accueil des étudiants étrangers en France a fait d'ailleurs l'objet d'une de mes premières décisions pour être en phase avec les valeurs de la République auxquelles je suis profondément attachée. Ce sont aussi les meilleurs ambassadeurs de notre culture dans le monde.

Une "très grande chercheuse"

Vous avez déclaré récemment que votre voyage en Europe était "celui de la découverte et de la re-découverte en regardant le monde avec des yeux neufs".

Le monde a forcément beaucoup changé depuis le jour où vous avez appris, depuis votre maison de Rangoun, que le Prix Nobel de la Paix vous avez été décerné, avec l'approbation du monde entier. Permettez-moi de vous dire combien ce mot de "découverte" résonne tout particulièrement à mes oreilles.

Le monde de la science est un monde de femmes et d'hommes passionnés. C'est un monde fait de doute et de détermination, de patience et d'exaltation, de solitude et de partage, d'échecs et de succès.

Tout au long de votre long parcours pour la liberté, vous avez sans doute connu tous ces sentiments contradictoires et votre soif de connaissances et de découvertes fait de vous une très grande "chercheuse" !

 

L'exemplarité de votre démarche est un modèle pour nous tous. La présence de tous ces jeunes étudiants autour de vous restera sans doute une image forte de votre séjour en France. Il est des personnalités hors du commun qui redonne sens à nos actions et à nos vies. Vous en êtes une.

Je laisse maintenant la place aux étudiants.

L'Université est universelle.

Votre combat est universel.

 

1ère publication : 28.06.2012 - Mise à jour : 2.07.2012

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Marie-Hélène Beauvais

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