Les Assises de l'enseignement supérieur et de la recherche

Discours de Geneviève Fioraso lors du lancement des assises de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

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Lancement des Assises de l'Enseignement supérieur© X.R.Pictures

Geneviève Fioraso s'est exprimée à l'occasion de l'installation du comité de pilotage des assises de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Discours - 11.07.2012
Geneviève Fioraso

Je suis particulièrement heureuse de vous accueillir à l'Académie des Sciences, aux côtés de Françoise Barré-Sinoussi pour vous présenter l'organisation des Assises de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche que le Président de la République s'était engagé à organiser, ce qui a été confirmé par le Premier Ministre et approuvé par le Conseil des Ministres ce matin.

Si j'ai souhaité vous rencontrer dans ce lieu prestigieux, l'Académie des Sciences, ce n'est pas seulement parce que Françoise Barré-Sinoussi en est membre. C'est parce que ce lieu exceptionnel, créé en 1666, est porteur de l'universalité de la connaissance scientifique, mais aussi de l'ouverture de la science sur son environnement national comme international, puisqu'il a accueilli dès sa création savants français et étrangers. C'était avant la circulaire Guéant que nous avons heureusement supprimée. Il me paraît essentiel, aujourd'hui, de replacer les sciences, toutes les sciences, la recherche, de la recherche fondamentale à la recherche orientée et partenariale, sans oublier le transfert de technologie créateur d'emplois, au cœur de l'ambition nationale et européenne d'une société de progrès durable, respectueux de l'homme et de son environnement.

Un comité de pilotage indépendant

C'est cette volonté d'ouverture d'un débat national sur la place essentielle de l'enseignement supérieur et de la recherche dans notre avenir national, européen, international qui fonde des Assises que nous avons voulu confier, c'est une première, à un comité de pilotage indépendant, présidé par Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de Médecine 2008, directrice de recherche à l'INSERM, dans la recherche publique, c'est important, que je remercie de tout cœur d'avoir accepté cette lourde responsabilité, en plus de toutes celles qu'elle assume, puisqu'elle vient de prendre la responsabilité de la recherche sur le Sida au niveau international. Le Professeur Vincent Berger, actuellement Président de l'Université Paris 7 Diderot, après une expérience professionnelle dans la recherche industrielle, membre de l'Institut Universitaire de France, sera le rapporteur général de ces assises.

Il ne s'agit pas pour autant de déléguer la résolution des sujets qui interpellent à juste titre la communauté des étudiants, des enseignants chercheurs, des chercheurs et des personnels techniques et administratifs : je pense notamment aux questions liées à la résorption de la précarité de certains personnels, à l'insertion professionnelle des docteurs. Ces sujets et bien d'autres, importants, et sur lequels j'ai déjà été interpellée, seront discutés dans le cadre des instances prévues à cet effet et j'y participerai personnellement, comme j'ai commencé à le faire dès ma nomination.

Trois thèmes en débat

Les assises que nous lançons concerneront de façon plus large les enjeux liés à la place que doivent retrouver l'enseignement supérieur et la recherche et plus globalement la connaissance dans une ambition partagée pour notre pays, en Europe et dans le monde. Le Président de la République et le Premier Ministre ont confirmé cette ambition ce matin et ont approuvé les trois thèmes qui feront l'objet de contributions et de débats au cours des Assises.

Je les rappelle :

  • Notre première priorité concerne les conditions de la réussite des étudiants, notamment dans le premier cycle, en mettant en place un service public territorialisé d'orientation et d'insertion professionnelle commun avec la fin du cycle secondaire, en encourageant les innovations pédagogiques et en réformant la formation des enseignants dans des écoles supérieures du professorat et de l'éducation internes aux universités, avec des stages pratiques encadrés par des enseignants expérimentés. Les conditions de réussite sont aussi liées à l'amélioration des conditions de vie des étudiants, l'accès au logement, aux soins, à la culture, au sport.
  • Le deuxième objectif sera de lancer une nouvelle ambition pour la recherche et l'enseignement supérieur, leur rôle dans la société, l'économie, la transition écologique et le rayonnement international de notre pays. Contrairement au quinquennat précédent, nous avons la volonté de mener cette rénovation en dialogue, en confiance et en toute transparence, avec l'ensemble des acteurs concernés sur les territoires. Ce changement de méthode est cohérent avec les politiques menées par ailleurs : je pense à la refondation de l'école, à la conférence sociale. Alors que la recherche fondamentale sera préservée de la course effrénée aux crédits et pourra ainsi se mener en toute sérénité, la recherche technologique, trop faible aujourd'hui dans notre pays, sera une composante stratégique du redressement économique, avec une contribution pour le transfert de technologie et la création de filières innovantes. Cette action concernera des domaines aussi cruciaux que la lutte contre le réchauffement climatique, la transition et l'efficacité énergétiques, les biotechnologies, les nanotechnologies, avec une place à redonner aux sciences humaines et sociales en respectant l'originalité et l'intégrité de leurs disciplines.
  • Cette ambition nationale passe enfin par la révision de la gouvernance des établissements et des politiques de sites et de réseaux. Nous devons simplifier les dispositifs qui se sont accumulés dans le précédent quinquennat et ont brouillé la lisibilité et la gouvernance des universités et des organismes de recherche tout en consommant un temps précieux pour les personnels concernés par la frénésie et la diversité des appels à projets. La collégialité et le travail en réseau au niveau national et européen seront préférés à une compétition nationale frontale qui a généré des inégalités flagrantes sur le territoire. Pour autant, les projets engagés et utiles à l'intérêt général ne seront pas freinés, pour respecter l'important travail réalisé par les équipes : ils feront cependant l'objet d'améliorations et de rééquilibrages au fil de l'eau. En attendant les nouvelles propositions qui naîtront des assises, et en mesurant l'inadaptation des mesures préconisées par mes prédécesseurs, j'ai décidé de surseoir à l'évaluation des carrières et des équipes telle qu'elle était proposée.

Le calendrier des assises

Ce sont donc tous ces sujets, et peut être d'autres, qui nous auraient échappé, qui feront l'objet d'une consultation nationale de juillet à septembre 2012. Ensuite, des assises territoriales se réuniront en octobre puis les assises nationales fin novembre et le rapport sera rendu en décembre. Sur la base de ce rapport, les politiques prendront leurs responsabilités et la loi L.R.U. ainsi que la loi d'orientation et de programme pour la recherche seront corrigées et de nouvelles dispositions seront soumises au Parlement dès le début 2013.

Ces précisions données, je remercie pour leur présence les membres du comité de pilotage et les scientifiques reconnus pour leur excellence, un mot qu'il ne faut plus utiliser comme une sanction mais au contraire comme une ambition partagée.

 

Seul le prononcé fait foi

 

1ère publication : 11.07.2012 - Mise à jour : 27.07.2012

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