Recherche et enseignement supérieur en région PACA

Panorama de la recherche en région PACA

image panorama recherche PACA

Aujourd’hui plusieurs initiatives tentent de concilier aménagement du territoire, rééquilibrage géographique et visibilité internationale avec l’émergence de pôles d’excellence. La mise en réseau des différents centres d’enseignement supérieur et de recherche constitue le pilier sur lequel repose l’organisation territoriale de l’enseignement supérieur et de la recherche. La priorité est donnée à un renforcement des pôles de compétence ; d’une part, en poursuivant la mise en synergie des laboratoires et, d’autre part, en favorisant les opérations tendant à rapprocher les organismes de recherche et les établissements universitaires.

Article - 1ère publication : 5.11.2012 - Mise à jour : 27.03.2019

Les caractéristiques socio-économiques de la région PACA

Une région fortement urbanisée

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est constituée de territoires géographiques diversifiés et contrastés (mer, campagne, montagne, zones urbaines et zones rurales) et est dotée d’un patrimoine naturel et culturel qui favorise le développement d’activités à la fois spécifiques et globalement variées(industries, tourisme, culture, agriculture, santé...). Elle est composée de deux académies (Aix-Marseille et Nice) aux profils différents et comporte 6 départements.

La population étudiante se concentre dans les deux grandes aires urbaines de Marseille Aix-en-Provence et de Nice, qui regroupent ainsi plus de 80% des étudiants de la région, l’académie d’Aix-Marseille accueillant à elle seule les deux tiers des effectifs. Région frontalière, les étudiants de PACA sont cependant peu mobiles.

Une attractivité migratoire qui s’érode

Septième région la plus peuplée de France, PACA abrite, au 1er janvier 2019, 5.59 millions d’individus soit 7,8 % de la population de France métropolitaine. Après une forte progression démographique depuis 1962, l’attractivité migratoire de PACA s'est érodée, en particulier dans les Alpes-Maritimes et le Var à l’inverse des territoires Alpins. Ainsi, la croissance démographique régionale est inférieure à celle de la France métropolitaine. Le solde naturel devient le seul moteur de la croissance démographique régionale.

PACA gagne chaque année des habitants de tout âge, à l'exception des jeunes de 18 à 20 ans. Cependant, le nombre de personnes de moins de 20 ans diminuerait de 29 000 entre 2013 et 2030. Ce recul toucherait tous les systèmes territoriaux, mais serait trois fois plus marqué dans le système Alpin que dans le système Provençal et Azuréen ; à l’inverse la part des personnes de plus de 60 ans augmente depuis plus de 10 ans. Si les tendances démographiques de ces dernières années se poursuivaient, en 2030, 1/3 des habitants aura plus de 60 ans.

Dans ce contexte démographique de faible attractivité des jeunes, la région connaît une progression des effectifs d’inscrits dans l’enseignement supérieur, entre 2012 et 2019 (plus de 170 000 étudiants recensés dans les deux académies, 4e région), mais plus faible que la moyenne nationale. Par ailleurs, les effectifs d’inscrits à l’université ont chuté alors que la tendance nationale est à la hausse.

Une économie orientée vers le tertiaire et des emplois attractifs
pour les diplômés de l’enseignement supérieur

En 2013 et en tenant compte de la fusion des régions de 2016, avec un PIB de 152,13 milliards d'euros, c'est la cinquième région de France selon ce critère alors que le PIB par habitant est de 30 688 €, la classant à la troisième place. L'économie de PACA est très orientée vers le tertiaire : ce secteur concentre 8 emplois sur 10 dont 5 dans le tertiaire marchand et 3 dans le non marchand. L'importance traditionnelle du commerce, des transports et surtout du tourisme sont des facteurs relativement anciens de développement économique des services dans la région. Plus récemment, s'est ajouté l'essor des services aux entreprises.


fin 2017, Paca comptait 1 146 000 salariés contre 15 977 000 en France (source Direccte) en baisse par rapport aux années précédentes.

79 % des emplois régionaux sont concentrés dans les quatre grandes agglomérations : Marseille-Aix, Nice, Toulon et Avignon. Le taux de chômage oscille entre 10 et 12% selon les villes. Au 4e trimestre 2017, Paca comptait en moyenne 498 500 demandeurs d’emploi, les 25 – 49 ans étant les plus nombreux (306 000).

Une innovation tirée par les petites entreprises

PACA se caractérise par une surreprésentation des petites entreprises et par une orientation sectorielle de l’économie régionale (industries agricoles et alimentaires et installation-réparation de machine) ne favorisant pas l’innovation. Cependant, on observe qu’au cours de la période 2010-2012, les PME de Provence-Alpes-Côte d’Azur se sont révélées plus innovantes que la moyenne des PME de France.
Les petites entreprises des services technologiques, de la métallurgie et des composants informatiques, électroniques et optique, tirent notamment l’innovation régionale vers le haut.

La recherche scientifique

La région PACA bénéficie de la présence de l’ensemble des grands organismes nationaux de recherche sur son territoire et développe des programmes de recherche de qualité en s'appuyant sur des universités dynamiques. En 2015, la région PACA accueillait 6.78 % de l’emploi scientifique (près de 29 068 personnels dont 8543 chercheurs dans les laboratoires publics et 10836 chercheurs dans les laboratoires privés

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Les établissements d’enseignement supérieur et de recherche sont principalement regroupés autour des pôles d’Aix-Marseille et de Nice : autour d’Aix Marseille Université (AMU), ComUE «Université Côte d’Azur (UCA)» autour de l’université de Nice Sophia Antipolis (UNS) et de l’Observatoire de la Côte d’Azur (OCA). Dans le même temps, les universités d’Avignon (UA) et de Toulon (UTV) se sont positionnées sur des domaines d’excellence de leur territoire. Les 4 universités se sont ainsi structurées sur leurs territoires au travers de politique de sites.

La région PACA est lauréate de nombreux projets dans le cadre du Programme Investissements d'Avenir (plus de 75 lauréats et 1.5 Mds €), et en particulier 2 Initiatives d’excellence IDEX : A*MIDEX autour d’Aix Marseille Université, pérennisé à l’issue des 4 années de période probatoire, JEDI (Joint Excellent and Dynamic Initiative)-UCA autour de la ComUE UCA sur Nice et Sophia Antipolis, notifié en 2016, et dont le pérennisation est espérée pour début 2020.

La Stratégie Régionale d'Innovation (SRI) portée par le Conseil Régional propose une démarche centrée sur 5 " Domaines d'Activités Stratégiques " (DAS), cœurs de métier du territoire (Transition énergétique-efficacité énergétique ; Risques-sécurité-sûreté ; Santé-alimentation ; Mobilité intelligente et durable; Tourisme-industries culturelles-contenu numérique) et sur trois technologies clés génériques européennes (KETS : Nanotechnologies, micro- et nano- électronique et semi-conducteurs; Photonique; Biotechnologies). Cette SRI est la brique élémentaire du Programme Opérationnel (PO) FEDER validé en 2015 par la commission européenne.

Les formations d’ingénieurs restent encore insuffisantes alors que des technopoles très structurantes se développent. Par ailleurs, le poids de la Recherche et Développement privée dans l'économie est encore insuffisant.

Huit pôles de compétitivité viennent d’être récemment labellisés lors de la Phase IV (Janvier 2019) en Région PACA et touchent différents domaines d’activités (Mer, Filière de l’Eau, Solutions Communicantes Sécurisées, EuroBiomed-Cancer Biologie Santé, Cosmetic Valley, Capénergies, Alimentation Bien-Etre Naturalité, Safe Cluster).

Projet récents, en cours ou à venir

GIPTIS (Genetics Institute for Patients Therapies Innovation and Science)

Il s’agit de créer à Marseille un institut de recherche et de médecine dédié aux maladies rares qui permettra d’accélérer le développement de nouvelles thérapies. Ce projet est très soutenu par les collectivités territoriales et Aix Marseille Université.

Cité de l’Innovation et des Savoirs (CIS), AMU, Marseille

Inaugurée le 13 mars 2019, siituée non loin de l’activité maritime du port de Marseille, la CIS est un espace carrefour entre recherche, innovation (mutualisation, partenariats), formation (entrepreneuriat, design), culture, dédié à la création d’entreprises, de valeurs (notamment sociétales) et d’emplois, avec un objectif d’accélération, partenariat SATT, Institut Carnot STAR, CMA-CGM, L’Occitane...

Zone d’activités du Puits Morandat à Gardanne

La ville de Gardanne envisage de créer un Centre de Culture Scientifique,Technique et Industrielle (CCSTI) dans la zone d’activité du Puits Morandat qui comprend aussi une pépinière d’entreprises et une installation de récupération d’énergie...

DATA Center Régional

Dans le cadre de la modernisation des infrastructures et services numériques de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et suite à un appel à projet du MESRI, Aix Marseille Université en collaboration à l’université de Nice Côte d’Azur a porté le projet d’un DataCenter Régional Sud PACA situé à Marseille. Le projet a été retenu et labellisé en Juin 2018. Il lui a été attribué en janvier 2019 une subvention de 300 K€ par la DGRI du MESRI.

Institut Interdisciplinaire en Intelligence Artificielle (3 IA)

Dans le cadre du programme national pour l’IA annoncé par le Président de la République et suite au rapport du député Vilani, l’Etat a décidé de soutenir un réseau d’Instituts Interdisciplinaires en Intelligence artificielle. Suite à l’appel à manifestations d’intérêt, lancé par le MESRI en juillet 2018 et 4 sites ont été retenus : Paris, Grenoble, Toulouse et Nice-Sophia Antipolis. Le projet est porté par l’INRIA Sophia Antipolis. Il s’agit d’un projet d’envergure soutenu par les collectivités territoriales.

    Grands pôles structurants

    Sophia Antipolis : télécommunication, Information, Communication (TIC)

    Marseille Nord-Toulon : sciences pour l'ingénieur

    Marseille Sud et Nice Sophia Antipolis : biologie santé

    Marseille Nice Villefranche sur Mer : sciences de l'Univers

    Avignon Sophia Antipolis : agrosciences

    Marseille centre, Aix en Provence, Nice : sciences humaines et sociales

    Marseille Sud Toulon : environnement Défense

    L’offre de l’enseignement supérieur à Marseille a connu une recomposition de sa filière d’écoles d’ingénieurs autour de deux pôles : l'Ecole Centrale et POLYTECH qui rassemblent 6 anciennes institutions.

    En confortant l'Observatoire des Sciences de l'Univers à Nice, et en réalisant le nouveau campus de Saint Jean l'Angely, le pôle universitaire niçois, appuyé par Sophia-Antipolis et la création du campus STIC, devrait s'affirmer de façon complémentaire à celui d'Aix-Marseille. Ce dernier fonctionne en pôle européen, grâce à une carte clarifiée de son offre de formation et de recherche.

    Le pôle biologie-santé de Marseille Luminy, les sciences humaines et sociales à Marseille Centre et Aix en Provence, la restructuration de Château Gombert (pôle sciences pour l'ingénieur) ont permis une réorganisation de l'ensemble du système.

    La région s'est structurée autour de quelques domaines d’activité pour lesquels elle bénéficie d’un niveau de compétitivité international (présence importante de PACA dans le cadre du programme européen : Programme cadre de Recherche Développement, effectifs ou budget R&D importants, activité économique importante) : 

    •  Aéronautique et spatial,
    •  Chimie,
    •  Microélectronique, 
    •  Photonique /optique /imagerie, 
    •  Télécomunication, multi-média, industrie du contenu, 
    •  Energie et fusion nucléaire (9% des budgets européens sont affectés à la région PACA),
    •  Sciences et technologies marines, 
    •  Sciences du vivant (santé, nutrition, biotechnologies).

    Les technopôles en PACA

    Les technopôles accueillent souvent des laboratoires ou instituts de recherche et des entreprises qui collaborent ensemble ; en Provence Alpes Côte d'Azur il existe 6 principaux technopôles :

    En matière de très grands équipements, l’implantation du réacteur ITER pour la fusion contrôlée sur le site de Cadarache proche du C.E.A. devrait se traduire par un développement important des activités de recherche périphériques à la fusion nucléaire tout en dynamisant les entreprises et les fournisseurs d’équipement de haute technologie (métrologie, optique, logiciel, mécanique...) de la région

    1ère publication : 5.11.2012 - Mise à jour : 27.03.2019
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