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Plan Campus

Signature de la première tranche de la rénovation du Campus de Bordeaux

Signature de la première tranche de rénovation du campus de Bordeaux

Geneviève Fioraso s'est rendue à Bordeaux le 13 novembre pour lancer la première partie du Plan Campus. Quinze jours après la remise du rapport Peylet, ce montage innovant est symbolique de la volonté du ministère d'accélérer et de relancer les opérations Campus, en privilégiant l'adaptation des dispositifs aux spécificités des territoires. La ministre a également profité de son déplacement pour visiter plusieurs projets innovants, emblématiques de la stratégie régionale en matière d'enseignement supérieur, de recherche et transfert de technologies et préfigurateur d'une université territoriale Aquitaine.

Discours - 12.11.2012

Je suis heureuse que nous soyons tous réunis, cet après-midi, à Bordeaux.

Enfin réunis, parce que, s'il y a maintenant trois ans et demi que le projet de rénovation du Campus de Bordeaux a été retenu (mai 2009), la réalisation de cette grande et belle ambition (la rénovation de 16 bâtiments, soit 90 000 m2), a été retardée par de nombreuses difficultés. Il a fallu la forte volonté des acteurs, de la Région et de mon ministère pour franchir les derniers obstacles juridiques et techniques qui se dressaient les uns après les autres.

Tous réunis, parce que la réussite d'un si beau projet exige de rassembler l'ensemble des acteurs de l'Enseignement supérieur, sans oublier les collectivités territoriales comme cela a été trop souvent le cas dans le précédent quinquennat. Nous sommes tous là, aujourd'hui, au service de la modernisation de notre système d'enseignement supérieur et de recherche, dont dépend, nous le savons bien, l'avenir et le redressement de notre pays.

Parmi ces acteurs, je veux d'abord saluer la région Aquitaine, et son président, dont la volonté et l'engagement très girondins ont été si efficaces tout au long du projet.

Le conseil régional, depuis le début de cette aventure, a joué un rôle clef.

L'engagement de la région a été déterminant dans le choix du site de Bordeaux comme lauréat de l'appel à projets de 2008, qui  répartissait les 5 milliards de dotations.

La Région a aussi fait montre d'une persévérance et d'une inventivité exemplaires, pour trouver le mode de financement le plus pertinent au bénéfice de l'aménagement du campus.

Je sais, par mon expérience d'élue de terrain, combien l'action des collectivités territoriales, et notamment des régions, est bénéfique pour l'enseignement supérieur et la recherche – et je n'oublie pas le rôle de la Communauté urbaine de Bordeaux.

Cette action est essentielle pour favoriser la démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur et pour structurer la recherche, autour de pôles qui s'intègrent aux besoins de la région, et qui sont lisibles au plan européen et international.

J'ai la conviction que les régions avec les métropoles ont un rôle décisif à jouer, de médiatrices, entre le monde académique et le monde économique, en matière de transfert de technologie et d'aide à l'innovation.

La montée en puissance de la région Aquitaine en faveur de l'enseignement supérieur et de la recherche s'est faite dans le respect de l'autonomie des établissements, et je veux aussi saluer le formidable travail collectif des universités et établissements d'enseignement supérieur du site Bordelais.
Il y a une quinzaine d'années, Bordeaux était le symbole de la division universitaire, avec quatre universités correspondant quasiment aux quatre facultés. Les sciences de la vie étaient séparées entre deux universités, tandis que les sciences humaines et sociales se trouvaient cloisonnées entre trois universités.

C'est aujourd'hui l'inverse : Bordeaux marche en tête, en faveur de la simplification et du renforcement de notre système d'enseignement supérieur et de recherche, en inventant une véritable politique de site.

Le PRES de Bordeaux a été créé parmi les premiers : ce travail collectif vous a permis de déposer un dossier de qualité et d'être sélectionné rapidement. Même résultat pour l'initiative d'excellence, où votre dossier a été retenu dès la première vague, alors que des sites avec un potentiel scientifique équivalent ou supérieur n'ont pas été choisis, faute d'entente entre ses membres.

Je sais que vous travaillez désormais au projet de la Nouvelle Université de Bordeaux, qui associe trois de vos universités, l'institut polytechnique de Bordeaux et l'Institut d'Etudes politiques, dans le but de constituer un ensemble universitaire cohérent sur le site de Bordeaux.

Les réflexions que vous avez entreprises, vos premières options en faveur d'une plus grande collégialité, d'une plus grande subsidiarité, l'attribution de compétences propres ou déléguées aux conseils scientifiques et au conseil de la vie universitaire : tout cela va dans la bonne direction.

Vous avez été pionniers, en signant un contrat qui préfigure le contrat de site.

Je souhaite que l'Université de Bordeaux 3 s'inscrive dans cette dynamique et que vous réfléchissiez aux moyens d'associer l'université de Pau et des pays de l'Adour à ce futur ensemble universitaire, puissamment enraciné dans sa région, et doté de tous les atouts pour rayonner à l'international, notamment sur l'Espagne.

Bien entendu, cela ne signifie pas qu'il faille gommer l'échelle nationale : l'Etat sera là, à vos côtés, et mon ministère veille à ce que vos efforts s'intègrent dans une stratégie nationale.

Un montage innovant

En l'occurrence, pour la rénovation du campus de Bordeaux, vous savez que nous avons veillé de près, et que nous continuerons de le faire, à l'élaboration du montage innovant, qui permettra de valoriser les 475 millions d'euros que l'Etat vous apporte, pour financer les rénovations, constructions et maintenance durable des locaux. Je viens vous confirmer la mise à disposition de cette dotation, indispensable à la signature du contrat.

Ce montage me semble emblématique, de par sa méthode, des montages à explorer sur d'autres sites.

Nous avons suivi de près la création de la SRIA (Société de Réalisation Immobilière et d'Aménagement), dont l'université de Bordeaux est l'actionnaire majoritaire, aux côtés de la Caisse des dépôts et de la Région Aquitaine.

J'ai soutenu ce montage innovant, qui vous permet de conserver la maîtrise de l'aménagement des campus, d'accéder à un financement plus respectueux des deniers publics et de conserver une expertise immobilière de haut niveau dans la sphère publique.

J'ai fait en sorte que votre société de réalisation puisse être attributaire des autorisations temporaires, avec droits réels du domaine public, en accélérant la parution du décret nécessaire pour lever le dernier obstacle juridique à la réalisation de votre projet. Cela a été fait le 10 octobre dernier et mon collègue Pierre Moscovici a fortement soutenu cette proposition : je l'en remercie.

Aujourd'hui, ce montage innovant cumule des avantages du contrat de partenariat, pour le dialogue compétitif, et la maîtrise par les acteurs publics de leur stratégie immobilière et de leurs financements. Il revient aux personnes publiques de maîtriser dans le temps l'aménagement et la transformation de leurs immobiliers. Je le rappelle, l'immobilier universitaire n'est pas que du béton : c'est un élément crucial de la stratégie en matière de formation et de recherche. Votre grand projet ne doit pas être figé pour les 25 années à venir : il doit conserver une dimension évolutive et en contrepartie maintenance doit être y être intégrée.

Grâce à ce montage démocratique innovant, votre PRES conserve donc la maîtrise d'ouvrage à travers sa société de réalisation puisqu'au contraire du risque du Partenariat public-privé, il intègre les acteurs des projets, en particulier les collectivités territoriales, assure la transparence des fonds publics ne reporte pas à plus tard la dette publique et permet d'emprunter à des taux raisonnables.

L'Etat, notamment à travers la Caisse des dépôts, dont je salue la participation et l'engagement, avec la Région, mais aussi la Communauté urbaine de Bordeaux, peuvent soutenir vos ambitions.

Un montage est  toujours perfectible mais le vôtre me parait suffisamment exemplaire pour donner de bonnes idées à d'autres. Il  ne s'oppose pas au contrat de partenariat mais donne aux acteurs publics un nouvel outil pour réussir leurs projets.

Le Campus de Bordeaux : un lieu de vie intégré dans la ville

Si ces moyens sont emblématiques, l'usage que vous en ferez ne le sera pas moins !

Je salue votre volonté de vous doter d'un véritable esprit de campus ouvert sur la ville, pour répondre à l'ensemble des enjeux d'une université moderne, dans toutes ses composantes : vie étudiante, recherche fondamentale et partenariale, insertion urbaine, rayonnement international.

Vous avez placé au centre de votre opération la construction de logements pour les étudiants et vous savez à quel point ce sujet me tient à coeur. Le président de la République en a lui-même fait un de ses engagements et a fixé ma feuille de route : 40 000 logements programmés dans le quinquennat. Ici, la construction de 3 000 logements étudiants neufs, dans le cadre du C.P.E.R., répond à l'enjeu de la réussite étudiante, très liée aux conditions de vie, mais aussi à l'enjeu de la mobilité internationale, en favorisant l'accueil des chercheurs étrangers dans de bonnes conditions.

Vous avez pensé votre campus comme un véritable lieu de vie : il sera intégré à la ville par les transports en commun et les modes de déplacements doux (vélos, rollers, trottinettes). Votre campus favorisera la vie collective, en accueillant une crèche interuniversitaire que je vais visiter après le point presse. C'est un élément d'attractivité tout à fait essentiel et insuffisamment pris en compte jusque-là.

Vous avez également veillé à la santé et au sport, les deux sont liés, en prévoyant un bâtiment de médecine préventive et la réhabilitation des équipements sportifs, qui ne sont pas suffisamment valorisés sur nos campus comme dans notre système éducatif d'ailleurs.

J'apprécie que vous ayez réalisé tout cela dans une démarche ascendante (bottom/up), en vous appuyant sur une grande enquête "vie de campus", menée l'année dernière. Les Universités sont en effet au service des citoyens et de l'intérêt général, au cœur des territoires.

Vous avez enfin intégré les enjeux du développement durable et de la performance énergétique dans vos projets immobiliers dès l'appel d'offre, ce qui est bien le moins lorsqu'il s'agit d'enseignement supérieur, de recherche et d'innovation ! J'en profite pour remercier et féliciter la Caisse des dépôts et consignations, qui travaille et travaillera avec nous sur tous ces aspects. Les universités représentent près du quart de l'immobilier de l'Etat. Si vous, les chercheurs, les inventeurs des solutions à venir pour une transition énergétique réussie, vous n'êtes pas exemplaires en matière de développement durable, qui le sera dans la sphère publique ? J'en suis convaincue : nos établissements d'enseignement supérieur et nos organismes doivent être pionniers et exemplaires en matière de développement durable. Ils doivent servir de démonstrateurs pour entrainer ensuite l'adhésion de tous.

Une offre d'enseignement et de recherche autour de pôles forts, ouverts à l'international

Je voudrais terminer en saluant la vision de l'avenir qui sous-tend ce projet : vous avez compris l'intérêt de votre site bordelais et aquitain à réorganiser son offre d'enseignement et de recherche, autour de pôles forts et ouverts sur l'international. Vous avez fait le choix des sciences et technologies, de la biologie-santé, et des S.H.S..

Cette politique vous permettra de jouer pleinement votre rôle, dans le développement économique et social du territoire bordelais et aquitain. C'est la condition pour rayonner en Europe et à l'international : cela commence par des relations renforcées avec votre partenaire naturel l'Espagne. Pour vous accompagner dans cette mise en réseau, vous pouvez vous appuyer sur l'Etat et, singulièrement, sur le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Nous adosserons vos ambitions à des moyens durables (et partageons votre vision ambitieuse au service de notre jeunesse et de notre pays.)

Cette vision nous la partageons tous. Au moment où le Président de la République et tout le gouvernement sont engagés dans un projet de compétitivité pour notre pays, nous devons miser sur nos qualités propres et notamment : 

  • la qualité de notre formation et notre recherche, en améliorant leur adaptation et leur transfert à l'industrie ; 
  • notre créativité et la réactivité de nos P.M.E.-P.M.I. à qui il faut simplifier la tâche, en renforçant les compétences des territoires et en rendant plus lisibles nos systèmes de financement de transfert, d'internationalisation ; 
  • la force et l'énergie d'une jeunesse liée à notre dynamisme démographique, un atout par rapport à nos visions européennes. Il faut élever et adapter son niveau de qualification. C'est l'objectif du plan réussite en licence que j'ai proposé dès cette rentrée universitaire, avec un volet orientation et logements étudiants qui ne réussira que s'il s'appuie sur les territoires ;
  • Enfin, un effort particulier pour améliorer le transfert de la recherche à l'industrie : c'est notre point faible. Pour l'améliorer, j'ai proposé 15 mesures, qui s'adressent particulièrement aux P.M.I., P.M.E. et E.T.I..

Passer de l'invention, de la découverte au produit et service innovant, voilà l'objectif.

C'est la base indispensable du pacte productif, fondement de notre compétitivité durable. Ce pacte productif défendu par le président de la République et son Premier ministre, partagé par Alain Rousset et moi-même et tout le gouvernement est au cœur de l'avenir industriel et du développement économique de notre pays.

C'est dans cet esprit que, tout en préservant la recherche fondamentale, j'ai souhaité développer la recherche technologique et accélérer sa diffusion. C'est le sens des plateformes de diffusion technologique du C.E.A., en lien avec les collectivités territoriales et en partenariat sur les sites avec les laboratoires de recherche existants.

C'est aussi la raison pour laquelle j'ai demandé à l'A.N.R. de soutenir la création de 100 laboratoires communs entre recherche publique et P.M.I.-P.M.E./E.T.I. dans la programmation 2013. Je souhaite aussi que le dépôt des brevets et le transfert de technologies pisse valoriser la carrière des chercheurs au même titre que les publications.Les incubateurs bénéficieront dès la fin de l'année d'investissement complémentaire de 1,2 millions d'euros pour consolider le démarrage et la naissance des jeunes entreprises innovantes. La gestion de la propriété intellectuelle, insuffisante et indispensable aujourd'hui, sera simplifiée pour favoriser les transferts en protégeant les acquis scientifiques.

Toutes ces mesures ne feront que conforter un développement du territoire pour l'innovation que vous avez su, ici mieux qu'ailleurs, impulser de façon collective et partenariale.

Je vous remercie de cet engagement fort au service de la connaissance, du progrès, du pacte productif et de son impact positif pour la création d'emplois.

Bravo à Bordeaux, à l'Aquitaine et à l'esprit girondin qui anime vos initiatives que l'Etat, bien que plus jacobin, saura accompagner.

1ère publication : 12.11.2012 - Mise à jour : 11.03.2013

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Delphine CHENEVIER

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