Discours de Geneviève Fioraso lors de sa rencontre avec les acteurs français de l'E.I.T.

Rencontre avec les acteurs français des KICs© X.R.Pictures

Geneviève Fioraso s'est exprimée à l'occasion d'une rencontre avec les acteurs français des communautés de la connaissance et de l'innovation, organisée au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche le 16 novembre 2012.

Discours - 16.11.2012
Geneviève Fioraso

Je suis particulièrement heureuse de vous accueillir aujourd'hui pour parler d'innovation et d'Europe, deux sujets qui me tiennent, comme vous le savez, particulièrement à cœur.

Le gouvernement français est engagé dans une politique volontariste pour la compétitivité par l'innovation. L'agenda de la semaine dernière en témoigne, avec le séminaire gouvernemental du mardi 6 novembre et la communication que j'ai faite au conseil des ministres du mercredi 7 novembre, conjointement avec Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin, en faveur d'une nouvelle politique de transfert pour la recherche publique.

L'Europe joue bien entendu un rôle essentiel dans cette politique en faveur de la compétitivité par l'innovation. Cette journée arrive à point nommé pour le rappeler et pour marquer l'engagement européen de la France, maintes fois réaffirmé par le Président de la République François Hollande.

Partout dans le monde, l'enseignement et la recherche sont au cœur de la bataille de la compétitivité, c'est-à-dire la bataille pour la croissance et les emplois durables. Ce qui se passe dans les zones innovantes les plus dynamiques, aux Etats-Unis, je pense bien sûr à la Silicon Valley ou encore à la Boston Valley, en Israël, au Japon, en Corée du Sud, ou encore en Chine, ... témoigne que la recherche, l'innovation et la croissance sont étroitement liées.

Nous devons maintenir et soutenir massivement un enseignement supérieur de qualité. Mais notre système de formation doit évoluer: ce sont effet des digital natives que nous avons à présent sur les bancs de nos universités, nous avons eu l'occasion d'en parler avec la Commissaire tout à l'heure. Bien entendu, l'Université, en France, en Europe, doit, aussi, devenir numérique, au risque de perdre, sinon, la bataille des talents.

Nous devons maintenir et soutenir massivement une recherche de haut niveau, sous toutes ses formes, car c'est à partir de la production de nouvelles connaissances, dans certains domaines de nouvelles technologies, que nous pourrons construire de nouvelles filières industrielles, des entreprises, des emplois, sur nos territoires, ici en Europe.

Mais cela ne suffit pas, car la croissance passe par l'innovation, qui ne se décrète pas : l'innovation n'est pas une conséquence prévisible, linéaire, programmable, de la formation et de la recherche. L'innovation naît à partir de réseaux d'acteurs (chercheurs, entreprises, financeurs), au sein de ces fameux "écosystèmes" innovants, incarnés en France notamment par les pôles de compétitivité et les plateformes de transfert technologique et de valorisation des découvertes de la recherche publique.

Leur succès repose sur des facteurs désormais clairement identifiés : l'implication forte des acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche, la création d'entreprises, l'accompagnement de ces entreprises par des acteurs de l'innovation, un financement mixte alliant investisseurs publics et privés, et, point majeur, une forte culture entrepreneuriale. Cette dimension culturelle est au cœur de l'innovation.

Dans la société de la connaissance, les pays qui connaitront une croissance durable sont ceux qui maîtriseront ce triangle entre la formation, la recherche et l'innovation.

C'est cette vision du monde qui a prévalu à la mise en place de l'E.I.T., de l'Institut Européen de l'Innovation et des Technologies, et je la partage sans réserve.

Les communautés de la connaissance et de l'innovation, les KICs (Knowledge and Innovation Communities), se sont construites pour soutenir cette vision, en complément des instruments plus classiquement dédiés au financement de la R&D, je pense en premier lieu au programme cadre de recherche bien sûr.  Les KIC démontrent que tout n'est pas seulement affaire de financement de la R&D : les pratiques des acteurs doivent changer, les liens entre formation, recherche et innovation doivent être favorisés et consolidés dans la durée.

La France s'est engagée dans la construction de ce nouvel instrument européen. Les acteurs français de l'enseignement supérieur et de la recherche, les entreprises, se sont, comme vous le savez, fortement mobilisés dans les trois KIC consacrés respectivement au climat, à l'énergie et au numérique.

Je voudrais ici saluer leur engagement et confirmer le soutien de la France à l'E.I.T.. Une enveloppe spécifique de l'Agence Nationale de la Recherche pour 2013 est ainsi spécifiquement dédiée au soutien aux acteurs français des KICs.

A présent, nous devons relever plusieurs défis.

Nous devons conforter les KIC existants et faciliter leur mise en œuvre, car la mise en réseau, qui plus est au niveau européen, ne va pas sans un coût de coordination. Je suis persuadée que l'E.I.T. va tout faire en ce sens, en se fondant sur les retours d'expérience.

Je pense également que la connexion à d'autres actions aux niveaux national et européen est à renforcer. Tous les acteurs gagneront à ce que l'articulation des KIC avec les outils de financement de la recherche, je pense par exemple aux Key Enabling Technologies, soit améliorée. Il en est probablement de même pour le financement de l'innovation, je pense bien sûr aux instruments mis en place par le Fonds Européen d'Investissement, le F.E.I..

Enfin, l'avenir est bien sûr au lancement de nouveaux KICs, dès 2014. Nous devons tout mettre en œuvre pour que la mobilisation des acteurs se fasse dans les meilleures conditions, et c'est aussi l'objet de cette journée.

Madame la Commissaire, avec la construction des KIC, je suis persuadée que nous empruntons une bonne voie, pour aller vers plus de croissance. Mais c'est une voie qui demande du temps, car l'innovation, qui est fondée sur la mise en réseau, la confiance entre les acteurs et des changements culturels profonds, ne se décrète pas. L'évaluation des KIC devra aussi en tenir compte.

Je pense qu'il est important que nous partagions aujourd'hui les retours d'expérience des acteurs français des KIC et les questionnements des acteurs des futures propositions. Je tiens à les remercier pour leur mobilisation, ainsi que Bruno Revellin-Falcoz, le président de l'Académie des Technologies, qui a rejoint le comité exécutif de l'E.I.T. il y a quelques mois, et Bertrand Collomb, qui était son prédécesseur.

1ère publication : 16.11.2012 - Mise à jour : 23.11.2012

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