Les Assises de l'enseignement supérieur et de la recherche

Assises nationales de l'enseignement supérieur et de la recherche : Geneviève Fioraso répond à Jean-Yves Le Déaut, député

Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

Geneviève Fioraso s'est exprimée sur la tenue et les suites des Assises nationales de l'Enseignement supérieur et de la recherche lors des questions d'actualité au Gouvernement, le 27 novembre, à l'Assemblée Nationale.

Parlement et Institutions - 28.11.2012
Geneviève Fioraso

Question de monsieur Jean-Yves Le Déaut

Madame la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, le Premier ministre a ouvert hier au Collège de France les assises de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il a réaffirmé la priorité donnée à l'acquisition des savoirs et à la démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur, car la mixité sociale est en diminution à l'université.

Le Premier ministre a souhaité que les assises s'emparent du pacte de compétitivité et il a également demandé la simplification de la gouvernance de l'enseignement supérieur.

Serge Haroche, prix Nobel 2012 de physique, a indiqué que la recherche française était d'un bon niveau, mais il a aussi pointé quelques-unes de ses faiblesses : manque de reconnaissance du diplôme du doctorat, trop grande complexité du système, paperasserie débordante, instabilité du système de financement, chercheurs très mal payés en début de carrière, gâchis des ressources humaines.

Madame la ministre, quelles sont vos ambitions pour les étudiants de notre pays ? C'est eux qui feront la France de demain. Comment allez-vous lutter contre l'échec et la précarité ? Quel lien voulez-vous nouer entre l'État et les collectivités territoriales ? Quelles sont vos propositions pour désamorcer la bombe à retardement que nous a léguée le précédent gouvernement, qui a laissé plusieurs dizaines de milliers de chercheurs, de techniciens et d'ingénieurs dans une situation précaire, où ils ne sont pas à l'abri du chômage ? Quel gâchis ce serait de devoir se séparer de jeunes chercheurs que la nation a formés pendant plus de dix ans !

Le monde de l'université et de la recherche a besoin de confiance. Il ne veut plus d'une concurrence effrénée.

Madame la ministre, la science doit occuper une place centrale dans un pays moderne qui place la jeunesse au cœur de ses priorités. Si un pays ne croit plus en son avenir, il court à la catastrophe. Les assises ont été une réussite unanimement saluée. Vous en êtes l'auteur. Le chantier est gigantesque, vous vous y êtes attelée et vous pouvez compter sur notre total soutien. Madame la ministre, quelle suite entendez-vous donner à ces assises ?

Réponse de Geneviève Fioraso

Monsieur le Président,

Mesdames et messieurs les Députés,

Monsieur le Député, Jean-Yves Le Déaut,

Dès ma prise de fonction et en conformité avec l'engagement du Président de la République, j'ai mis en place les Assises de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Cette consultation a permis à 20 000 personnes de participer aux travaux sur tous les territoires, 1 300 contributions écrites ont été déposées, 26 rapports ont été rédigés dans nos régions, et une centaine d'auditions nationales ont été effectuées.

Le comité de pilotage indépendant a mis en débat 121 propositions au cours des Assises Nationales, hier et aujourd'hui au Collège de France, où le Prix Nobel Serge Haroche nous a accueillis, en présence du Premier ministre.

Elles ont rassemblé chercheurs, étudiants, universitaires, élus, responsables d'entreprises, d'organisations représentatives et d'associations. Le rapport définitif sera remis par le Prix Nobel Françoise Barré-Sinossi au Président de la République à la mi-décembre.

Le cadre de la réforme est fixé.

La préparation de la nouvelle loi sur l'Enseignement Supérieur et la Recherche peut commencer.

Vous l'avez souligné, de véritables transformations sont en cours. Elles touchent toutes les dimensions du changement: l'apport de la recherche à la compétitivité, le rôle essentiel de la réussite étudiante pour le plus grand nombre, quel que soit sa classe sociale, la formation professionnelle tout au long de la vie, et l'apport primordial des universités, des écoles et des organismes de recherche au redressement de notre pays et à l'emploi. 

Face à l'urgence, j'ai déjà engagé plusieurs actions: une meilleure orientation des bacheliers professionnels et technologiques, la sécurisation de la recherche fondamentale et un plan pluri-annuel de résorption de la précarité, qui s'est développée dans le dernier quinquennat en particulier.

Les Assises ont mobilisé toutes les énergies. Elles ne sont que l'amorce d'un processus de refondation de notre enseignement supérieur et de notre recherche. Elles ont permis, c'était essentiel, de retrouver le dialogue et la confiance qui s'étaient perdus.

 

Publication : 28.11.2012

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Delphine CHENEVIER

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