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Formations et diplômes

Visite de Geneviève Fioraso à l'I.U.T de Reims

Visite de Geneviève Fioraso à l'I.U.T. de Reims© M.E.S.R.

Dans le cadre d'un déplacement à l'Université de Reims-Champagne-Ardenne, Geneviève Fioraso s'est exprimée sur son souhait de donner la priorité aux bacheliers professionnels dans les S.T.S., et aux bacheliers technologiques dans les I.U.T. Un choix qui sera inscrit dans la future loi pour l'enseignement supérieur et la recherche.

Discours - 8.03.2013
Geneviève Fioraso

C'est un immense plaisir d'être parmi vous ce matin, au sein de l'Université de Reims Champagne Ardennes.

Un plaisir d'abord de venir à Reims, ville universitaire intégrée dans la ville et sa région, ouverte vers son environnement socio-économique,  riche de ses étudiants et de ses professeurs.

Un plaisir également de venir dans l'un des trois sites de l'I.U.T. de Reims Châlons-en-Champagne Charleville-Mézières, un I.U.T. tout à fait dynamique.

Lors de leur création en 1966, les  I.U.T. se sont vus confier la mission de formation aux fonctions d'encadrement technique et professionnel dans les secteurs de la production, des services et de la recherche appliquée. Très vite, le succès a été au rendez-vous. Et 45 ans plus tard, le bilan est vraiment positif.

Les I.U.T. sont devenus des composantes, intégrées dans leurs universités, fer de lance de la formation universitaire technologique, ouverts sur les environnements socio-économiques.

Au moment où j'engage la réforme de l'enseignement supérieur et de la recherche, je veux vous assurer de la volonté du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de conforter l'action des I.U.T. dans les universités. La démocratisation de l'accès aux études, le renforcement des liens entre l'université et l'entreprise, la priorité donnée à la réussite et à l'insertion professionnelle sont autant d'objectifs de la loi en préparation qui ne pourront pas être atteints sans l'investissement de tous, et notamment des I.U.T..

Je suis d'autant plus confiante après les échanges que nous venons d'avoir. Ce que vous engagez ici à Reims, au service des étudiants est remarquable.

C'est d'abord un engagement pour la formation professionnelle qui se traduit au quotidien :

  • par les 1400 conventions de stage qui vous lient aux entreprises selon leur taille et leurs domaines d'application ;
  • par le forum des entreprises qui rassemble plus de 100 entreprises régionales et nationales à la rencontre des étudiants de l'I.U.T. ;
  • par le dynamisme de votre service de formation continue et en alternance.

Ce lien avec les entreprises, creuset du développement et de la compétitivité de notre pays, c'est toute la force des I.U.T. C'est aussi cette capacité d'initiative des I.U.T. dans l'accompagnement d'un parcours de réussite pout les étudiants.

Au moment où 1 étudiant sur 5 quitte l'enseignement supérieur sans diplôme, toutes filières confondues, au moment où beaucoup d'étudiants, abandonnent progressivement leur cursus de formation parce qu'ils n'ont pas de projet d'étude, parce qu'ils ne sont pas dans la filière qu'ils voulaient choisir, parce que l'écart entre ce qu'on leur propose et ce qu'ils attendaient est trop grand, au moment où des entreprises expriment chaque jour leurs besoins de techniciens qualifiés et de nouvelles compétences pour faire face aux défis de la croissance et de la compétitivité, vous offrez des parcours de formation innovants et diversifiés à des étudiants qui le sont tout autant :

  • ce sont tout d'abord vos filières technologiques avec le projet tutoré qui permet à chaque étudiant de préparer son projet  professionnel ;
  • ce sont aussi les formations par alternance qui offrent à chacun une autre manière d'apprendre ; 
  • c'est votre année spéciale, année passerelle pour ceux qui souhaitent obtenir en complément une formation technologique diplômante, étudiants, salariés en congé de formation ou demandeurs d'emploi ;
  • c'est le stage de réorientation qui permet de préparer un D.U.T. en 1 an grâce à la validation des acquis ;
  • c'est le passeport vers un D.U.T. pour les titulaires d'un baccalauréat professionnel, motivés, avec une remise à niveau en un an leur donnant toutes les chances de succès pour préparer un D.U.T..

C'est tout à fait exemplaire de ce que je veux généraliser dans tous les territoires.

Nous devons relever ensemble le défi de la démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur et de la réussite étudiante.

Nous devons offrir à chaque jeune ou adulte la possibilité de se former et de s'insérer sur le marché de l'emploi.

Priorité d'accès aux bacheliers technologiques et professionnels

La loi en préparation dessinera le cadre général permettant de refonder notre enseignement supérieur, de dynamiser notre recherche, d'assurer un parcours de réussite à un plus grand nombre de jeunes, quel que soit leur cursus car l'exigence de qualité et d'excellence doit être la même pour toutes les filières

Dans cette perspective, nous avons fait le choix d'inscrire une priorité des bacheliers professionnels dans les S.T.S. et des bacheliers technologiques dans les I.U.T..

Dans son discours d'ouverture des Assises, le Premier ministre a parlé d'égale dignité de tout bachelier. Nous n'acceptons aucune hiérarchie selon le bac d'origine, qui s'apparente souvent à une hiérarchie sociale qui ne dit pas son nom. Le droit aux études supérieures doit être garanti pour tous.
La priorité donnée aux bacheliers technologiques dans les I.U.T. est un devoir de justice sociale, un enjeu de formation, un enjeu d'insertion professionnelle. Il faudra évidemment assurer l'accueil et la réussite de ces bacheliers technologiques par des pédagogies différenciées, un soutien et du tutorat. Ici à Reims, vous avez pris de l'avance.

Je comprends qu'il puisse y avoir certaines appréhensions. Permettez-moi d'être claire :

  • priorité d'accès ne veut pas dire la fin de l'accès sélectif ; 
  • priorité d'accès ne veut pas dire un accès de droit généralisé pour tous.

Comme il ne saurait  y avoir d'ambigüité, nous le préciserons dans la loi, et un décret précisera les modalités précises de mise en œuvre de cette priorité d'accès, à partir d'objectifs nationaux et académiques. Ce décret sera rédigé avec les acteurs concernés, au premier rang desquels – bien sûr – les I.U.T..

Cette priorité d'accès des bacheliers technologiques dans le cadre de la sélection est un engagement du gouvernement mais c'est aussi une des propositions des I.U.T. dans le cadre des Assises. Nous sommes donc en phase. Les études d'impact en cours de finalisation démontrent que cette démarche est possible. Le curseur ne modifierait en définitive que 10% à 15% des effectifs : la difficulté n'est donc pas insurmontable.

Deux autres sujets de préoccupation se sont exprimés concernant les I.U.T.. Là encore je voudrais clarifier les choses : 

  • la loi prévoit de développer une démarche d'accréditation des formations, qui concerne donc  les I.U.T. comme toutes les composantes universitaires d'un même site ;
  • l'accréditation ne remettra pas en cause le cadre national de vos diplômes, ni l'existence de la Commission consultative nationale. Ce cadre national des D.U.T. est une force : il garantit la reconnaissance des qualifications obtenues sur le marché du travail. Nous n'avons donc pas l'intention de toucher au cadre et aux programmes nationaux des D.U.T. ;
  • la loi L.R.U. de 2007 a suscité des inquiétudes légitimes sur le devenir des I.U.T. dans la gouvernance des universités. Pour ma part, je considère que l'Etat doit être garant de la bonne coopération entre l'Université et ses composantes. C'est pourquoi j'ai inscrit dans la loi le dialogue de gestion entre une université et ses composantes, afin de clarifier les relations, les objectifs partagés et la contribution de chacun. 

Là encore, je suis confiante. Vous avez mené ici à Reims un dialogue de gestion remarquable puisque vous préparez des contrats Objectifs Moyens pluriannuels. Je vous en félicite.

Mais au delà d'un dialogue entre l'université et ses composantes, l'enjeu est bien de faire coopérer toutes les filières de l'enseignement supérieur dans le cadre de nouveau regroupements territoriaux, pour lesquels la loi propose de nouveaux outils. Les équipes et les départements des I.U.T. doivent participer à ces dynamiques territoriales, scientifiques et pédagogiques qui sont en cours, au risque d'une marginalisation qui les affaiblirait. Ces regroupements ont besoin des I.U.T., de ce que vous représentez pour l'enseignement supérieur de notre pays.

C'est d'ailleurs ce que vous faîtes ici pour l'organisation des parcours étudiants et des passerelles dans tout le cycle Licence et au-delà. C'est ce qu'il faut engager sur l'évaluation des enseignements, sur le développement de l'alternance, sur le numérique, les bibliothèques, les mobilités internationales... Les I.U.T. doivent participer à cette nouvelle approche de l'offre de formation sur un site.

Et quand je vois la qualité des relations ici à Reims entre l'université et ses I.U.T., je suis une nouvelle fois confiante pour l'avenir.

Vous l'aurez compris, c'est le décloisonnement qui est au cœur de ma politique. Décloisonnement entre les filières au sein d'un cycle Licence rénové, pour favoriser les passerelles et les réorientations. Décloisonnement sur un territoire entre établissements, afin de construire les politiques de site indispensable pour la visibilité et pour la compétitivité, tant au niveau national qu'international. Mais aussi décloisonnement pour faire tomber les barrières entre l'université et son environnement socio-économique.

C'est une nécessité, pour améliorer l'insertion professionnelle des diplômés. Et c'est bien la relation si particulière entre les I.U.T. et les entreprises qui fait la force de leurs formations en ce domaine.

Améliorer l'insertion professionnelle des diplômés

Permettez-moi donc de terminer sur cette question qui me tient particulièrement à cœur. La préparation des étudiants à l'insertion professionnelle n'est pas un supplément d'âme pour l'enseignement supérieur. C'est une exigence incontournable, d'autant plus nécessaire dans le contexte économique difficile que nous connaissons.

C'est la raison pour laquelle je souhaite dessiner de nouvelles orientations à la politique de développement des stages dans l'enseignement supérieur.

Si je l'évoque ici à Reims, depuis votre I.U.T., c'est que je sais le rôle que jouent les stages dans vos formations et que je connais votre engagement auprès des entreprises.

Le nombre de stagiaires en France a connu une progression importante ces dernières années dans un contexte de fort chômage des jeunes. J'y vois le résultat d'une intégration plus importante de ces stages dans les formations universitaires. J'y vois un engagement de nombreuses entreprises pour la formation des jeunes. Mais les abus existent, et trop souvent les stages sont assimilés à des "emplois déguisés" ou se substituent à des offres d'emplois stables pour les jeunes diplômés.

Je crois à l'intérêt des stages. Ils facilitent l'accès au premier emploi : un tiers des jeunes diplômés déclarent avoir eu une proposition d'embauche suite à un stage, et la moitié de ceux qui ont accepté ont signé un CDI. Le stage aide également les étudiants dans leurs choix d'orientation.

Mais je veux que le stage demeure un outil au service de la formation. Ce n'est ni une période d'essai, ni un emploi déguisé.

Je souhaite donc généraliser les stages dans les formations et renforcer leur réglementation en parallèle. Ma philosophie est simple : encourager le "bon" stage,  mais aussi empêcher toutes les formes d'abus qui pénalisent les jeunes.

Je souhaite développer les stages dans le maximum de cursus de formation, et notamment en Licence.

32% des étudiants à l'université sont en stages, et plutôt en Master qu'en Licence. En revanche, 89% des étudiants en 2ème année de DUT bénéficient d'un stage, ce qui contribue indéniablement à la qualité des formations. L'intégration des stages dans les formations sera prise en compte dans le dialogue contractuel avec les établissements.

Pour cela, je souhaite renforcer l'accompagnement du stagiaire dans ses démarches de recherche de stages et tout au long du stage, notamment par des visites au sein de l'organisme d'accueil et par des démarches d'évaluation par les étudiants. Le service public doit être le réseau de ceux qui n'en ont pas.

Je souhaite améliorer la qualité des stages et leur contenu pédagogique, en rendant pleinement effective l'interdiction des stages hors-cursus, au besoin en révisant le décret du 25 août 2010 qui prévoit des exceptions trop larges à cette règle de bon sens.

Je souhaite enfin limiter les stages à 6 mois, et lancer une réflexion sur le développement de l'alternance dans les formations disposant de stages longs : au-delà de 6 mois l'intérêt pédagogique d'un stage n'est pas évident, et le statut offert par l'alternance est plus protecteur pour nos jeunes.

Je souhaite également encadrer le recours excessif aux stages dans certains secteurs, limiter les abus trop régulièrement dénoncés, et améliorer le statut des stagiaires.

La réflexion que nous allons lancer pourra intégrer le plafonnement de la part des stagiaires dans les effectifs des entreprises, et étendre aux stagiaires de certaines dispositions protectrices du droit du travail, similaires aux droits des apprentis par exemple.

J'entends également lutter contre la délivrance de conventions de stages sans contenu pédagogique, que ce soit par des organismes de formations privés ou par des universités, en intégrant un volume de formation minimal obligatoire dans chaque convention de stage.

Enfin, parce que tout travail mérite rémunération, j'entends engager une réflexion sur l'extension de l'obligation de gratification aux stagiaires qui en sont encore exclus. C'est pourquoi, conformément aux orientations dessinées par le Président de la République et adoptées lors du Conseil interministériel de la Jeunesse du 21 février 2013, la question des stages sera traitée conjointement par le ministère du travail et le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et avec l'ensemble des partenaires.

Nous travaillerons avec Michel Sapin à une loi sur le sujet d'ici la fin de l'année 2013, et je souhaite pour cela engager la concertation dans les plus brefs délais.

Voici, Mesdames et Messieurs les quelques orientations que je souhaitais dessiner devant vous ce matin.

A l'I.U.T. de Reims, vous faites de la réussite étudiante votre priorité. C'est aussi ma priorité.

A l'I.U.T. de Reims, avec vos partenaires socio-économiques, vous faites de l'insertion professionnelle des étudiants votre préoccupation. C'est aussi ma préoccupation.

Dans un monde soumis à tant d'incertitude, notamment pour nos jeunes étudiants, le diplôme reste la meilleure protection face au chômage.

Mieux accompagner les jeunes vers les études supérieurs,  prendre en compte tout étudiant et le mener vers la réussite et l'insertion professionnelle, est le chemin que nous devons prendre tous ensemble.

C'est un devoir de justice sociale. C'est reconnaître notre jeunesse. C'est construire le progrès et le redressement économique de notre pays.   

 

1ère publication : 8.03.2013 - Mise à jour : 15.01.2014

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Delphine CHENEVIER

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Priorité donnée aux bacheliers technologiques dans les I.U.T.

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