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Biologie et santé

Lancement du Comité stratégique de filières des industries et technologies de santé

Déplacement de Geneviève Fioraso au forum Biovision de Lyon© M.E.S.R.

Geneviève Fioraso s'est exprimée à l'occasion du Comité stratégique de filières des industries et technologies de santé lors du Forum Biovision, le 25 mars à Lyon. 

Discours - 25.03.2013
Geneviève Fioraso

Je suis particulièrement heureuse d'être parmi vous aujourd'hui, aux côtés de Marisol Touraine et Arnaud Montebourg pour lancer le comité stratégique de filière des industries et technologies de santé.

La santé représente une préoccupation et un investissement majeur partagés par toutes les sociétés.

Etat des lieux de la recherche française

Ces dernières années ont été marquées par des changements importants liés à l'allongement de l'espérance de vie, l'émergence de maladies multifactorielles et chroniques, la réermergence de maladies infectieuses, mais aussi des changements liés aux progrès scientifiques et techniques dans le domaine médical. Ces changements conduisent de plus en plus les chercheurs, les industriels et les médecins à innover et développer de nouvelles stratégies thérapeutiques, comme la nanomédecine, la médecine personnalisée, la e-santé et les dispositifs associés ainsi que de nouvelles approches prometteuses comme la bioéconomie, la biologie de synthèse pour lesquelles les pays développés et émergents ont déjà lancé des initiatives.

Notre recherche publique joue un rôle majeur dans tous ces domaines. Grâce aux plans nationaux et aux Investissements d'avenir, la France s'est doté d'un éventail d'infrastructures nationales (cohortes, Instituts universitaires hospitaliers, biobanques...) propices au développement d'une recherche biomédicale performante, plus efficace et productive.

La recherche française est au meilleur niveau mondial (5e rang mondial en terme de publications), mais son impact économique n'est pas au niveau des autres grands pays développés, avec une position au 12e rang seulement en terme de brevet. Notre point faible reste la recherche technologique, la recherche translationnelle et le transfert vers l'industrie.

Sous l'impulsion des pouvoirs publics, la France a mis en place de nombreux dispositifs tels que les pôles de compétitivité et les investissements d'avenir qui ont été relancés par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, le crédit impôt recherche, les Sociétés d'accélération du transfert de technologies (S.A.T.T.), les Consortia de valorisation thématique (C.V.T.)... visant à encourager les rapprochements public-privé.

De leur côté, les industries de santé, du médicament, du diagnostic, mais aussi le dispositif médical et une partie des biotechnologies, représentent un potentiel de développement considérable en Europe et en particulier en  France : c'est le 5e secteur excédentaire pour l'exportation.

Et pourtant, l'innovation médicale demeure un secteur fragile qui appelle une réelle vigilance :

  • les groupes français font aujourd'hui près de la moitié de leur recherche à l'étranger (Sanofi : 70 % aux Etats-Unis) ;
  • la part des études de recherche clinique en partenariat avec l'industrie est en perte de vitesse en France par rapport au reste du monde ;
  • les filières émergentes prometteuses peuvent être entravées par des problèmes juridiques, économiques et culturels ;
  • les innovations souffrent de défiance ou de réglementations restrictives, notamment vis-à-vis des nouvelles technologies : transgènese ou thérapies cellulaires, nanotechnologies ...

La stratégie nationale de recherche "France Europe 2020"

Si nous sommes ici aujourd'hui, c'est parce que nous souhaitons tous travailler sur les pistes qui permettront de donner une nouvelle ambition à la filière industrielle de la santé.

Nous pouvons et devons encore progresser.

Sans anticiper sur le débat à venir, je souhaite vous présenter en quelques mots la démarche de mon ministère, celle de sa stratégie nationale de recherche "France Europe 2020", et celle de sa loi.

Cette démarche repose sur une vision renouvelée de l'interaction entre le monde de la recherche et les entreprises. Ceci passe par une réforme d'ampleur qui s'attaque à tous les verrous structurels responsables du faible impact économique de notre recherche publique : le défaut de culture de l'innovation, des règles stérilisantes de gestion de la propriété intellectuelle, des outils de soutien qui ne sont pas ou mal adaptés aux P.M.E., le soutien à la création et surtout à la croissance des entreprises innovantes, notamment celles issues de la recherche publique.  Sur la base de ce diagnostic, un ensemble de 15 mesures ont été annoncées en novembre dernier par les ministères du Redressement Productif et de la Recherche, à la suite d'une mission commune confiée à u chercheur et un industriel, Pierre Tambourin et Jean-Luc Beylat.

La mission de transfert est d'ailleurs explicitement inscrite dans la loi sur l'enseignement supérieur et la recherche, dans les missions de la recherche publique, pour la première fois.

Définir une stratégie nationale de la recherche, c'est aussi mobiliser la recherche publique et son partenariat privé autour d'une dizaine de défis sociétaux et économiques parmi lesquels la santé, la sécurité alimentaire, l'environnement, et soutenir la recherche technologique, étroitement liée aux projets de R&D avec les entreprises industrielles. C'est aussi développer une politique européenne volontariste avec notre R&D industrielle, je pense en particulier aux Key Enabling Technologies.

C'est également une loi sur l'enseignement supérieur axée sur la réussite étudiante et l'amélioration de l'insertion des professionnelle des diplômés, avec le développement de l'alternance, une meilleure reconnaissance des docteurs dans le public comme dans le privé.

Le travail gouvernemental est collectif, comme en témoigne notre présence commune aujourd'hui à Lyon. Ce travail collectif donne tout son sens à la notion de contrats de filières qui va être au cœur de vos travaux et contribuent ainsi à la mise en cohérence de l'ensemble des politiques publiques.
Vous pouvez compter sur le soutien et la contribution de la formation et de la recherche à vos travaux, pour la qualification des personnes, la recherche fondamentale, translationnelle, technologique et le transfert. Le ministère y veillera.

Bons travaux et merci de votre attention.

Publication : 25.03.2013

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