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Organismes de recherche

Célébration des 50 ans du campus C.N.R.S. de Grenoble

Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

Geneviève Fioraso s'est exprimée lors de la célébration des 50 ans du campus C.N.R.S. de Grenoble vendredi 12 avril 2013.

Discours - 12.04.2013
Geneviève Fioraso

C'est un très grand plaisir de me retrouver parmi vous ici, pour partager la célébration des 50 ans du Campus C.N.R.S. de Grenoble.

Grenoble jouit d'un écosystème formidable, né au milieu du 19e siècle, et qui s'est développé depuis sans interruption. Le campus C.N.R.S. est depuis 50 ans au cœur d'une épopée scientifique exceptionnel et au cœur d'un écosystème d'innovation tout aussi exceptionnel. La transformation du site Presqu'île sur lequel nous nous trouvons porte un projet ambitieux universitaire, scientifique, économique mais aussi d'un projet urbain et architectural novateur. C'est une belle incarnation de ce système intégré propre à Grenoble.

 

Louis Néel : un pionnier hors du commun !

L'histoire du Campus C.N.R.S. est indissociable de celle de Louis Néel, prix Nobel de Physique en 1970, et figure emblématique d'un œcuménisme scientifique et du rapprochement des mondes de la recherche, de la formation et de l'industrie.
Entouré de chercheurs renommés (Noël Félici, Louis Weil, Félix Bertaut, puis Michel Soutif, Daniel Dautreppe et Bernard Dreyfus), son leitmotiv sur l'ouverture du site grenoblois vers l'industrie résonne fortement aujourd'hui avec les priorités de la politique que je conduis pour contribuer au redressement du pays par la recherche et l'innovation.

La création en 1946 du Laboratoire d'électrostatique et de physique du métal (L.E.P.M.) par Louis Néel et celle du centre de recherche sur les très basses températures (C.R.T.B.) par Louis Weil en 1962, feront du magnétisme, de la cristallographie, de l'électrostatique, des champs magnétiques intenses et des très basses températures des disciplines phares du campus grenoblois.

En 1956, la création par Louis Néel du centre d'études nucléaires (C.E.N.G.), avec un conseil scientifique composé de 6 C.E.A. et 6 Universitaires, fournira les bases du C.E.A. de Grenoble actuel, en interaction avec les universités.      
La volonté de doter la communauté scientifique d'outils mutualisés conduira Louis Néel et ses collègues à implanter sur le site les grands instruments de recherche l'ILL en 1967 et l'E.S.R.F. en 1985. L'E.S.R.F est l'une des sources de rayons X les plus intenses au monde, et un remarquable outil pan-européen dans l'exploration des biomolécules, nanomatériaux, fossiles, objets précieux du patrimoine... pour les nouveaux médicaments ou les matériaux du futur... Ces outils scientifiques serviront de modèle dans la structuration et le pilotage des très grandes infrastructures de recherche dont les résultats ont été présentés au MESR début 2013.

Un cheminement continu vers l'excellence scientifique et technologique

Dans cette région, le C.N.R.S. a joué un rôle majeur dans le partenariat entre la formation (I.N.P.G., U.J.F., ...), les organismes (C.E.A., INRIA, ...) et le monde industriel.

Dès 1972, le C.N.R.S. décentralise son administration en Région, dont Grenoble. A la même période, les chercheurs grenoblois donnent naissance à quatre nouvelles unités de recherche. Les trois premières, le Laboratoire Louis Néel (L.L.N.), le Laboratoire de Cristallographie (LdC) et le Groupe des transitions de phase, fusionnent en 2007 dans l'Institut Néel. La quatrième unité est le Laboratoire d'électrostatique qui devient Laboratoire d'électrostatique et de matériaux diélectriques (L.E.M.D.) en 1999 puis le laboratoire de Génie Electrique de Grenoble (G2ELab) en 2006.
Parallèlement, la structuration se poursuit avec la constitution de plusieurs laboratoires de renom :

  • le Laboratoire national des champs magnétiques intenses (LNCMI) en 2009;
  • le Laboratoire de physique et de modélisation des milieux condensés (LPMMC) en 1997;
  •  le consortium de recherches pour l'émergence de technologies avancées (CRETA) en 1999.

Plus récemment, et toujours dans la même dynamique de l'excellence scientifique locale, les chercheurs et enseignants-chercheurs du Sillon Alpin ont su attirer de façon remarquable le soutien de l'état dans la sélection des projets du programme des investissements d'avenir. Engagé dans de nombreux projets lauréats dotés de plus d'1 milliard d'euros, le site grenoblois est devenu le site le plus doté après la Région parisienne.

On y comptait en 2012 :

  • 21 Labex, 19 Equipex, 1 I.R.T., 2 I.E.E.D., 6 IDEFI
  •  de nombreux projets : Santé et Biotechnologies, Institut Carnot P.M.E., Culture scientifique et technique, Logiciel embarqué ou encore Action Espace

Le 12 avril 2013 est une date importante : avec l'inauguration du nouveau bâtiment Nanosciences, c'est une pierre de plus à l'édifice qui renforcera la visibilité internationale exceptionnelle de Grenoble dans ce domaine hautement stratégique des nanosciences et des nanotechnologies. L'ensemble du spectre est couvert sur le site, depuis la recherche la plus fondamentale en nanosciences jusqu'à l'industrialisation à grande échelle. Grâce à une fertilisation croisée des acteurs et des champs scientifiques de la physique, des matériaux, de l'informatique, de l'ingénierie électrique, de la chimie et de la biologie, des applications multiples ont déjà permis le développement de nouvelles briques technologiques dans les domaines de l'information et de la communication, de la Médecine et de la Santé, de l'Énergie ou de l'environnement.

Les Labex LANEF sur les nanosciences pour l'énergie et MiNOs Lab sur la miniaturisation des dispositifs innovants de la nanoélectronique, les Equipex IMPACT sur la nanocaractérisation de procédés technologiques et matériaux et NanoID sur l'identification des nanoparticules dédiées à la sécurité, ainsi que l'I.R.T. NanoElec sur l'intégration de puces en 3D et sur la photonique intégrée sur silicium, seront autant d'outils pour stimuler l'activité et accélérer le transfert d'innovations. La création de la start-up McPhy fait partie des récents exemples de transfert prometteurs dont l'Institut Néel et la Région peuvent s'enorgueillir.

S'appuyant sur la synergie Enseignement-Recherche-Industrie, l'Université de Grenoble, avec le soutien fort des 10 instituts du C.N.R.S., a su développer des partenariats forts entre la recherche publique et privée. De nombreuses entreprises de rang international ont choisi d'implanter leur centre de recherche dans le sillon alpin: Schneider Electric, France Telecom, Pechiney, Alstom, Air Liquide, et naturellement les leaders en microélectronique et nanotechnologies ST Microelectronics, Soitec, etc. qui enrichissent un terreau favorable à l'éclosion de startups toujours plus nombreuses et qu'il va falloir nous faire grandir pour qu'elle deviennent ces E.T.I. dont on a temps besoin.

Le C.N.R.S. et les établissements alpins renforcent en continu leur visibilité internationale par la mise en œuvre de coopérations internationales structurées et formalisées. Sur le site alpin, le C.N.R.S. soutient de nombreuses unités internationales. Au niveau européen, les résultats aux E.R.C. confortent la grande qualité des recherches effectuées. Les acteurs du sillon alpin doivent poursuivre leur effort dans la voie de cette mise en synergie qui leur a si bien réussi ces 50 dernières années. Ils répondront ainsi à une priorité du M.E.S.R. pour que la France retrouve dans les appels à projets européens une place conforme à l'excellence de son niveau scientifique.

 

L'innovation, un continuum de la recherche fondamental à l'industrie

Les "50 ans du campus C.N.R.S. de Grenoble" que nous venons de survoler brièvement, illustrent bien la force d'un écosystème d'innovation performant et la contribution importante du C.N.R.S. à cette alchimie reconnue par tous.

Le redressement productif ne pourra se faire sans une stratégie globale intégrant une formation de qualité pour le plus grand nombre, un soutien massif à la recherche fondamentale et  technologique et à l'innovation.

Je sais que pour le C.N.R.S. c'est aussi une priorité et une réalité comme en témoigne le portefeuille de brevets local du C.N.R.S., avec un effort de valorisation qui touche maintenant des domaines comme la lutte contre le cancer, la vectorisation de principes actifs en santé, le stockage des données, les matériaux et procédés du photovoltaïque, l'imagerie ou la microfluidique.

La recherche a un rôle déterminant à jouer pour trouver des solutions innovantes, pour monter en gamme l'industrie de notre pays et créer l'économie de demain. La priorité affichée par le Président de la République en faveur du redressement productif appelle une nouvelle politique industrielle tournée vers l'innovation, la compétitivité qualité. C'est la seule voie possible pour améliorer nos atouts à l'export, développer l'emploi dans nos P.M.E. et E.T.I.et nous  libérer de l'étau de la concurrence prix.

 

C'est pour cela que je veux mobiliser l'enseignement supérieur et la recherche pour le redressement de la France par l'innovation et que j'ai résolument inscrit mon action dans le Pacte pour la compétitivité, la croissance et les emplois.

Dans un budget vous le savez très contraint, l'enseignement supérieur et la recherche publique ont été protégés. Notre recherche fondamentale a besoin d'être sanctuarisée car celle-ci est le socle à partir duquel les innovations de rupture sont créées.

Mais l'effort se portera aussi sur la recherche technologique, une recherche plus appliquée, tournée vers l'industrie et la technologie. J'ai déjà engagé plusieurs actions en sa faveur : développement de l'alternance à l'université, revalorisation des filières technologiques,  mise en place du projet C.E.A. Tech porté par la Direction de la Recherche Technologique du C.E.A. de plates-formes de transfert technologique vers les PMI et ETI et un soutien amplifié aux projets portés par les Instituts Carnot.

Cette action est complémentaire d'un programme global de soutien au transfert, composé de 15 mesures, que j'ai présenté en Conseil des Ministres début novembre. Le transfert est un investissement pour garantir l'impact socio-économique de la recherche. Je veux faire bouger en profondeur notre pays sur ce sujet, avec un ensemble cohérent d'actions : la reconnaissance du transfert dans les métiers des chercheurs, une inscription dans la loi que je prépare sur l'Enseignement Supérieur et la Recherche, la priorité donnée au transfert par la création d'entreprise, ou encore le soutien aux laboratoires communs avec des PME innovantes –un programme de l'Agence Nationale de la Recherche a ainsi été mis en place dès 2013.

Nous devons travailler, tous ensemble, au progrès de notre société, une société fondée sur la connaissance, dans laquelle les progrès technologiques sont source de progrès pour tous !

1ère publication : 12.04.2013 - Mise à jour : 15.04.2013

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Delphine CHENEVIER

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