Année franco-allemande

Semaine franco-allemande de la science et des Alumni: discours de Thierry Repentin

Semaine franco-allemande de la science © M.E.S.R./X.R. Pictures

Dans le cadre du 50e anniversaire du Traité de l'Elysée, Thierry Repentin, ministre délégué chargé des Affaires européennes, s'est exprimé lors de l'inauguration de la Semaine franco-allemande de la science et des Alumni le 15 avril à l'Académie des sciences.

Discours - 15.04.2013

Je suis particulièrement heureux de me trouver aujourd'hui devant vous aux côtés des deux ministres de l'éducation supérieure et de la recherche de la France et de l'Allemagne. Et je suis heureux de célébrer ici, dans ce lieu unique qu'est l'Institut de France, une relation qui l'est tout autant. Je vois surtout dans le choix dans ce lieu prestigieux un hommage rendu au caractère unique, singulier et volontaire de la coopération entre les deux rives du Rhin.

 

Une coopération étroite, singulière et quotidienne

Trois mois après la commémoration du cinquantenaire de la signature du Traité de l'Elysée le 22 janvier à Berlin, je voudrais souligner l'importance considérable que revêt l'amitié qui lie nos gouvernements et nos peuples. C'est une amitié unique, fondée sur ce texte audacieux, portée par des hommes et des femmes visionnaires, et que nous devons aujourd'hui renouveler et tourner vers l'avenir.

Tout au long de ces cinquante dernières années, nos deux pays n'ont cessé d'approfondir leur coopération institutionnelle et de rapprocher leurs sociétés civiles. Les titres doux-amers que l'on lit parfois aux unes de nos presses respectives ne sont que l'écume des choses. La réalité est têtue : jamais les échanges entre nos deux peuples et entre nos jeunesses n'ont été aussi étroits.

De ces efforts est née une amitié irrévocable, sans équivalent dans le monde ni dans l'histoire de notre continent. C'est une relation de confiance, qui se traduit au plus haut niveau de nos deux Etats. Les multiples réunions entre le président de la République et la Chancelière fédérale en témoignent.

J'ai moi-même expérimenté cette proximité de façon très concrète dès ma prise de fonction. J'ai eu au téléphone mon homologue, M. Link, dès les premières heures qui ont suivi ma nomination et Berlin fut ma première visite cinq jours à peine après mon arrivée au Quai d'Orsay. Depuis, nous nous entretenons par téléphone très régulièrement et il ne se passe un jour sans que la relation franco-allemande ne soit abordée avec mes collaborateurs ou avec nos partenaires.

Il en est de même pour Mesdames Geneviève Fioraso et Johanna Wanka, laquelle vient de prendre ses fonctions il y a juste deux mois et se retrouve déjà à Paris.

Mais ce ne sont pas que les gouvernements qui font vivre l'amitié franco-allemande au jour le jour. Cette amitié se renforce par les contacts entre les sociétés civiles des deux pays, étroitement imbriquées, et les relations entre chercheurs, entre étudiants, entre Alumni... Chaque année 5 000 étudiants français et Allemands font leurs études dans les 160 cursus binationaux et bi diplômants de l'Université franco-allemande, financée coté français paritairement par le Ministère des Affaires étrangères et le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche. Depuis sa création presque 50.000 personnes sont sorties de cette institution qui forme des scientifiques véritablement "franco-allemands".

C'est bien l'esprit de la semaine franco-allemande des sciences et des Alumni. Elle s'inscrit dans un ensemble de plus de 1 200 événements en France, en Allemagne, et en pays tiers, qui se sont déroulés ou se dérouleront cette année à l'initiative des collectivités locales, de la société civile, des services de l'Etat, d'établissements publics et d'opérateurs privés. A titre d'exemple, je voudrais citer le festival de théâtre et de danse "Transfabrik", la grande exposition au Louvre qui met à l'honneur l'art allemand ou encore le projet éducatif et culturel "Mix'Art France-Allemagne", qui touche 15 000 jeunes et pour lequel je serai à Berlin le 5 juin prochain.

Au-delà de l'anniversaire du Traité de l'Elysée, je veux saluer la diversité des secteurs dans lesquels s'exerce notre partenariat. Ainsi par exemple, nous venons d'assister à la cérémonie de signature de plusieurs accords entre institutions scientifiques et universitaires françaises et allemandes qui couvrent des champs très divers de notre coopération scientifique. Mesdames Fioraso et Wanka en ont souligné l'importance. Renforcée après le Conseil de ministres franco-allemand à Fribourg en Brisgau en décembre 2010 et surtout après le conseil de ministres franco-allemand de janvier 2013 à l'occasion du cinquantenaire de la signature du traité de l'Elysée à Berlin, la coopération scientifique est un des points forts de notre coopération bilatérale.

Ainsi, le 22 janvier à Berlin, la France et l'Allemagne ont convenu de renforcer encore leur coopération dans ce domaine de la recherche, de la technologie et de l'innovation afin de promouvoir l'espace européen de la recherche et cela à travers l'identification de priorités communes, la création d'équipes mixtes et de réseaux, la promotion de la coopération entre universités, centres de recherche et entreprises ainsi que la création d'entités de recherche communs. Aujourd'hui, je suis heureux d'être témoin de la mise en œuvre de ces ambitions conjointes.

Nous avons choisi de faire de la jeunesse notre priorité. Très concrètement, ce choix se traduit par des décisions communes. Ainsi, nous renforcerons les moyens de l'OFAJ de façon pérenne à hauteur d'un million d'euros, nous nous apprêtons également à créer un premier lycée professionnel franco-allemand à Bordeaux qui sera, je l'espère, le modèle pour d'autres dans les régions frontalières. Nous soutiendrons sans relâche l'Université franco-allemande et le Secrétariat franco-allemand pour les échanges en formation professionnelle, auquel j'attache une importance particulière, au regard de mes fonctions ministérielles antérieures.

Former les jeunes, c'est bien, mais les recruter ensuite, c'est encore mieux. Nous avons créé une première agence franco-allemande pour l'emploi en zone frontalière, ouverte à Kehl par les deux ministres du travail Michel Sapin et Mme Ursula von der Leyen le 26 février dernier.

 

Une coopération au service du projet européen

Alors que l'Europe fait face à la crise, nous sommes déterminés à développer encore cette coopération et à la mettre au service de la poursuite de l'intégration européenne afin de nous permette de sortir plus forts des turbulences que connaissent nos économies et nos sociétés.

Cette conviction que l'Europe est une solution plus qu'un problème, un bouclier plus qu'une menace, nous la partageons et nous l'incarnons dans une priorité : soutenir les jeunes et leur faire une place pour qu'ils grandissent en citoyens autonomes, solidaires et épanouis.

 
Au-delà de l'axe franco-allemand, la jeunesse est devenue une priorité de la Commission européenne. Six milliards d'euros ont été affectés à l'initiative pour la jeunesse dont la "garantie jeunes" fait partie. Cela permettra à tous les jeunes, jusqu'à l'âge de 25 ans, de se voir proposer une offre d'emploi, de formation, d'apprentissage ou de stage dans les quatre mois qui suivent leur sortie de l'école ou la perte de leur emploi.

C'est aussi dans le cadre d'un dialogue très soutenu entre la France et l'Allemagne, qu'un accord a été trouvé entre les chefs d'Etat ou de gouvernement sur le cadre financier pluriannuel de l'Union. Ce budget traduit toute l'importance que l'Union accorde à la recherche et à la science. Le programme Horizon 2020, consacré à la recherche et au développement, ainsi que le programme Erasmus ou le programme Marie Curie, consacré à la mobilité des chercheurs, verront leurs enveloppes augmenter en termes réels par rapport à la période budgétaire précédente, contrairement à bien d'autres programmes.

De même, c'est grâce à l'engagement de nos deux pays sur la scène européenne que nous pourrons trouver des remèdes au drastique désengagement des établissements bancaires en matière de soutien aux projets innovants, en particulier pour le volet développement faisant éventuellement suite à une recherche victorieuse. C'est par exemple grâce aux fonds de cohésion et à la B.E.I. que des réponses peuvent être apportées aux doctorants qui souhaitent mettre sur le marché leurs découvertes. J'en ai bien vu l'utilité jeudi dernier à Poitiers où je visitais une société d'économie mixte qui développait de nouveaux procédés dans le domaine des éco-matériaux. C'est aussi grâce à la concertation entre la France et l'Allemagne que le Conseil européen du 8 février 2013 a approuvé la création d'un fonds pour l'emploi des jeunes, doté de 6 milliards d'euros.

Ainsi, la relation franco-allemande a été d'emblée conçue non pas simplement pour nos deux pays, mais au service de l'aventure européenne, de l'intégration et du renforcement de notre continent. C'est sous l'impulsion conjointe de la France et de l'Allemagne que la construction européenne a fait de l'Union un espace de liberté et de prospérité, favorisant une intégration sans équivalent dans le monde, dont la monnaie unique est devenue un symbole.


Mesdames et Messieurs,

Vous êtes tous des émissaires de cette amitié franco-allemande. Sans vous, sans votre travail quotidien, la relation franco-allemande serait vide de sens.

Les 5 et 6 juillet 2013 nous célébrerons à Paris, en présence des autorités et de plusieurs dizaines de milliers de citoyens des deux pays, la clôture de l'année franco-allemande et le cinquantième anniversaire de l'OFAJ, avec une grande fête populaire et gratuite sur la Place de la République à Paris. J'espère que vous serez présents à cette occasion.

Les célébrations qui ont du sens sont celles qui regardent vers l'avenir. Le bilan du cinquantenaire et du Conseil de Ministres franco-allemand est la preuve de la vitalité du lien qui unit nos deux pays. Nous ne cherchons pas le spectaculaire : nous travaillons, et nous avançons, au service du bien-être de nos concitoyens et de tous les Européens.

Soyez certains que nous poursuivrons cet engagement avec tout le sérieux et la passion qu'il mérite.

 

1ère publication : 15.04.2013 - Mise à jour : 17.04.2013

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