Accueil >  Stratégie >  Stratégie transversale >  Loi pour l'E.S.R.

Loi pour l'enseignement supérieur et la recherche

Un nouvel élan pour la réussite étudiante

Geneviève Fioraso© Benjamin Chelly

Geneviève Fioraso signe une tribune publiée dans le quotidien Le Monde daté du 26 avril.

Actualité - 25.04.2013
Geneviève Fioraso


L'université française est un outil puissant et performant, qui a su concilier une recherche de haut niveau et l'ouverture à de nouveaux publics étudiants. Mais notre université a besoin d'un nouvel élan. Le taux de poursuite d'études stagne depuis 15 ans. Les enfants de familles aux revenus modestes sont sous-représentés en licence et quasiment absents des effectifs en doctorat. Et l'ascenseur social régresse.

Pourtant l'accès aux savoirs et aux qualifications pour le plus grand nombre est une nécessité. Car le monde bouge à une vitesse qui ne laisse place à aucune hésitation. Les pays émergents investissent massivement dans la formation et se fixent l'objectif de qualifier au plus haut niveau leur jeunesse dans un monde où la connaissance est devenue une valeur distinctive. La France ne saurait rester à l'écart de cette dynamique. Elle ne souffre pas d'un trop plein d'étudiants, mais d'un manque de diplômés par rapport à ses voisins.

Que de temps perdu ! Depuis 15 ans, la part de jeunes diplômés stagne autour de 40% d'une génération. Pendant que mes prédécesseurs présentaient l'autonomie des universités comme une réforme miracle et noyaient l'enseignement supérieur sous des milliards fictifs et des promesses non-tenues, le taux de réussite en premier cycle perdait 5 points entre 2006 et 2011.

Le principe d'autonomie lancé il y a 45 ans par Edgar Faure et confirmé par Alain Savary n'est plus un sujet de débat. Les excès de la L.R.U. doivent être corrigés, les universités mieux accompagnées dans l'exercice de leurs nouvelles compétences par un Etat assumant son rôle de stratège et de régulateur. Mais plus on a parlé de gouvernance des établissements ces dernières années, moins on a parlé du projet de la nation pour son enseignement supérieur. Il est grand temps d'avancer.

Le projet de loi d'orientation que je porte se fixe l'objectif ambitieux de diplômer 50% d'une classe d'âge. Elever notre niveau de qualification est une nécessité pour relancer l'ascenseur social, mais aussi pour aider les salariés en reconversion, anticiper les métiers de demain, innover dans les filières d'avenir. C'est la meilleure arme anti-crise. C'est l'université des 3 millions d'étudiants que nous devons construire d'ici la fin de la décennie, au moment où un pays comme la Corée, avec 59 millions d'habitants, compte 3,3 millions d'étudiants contre 2,4 millions en France.

Mais le nombre ne suffit pas et tous nos efforts doivent converger vers la réussite du plus grand nombre. Cette ambition s'accompagne d'un effort exceptionnel de création de 5 000 emplois nouveaux dans le quinquennat. Pour lutter contre l'orientation par défaut qui enferme des milliers de jeunes dans des parcours auxquels ils ne sont pas préparés, la loi facilite l'accès des bacheliers professionnels en S.T.S. et des bacheliers technologiques en I.U.T., où leur taux de réussite est bien supérieur. Pour favoriser les réorientations sans redoublement, elle encourage la spécialisation progressive en licence. Elle engage la simplification du maquis des intitulés de diplômes devenus illisibles pour les étudiants et les employeurs avec près de 4 000 intitulés de licence et 10 000 masters. Elle rapproche sans les confondre les classes prépas des premiers cycles pour favoriser les parcours mixtes et les réorientations. L'étudiant et son projet sont enfin remis au cœur de nos préoccupations.

Pour engager cette rénovation pédagogique, l'université doit s'ouvrir davantage sur son environnement. La loi reconnaît enfin l'alternance, que nous voulons doubler, comme une voie de formation à part entière. Elle favorise les cours en langues étrangères pour attirer les étudiants internationaux, en particulier dans les filières scientifiques et technologiques, tout en les formant au français. Elle renouvelle la pédagogie par les usages du numérique. Elle rapproche universités et écoles dans le cadre de regroupements territoriaux désormais simplifiés.

L'université de la réussite est au service de la jeunesse, à l'écoute de la société, ouverte à l'international et résolument tournée vers l'avenir. La loi appelle à une mobilisation collective pour la construire.

Publication : 25.04.2013

Contact presse

Delphine CHENEVIER

01 55 55 84 24

Les recherches les plus fréquentes :

© 2013 Ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche - Tous droits réservés