Innovation

Innovation Night Paris 2013 : accompagner et soutenir les entrepreneurs innovants

Geneviève Fioraso lors de l'Innovation Night 2013

Lors de l’Innovation Night des Technodays Paris 2013 organisés par STMicroelectronics, Geneviève Fioraso a souligné l'importance de la microélectronique, génératrice de croissance écomonique. Elle a également  insisté sur la nécessité de soutenir l'innovation et de renforcer la compétitivité industrielle.

Discours - 4.06.2013
Geneviève Fioraso

Je suis heureuse de me retrouver parmi vous ce soir pour l'Innovation Night des Technodays Paris 2013 organisés par STMicroelectronics.

Dans le contexte actuel, vous en conviendrez, c'est plus que stimulant de rencontrer des entreprises innovantes, des entrepreneurs enthousiastes et découvrir de jeunes pousses qui seront, je l'espère, les pépites de l'industrie de demain.

Ma présence aujourd'hui témoigne de mon engagement total et celui du gouvernement auprès des entreprises et des entrepreneurs, qui préparent le futur de la France !

Le redressement économique de la France et de l'Europe appelle une nouvelle politique tournée vers l'innovation, la compétitivité qualité.

Pendant 20 ans, sur le terrain, je me suis battue pour que la formation, la recherche et l'innovation soient au cœur du développement économique et social.

A Grenoble, j'ai fait l'expérience du formidable potentiel des KETs, comme filière technologique, mais aussi comme élément déterminant pour la compétitivité des P.M.E./P.M.I.des E.T.I. comme des grands groupes.

La microélectronique irrigue l'innovation et la compétitivité

Invitée la semaine dernière à Bruxelles par la Vice-Présidente Neelie Kroes pour le lancement de la nouvelle stratégie européenne "EU's Future Strategy for Micro and Nano-Electronics", j'ai pu mesurer l'engagement européen pour faire de l'Europe un acteur de premier plan dans le secteur de la Microélectronique.

La Commission européenne a dévoilé sa stratégie et veut mobiliser 10 milliards d'euros sur 7 ans de financements privés et régionaux, pour attirer plus d'investissements et renforcer les collaborations au-delà des frontières.

L'objectif de la commission est ambitieux : doubler la production en Europe de puces électroniques "moins coûteuses et plus intelligentes" pour atteindre 20% de la production mondiale, devant celle des Etats-Unis. Un vrai défi !

La commission, en annonçant ce programme "Airbus of Chips", prévoit "un renforcement des trois clusters électroniques européens de niveau mondial, Dresde en Allemagne, Eindhoven-Leuven au Pays-Bas-Belgique et enfin Grenoble".

Une très bonne nouvelle pour notre pays, nous devons en être fiers !

La microélectronique, vous le savez, ne concerne pas seulement la production de composants et circuits numériques. Elle irrigue l'innovation et la compétitivité dans tous les secteurs économiques majeurs.

Aujourd'hui les voitures, les avions et les trains sont plus sûrs, moins consommateurs d'énergie et plus confortables grâce à l'assistance de l'électronique. L'électronique est "embarquée" dans presque tous les objets de notre quotidien !

L'industrie de l'électronique, pilier incontournable du développement de la société numérique, est en France une source d'emploi importante, tirée par l'incroyable développement des infrastructures,  applications et services : les infrastructures de réseaux, le très haut débit, l'e-santé, l'e-commerce, la sécurité, les Smart Grids, l'efficacité énergétique, les villes intelligentes, la mobilité,...

Dans ce contexte, la micro et nanoélectronique est une technologie clé diffusante, génératrice de croissance économique et d'emplois en France et dans l'union européenne.

Le poids de la microélectronique dans l'économie mondiale va continuer à augmenter au fur et à mesure que les produits et les services vont se numériser et se démocratiser : c'est une tendance lourde qui tire la croissance de ce secteur depuis des décennies.

Prenons quelques chiffres pour illustrer cet essor fantastique : 

  • Le marché des circuits intégrés en 2012 a été de 250 milliards d'euros et la valeur des produits contenant des composants électroniques a représenté environ 1 600 milliards d'euros ;
  • L'impact de l'électronique et des services informatiques pour la société numérique est estimé à 10% du P.I.B. européen ;
  •  Dans ce marché très dynamique qui évolue sur des cycles rapides, la croissance annuelle moyenne de 1999 à 2012 a été de 5% ;
  • En Europe, la micro et nanoélectronique assure 200 000 emplois directs et 1 000 000 d'emplois indirects et la demande en personnels formés à ce domaine est également en augmentation.

Malgré la crise, toutes les études économiques s'accordent sur le fait que la croissance devrait se poursuivre pendant la présente décade.

En Europe, STMicroelectronics, premier fabricant de semi-conducteurs, est un des leaders sur une large gamme de produits.

Avec 11 500 emplois en France, et une présence au travers de ses sites de production situés à Grenoble/Crolles, Rousset et Tours, STMicroelectronics est l'un de nos champions industriels, qui contribue par l'innovation, la diffusion de technologies high tech et la promotion de l'esprit entrepreneurial au redressement productif du pays.
Le gouvernement a mis la compétitivité au cœur de son agenda. C'est cette politique volontariste que j'ai voulue inscrire dans le projet de loi sur l'enseignement supérieur et la recherche que je porte et qui vient d'être voté au parlement.

Il inscrit la contribution à la compétitivité de l'économie comme un des objectifs du service public de l'enseignement supérieur et de la recherche.

A cet effet, le transfert des résultats de la recherche  vers les secteurs socio-économiques devient une des missions de l'enseignement supérieur comme de la recherche publique.

Dans un budget globalement contraint, l'enseignement supérieur et la recherche publique ont été protégés.

Notre recherche a besoin d'être sanctuarisée. L'excellence de nos chercheurs est régulièrement reconnue.

Vous le savez, cette année, c'est Serge Haroche qui a été distingué avec un Prix Nobel, pour ses travaux en physique quantique.

Mais notre recherche publique, avec son formidable capital "connaissance", doit aussi être valorisée.

Depuis 10 ans, la part de R&D dans notre P.I.B., en France, stagne à 2,26%, loin des 3% de Lisbonne et des 2,9% allemands et des 4,4% de la Corée du Sud.

Cette contreperformance tient à la nature même de notre structure industrielle, trop fragile à l'échelon des P.M.E. et des E.T.I., et à notre gamme de produits et services, trop faible en valeur ajoutée d'innovation.

Nous devons jeter des passerelles à travers cette fameuse "vallée de la mort" qui sépare la recherche fondamentale du marché.

Dotons-nous des outils nécessaires pour réaliser ce continuum en renforçant la recherche technologique dans notre pays. C'est le cas des plates-formes technologiques "C.E.A. Tech" que nous expérimentons à Nantes, Toulouse et Bordeaux. La recherche y est menée en étroite collaboration avec les industriels pour bâtir ce pont et favoriser le transfert.

Accélérer la politique de dépôt des brevets

Mais notre capital "connaissance" issu de la recherche, ce patrimoine précieux, est très vite pillé s'il n'est pas protégé !

Dans l'Union européenne, la France représente 16,4% des dépenses R&D, mais seulement 14% des dépôts de brevets.

Inversement, l'Allemagne a une position "brevets" de 39,9% nettement supérieure à sa position R&D de 28,3%.

Le Brevet unitaire européen, adopté au Parlement européen en décembre 2012 et qui entrera en vigueur dès sa ratification par les 13 Etats participants, dont la France, l'Allemagne et le Royaume Uni, sera, j'en suis convaincue, un pas important vers la simplification et l'efficacité de la protection par brevet.

Il faut donc accélérer notre politique de dépôt de brevets et favoriser l'exploitation sur le territoire européen de la propriété intellectuelle de la recherche publique : c'est ce que j'ai proposé dans le projet de loi relatif à l'enseignement supérieur et à la recherche.

Pour compléter nos dispositifs d'innovation, la communication sur le transfert que j'ai présentée en novembre 2012 au Conseil des ministres intitulée "Une nouvelle politique de transfert pour la recherche" a fixé un cap politique clair pour mon action dans ce domaine.

Plusieurs de ces mesures soutiennent la diffusion de la culture du transfert et de l'entreprenariat.

Depuis 1999, plus de 2200 entreprises ont été créées dans les 30 incubateurs.

Environ 50% des entreprises innovantes créées en France sont issues ou adossées à la recherche publique, illustrant une nouvelle fois ainsi le dynamisme de nos universités, écoles et organismes : un très beau résultat pour notre recherche publique... on ne le dit jamais assez !

Or, le transfert par la création d'entreprises issues de la recherche publique est un vecteur extrêmement  puissant de transfert  et d'impact économique, tous les grands territoires d'innovation -les Etats-Unis d'Amérique, Israël, l'Europe du Nord- l'ont bien compris.

Vous l'avez compris la politique que je mène est fondée sur la recherche d'un juste équilibre.

Je veux préserver toute la liberté académique et le temps nécessaire à la recherche fondamentale, pour laisser s'épanouir sa créativité.

C'est de là que naissent les innovations de rupture. Le futur ordinateur quantique utilisera très probablement les travaux purement théoriques du Professeur Serge Haroche que j'évoquais tout à l'heure !

Mais nous ne devons pas être naïfs : les pays qui seront les plus déterminés à investir massivement dans la technologie, et qui seront les plus réactifs, tireront le plus grand bénéfice économique et social des connaissances produites par la recherche fondamentale.

C'est un enjeu capital pour l'avenir de l'Europe, dans un monde dont les équilibres sont en mutation rapide et durable.

Sachons garder la culture, l'histoire, la science de notre vieille Europe, tout en adoptant l'énergie, la créativité et la rapidité des pays émergents. C'est à ce prix que nous proposerons aux jeunes générations un monde meilleur.

Publication : 4.06.2013

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Delphine CHENEVIER

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