Accueil >  Recherche >  Domaines de la recherche >  Espace

Espace

50e salon du Bourget : le spatial français, un secteur d'excellence

Geneviève Fioraso au Pavillon du CNES© M.E.S.R./XR Pictures

La France, leader européen dans le secteur stratégique du spatial, doit relever plusieurs défis, notamment le retour en force des États-Unis et la montée en puissance des pays émergents. Face à ce constat, le COSPACE, un comité de concertation État-Industrie, a été institué. Son objectif : élaborer des feuilles de routes technologiques permettant la convergence des efforts de l'ensemble des acteurs nationaux.

Discours - 18.06.2013
Geneviève Fioraso

Seul le prononcé fait foi

Je suis très heureuse de me retrouver aujourd'hui en votre compagnie pour ce déjeuner organisé par le CNES.

Six mois après le Conseil ministériel de Naples, cette rencontre au Bourget nous permet un échange informel pour faire un point de situation sur notre le secteur spatial. Ce 50e salon du Bourget est, comme les précédents d'ailleurs, une véritable vitrine du savoir-faire français en matière de technologies spatiales.

Monsieur le Président du CNES, cher Jean-Yves Le Gall, vous en êtes en partie responsable ! Votre carrière entièrement dévouée au spatial, notamment durant les 12 dernières années à la tête d'Arianespace, a fait de vous l'un des meilleurs ambassadeurs de ce savoir-faire. Vous êtes maintenant en charge des destinées du CNES qui a écrit parmi les plus belles pages de cette histoire à la fois technologique, scientifique, et stratégique pour les intérêts de notre pays et de l'Europe.

Notre savoir-faire spatial est unique en Europe. La France est le seul pays européen à maîtriser toute les filières technologiques. Son industrie est particulièrement performante sur les marchés commerciaux, qu'il s'agisse des services de lancement ou des satellites de télécommunication. Notons que les principaux maîtres d'œuvre européens dans le spatial sont français. Un atout dont on peut être fier !

Cette excellence française, qui s'appuie sur 12 000 emplois direct de très haute technicité, résulte notamment d'une attention et d'un soutien continus de la part des gouvernements qui se sont succédés depuis les débuts de la 5e République jusqu'à nos jours.

J'y inclus bien sûr celui auquel j'appartiens qui dès sa nomination s'est mobilisé pour ce secteur de souveraineté. Cet effort constant de l'exécutif n'aurait pas été possible sans l'approbation résolue des Parlements successifs, et je tiens à vous remercier de votre soutien.

Mais il s'agit de ne pas s'endormir sur ses lauriers !

Ce secteur spatial est très dynamique et les situations peuvent changer rapidement : il n'y a pas de position acquise d'avance, c'est un combat à mener au quotidien pour s'adapter à un contexte mondial en évolution et consolider notre leadership !

La concurrence croissante provenant, en particulier, de l'industrie américaine que j'annonçais dès le mois de juillet dernier, quelques jours après ma prise de fonction, est confirmée. Plus que ça, elle est menaçante pour notre industrie !

Le retour en force des Etats Unis aussi bien sur les télécommunications que sur les lancements associés avec Boeing et SpaceX, mais également, à terme plus ou moins rapproché, la montée en puissance des pays émergents, constituent un véritable défi pour l'Europe.

Ce défi est d'autant plus important que le modèle économique de notre industrie repose grandement sur une présence importante sur le marché commercial.

En novembre dernier, à Naples, lors du dernier Conseil ministériel de l'ESA, nous avons collectivement commencé à relever ce défi grâce aux décisions que nous avons prises et pour lesquelles je me suis battue :

  • Ariane 6 a été actée et une première tranche de travaux 2013-2014 a été décidée, avec une synergie maximale entre Ariane 6 et Ariane 5 ME (Midlife Evolution) ;
  • L'industrie européenne des satellites de télécommunication s'est fédérée autour du projet Neosat, programme de nouvelle plateforme pour satellites de télécommunications innovante à propulsion électrique ou mixte ;
  • J'ajouterai que la France est co-leader, avec l'Allemagne, sur Metop-SG, le programme européen de météorologie opérationnelle avec une contribution de 27%.

En cette période de difficultés économiques et financières, l'effort budgétaire important des pays européens a permis de mobiliser plus de 10 milliards d'euros, dont plus de la moitié par la France et l'Allemagne, pour une nouvelle ambition spatiale européenne.

La France, leader européen dans ce secteur stratégique, doit trouver sa contrepartie dans une maximisation des retours économiques, opérationnels, scientifiques et technologiques.

Dans cet esprit, les enjeux de cette nouvelle phase de mise en œuvre sont :

  • Une collaboration sans faille entre l'industrie, le CNES et l'ESA sur les travaux industriels d'Ariane 6 en 2013-2014 ; la configuration technique et le schéma industriel doivent tendre vers l'objectif primordial qu'est la minimisation du coût de production de ce nouveau lanceur tout en préservant les filières technologiques et industrielles essentielles des partenaires. C'est, je ne vous le cache pas, l'enjeu majeur de la période finalement très courte qui nous sépare du prochain Conseil ministériel de l'ESA en 2014.
  • L'aboutissement de Neosat sur les technologies du futur dans les meilleures conditions économiques et industrielles, afin que l'exploitation de ces travaux débouche sur une ligne de produits compétitifs au niveau mondial ;
  • Un processus rigoureux de mise en concurrence sur Metop SG ;
  • Une maîtrise des dépenses d'exploitation de l'I.S.S..

La réponse au défi réside également dans la capacité que nous aurons, nous "l'équipe France", à nous organiser, nous fédérer pour répondre aux enjeux que je viens brièvement de vous exposer.

Pour le relever, le gouvernement a décidé d'instituer le COSPACE, un comité de concertation Etat-Industrie, à l'image de celui existant dans le domaine de la recherche aéronautique civile (CORAC). Son objectif principal sera d'élaborer des feuilles de routes technologiques permettant la convergence des efforts de l'ensemble des acteurs nationaux.

Sa première réunion devait se tenir, sous ma présidence, la semaine dernière, le 11 juin, mais un évènement douloureux nous a conduits à la reporter de quelques semaines.

Mesdames et Messieurs, l'Europe spatiale vit une étape décisive de sa très belle histoire. La menace d'une nouvelle concurrence, impulsée par un modèle "low cost" en rupture dans ce secteur de haute technologie, doit nous faire réagir vite et fort !

Le ciel du Bourget va bientôt retentir du fracas des brillantes démonstrations aériennes, autre domaine d'excellence de notre industrie nationale et européenne.

Nous allons tous ensemble savourer ce moment autour d'un déjeuner convivial, je remercie encore le CNES pour cette invitation, et je me réjouis sincèrement de pouvoir le partager avec vous.

 

 

1ère publication : 18.06.2013 - Mise à jour : 19.06.2013

Consolider notre avance scientifique

Anticiper les évolutions nécessaires et accélérer la mise en œuvre des décisions stratégiques prises à Naples avec la réalisation d'Ariane 6 et le développement des nouvelles plateformes électriques pour les satellites.

 

Communiqué du 18 juin 2013:

Consolider notre avance scientifique, technologique et industrielle dans le domaine du spatial

Les recherches les plus fréquentes :

© 2013 Ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche - Tous droits réservés