Établissements d'enseignement supérieur et de recherche

Inauguration du Campus universitaire de Brive-la-Gaillarde

Inauguration du campus universitaire de Brive-la-Gaillarde© Préfecture de la Corrèze/Isabelle Pougeade

Geneviève Fioraso était en déplacement à Albi sur le Centre universitaire Jean-François Champollion et Brive-la-Gaillarde pour inaugurer les nouveaux bâtiments du Campus. La ministre a insisté sur le rôle et la place accordés aux pôles universitaires implantés dans les villes moyennes dans le futur paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche, tel que dessiné par la loi du 22 juillet 2013.

Discours - 16.09.2013
Geneviève Fioraso

Album photo de l'inauguration

Discours de Geneviève Fioraso

J'ai le plaisir aujourd'hui d'inaugurer un équipement de grande qualité, le Campus universitaire de Brive-la-Gaillarde, qui est emblématique des choix de votre territoire, et qui est en cohérence, par les principes qu'il porte, avec la politique que je conduis au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Avec le Président de la République et le Premier ministre, nous avons entrepris de réformer et moderniser notre système d'enseignement supérieur pour renforcer les réseaux de la connaissance et des formations supérieures dans notre pays, et pour conforter durablement leur rôle dans la compétition internationale qui se joue dans une économie de la connaissance mondialisée.

La compétition à l'international implique la coopération en France et sur chacun de nos territoires. Nous incitons fortement au renforcement de ces coopérations, au lieu d'épuiser les forces de tous les acteurs dans des compétitions franco-françaises assez vaines, pour ne pas dire stériles.

Et c'est pourquoi au 21e siècle, notre système d'enseignement supérieur et de recherche ne peut pas se résumer et ne se résumera pas à une dizaine de grandes universités, les "champions" de la compétition universitaire internationale, comme le préconisaient nos prédécesseurs. Notre système d'enseignement supérieur et de de recherche se réorganise en une trentaine de regroupements académiques ou inter-académiques, capables à la fois d'affronter la compétition internationale, de soutenir et de dynamiser le maillage de leur territoire, et de contribuer aux écosystèmes de l'innovation.

Pour la France, pour sa compétitivité et pour son rayonnement international, nous voulons des universités qui soient toutes performantes, chacune à sa manière, et qui offrent des formations de proximité d'un très bon niveau de qualité pour tous nos jeunes.

Dans cette perspective, le rôle des pôles universitaires implantés dans les villes moyennes sera essentiel dans le futur paysage de l'enseignement supérieur et de la recherche, tel qu'il est dessiné dans la loi du 22 juillet. Il l'est déjà dans les faits.

Les pôles universitaires des villes moyennes rassemblent 20% de la population étudiante, répartis sur 126 pôles dits "de proximité", c'est-à-dire sur d'autres sites que le site central de l'université. S'ils étaient tous isolés, ce serait une dispersion incontrôlable.

Mais ils sont de moins en moins isolés et ils sont de plus en plus pilotés en concertation entre les universités et les collectivités territoriales, notamment les Régions et les Villes.

Ils deviennent aujourd'hui de véritables têtes de réseau pour les établissements de formation, les centres de recherche et de valorisation, les entreprises et les collectivités.

Et ce maillage territorial est aujourd'hui, dans bien des cas, fondé sur des Schémas locaux et régionaux de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. J'encourage vivement cette évolution, car elle seule permettra à tous les acteurs du territoire de s'approprier le développement des formations supérieures, et d'en tirer tous les avantages en matière de développement économique.

Grâce à une refondation des projets de site, grâce à une nouvelle gouvernance, l'existence de ces pôles universitaires prend une toute autre dimension. 20% des étudiants, 126 sites et des centaines de formation diplômantes : c'est la première université de France !

Le pôle de Brive est à cet égard exemplaire. La plupart des pôles universitaires se sont en effet construits dans les villes moyennes il y a quinze ou vingt ans sur un principe que nous partageons entièrement mais qui ne suffit plus à leur développement, sauf rares exceptions.

Ce principe était celui de l'offre universitaire de proximité, et de la démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur.

Toutes les études montrent que la plupart des étudiants qui suivent un cursus au sein de ces pôles de proximité n'auraient pas fait d'études supérieures s'ils avaient dû s'éloigner de leur famille. Ce sont aussi des formations universitaires qui garantissent un meilleur niveau de réussite et d'insertion professionnelle à leurs étudiants.

Aujourd'hui, les pôles de proximité se tournent vers l'avenir, sans rien sacrifier de leurs objectifs de démocratisation, et lancent un autre défi : celui de la qualification des territoires, du développement économique par l'innovation, et donc de la spécialisation thématique. C'est bien le choix du pôle de Brive.

Le pôle universitaire de Brive existe depuis bientôt vingt ans, et il a accueilli successivement les départements d'I.U.T., la licence de droit, la licence de S.T.A.P.S., et ensuite plusieurs licences professionnelles dans les trois domaines.

Le site comprend, depuis sa création, une équipe de recherche très performante, membre de l'U.M.R. "XLim" et d'un Labex, et c'est en partie ce qui a fait sa force, son attractivité et sa capacité de renouvellement.

Vous avez fait le choix de la mise en réseau, avec les collectivités territoriales, les entreprises, et surtout avec le site universitaire voisin de Tulle. Cette stratégie de mise en réseau est d'ores et déjà payante, puisqu'elle vous a permis de vous projeter dans l'avenir, et de refonder globalement le projet du site.

Depuis plusieurs années, vous avez multiplié les relations avec les entreprises, dans toutes les dimensions : 3 conventions de recherche sont en cours, ainsi que deux conventions de création de "start up", 1 convention pour le Centre de Valorisation des Agro-ressources, neuf conventions pour les stages et l'insertion professionnelle.

Cette dynamique porte ses fruits, puisque vous avez pu créer 6 licences professionnelles, en lien étroit avec les milieux socio-économiques : 4 d'entre elles sont en alternance dans les entreprises, dont l'une, la dernière créée, est intégralement en alternance. Aujourd'hui, 40% en moyenne des effectifs annuels des licences professionnelles du site sont en alternance. Par ailleurs 40 % des étudiants qui ont obtenu le D.U.T. sur le site de Brive trouvent leur premier emploi dans le Limousin.

Le projet du Campus que nous inaugurons aujourd'hui a été initialement souhaité, au début des années 2000, comme un lieu de regroupement des formations du site. Il est conçu aujourd'hui comme une tête de réseau, un lieu où sont mutualisés des fonctions supports, des tâches d'intérêt général, et des locaux d'enseignement et de documentation, et il rayonnera largement au-delà de ce bâtiment et de ce campus.

Le comité de gestion du site, comité jusqu'alors informel, se transforme cette année en comité de site officiellement prévu et défini dans la convention, en cours de rédaction, entre la Ville de Brive et l'Université. Ce comité de site aura notamment pour mission de piloter et de coordonner le réseau de coopération.

Vous avez aussi fait le choix de l'innovation et de la réponse aux défis sociétaux. Vous avez décidé de constituer un réservoir de projets d'avenir, en réponse aux grands défis que nos sociétés doivent affronter, et sur les trois dimensions de l'activité universitaire : la recherche, la formation et le transfert, telles qu'elles sont définies dans la loi pour l'enseignement supérieur et la recherche.

Ce sont quatre thématiques de développement par l'innovation :

  • la gestion des énergies renouvelables et les systèmes d'information ;
  • la "Silver economy", la santé et la formation tout au long de la vie ;
  • l'Université numérique, à partir des acquis et compétences de l'équipe qui, sur le site de Brive, pilote nationalement l'université numérique "I.U.T. en ligne" ;
  • les agro-ressources, sous la forme d'un Centre de valorisation, qui s'appuie sur des partenariats existants, comme avec la société Sothis, et qui vise également à développer de nouvelles activités économiques, notamment sous forme de start up.

Votre stratégie développe des emplois nouveaux, en même temps qu'elle prépare des jeunes à occuper ces emplois. Vous contribuez ainsi aux priorités de notre gouvernement : priorité à l'emploi, priorité à la jeunesse.

Vos choix et vos priorités sont les miens : vous voulez la réussite et la qualité pour tous, sur tout le territoire. Vous renforcez l'ancrage des formations supérieures et de la recherche dans l'écosystème local, pour dynamiser les échanges qui produiront des innovations sociales, culturelles et économiques.

Vous voulez améliorer à la fois l'insertion professionnelle des diplômés et la qualification des territoires, et vous choisissez, pour y parvenir, de développer l'excellence en réseau.

La loi du 22 juillet, relative à l'enseignement supérieur et à la recherche, vous donnera le cadre et les impulsions pour satisfaire ces priorités et ces objectifs. Elle propose en effet trois types de regroupements, fusions, communautés et associations, combinables entre eux et adaptables à chaque situation locale, fédérale ou confédérale.

Elle prévoit des contrats de site qui seront fondé sur des Schémas régionaux et locaux d'enseignement supérieur, de recherche et d'innovation. Ces contrats de site seront établis en partenariat avec les collectivités, en premier lieu les Régions.

Et enfin, la loi prévoit pour chaque regroupement universitaire un document unique qui coordonnera et rassemblera tous les contrats et conventions pluriannuels qu'il aura passés avec l'Etat et chacune des collectivités territoriales.

Il s'agit donc maintenant de passer aux actes, et, en passant aux actes, de bien définir la place des pôles de proximité dans cet ensemble. Pour obtenir des regroupements durables, avec davantage de mutualisation et d'intégration, il faut prévoir dès le début une gouvernance territoriale de l'enseignement supérieur et de la recherche qui soit adaptable à la situation locale et à son évolution,  respectueuse de la diversité des identités et des besoins sur l'ensemble du territoire.

Cette gouvernance reposera principalement sur le principe de subsidiarité entre l'université et ses composantes disciplinaires, mais aussi entre le site central de l'université et les sites distants.

La subsidiarité et la gestion de proximité qui en découle sont des dimensions essentielles de l'autonomie.

L'autonomie a pour objectif principal de rapprocher les lieux de décision des acteurs et des usagers : elle doit donc s'appliquer aussi bien pour les établissements à l'égard de l'Etat, que pour les composantes et les sites distants à l'égard de l'Université.

Les villes universitaires de taille moyenne et leurs pôles universitaires, soutenus par les communautés d'universités et établissements, disposent donc désormais des conditions législatives et politiques, ainsi que des leviers et des méthodes pour construire leur avenir.

La diversité et la richesse exceptionnelles des écosystèmes territoriaux et universitaires de notre pays est une chance. L'Etat et les collectivités auront dans deux ans, quand la mise en œuvre de la loi sera achevée, un interlocuteur universitaire principal unique dans chaque académie ou inter-académie. Mais cet interlocuteur principal, l'établissement de regroupement, sera le centre d'un réseau, dont chaque maillon sera essentiel.

Voilà la vision que je voulais partager avec vous. Une vision qui s'efforce de nous rassembler toutes et tous au service de l'intérêt collectif et du redressement de notre pays.

1ère publication : 16.09.2013 - Mise à jour : 27.09.2013

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