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Biologie et santé

Visite de l'Institut Gustave Roussy

Gustave-Roussy© M.E.S.R./X.R.Pictures

Premier centre de lutte contre le cancer en Europe, l'Institut Gustave Roussy est intégré dans le futur projet "Campus Sciences et Santé" de la Vallée Scientifique de la Bièvre.  

Discours - 12.11.2013
Geneviève Fioraso

 

 

Je tiens d'abord à vous remercier et vous dire que je suis heureuse d'être ici parmi vous pour découvrir cet Institut d'excellence en matière de recherche et de santé. C'est aussi l'occasion pour moi de parler de ce beau projet scientifique au cœur du territoire de la Vallée de la Bièvre. Je n'ai pas eu la moindre hésitation, lorsque Jean-Yves Le Bouillonnec m'a invitée et je l'en remercie chaleureusement et amicalement.

La Vallée Scientifique de la Bièvre (V.S.B.) est un territoire de projets exemplaire qui procède de la décision commune des acteurs de travailler ensemble autour de sujets concrets, en transcendant les limites institutionnelles et administratives. Le Conseil de développement du Val-de-Marne, les responsables de pôles de recherche et d'enseignement supérieur, l'Ecole Normale Supérieure de Cachan, les maires de la Vallée se sont tous mobilisés. Cette mobilisation autour du "Campus Sciences et Santé" du Grand Paris fera émerger un des grands lieux d'innovation en santé en Île-de-France.

Permettez-moi d'en profiter pour évoquer la recherche sur le cancer, ou plutôt sur les cancers, axe privilégié de ce campus.

Avant tout, je vous encourage à poursuivre dans la voie que vous avez choisie : celle de la connaissance et du progrès scientifique au bénéfice des malades.

L'institut Gustave Roussy est le premier centre de lutte contre le cancer en Europe. Ses axes de recherche nourrissent le développement de la médecine personnalisée, fondée sur une analyse moléculaire approfondie de la tumeur de chaque patient à la recherche de mutations accessibles à une des thérapeutiques ciblées. Nous allons d'ailleurs dans quelques instants visiter votre nouveau bâtiment dédié à la médecine moléculaire.

Vous êtes l'auteur d'un test diagnostic et d'un médicament qui ont d'ores et déjà reçu l'autorisation de mise sur le marché en France et aux Etats-Unis. Votre visibilité à l'international n'est plus à démontrer : je ne citerai que la création du consortium international "WIN", qui rassemble les plus grands centres de lutte contre le cancer dans le monde, mais il y a beaucoup d'autres initiatives aussi fortes que celle-là. 

L'université Paris-Sud sera également un acteur clé du campus cancer et de toutes les activités de valorisation du site. Cette université entend être un acteur très actif au cours du prochain contrat du projet de la Vallée Scientifique de la Bièvre (V.S.B.). Ce projet centré sur le domaine de la Santé, regroupe en particulier tous les hôpitaux du C.H.U. de Paris-Sud et constituera à l'évidence un pôle Santé du Grand Paris de grande envergure. 

Plus globalement, j'en profiterai pour souligner la qualité de la recherche en cancérologie en France. Cela, grâce notamment à la présence d'acteurs publics comme l'INSERM, le C.N.R.S., l'Institut National du Cancer (INCa) ou des centres comme le vôtre, l'institut Gustave Roussy ou encore le pôle santé de l'université Paris Sud. Sans oublier le réseau des cancéropôles et l'ensemble des laboratoires de recherche publique et privée qui œuvrent pour lutter contre cette maladie encore trop souvent mortelle ou invalidante. 

Et, grâce à cette recherche, des progrès considérables ont été accomplis. On guérissait 1 cancer sur 3 il y a 15 ans. On en guérit 1 sur 2 aujourd'hui. C'est une formidable avancée qu'il convient de saluer.

Je veux aussi rendre hommage aux associations de patients, aux benévoles, aux fondations qui apportent toute leur contribution, financière mais surtout d'accompagnement social, de réinsertion, de prévention pour aider la recherche publique et apporter les compléments indispensables aux soins et à la recherche.

Le cancer en France, c'est encore 365 000 nouveaux cas par an. Près de 1000 nouveaux cas par jour ! Il s'agit d'un véritable fléau qui inflige des souffrances face auxquelles nous ne pouvons nous résigner. L'Etat s'est précédemment fortement mobilisé : deux plans nationaux, 2 milliards d'euros, dont 350 millions d'euros dédiés à la recherche pour le plan cancer II. Le Président de la République François Hollande a renouvelé avec force sa volonté de poursuivre et d'amplifier cet effort, en annonçant le 4 décembre dernier un 3e plan cancer dont ma collègue Marisol Touraine et moi-même assurons l'élaboration et le pilotage. Il nous revient de poursuivre le combat contre cette maladie en concentrant nos efforts sur la lutte contre les inégalités, qui restent très fortes chez les patients atteints d'un cancer. Il s'agit de développer une médecine plus équitable, plus proche des patients, et de permettre à tous un accès à l'innovation.

Ce sont là des enjeux d'une grande importance. Il faut une mobilisation de tous les acteurs et c'est le cas ici, avec l'appui très fort de l'Etat. Et pour qu'un projet scientifique territorial réussisse, il faut que l'aménagement du territoire où il s'incarne soit exemplaire et offre les infrastructures, le cadre de vie nécessaire et l'environnement le plus favorable en prévention d'abord puis pendant et après la maladie.

Avec la conviction que chaque investissement réalisé pour les personnes les plus fragilisées, dans ce cas les personnes touchées par le cancer bénéficiera à l'ensemble de la population bien au-delà du patient et de son entourage proche.

Pour accompagner ce projet ambitieux, l'Etat s'est engagé avec volontarisme à vos côtés avec la signature le 28 octobre dernier à Villejuif du premier contrat de développement territorial "Campus sciences et santé" en présence de ma collègue, Cécile Duflot, ministre de l'égalité des territoires et du logement.

C'est un engagement partenarial pour les quinze prochaines années entre l'Etat, la Conférence territoriale de la Vallée scientifique de la Bièvre et les collectivités avec notamment la création de 9 nouvelles gares de métro sur le territoire de la Vallée Scientifique de la Bièvre et la production annuelle de 1 700 logements pendant 15 ans, avec une offre diversifiée et une part importante de logements sociaux et de logements étudiants accessibles. 

Je tiens particulièrement à remercier Jean-Yves le Bouillonnec qui porte avec détermination ce projet et qui est venu au ministère m'en exposer l'économie en mars dernier. Nous avons abordé à cette occasion la question du déménagement futur de l'ENS de Cachan à Saclay et de la faculté de pharmacie. Ce n'est jamais facile de voir partir une institution emblématique insérée au cœur d'un tissu urbain mais Jean-Yves Le Bouillonnec partage avec moi l'idée qu'il s'agit de concevoir, au-delà de ce déménagement, la recomposition territoriale des forces scientifiques, économiques, de recherche et d'innovation du territoire dans des ensembles plus cohérents, créant ainsi de nouvelles dynamiques dans le Sud francilien.

Il s'agit en effet de faire des regroupements dans l'esprit de la loi dans une attitude constructive et non de repli. Je remercie le président Bitoun de porter une telle dynamique et l'université aura un rôle central à jouer dans la réalisation de ces projets. 

Je me permets aussi d'insister sur l'importance du droit dans la question de l'interdisciplinarité qui vient d'être évoquée pendant la table ronde : le droit de la propriété industrielle sera au cœur de ce cluster de la Vallée Scientifique de la Bièvre.

Je souligne aussi le courage d'avoir défini des priorités lisibles. Votre projet est aussi un projet de développement scientifique qui va tirer vers le haut l'écosystème industriel, les P.M.E. et P.M.I. et l'ensemble des partenaires publics ou privés du secteur.

Vous pouvez compter sur moi et sur mon ministère pour vous accompagner dans la transformation des sites libérés. Et vous pouvez compter sur mon soutien sans faille dans le projet territorial ambitieux de la Vallée Scientifique de la Bièvre. 

Vous avez évoqué à ce propos le prochain contrat de projets et les 45 millions d'euros qui permettraient de réaliser certains projets déjà identifiés. Nous travaillons avec le cabinet du premier ministre pour faire des propositions pour l'Île-de-France d'ici la fin du mois de novembre. Nous allons relayer dans ce cadre votre dynamique. Il faut encore un travail de phasage et d'arbitrage. Mais j'accorde une attention particulière à ce territoire et à l'état d'esprit de progrès qui l'anime. 

Je vous remercie et vous félicite d'inscrire votre développement dans l'économie de la connaissance, dans un souci du redressement de notre pays et du progrès pour toute la société. Nous sommes ici dans un écosystème particulièrement dynamique avec un projet soutenu et partagé par tous. L'Etat-stratège jouera tout son rôle pour vous accompagner dans ce projet..

 

1ère publication : 12.11.2013 - Mise à jour : 15.11.2013

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