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Comité Sup'Emploi

Objectifs et missions du comité Sup'Emploi

Comité Sup'Emploi© M.E.S.R.

Les travaux du comité Sup'Emploi pour l'année 2013 porteront sur trois sujets prioritaires : les enjeux du numérique, le développement de l'alternance dans l'enseignement supérieur et la place de l'enseignement supérieur au coeur de la formation tout au long de la vie.

Dossier de presse - 9.12.2013
Geneviève Fioraso

 

Une première lettre de mission pour l'année 2013 :  trois sujets prioritaires

Le dialogue renouvelé entre le monde de l'enseignement supérieur et le monde socio-économique au sein du comité Sup'Emploi est conçu comme une aide à la décision politique. Le comité rendra des avis et propositions à l'attention de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche sur les thèmes relevant de son champ de compétence, qui sont définis soit par lettre de mission, soit par la commission elle-même dans le cadre d'autosaisines.

Afin de lancer les travaux de la commission, une première lettre de mission identifie pour l'année 2013, trois sujets prioritaires, en réponse à certains des enjeux du débat public et en lien avec l'actualité législative :

  • Anticiper les métiers et les formations de demain : les enjeux du numérique
  • Agir pour l'insertion professionnelle : développer l'alternance dans l'enseignement supérieur
  • Placer l'enseignement supérieur au cœur de la formation tout au long de la vie

Anticiper les métiers et les formations de demain : les enjeux du numérique

Le contexte

Le numérique est une filière créatrice d'emplois avec des perspectives de 35 000 créations d'emplois en France d'ici 2018, soit 7 000 par an liés à la transformation numérique dans l'industrie et les services : usine du futur connectée, big data, cybersécurité, métiers de l'édition logicielle, des jeux vidéo, de l'e-commerce, du web, de l'e-éducation... C'est aussi une filière qui manque de compétences.

Par ailleurs, la filière numérique est une filière où les mutations technologiques sont rapides. Cela demande à la fois un travail d'anticipation et d'adaptation permanent de la part de l'offre de formation de l'enseignement supérieur et un accompagnement des salariés pour la formation tout au long de la vie. C'est un enjeu majeur pour le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qui s'inscrit dans le cadre de la bataille pour l'emploi pour laquelle tout le Gouvernement est mobilisé.

La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a donc souhaité que le comité Sup'Emploi fasse un état des lieux de la situation de l'emploi, de l'évolution des métiers et des besoins en formation de ce secteur. Il est en effet indispensable d'intégrer dans les formations supérieures les évolutions profondes qu'engendre le développement de la filière informatique et numérique.

Les enjeux

  • Dans le cadre de ses travaux sur ce sujet, le comité Sup'Emploi sera notamment amené à s'interroger sur les enjeux suivants :
  • Dans quelle mesure l'enseignement supérieur (et en particulier les écoles d'ingénieurs et les universités) répond-il aux besoins du secteur, qu'il s'agisse des formations aux nouveaux métiers ou de l'acquisition des compétences numériques exigées par de nombreux secteurs professionnels ?
  • Quelle stratégie de formation numérique pour les établissements d'enseignement supérieur ? Quelles formations convient t-il de développer ?
  • Comment améliorer la définition des besoins professionnels et renforcer la co-conception des formations ?
  • Quelle réponse des établissements d'enseignement supérieurs aux enjeux de formation tout au long de la vie dans le secteur, afin d'éviter l'obsolescence des compétences ? Quelle part pour l'enseignement supérieur diplômant, quelle part pour les organismes de formation des branches, dans l'accompagnement des salariés tout au long de leur carrière ?
  • Comment améliorer la féminisation du secteur et préserver son rôle d'intégrateur social ?

Chiffres-clés: état des lieux du secteur

  • environ 330 000 salariés
  • environ 100 000 offres d'emplois diffusées depuis 2010
  • environ 15% de ces offres étaient des créations nettes, soit 15 000 créations d'emploi en 3 ans
  • Une très grande majorité de CDI : au moins 90%
  • Une très grande majorité de cadres : au moins 80%
  • Une très grande majorité d'hommes : au moins 70%
  • Un recrutement majoritairement de bac+2 à bac+5
  • Un âge moyen de 35 ans
  • Un système éducatif supérieur qui forme de 16 000 ingénieurs informaticiens par an

Source : Contrat d'Etude Prospective numérique de la branche Syntec numérique 

Agir pour l'insertion professionnelle : développer l'alternance dans l'enseignement supérieur

Le contexte

L'alternance est au cœur des enjeux du renforcement des liens entre formation et emploi, nécessaire pour améliorer l'insertion professionnelle des jeunes et la compétitivité des entreprises en répondant à leurs besoins de qualifications.

Développer l'alternance, c'est un des leviers de la priorité donnée à la jeunesse par le Président de la République et le Gouvernement : assurer la réussite de tous les jeunes, favoriser leur insertion, contribuer au redressement productif. Le rapport Gallois et décision 23 du Pacte pour la compétitivité ont fixé l'objectif de 500 000 apprentis en 2017. Cet objectif de développement de l'apprentissage équilibré à tous les niveaux de formations guide la réforme en cours.

Si l'alternance est une modalité de formation développée à l'origine pour les niveaux de formation IV et V, elle a fait ses preuves sur les segments les plus élevés de l'appareil de formation : S.T.S., D.U.T., licence pro, masters, écoles d'ingénieurs et de management, doctorat. Le développement de l'apprentissage dans le supérieur participe d'ailleurs à la revalorisation de son image auprès des jeunes. Il correspond également à un enjeu de compétitivité et à des besoins de qualifications de haut niveau identifiés par certaines branches professionnelles.

L'alternance est une modalité pédagogique reposant sur l'application en entreprise des savoirs acquis et sur l'acquisition de compétences en milieu professionnel. Elle convient, par sa pédagogie particulière, à des jeunes peu adaptés à un enseignement purement théorique et conceptuel et contribue par là-même à l'objectif de réussite pour tous. Elle renforce également les échanges indispensables entre le monde de l'entreprise et l'université, et facilite l'insertion professionnelle des diplômés. Elle permet enfin à des jeunes souvent issus de milieux modestes de poursuivre des études, notamment en leur assurant un revenu.

Le développement de l'alternance dans l'enseignement supérieur a fait l'objet d'engagements répétés du Président de la République et du Gouvernement. L'objectif est de parvenir au doublement du nombre d'alternants dans l'enseignement supérieur d'ici 2020 : 300 000 étudiants en alternance, soit 1 étudiant sur 6.

Pour y parvenir, la loi du 22 juillet 2013 reconnaît pour la première fois l'alternance comme une voie de formation à part entière dans l'enseignement supérieur. Mais il est désormais nécessaire de déterminer les conditions de ce développement, en analysant notamment ses forces et ses faiblesses, tant au niveau des entreprises (notamment des P.M.E.) que des établissements d'enseignement supérieur et de mieux évaluer la demande. L'alternance doit devenir une pratique intégrée dans les études et les formations supérieures en France.

Les enjeux

Dans le cadre de ses travaux sur ce sujet, le comité Sup'Emploi sera notamment amené à s'interroger sur les enjeux suivants :

  • les conditions de mise en œuvre d'un doublement du nombre d'étudiants alternants dans l'enseignement supérieur à l'horizon 2020
  • l'identification des besoins économiques et pédagogiques en matière d'apprentissage dans le supérieur, notamment en proposant des secteurs prioritaires pour son développement. Il pourra notamment être utile d'étudier la possibilité du développement de logiques de filières de formation en apprentissage
  • l'analyse des forces mais aussi des freins au développement de l'alternance dans le supérieur, en particulier l'inégale répartition de l'offre de formation en alternance, les faiblesses de son organisation dans les universités, ou encore la reconnaissance de l'investissement des équipes pédagogiques dans son développement
  • les moyens d'articuler formation initiale (apprentissage) et formation continue (contrat de professionnalisation) dans une stratégie de formation tout au long de la vie
  • l'analyse des pratiques et des effets de l'alternance dans l'enseignement supérieur, l'alternance devant être appréhendée comme une modalité pédagogique et pas uniquement comme le recours à des contrats spécifiques, et les moyens de favoriser une pédagogie par projet et la mixité des publics en formation
  • l'articulation des stratégies de formation régionales, des stratégies des branches professionnelles et des stratégies des établissements de formation supérieure en matière d'alternance
  • le financement de cette politique, et notamment les leviers permettant aux universités de recourir de manière plus efficace à la taxe d'apprentissage

Chiffres-clés

  • L'alternance dans le supérieur: moins de 7% des étudiants
  • L'alternance dans le supérieur recouvre deux types de situations :

le contrat d'apprentissage, destiné aux jeunes, disposition de formation initiale financée en grande partie par la taxe d'apprentissage. On compte 113 400 étudiants apprentis en 2011

le contrat de professionnalisation, destiné aux jeunes et aux adultes, classé en formation continue et financé par la contribution obligatoire des entreprises à la formation professionnelle continue. On compte 50 000 étudiants dans les niveaux I à III en contrat de professionnalisation.

  • Aujourd'hui, 28 % des apprentis suivent une formation supérieure
  • En 2011, les effectifs en apprentissage dans le supérieur sont en augmentation (+15% sur 2 ans)  

Placer l'enseignement supérieur au coeur de la formation tout au long de la vie

Le contexte

Longtemps centré sur la seule mission de formation initiale, le rôle des établissements supérieurs en matière de formations continue professionnelle est amené à évoluer.

La formation tout au long de la vie a été reconnue pour la première fois comme une mission de l'enseignement supérieur et de la recherche dans la loi du 22 juillet 2013. L'enjeu désormais est de mettre en place l'organisation, les formations, les politiques d'établissements correspondantes.

La réforme, en cours de négociation, de la formation professionnelle et de l'apprentissage pose la question des enjeux pour l'ensemble des acteurs, en particulier ceux de l'enseignement supérieur. La mise en œuvre du compte personnel de formation, souhaité par les partenaires sociaux dans leur accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 et instauré par la loi sur la sécurisation de l'emploi, doit permettre à toute personne ayant quitté le système éducatif sans diplôme d'accéder à un premier niveau de qualification ou de franchir un niveau de qualification au cours de sa vie professionnelle. Ce compte est donc un outil au service de la sécurisation des parcours professionnels et du développement de la compétitivité des entreprises. Il va générer une demande de formation à laquelle les établissements supérieurs doivent être en capacité de répondre.

La formation tout au long de la vie doit permettre d'ouvrir l'enseignement supérieur à des nouveaux publics, mais aussi aux besoins socio-économiques des territoires. Elle donne toute sa portée à la responsabilité sociale de l'enseignement supérieur en le faisant participer pleinement au développement social, économique et culturel du territoire et de la Région. La formation tout au long de la vie offre de nouvelles perspectives pour les établissements d'enseignement supérieur. Cette évolution est l'occasion de repenser l'organisation de la formation dans l'enseignement supérieur : comme un ensemble de dispositifs coordonnés, accompagnant les personnes tout au long de leur parcours de vie.

En matière de formation continue, les universités et les établissements d'enseignement supérieur sont des opérateurs publics de formation de grande qualité, légitimes pour former tous les publics. Franchir un niveau de qualification, "rattraper" un niveau de formation initiale insuffisant par rapport aux besoins de l'emploi – y compris par le biais du D.A.E.U., Diplôme d'Accès aux Etudes Universitaires, qui, en l'absence de baccalauréat, permet d'entreprendre des études supérieures -, ou faire valider par un diplôme une expérience professionnelle par le biais de la V.A.E. : les modalités de mise en œuvre d'une stratégie de formation tout au long de la vie sont variées. Et l'enseignement supérieur a des atouts à faire valoir : il prépare à des diplômes nationaux et ses formations sont adossées à la recherche.

Aujourd'hui, l'activité de formation continue des établissements d'enseignement supérieur correspond à moins de 5% du marché, alors que les mêmes établissements assurent près de 90% des formations initiales. Le dialogue renforcé entre les milieux socio-professionnels et l'enseignement supérieur permettra de définir de nouvelles stratégies dans ce secteur stratégique pour l'emploi, pour la compétitivité de notre économie.

Les enjeux

Dans le cadre de ses travaux sur ce sujet, le comité Sup'Emploi sera notamment amené à s'interroger sur les enjeux suivants :

  • Quels sont les atouts des établissements d'enseignement supérieur ainsi que les verrous à débloquer afin relever le défi du développement de la formation professionnelle continue ?
  • Quelles évolutions de l'offre de formation sont-elles nécessaires pour permettre d'offrir aux salariés les moyens de progresser en qualification ou d'adapter leurs compétences aux évolutions du monde du travail ?
  • Quelle stratégie de recours au numérique en matière de formation tout au long de la vie ?
  • Comment faire de la formation tout au long de la vie un axe stratégique des établissements et des politiques de site ?
  • Comment mieux articuler les moyens et les dispositifs dans une stratégie coordonnée au niveau d'un site, et concertée au niveau régional pour une meilleure adaptation aux besoins économiques ?
  • Comment dynamiser le recours aux dispositifs de validation des acquis, et en particulier la VAE, dans l'enseignement supérieur ?

Chiffres-clés

  • En 2010, 61 400 diplômes de l'enseignement supérieur, dont 38 200 diplômes nationaux et 23 200 diplômes d'université, ont été obtenus en formation continue dans l'enseignement supérieur
  • Pour les diplômes nationaux, cela représente 10,4% du nombre de diplômes obtenus en formation initiale
  • Environ 4 000 validations des acquis de l'expérience (V.A.E.) sont obtenues tous les ans dans les universités, dont presque 60 % concernent des diplômes complets
  • Le chiffre d'affaires de l'activité de formation continue des établissements d'enseignement supérieur, écoles et universités confondues, s'élève à 388 millions d'euros, ce qui correspond à moins de 5% du marché de la formation professionnelle continue, tous niveaux confondus. Si l'on compare l'action des établissements d'enseignement supérieur en matière de formation continue aux seuls organismes qui dispensent des formations supérieures, la part des écoles et universités s'élève cependant à 15%
Publication : 9.12.2013

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