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Pôles de compétitivité

Inauguration de la 13e journée nationale des pôles de compétitivité

Montage d'un échantillon sur cellule de spectroscopie d'impédance© CNRS/Laurence Medard

A l'occasion de la 13e journée nationale des pôles de compétitivité organisée vendredi 24 janvier au ministère du Redressement productif, Geneviève Fioraso est revenue sur la nécessité de renforcer la capacité d'innovation des entreprises, et notamment des P.M.E., outils de la compétitivité de l'industrie française.

Discours - 24.01.2014
Geneviève Fioraso

Le Président de la République l'a rappelé lors de ses vœux : le redressement économique de notre pays ne se fera pas sans les entreprises, "sans lesquelles il ne peut y avoir de créations d'emplois dans la durée."

Or, la capacité d'innover – sous toutes ses formes, des innovations de rupture technologiques issues de la recherche fondamentale ou appliquée jusqu'à l'innovation d'usage tirée par le marché – est au cœur du développement des entreprises qui emploient et exportent, et en particulier des P.M.E. : 42 % des P.M.E. innovantes, contre 18 % pour les autres P.M.E., anticipent une progression de leur activité en 2014.

C'est bien pour cette raison, parce qu'elles se développent et créent de l'emploi, que les P.M.E. innovantes ont un rôle majeur à jouer dans le redressement économique de la France.

Elles représentent un potentiel formidable pour notre pays – plus de 13 000 entreprises selon la dernière étude du M.E.S.R., si l'on considère le nombre de P.M.E. bénéficiant du Crédit impôt recherche (C.I.R.), soit  1 700 P.M.E. de plus que lors de la dernière étude.

C'est parce que je partage ce constat du Président de la République que j'ai initié une politique qui rapproche les mondes de l'enseignement supérieur, de la recherche, de l'industrie et de l'économie.

C'est parce que je partage ce constat que j'ai mis l'enseignement supérieur et la recherche en mouvement pour renforcer la capacité d'innovation des entreprises et notamment celle des P.M.E..

Renforcer la capacité d'innovation des entreprises, en premier lieu, c'est privilégier une politique territoriale.

J'ai fait, en effet, le choix de privilégier une politique territoriale qui permette une interaction permanente entre les universités, les laboratoires de recherche, les entreprises et les filières industrielles au sein d'écosystèmes territoriaux.

Je crois, en effet, fermement à la nécessité de développer ces écosystèmes : l'innovation, la recherche, la formation, la création d'entreprises innovantes, le dynamisme des clusters et pôles de compétitivité sont intimement liés.

Il ne peut y avoir ni gosplan ni mise en boîte de l'innovation, mais au contraire un décloisonnement, une agilité et une créativité associés à une action immédiatement internationale.

Le développement de ces écosystèmes, c'est justement tout le sens de la création des communautés d'universités et d'établissement, les COMUEs, voulues par la loi pour l'enseignement supérieur et la recherche du 22 juillet 2013.

Contribuer à renforcer la politique d'innovation des entreprises, c'est aussi agir directement sur la formation.

Tout d'abord, en instaurant un dialogue entre les acteurs de l'enseignement supérieur et ceux du monde économique, c'est le rôle dévolu au Comité Sup'Emploi que j'ai installé, le 9 décembre 2013.

Co-présidé par deux chefs d'entreprise, Françoise Gri, directrice générale du groupe Pierre et Vacances - Center Parcs, ex-présidente de Manpower France, et Henri Lachmann, vice-président administrateur référent de Schneider Electric S.A., il a pour premières missions de développer l'insertion professionnelle, notamment en privilégiant le doublement de l'alternance et des stages encadrés, de placer au cœur de l'enseignement supérieur la formation tout au long de la vie, et d'anticiper les métiers et les formations du futur en particulier dans le domaine numérique et biométrique.

Ensuite, en rendant davantage lisible l'offre de formation : c'est la raison pour laquelle j'ai souhaité simplifier, en Licence générale, mais également en Masters, le nombre de diplômes et d'intitulés. Ainsi en Licence nous sommes passés de 1 800 diplômes et 322 intitulés à 45.

Agir sur la formation pour renforcer la capacité d'innovation, c'est aussi former les étudiants à une culture entrepreneuriale, seule à même de leur donner l'envie de créer de nouvelles entreprises qui ouvriront de nouveaux marchés porteurs de croissance.

Pour cela j'ai lancé un plan qui s'adresse aux 2,4 millions d'étudiants accueillis dans l'enseignement supérieur. Il repose sur quatre axes : généraliser des formations à l'entrepreneuriat et à l'innovation dans tous les cursus de formation, constituer des Pôles pour l'innovation, le transfert et l'entrepreneuriat (PEPITE) dans chacune des COMUEs,  créer un statut "d'étudiant entrepreneur", et enfin récompenser par un prix les projets issus de ces PEPITE dans le cadre du concours national d'aide à la création d'entreprises financé par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Agir sur la formation, enfin, c'est développer les métiers qui accompagnent l'innovation.

J'ai également lancé une mission sur la formation des métiers de l'accompagnement de l'innovation.  Confiée à deux experts de la formation aux métiers de l'innovation, Gilles Coppin de l'E.M. Lyon et Frédéric Iselin de H.E.C. Paris, cette mission va recenser les métiers de la formation à la création d'entreprises innovantes, proposer des modules de formation, analyser les modalités de mise en place de ces formations : méthodes pédagogiques, utilisation du numérique, profil des intervenants.

Renforcer la politique d'innovation des entreprises, c'est aussi, bien sûr, agir sur la recherche.

Agir sur la recherche dans un premier temps, c'est identifier les priorités pour le 21e siècle.

C'est la raison pour laquelle j'ai installé le 10 décembre un conseil stratégique de la Recherche que je préside par délégation du Premier Ministre. Présidé par le Président de la société Valeo, Pascal Colombani, ancien administrateur général du C.E.A. et directeur technologique du M.E.S.R., il est chargé de définir la stratégie nationale de la recherche, avec une diversité d'approches favorables à l'innovation.

Cette démarche d'orientation de la recherche est en phase avec les 34 plans qui visent à dessiner la France industrielle de demain et avec les 7 "ambitions" de  la Commission Lauvergon.

Agir pour la recherche, c'est aussi favoriser la recherche technologique.

Les difficultés de l'accès des P.M.E. à la recherche publique sont connues : besoin d'une forte réactivité, de technologies éprouvées et proches du marché, de procédures simplifiées, maîtrise des coûts et des délais.

J'ai voulu, pour cela, que les acteurs publics de la recherche technologique se mettent au service des P.M.E., en répondant à trois mots d'ordre : réactivité, simplicité, professionnalisme.

Réactivité, parce qu'une petite ou moyenne entreprise n'a pas les moyens d'attendre.

Simplicité, parce que ces entreprises ont peu de ressources à consacrer à l'ingénierie administrative et juridique. Il faut donc à la fois simplifier, c'est la responsabilité de l'Etat et nous le faisons, et accompagner, c'est la responsabilité des opérateurs et des pôles.

Professionnalisme, parce que les contrats établis avec ces entreprises  engagent la responsabilité des organismes et laboratoires universitaires de recherche publique.

C'est dans cet esprit qu'a été lancé le programme Lab-com de l'A.N.R., avec l'objectif de financer 100 projets partenariaux sur 3 ans entre la recherche publique et les P.M.E. et E.T.I. à fort potentiel de croissance.

Cet appel a reçu un retour très stimulant et 30 laboratoires communs ont déjà été créés dans des secteurs très divers et tous porteurs de croissance et de valeur ajoutée d'innovation.

C'est également dans cet esprit que nous finalisons l'appel à projet "Carnot filières " qui va être lancé d'ici la fin de ce trimestre : mieux  répondre aux besoins des P.M.E., grâce à la mise en place d'une "porte d'entrée " unique par filière industrielle pour les P.M.E. qui souhaitent accéder aux technologies développées par les Instituts Carnot, l'équivalent des Fraunhofer, qui ont tant contribué à la performance industrielle des P.M.E. et E.T.I. allemandes.

Cet appel est en parfaite cohérence avec la politique de filières industrielles du gouvernement : il permettra de renforcer l'implication de la recherche technologique dans des contrats de filière et dans les 34 plans industriels de la Nouvelle France Industrielle.

Dans chaque filière, un travail sera mené pour identifier les besoins technologiques des P.M.E. et E.T.I. et adapter au plus près de ces besoins les recherches des instituts. L'accès aux différentes plateformes technologiques sera simplifié. Une offre d'accompagnement des entreprises, qui ira au-delà de la seule offre technologique, sera aussi mise en place (design, marketing...).

C'est aussi un "choc de simplification" que nous mettons en œuvre pour les entreprises qui souhaitent innover !

C'est parce que je crois au rôle majeur des P.M.E. innovantes dans le redressement économique de notre pays que j'ai fait le pari, en investissant dans la formation et la recherche, de renforcer la politique d'innovation des entreprises.

Car si le redressement économique de notre pays ne se fera pas sans les entreprises, leurs capacités d'innovation dépendront tout autant d'une main d'œuvre hautement qualifiée et de sa capacité à s'adapter aux mutations rapides de notre économie et aux nouveaux équilibres du monde que des travaux issus de la recherche fondamentale et technologique.

Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche prend toute sa part dans ce mouvement et privilégie dans toutes ses initiatives des principes de réactivité, d'agilité, de fluidité et d'ouverture au monde.

1ère publication : 24.01.2014 - Mise à jour : 28.01.2014

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