La coopération internationale en matière de recherche

Séminaire de travail pour les ministres de la recherche du G8+5 face aux grands enjeux mondiaux

Drapeaux nationaux et européen© Commission européenne

Les ministres de la recherche du G8+5 se sont réunis durant trois jours près d'Oxford pour un séminaire de travail annuel autour des grands enjeux de la recherche et de l'enseignement supérieur.

Communiqué - 2.06.2014
Geneviève Fioraso

Geneviève Fioraso a participé pendant trois jours près d'Oxford, au Royaume-Uni, du vendredi 30 mai au dimanche 1er juin, au séminaire de travail annuel des ministres de la recherche du G8+5, à l'initiative cette année de son collègue anglais, David Willetts.

Les ministres présents (Afrique du Sud, Allemagne, Brésil, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni et commissaire recherche de l'Union européenne) ont ainsi échangé, de façon libre et informelle, sur les grands enjeux de la recherche et de l'enseignement supérieur, dans leur pays, en Europe et à l'international.

Les thèmes abordés avaient été préalablement choisis par les participants, en fonction des préoccupations communes prioritaires :

  • point général sur l'avancement de la recherche et des formations associées dans chacun des pays, avec l'identification des bonnes pratiques à transposer et des blocages à lever ;
  • lutte contre les résistances aux antibiotiques ;
  • grands équipements de recherche internationaux ;
  • politique européenne et G8+5 pour une énergie durable, sécurisée et accessible ;
  • synthèse et plan d'actions pour l'année.

Cette année, plus que jamais, ces échanges ont permis de mesurer à quel point les enjeux de la recherche, les paris à engager, les voies nouvelles à explorer, les verrous et difficultés à surmonter, étaient similaires, quel que soit le pays et qu'il s'agisse d'enjeux scientifiques, technologiques, sociaux, environnementaux, sanitaires, économiques ou financiers.

Quelques exemples de cette convergence : le lien indissociable entre recherche et formation, la nécessité de mener de front la recherche fondamentale et la recherche technologique et partenariale, le dialogue à développer entre les citoyens qui sont aussi des acteurs du progrès (choix de modes de déplacement plus sobres, gestion d'une énergie plus décentralisée pour tout ou partie, politiques de prévention sanitaire...). Des convergences sont aussi apparues pour l'accélération de la réduction des énergies fossiles au bénéfice des renouvelables et de l'efficacité énergétique, l'évaluation des technologies à pousser ( hydrogène, batteries,  hydroliennes, solaire photovoltaïque, à concentration, biocarburants à partir de micro-organismes, biologie des systèmes...), la recherche de solutions rapides, alternatives pour remédier à la résistance croissante aux antibiotiques en identifiant d'abord clairement les causes de cette résistance, en la qualifiant et en la quantifiant (animale, alimentaire, agricole, humaine, environnementale par la contamination de l'eau...), afin de trouver les solutions les plus efficaces.

Des différences ont également émergé, selon la situation géographique des pays, leur niveau de développement et leurs choix politiques, en particulier en matière d'énergie. Ainsi l'Italie et l'Allemagne, après avoir renoncé à l'énergie nucléaire, tentent de construire un modèle alternatif durable et à coût accessible, avec une période transitoire où l'Allemagne réinstalle des centrales à charbon  (lignite) et où l'Italie importe du gaz russe et norvégien et de l'énergie issue du nucléaire français. De leur côté, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, l'Afrique du Sud reprennent ou poursuivent leur production d'énergie nucléaire tout en diversifiant leur mix électrique, ce que fait la France, avec l'engagement du Président de la République de passer d'ici 15 ans de 77% d'électricité d'origine nucléaire à 50%, avec le développement de nouvelles filières, notamment la biomasse, les biotechnologies, les biocarburants, la filière hydrogène, les hydroliennes...

Ces différences n'empêchent pas les actions communes et de grands axes ont été décidés, en plus de ceux déjà cités :

  • la mutualisation des données scientifiques issues des grands instruments, l'accompagnement de la fermeture ou de la reconversion de certains d'entre eux et la vigilance pour le financement de nouveaux équipements, dont la nécessité scientifique, économique, environnementale, sociétale doit être avérée ;
  • la gestion du big data à la fois pour l'accessibilité, la gestion et la sécurisation des données issues de la recherche, dans tous les domaines ;
  • la coopération accrue dans les recherches sur le stockage de l'énergie et la capture du CO2 ;
  • une réflexion commune sur l'association des "citoyens-usagers-acteurs" aux développements scientifiques, dans un dialogue constructif et de progrès ;
  • une coopération renforcée avec des échanges plus fréquents et l'élaboration d'un dispositif numérique favorisant ce travail en commun ;
  • une thématique commune à approfondir ensemble : les villes connectées et durables.

C'est d'ailleurs ce dernier thème qui fera l'objet, avec l'énergie et le big data, d'un travail continu, qui contribuera par exemple, en France, aux réflexions menées lors de la Conférence de l'environnement à la rentrée 2014 et de la Conférence Mondiale sur le Climat qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris.

 

 

Publication : 2.06.2014

Delphine CHENEVIER

01 55 55 84 24

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