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Plan Campus

Pose de la première pierre de l'Opération Campus Aix Quartier des Facultés

Pose de la 1ere pierre capus Aix Marseille

Le nouveau campus d'Aix-Quartier des facultés, dont la première pierre a été posée lundi 23 juin 2014, accueillera 40 000 étudiants et 1400 chercheurs et bénéficiera d'un plan de rénovation de 2900 logements étudiants et de construction de 200 autres.

Communiqué - 23.06.2014
Geneviève Fioraso

Seul le prononcé fait foi

 

Je suis très heureuse d’être parmi vous aujourd’hui pour le lancement de la nouvelle phase, concrète, de l’"opération campus" à Aix-Marseille. Vous y avez consacré beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, mais, nous le voyons tous, ces efforts ont été couronnés de succès.

Vous le savez parce que j’ai eu souvent l’occasion de le dire publiquement : j’ai toujours soutenu l’initiative des plans Campus et l’effort de 5 milliards d’euros qui les ont accompagnés, sous forme majoritaire de fonds non consomptibles. Mais je n’ai pas été d’accord sur la forme unique que le précédent Gouvernement avait voulu donner au Plan Campus, en choisissant de façon exclusive le dispositif juridique du partenariat public-privé.

Cela expliquait la faiblesse des fonds engagés à mon arrivée, puisque 5 ans après leur désignation par le Gouvernement précédent, seuls 158 millions d’euros de crédits d’études avaient été engagés et 5 ans de retard, ce n’est pas négligeable pour des projets innovants.

C’est la raison pour laquelle j’ai confié dès juin 2012 une mission à Roland Peylet, excellent connaisseur à la fois des questions immobilières et universitaires, pour faire des propositions d’inflexion du Plan Campus, en gardant les ambitions mais en diversifiant les formes de mise en œuvre. A la suite de ce travail très pragmatique, j’ai retenu trois propositions:

  • La première proposition a été d’élargir chaque fois que possible les modalités de réalisation, par le retour à la maîtrise d’ouvrage publique, par de nouveaux contrats globaux, par des partenariats avec la Caisse des Dépôts et Consignations avec laquelle j’ai signé en avril 2013 un accord portant notamment sur les campus durables. Pas de dogmatisme : les P.P.P. ont été maintenus, partout où ils apparaissaient comme bien adaptés à la taille des projets. La difficulté était souvent d’ordre financier puisque le retour à la maîtrise d’ouvrage publique, signifiait le retour à un mode de financement budgétaire, en substitution à un mode extra-budgétaire.
  • Mais j’ai pu obtenir, c’est la deuxième proposition retenue, la possibilité pour nos établissements de financements à long terme dans de bonnes conditions auprès de la Banque européenne d’investissement et de la Caisse des dépôts et consignations. Ces prêts permettent à la fois d’opérer les transformations dans les modes de réalisation, ou de compléter un plan de financement.
  • Enfin, à Paris, où le plan Campus initial multipliait les projets de P.P.P. (partenariat public privé) de petite taille, j’ai décidé de mutualiser la gestion de la dotation globale par la chancellerie des universités pour mieux tenir compte des priorités calendaires et de la nature très diversifiée des projets.

L’effet de ces décisions a été immédiat et a permis de ré-enclencher des situations bloquées. 

A ce jour de nombreuses opérations sont engagées. 5 sites sur les 12 campus initiaux ont reçu le versement de leur dotation complète : Aix-Marseille, mais aussi Grenoble, Lyon, Bordeaux et, sur un mode spécifique, Saclay.

Le rythme attendu par les communautés universitaires dans la réalisation des projets s’accélère.

Ce rappel me permet de souligner encore davantage le plaisir que j’ai aujourd’hui à être parmi vous pour ce démarrage de l’opération Aix-Quartier des Facultés.

L’importance du projet d’Aix, son ambition à la fois universitaire et urbanistique ont validé le choix initial du P.P.P., combiné d’ailleurs avec d’autres modes de réalisation pour certains éléments du site. Ce qui se passe aujourd’hui en témoigne.

Ce projet, vous le portez depuis longtemps. Vous y travaillez depuis 2008, avec le lancement de l’appel à projets, et beaucoup de chemin a déjà été parcouru : le projet a été validé pour les deux sites, ici à Aix et à Marseille Luminy, en mai 2009 pour une dotation prévisionnelle globale de 500 millions d'euros dont 120 millions d'euros pour ce P.P.P..

Il y a quelques semaines, vous avez signé d’une part une convention avec la B.E.I. qui va faciliter vos plans de financement, grâce un prêt à un taux préférentiel de 127 millions d’euros et d’autre part le contrat de partenariat avec le prestataire retenu au terme de ce long processus. Je salue la B.E.I. qui, à notre demande, a dégagé 1,3 milliard d’euros pour accélérer les plans Campus ainsi que la société Eiffage, ensemblier de ce premier P.P.P. d’un montant de 120 millions d’euros. 

Je sais que cela a représenté un investissement considérable en temps, en énergie, en compétence. Notre milieu universitaire sait faire beaucoup de choses, le passage aux responsabilités et compétences élargies lui a notamment beaucoup appris en termes d’exigences nouvelles.

Mais la maîtrise d’une procédure complexe comme celle des P.P.P. exigeait des dispositions nouvelles. Vous avez su le faire. A travers notamment la mise en place d’une équipe technique compétente, dirigée par M. Bienvenu, mais aussi (et c’est très important à mes yeux) par un suivi constant et rigoureux de la direction de l’Université, sous votre autorité, cher Yvon Berland, et l’engagement tout particulier de votre vice-président Hervé Isard. Vous avez joué votre rôle de maître d’ouvrage comme vous deviez le faire.

Je tiens à le souligner car j’observe trop souvent que ces réalisations ne sont pas vraiment considérées comme des éléments à part entière de la stratégie universitaire d’enseignement et de recherche.

En revanche, j’observe que partout où nos établissements s’emparent véritablement des maîtrises d’ouvrage qui leur sont confiées, alors le paysage universitaire change vraiment, alors il se modèle sur les besoins de notre université, alors il reflète l’université moderne que nous voulons construire.

La contrainte financière existe, certes. Mais quelles que soient les latitudes qu’elle autorise ou les restrictions qu’elle impose, rien ne remplace l’absolue nécessité d’un maître d’ouvrage présent, attentif, imaginatif, de la conception du projet à sa réalisation fine. Et cela permet des réalisations de grande qualité, tout en optimisant l’utilisation des fonds publics.

Je veux vraiment saluer la façon dont vous avez su le faire, avec détermination, et parfois avec patience, face aux nombreux aléas d’un si long processus. Vous avez rappelé récemment dans une interview, cher Yvon Berland, que vous avez eu l’idée de la fusion en 2004. 2014-2012 : on comprend pourquoi j’évoquais la patience. Mais aujourd’hui, c’est fait, et l’AMU (Aix Marseille Université) est devenue la première université de France et de la francophonie, avec 72 000 étudiants dont 10 000 étrangers, 7 680 salariés et 132 structures de recherche réparties sur 5 grands campus.

Au-delà de cet hommage à votre travail collectif, cette opération aixo-marseillaise, présente à mes yeux trois autres grands intérêts.

Le premier intérêt est le sens même que cette opération représente dans la dynamique de votre université. Soyons clairs : en déambulant tout à l’heure au sein du site, et en imaginant à travers vos propos ou vos explications ce que serait ce campus demain, je me disais que j’étais en train de parcourir le territoire physique de votre fusion.

Car Aix-Marseille, vous le savez, au-delà de ses nombreuses qualités pédagogiques et scientifiques, est désormais connue en France comme ayant réussi l’exploit (longtemps jugé impossible, au sein même de mon administration) de conduire à son terme le processus de fusion de trois universités qu’une histoire longue de près de 40 ans avait plus que séparées, au point de faire naître une multiplicité de barrières dont nos étudiants, le site universitaire, et la science elle-même faisaient les frais.

La fusion, avant même tout organigramme ou schéma d’organisation quelconque, c’est d’abord cela : c’est lever toutes les barrières qui empêchent l’université d’assurer pleinement sa vocation dans la société : l’éclairage de l’avenir. Quand l’université se replie sur elle-même, sur ses conflits internes, entre disciplines, entre corps ou métiers, entre aires ou parcelles de pouvoir, alors elle cesse d’être ce phare sociétal qui est sa vocation profonde.

Plus qu’ailleurs peut-être, ce campus d’Aix en témoigne, car c’était le seul que vos trois universités d’origine partageaient (ou plutôt se partageaient) :

  • l’Université de Provence y logeait sa grande Faculté des Lettres et Sciences Humaines,
  • l’Université de la Méditerranée : sa Faculté de Sciences Economiques et de Gestion et son I.U.T.,
  • l’Université Paul Cézanne : son importante Faculté de Droit mais aussi sa Faculté d’Economie Appliquée.

Je sais par là-même ce qu’a signifié votre choix de retenir le Campus d’Aix comme prioritaire dans le Plan Campus, parmi les nombreux autres sites que vous auriez pu choisir.

Je sais que cet arbitrage, conclu en 2008, était le premier signe tangible de votre volonté réelle d’aller vers la fusion, peut-être même la décision la plus symbolique que vous puissiez prendre pour montrer que vous vouliez vraiment réunifier vos établissements.

J’ai déjà rappelé, cher Yvon Berland, la part décisive que vous y avez prise avec tous ceux qui vous entourent. J’y associe aussi vos complices de l’époque : les présidents Jean-Paul Caverni et Marc Pena qui ont su convaincre leurs collègues que là était la bonne direction. Je veux aussi rendre hommage à un grand commis de l’Etat, Jean-Paul de Gaudemar qui a beaucoup œuvré dans cette période comme Recteur de l’Académie Aix-Marseille pour faciliter ce regroupement.

C’est pourquoi, tout à l’heure, je pensais que symboliquement au moins, ce ciment scellait beaucoup plus qu’une première pierre mais aussi, de fait, votre fusion et surtout le projet qu’elle porte. Car les structures sont d’abord au service des projets pas l’inverse : il est parfois utile de le rappeler.

C’est d’ailleurs cet élan de la fusion qui a stimulé l’activité de recherche interdisciplinaire menée par l’université avec les organismes de recherche associés dans un consortium, le C.N.R.S., l’Inserm, le C.E.A., Centrale Marseille et l’A.P.-H.M. au bénéfice de 5 grandes thématiques : énergie, santé et sciences du vivant, sciences et technologies avancées, société, environnement. On retrouve cette interdisciplinarité que je veux pousser au niveau national dans l’ensemble du plan Campus Aix-Marseille. Vous avez choisi de rapprocher toutes les composantes des sciences humaines et sociales (droit, économie, psychologie, philosophie, histoire, sociologie, littérature...). C’est un enjeu essentiel pour répondre aux grands défis économiques, sanitaires, sociaux, environnementaux, de plus en plus complexes, auxquels le 21e siècle est confronté.

Le deuxième grand intérêt de cette opération campus est qu’elle permet de restructurer l’espace universitaire, et avec l’espace, de repenser l’université elle-même en tant qu’espace de travail, mais aussi de vie, de production, d’échanges.

L’opération campus va permettre de réhabiliter un certain nombre de locaux. Il devenait urgent que la bibliothèque de droit soit mise aux normes incendie ou que l’immense bâtiment des lettres soit rénové. Mais l’enjeu va au-delà d’une simple démarche de réhabilitation, car il s’agit de repenser totalement l’université.

Repenser l’université, ça signifie d’abord penser chacune des facultés qui la composent non pas indépendamment les unes des autres mais en complémentarité, pour fluidifier les parcours des étudiants, remédier à l’échec en licence, dynamiser la recherche.

Le site d’Aix-Quartier des facultés dans lequel nous nous trouvons accueille 40 000 étudiants et 1400 chercheurs et enseignants-chercheurs.

On pourrait ajouter encore le personnel des bibliothèques qui s’occupe de l’immense fonds bibliographique disponible (650 000 ouvrages) d’une valeur scientifique parfois exceptionnelle. Et aussi tout le personnel administratif.

Je n’ai pas besoin de dire le potentiel formidable que représente une communauté scientifique comme la vôtre pour notre enseignement supérieur et pour notre recherche, et pour le rayonnement d’Aix-Marseille.

L’opération campus vient donner corps à la fusion de vos trois universités, à travers la réalisation d’un véritable campus dont le cœur sera le nouveau bâtiment Cube, un lieu de contact et d’échanges pour l’ensemble de la communauté universitaire, et un lieu ouvert sur le monde socio-économique.

Ce campus sera aussi un vrai lieu de vie, grâce notamment au vaste plan de rénovation de 2 900 logements étudiants et de construction de 2 000 autres dont certains seront réservés à des étudiants handicapés ou à des enseignants-chercheurs en séjour à l’université.

Je vous remercie de m’aider ainsi à remplir la feuille de route ambitieuse fixée par le Président de la République, de 40 000 logements pour les étudiants dans le quinquennat.

Pour que l’université puisse mener le plus efficacement possible les missions qui lui sont confiées, il faut que les étudiants, les enseignants et chercheurs, et plus généralement l’ensemble des personnels, puissent y travailler dans les meilleures conditions.

Le troisième grand intérêt de l’opération que nous célébrons aujourd’hui, c’est sa dimension urbaine. Si j’ose dire, Aix-Quartier des Facultés symbolise autant votre fusion d’établissements que la fusion de votre université avec son environnement urbain.

Car il s’agit bien d’un "quartier" au sens de la politique de la ville. Un "quartier", c’est indifféremment les facultés elles-mêmes ou la partie de la ville qui l’entoure. Mais jusqu’ici les développements des facultés et de la ville se sont faits indépendamment, dans une malencontreuse ignorance mutuelle, source de malentendus, voire de contentieux.

La Ville et sa Communauté Urbaine ont bien compris l’intérêt qu’il y avait à intégrer le développement de l’université dans le projet urbain du territoire.

Madame la Maire, je vous remercie d’avoir engagé votre collectivité dans cette fructueuse coopération. Cela fait plus de 600 ans qu’Aix accueille l’université en ses murs. Mais c’est peut-être la première fois dans cette longue histoire que la ville et l’université portent ensemble un projet commun où l’aménagement universitaire se confond assez largement, assez profondément, avec l’aménagement urbain.

Cette ouverture de l’université sur la ville est fondamentale : les universités n’ont pas vocation à être des lieux clos, refermés sur eux-mêmes.

Bien au contraire, elles sont par nature ouvertes sur le monde qui les entoure, parce qu’elles sont une passerelle vers le monde socio-économique, aussi bien du côté des étudiants qui rejoindront le monde du travail une fois leur diplôme en poche que du côté des chercheurs qui peuvent et doivent faire bénéficier l’ensemble de la société des résultats de leur recherche. Le développement de la formation continue, les liens que vous avez su tisser avec l’écosystème et notamment les entreprises, je pense à Eurocopter, à la caisse d’épargne, la Caisse des dépôts et consignations et bien d’autres.

Repenser l’université, repenser la ville, repenser leurs façons de travailler ensemble pour le bien commun, pour la réussite des étudiants, de la formation à l’insertion professionnelle, qu’elles accueillent toutes deux chacune à sa façon, pour l’amélioration des conditions de travail, voilà ce que je voulais saluer aujourd’hui dans la signification de votre projet telle que je la perçois.

C’est aussi un message pour toutes les autres universités et les villes dont elles font désormais partie : il n’est plus aujourd’hui au monde une ville qui ne place l’université au cœur de sa dynamique et de ses ambitions d’avenir.

Aix-Marseille et sa métropole en sont un exemple assez exceptionnel puisqu’il préfigure, je l’espère, d’autres mutualisations nécessaires. L’université fidèle à sa mission a été pionnière et avant-gardiste et cet ancrage majeur sur le territoire vous donne aussi une visibilité internationale. C’est exactement l’esprit de l’université du futur.

Merci de m’avoir fait aujourd’hui la démonstration que c’est possible !

Publication : 23.06.2014

Contact presse

Delphine CHENEVIER

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Pose de la première pierre

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