La coopération internationale en matière d'enseignement supérieur

Ouverture du 2e Forum franco-brésilien sur l'enseignement supérieur et la recherche

2e Forum franco-brésilien© M.E.N.E.S.R./X.R. Pictures

Geneviève Fioraso, secrétaire d'Etat en charge de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, est intervenue en ouverture du 2e Forum Franco-Brésilien sur l'Enseignement supérieur et la Recherche, qui se tient à Paris  les 15 et 16 septembre 2014.

Discours - 15.09.2014
Geneviève Fioraso

Seul le prononcé fait foi

Discours de Geneviève Fioraso

Je vous souhaite à tous la bienvenue pour ce 2e Forum franco-brésilien sur l’enseignement supérieur et la recherche. Le premier s’était tenu en novembre 2009 à Brasilia, à la fin de l’Année de la France au Brésil, mais la tradition de coopération scientifique entre la France et le Brésil est, comme vous le savez, bien plus ancienne  et mon collègue Paulo Speller vient de le rappeler, évoquant Claude Levi-Strauss.

L’idée d’organiser un deuxième forum sur l’enseignement supérieur et la recherche avait été évoquée par nos Présidents de la République respectifs lors de leurs dernières rencontres, d’abord en France puis au Brésil où j’ai accompagné le président François Hollande en décembre dernier . Je suis heureuse que ce projet ait pu se concrétiser car, à travers ce forum, nous marquons d’une nouvelle pierre la longue tradition de coopération scientifique entre la France et le Brésil.

Cette rencontre d’aujourd’hui était d’autant plus nécessaire que nos systèmes d’enseignement supérieur et de recherche respectifs ne cessent d’évoluer et que la coopération entre nos deux pays, déjà dense, n’a fait que se renforcer au cours de ces dernières années.

Le meilleur exemple en est sans doute l’important programme de bourses "Science sans Frontières", pour lequel nos deux pays continuent à œuvrer, que ce soit pour la multiplication de stages au niveau master ou le développement du volet doctoral et post-doctoral. Les échanges universitaires entre les étudiants français et brésiliens sont encore trop peu nombreux et j’espère que ce programme permettra de les augmenter significativement .

Plus largement, pour que notre coopération puisse continuer à s’approfondir avec la même constance et la même confiance, nous devons pouvoir nous tenir informés réciproquement des diagnostics, des nouvelles orientations, réformes et stratégies que la France comme le Brésil opèrent chacun de leur côté. C’est un des enjeux de ce forum.

Le Brésil a choisi, comme la France, de se doter d’une stratégie pour faire de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation des leviers du développement de son économie et de la société.

En France, cette stratégie est une première. Les parlementaires et moi-même l’avons souhaité en prévoyant, dans la loi du 23 juillet 2013, qu’une stratégie nationale de l’enseignement supérieur soit élaborée et articulée à une stratégie nationale de recherche.

Le Brésil et la France partagent une même vision du rôle de l’enseignement supérieur dans la société : l’enseignement supérieur comme levier de développement économique, clé de la lutte contre les inégalités sociales, condition de la démocratie.

Nous partageons aussi la conviction qu’en matière d’enseignement supérieur comme de recherche, se donner des objectifs et une stratégie pour les atteindre est un moyen de mobiliser tous les acteurs : écoles, universités, organismes de recherche, alliances et plus largement tous les citoyens, autour de valeurs et d’un projet pour la société.

Les défis sociétaux s’imposent à tous et l’enseignement supérieur et la recherche font partie des meilleurs outils dont nous disposons pour y répondre.

Prendre le temps d’une réflexion stratégique, c’est ne pas se laisser enfermer dans le court terme, c’est réfléchir à la place de chacun, au rôle de l’Etat stratège qui doit donner le cap et fixer des objectifs à la nation. Les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche agissent alors en exprimant leur autonomie et leur spécificité dans un cadre clair et cohérent.

Ces stratégies, qui sont en cours d’élaboration, vont permettre de fixer les grandes priorités de l’enseignement supérieur et de la recherche pour les 5 prochaines années. Sophie Bejean, à qui j’ai confié la mission de présider le Comité StraNES en charge d’élaborer une stratégie nationale pour l’enseignement supérieur, et Roger Genet, directeur de la recherche et de l’innovation au ministère et président du comité opérationnel en charge des travaux préparatoires de la stratégie nationale de recherche, vous en parleront dans la première table ronde.

Vous entendrez aussi cet après-midi Bertrand Monthubert, Président de l’université Paul Sabatier à Toulouse, qui a contribué, comme rapporteur général, à l’élaboration de cette StraNES.

Je voudrais toutefois insister d’ores et déjà sur le fait que ces stratégies vont intégrer fortement les dimensions européenne et internationale dans leurs orientations en relation la construction des espaces européens de l’enseignement supérieur et de la recherche.

L’internationalisation de notre système d’enseignement supérieur sera ainsi un axe stratégique de la stratégie pour l’enseignement supérieur, et le développement des coopérations scientifiques internationales est une des propositions de l’agenda stratégique France Europe 2020 qui est articulé au programme de recherche européen Horizon 2020.

Je m’en réjouis car je suis convaincue que la France doit s’appuyer sur la grande qualité de ses formations supérieures pour continuer d’accueillir les étudiants étrangers et nous devons aussi développer nos coopérations scientifiques au sein d’un système de recherche et d’enseignement supérieur que nous voulons encore plus ouvert sur le monde.

Nous avons pour cela à promouvoir des partenariats privilégiés, et votre présence aujourd’hui s’inscrit dans ce cadre.

Le Président de la République, lors des journées des ambassadeurs qui se sont tenues début septembre à Paris, a souligné l’importance de renforcer notre coopération en Amérique Latine. Dans cette perspective, le Brésil est un partenaire stratégique pour l’enseignement supérieur et la recherche française.

Certains dispositifs de collaboration bilatérale ont obtenu d’excellents résultats, comme nous le montre encore tout récemment l’attribution de la Médaille Fields à un chercheur franco-brésilien, M. Artur Avila qui a réalisé de nombreuses co-publications dans le cadre du "Réseau Franco-Brésilien de Mathématiques" et des liens tissés entre le C.N.R.S. français et l’IMPA brésilien (Institut national de Mathématiques Pures et Appliquées).
Nous aurons le plaisir de l’accueillir tout à l’heure, en fin de matinée.

D’autres programmes, qui seront analysés au cours de ce Forum, ont fait leurs preuves. Je pense à l’accord CAPES-COFECUB, qui a permis la formation de 3 000 docteurs et qui fête cette année ses 35 ans, ou bien encore au programme BRAFITEC qui permet depuis
10 ans la formation croisée d’ingénieurs, pour ne citer que ceux-là. C’est à partir de telles expériences fructueuses que nous pouvons poursuivre le déploiement de nos partenariats vers de nouvelles perspectives, en développant par exemple davantage encore les doubles diplomations et les cotutelles de thèse.

Les relations entre la recherche et l’entreprise doivent également s’approfondir : cela passe par plus d’échanges de bonnes pratiques et de projets communs, que ce soit grâce à des dispositifs comme CIFRE France et CIFRE Brésil, à des collaborations conjointes entre des structures du type des pôles de compétitivité, ou bien encore à des programmes ciblant l’innovation et les partages de technologies.

Des compétences existent déjà : je pense au domaine de l’espace, de l’énergie. Dès aujourd’hui nous nous réjouissons particulièrement après 5 années de dialogue, auquel Monsieur l’Ambasseur vous avez beaucoup contribué, de la signature du contrat entre l’entreprise Bull et FACC pour l’installation d’un supercalculateur pétaflopique au Brésil, conformément au projet de coopération bilatérale sur le calcul haute performance, constitue un exemple particulièrement signifiant de la qualité de nos relations. Il s’agit d’un contrat stratégique dans cette période où le big data est au coeur des  développements dans tous les domaines scientifiques de l’information et de la santé mais aussi de toutes les préoccupations, je pense à la cybersécurité et à la protection des données.

Les enjeux au cœur de cette démarche touchent à l’attractivité des systèmes d’enseignement supérieur et de recherche français et brésilien et, au-delà, à l’attractivité de nos deux territoires pour les ingénieurs et les chercheurs hautement qualifiés.

Il ne faudrait pas oublier enfin que la France comme le Brésil sont insérés dans des espaces supra-nationaux. Les questions de coopération universitaire et scientifique sont un élément essentiel de la construction d’une économie de la connaissance et de la société apprenante
 (la "learning society" décrite par Joseph Stiglitz) dans un contexte aujourd’hui mondialisé.

La politique de la recherche ne peut plus se faire à la seule échelle des nations, c’est pourquoi je souhaite particulièrement souligner tout l’intérêt d’Horizon 2020, le nouveau programme cadre de recherche et d’innovation de l’Union européenne, dans notre coopération bilatérale.

Le gouvernement français a défendu avec succès l’inflexion du budget européen en faveur de la recherche lors de la préparation du cadre financier pluriannuel pour les années 2014-2020. 79 milliards d'euros seront consacrés à la recherche et l’innovation, ce qui représente une hausse de 35% des crédits par rapport au 7e programme cadre qui s’achève. 

Ce nouveau programme est donc une opportunité qu’il faut saisir, particulièrement pour la collaboration franco-brésilienne, que ce soit au travers des outils de mobilité et de formation, les actions Marie Sklowdoska Curie, de contrats E.R.C. pour les chercheurs ou la participation d’équipes brésiliennes en tant que partenaires de projets collaboratifs.

221 entités brésiliennes ont participé au 7e programme cadre pour la recherche et le développement de l'Union européenne, ce qui fait du Brésil le 6e partenaire de la coopération internationale pour l’Union européenne.

Je souhaite vivement que sa participation se développe à l’avenir au sein d’Horizon 2020 et contribue ainsi à renforcer un partenariat stratégique entre l'Union européenne et le Brésil dans lequel la France souhaite prendre toute sa part, ce qui veut dire vous l’aurez compris, une part croissante.

Ce nouveau forum franco-brésilien est l’occasion de doter la coopération franco-brésilienne d’une nouvelle feuille de route, de nature à renforcer sa cohérence, ses résultats et sa visibilité pour les années à venir. J’espère que les échanges y seront fructueux et qu’ils contribueront de manière forte à l’approfondissement de nos relations scientifiques, universitaires et culturelles.

J’ai compris que nous avions quelques marges de progression et soyez sûr de notre motivation à répondre à ces demandes. Il y a une proximité culturelle entre nos deux pays et un supplément d’âme que nous voulons non seulement préserver mais aussi amplifier.

Diaporama du 2e Forum franco-brésilien sur l'enseignement supérieur et la recherche


 

1ère publication : 15.09.2014 - Mise à jour : 29.09.2014

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