Accueil >  Recherche >  Domaines de la recherche >  Espace

Espace

Conseil ministériel de l'Agence spatiale européenne

Lancement Ariane 5 ECA vol 164© CNES

Geneviève Fioraso, secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, est intervenue en ouverture du conseil ministériel de l'Agence spatiale européenne, à Luxembourg, mardi 2 décembre 2014.

Discours - 2.12.2014
Geneviève Fioraso

Je suis très heureuse de vous retrouver tous aujourd’hui dans la capitale du Grand-Duché de Luxembourg, un des hauts lieux emblématiques de la construction européenne, à l’occasion de ce nouveau Conseil ministériel de l’ESA.

Sous la co-présidence du Grand-duché de Luxembourg et de la Suisse, nous sommes à nouveau réunis deux ans après nos échanges de Naples pour prendre des décisions vitales pour l’avenir des activités spatiales en Europe, en ce qui concerne les lanceurs, l’exploitation de la station spatiale internationale, l’exploration de l’univers, et l’évolution des relations entre l’Agence spatiale européenne et l’Union européenne.

Dans un contexte international marqué par l’aggravation de difficultés économiques, financières et politiques, le développement de conflits et de menaces nouvelles, l’Espace constitue plus que jamais une grande chance pour l’Europe, car il est un facteur générateur de croissance et d’emplois, de compétitivité, d’innovation, de progrès et d’avancées scientifiques considérables, notamment dans le domaine de l’exploration de l’Univers.

Tous ceux qui, comme moi,  ont eu le privilège d’assister en direct à l’atterrissage de Philae sur la comète le 12 novembre 2014– plus d’un million de personnes dans le monde ont pu prendre part à cette retransmission – auront eu conscience de vivre un moment historique à relier aux grandes découvertes qui ont jalonné le parcours de l’humanité, et comprendront tout l’enjeu et l’importance de notre engagement dans les activités spatiales. La mission Rosetta s’inscrit dans la longue lignée des grands succès des programmes de l’ESA.

Nous avons en deux ans considérablement avancé. La mobilisation sans précédent, non seulement des Ministres avec l’aide de l’ESA et des Agences nationales, le CNES, le DLR, l’ASI et toutes les autres organisations réunies au sein de l’agence, mais aussi de l’ensemble de nos  partenaires industriels européens, d’Arianespace et de ses clients, nous permet aujourd’hui de répondre aux objectifs que nous nous sommes fixés à Naples quand nous avons décidé de nous réunir en 2014 à Luxembourg.

Nous disposons aujourd’hui des éléments qui nous permettent de prendre les décisions nécessaires pour garantir un accès indépendant de l’Europe à l’espace, et rendre les services de lancement compétitifs sur la base de la préférence européenne. La proposition, basée sur des limites budgétaires réalistes grâce au passage direct à Ariane 6, s’appuie sur l’expertise unique accumulée depuis une cinquantaine d’années, ainsi que sur l’ensemble des travaux préparatoires réalisés à ce jour pour développer un nouveau lanceur. Grace à cette proposition, l’Europe disposera en 2020 d’une Ariane compétitive et modulaire, qui formera avec Vega une famille cohérente de lanceurs présentant de fortes synergies industrielles. Elle répond ainsi à la menace pressante de la percée spectaculaire de nouveaux acteurs qui mettent en danger notre autonomie dans le domaine. Elle est le fruit d’un travail intense qui est en premier lieu à mettre au crédit du Directeur général, Jean-Jacques Dordain, dont je tiens à saluer ici l’engagement au service de l’Agence et des Etats membres.

Nous sommes en mesure de nous prononcer sur la poursuite de l’exploitation de la Station spatiale internationale jusqu’en 2020, et d’étudier dans les meilleures conditions la poursuite de nos efforts en matière d’exploration spatiale, formidable vecteur de coopération internationale et de progrès scientifique.

La place de l’ESA doit être renforcée au cœur du dispositif européen, pour bâtir en cohérence avec l’Union européenne une politique spatiale européenne au service de tous les Européens et notamment pour la promotion des applications spatiales, vaste réservoir de croissance et d’emplois futurs pour notre continent.  Nous avons su travailler ensemble pour aboutir à la signature des accords GALILEO et COPERNICUS cette année, au terme d’un long processus de négociations.

Je ne doute pas que nous saurons imaginer les instruments qui, demain, viendront compléter et étendre notre action à d’autres domaines du spatial, en renforçant nos infrastructures. L’Union européenne pourra ainsi bénéficier pleinement des compétences et de l’excellence de l’ESA.

Mesdames et Messieurs, la réunion de Luxembourg est à nouveau un pas en avant à franchir pour consolider notre vision commune, pour mobiliser les Européens au service de notre ambition spatiale, en particulier ceux qui prendront la relève, les jeunes étudiants, chercheurs, scientifiques, ingénieurs des Etats membres que les travaux et succès de l’ESA ne peuvent que fasciner après l’atterrissage de Philae. Je peux vous assurer que la France est disposée à prendre toute sa part dans ce projet fédérateur, au service de projets scientifiques, technologiques et industriels, créateurs d’emplois hautement qualifiés en Europe.

Je vous remercie d’y contribuer.

Publication : 2.12.2014

Les recherches les plus fréquentes :

© 2013 Ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche - Tous droits réservés