Innovation

Inauguration du centre de recherche et de technologie Safran Tech

Inauguration du centre de Recherche et de Technologie Safran Tech© M.E.N.E.S.R./XR Pictures

Geneviève Fioraso s'est exprimée à l'occasion de l'inauguration du centre de recherche et de technologie Safran Tech, situé sur le plateau de Saclay à Châteaufort (Yvelines). Un centre placé sous le signe de la "recherche collaborative, accélérateur d'innovation".

Discours - 27.01.2015
Geneviève Fioraso

Le Président de la République a inauguré il y a deux mois (le 24 novembre 2014) la nouvelle usine commune à Safran Aéro Composite et à l’entreprise américaine Albany Engineered Composites, sur le site de Commercy en Meuse.

Je remercie la direction de Safran de m’avoir invitée à inaugurer aujourd’hui un nouveau centre, Safran Tech, organisé lui aussi autour d’un partenariat, non pas entre deux entreprises, mais un partenariat de recherche et développement technologique fédérant de nombreux acteurs, y compris académiques, autour de la société Safran.

Recherche collaborative

Safran est connu pour innover dans l’ensemble des domaines. Votre investissement en recherche et de développement, qui s’élève à 12% de votre chiffre d’affaires, est un exemple pour l’ensemble du tissu industriel français. Car même s’il progresse, l’investissement privé français en R&D est insuffisant.

Alors que l’investissement public français en pourcentage de P.I.B. est proche de celui des Etats-Unis ou de l’Allemagne (et sans y intégrer le CIR !), l’investissement français total en R&D, public et privé, n’est que de 2,29% du P.I.B.. Nous sommes donc encore loin de l’objectif de Lisbonne de 3%, dont sont proches les pays les plus innovants et qu’ont dépassé certains pays comme la Corée du Sud.

Je suis convaincue que, au-delà des programmes de soutien et des incitations fiscales nécessaires, c’est la réussite d’entreprises telles que la vôtre, une réussite basée sur la valeur ajoutée créée par l’innovation, qui peuvent jouer un rôle majeur d’entraînement.

Naturellement, l’innovation n’est pas seulement une affaire d’investissement. Elle a besoin d’être accompagnée : c’est l’objet des partenariats, facilités par l’effet des écosystèmes. Safran a su développer de nombreux partenariats avec les laboratoires publics. Parmi eux, le département des sciences de l’ingénierie et des systèmes du C.N.R.S., mais aussi l’ONERA, le C.E.A. l’université Paris sud, l'université Versailles Saint Quentin sont tous déjà présents sur le plateau de Saclay. Le fait d’implanter ici ce nouveau centre de recherche et de technologie vous permettra, bien entendu, de renforcer encore ces collaborations.

Vous avez à juste titre placé le centre Safran TECH sous le signe de la "recherche collaborative, accélérateur d’innovation". Vous le savez, ces partenariats entre la recherche publique et les entreprises sont essentiels pour faire bénéficier l’industrie des travaux d’excellence menés dans nos laboratoires publics, accélérer le transfert et donc la transformation de l’invention du laboratoire en innovation appropriée par l’entreprise et créatrice d’emplois.

La recherche partenariale joue un rôle fondamental dans la montée en gamme des produits et services, c’est ce que montrent tous les rapports, et pourtant elle ne représente en France (d’après un rapport conduit en 2013 par plusieurs inspections interministérielles) que 10% de la dépense intérieure consacrée à la recherche et développement. C’est deux fois moins qu’en Allemagne ou qu’aux Etats-Unis.

Nous visons un objectif de 20% d’ici 10 ans et c’est la raison pour laquelle je me suis clairement positionnée en faveur du maintien du Crédit Impôt Recherche, dont on sait l’effet de levier pour le développement de la R&D dans les entreprises, et dont le taux est doublé pour les projets de recherche confiés par une entreprise à des institutions publiques de recherche et pour l’embauche de jeunes docteurs en C.D.I. (les deux premières années). C’est aussi dans cet objectif que je me suis battue pour défendre un programme européen H2020 ambitieux, notamment dans son pilier "primauté industrielle".

Grâce à la recherche partenariale, l’expertise des chercheurs publics contribue à répondre aux besoins technologiques et industriels des entreprises. C’est là un enjeu fort pour le renouveau économique et industriel de notre pays.

Pour faciliter et accélérer le transfert, j’ai aussi instauré dans la loi du 22 juillet 2013 un mandataire unique de la propriété intellectuelle pour les brevets en copropriété publique. Le décret a été signé en décembre 2014, soit 18 mois après le vote de la loi. Pas de commentaire, mais tout de même !

Ces enjeux de transfert et d’innovation, je sais que Safran les a bien à l’esprit, et l’entreprise est cette année encore dans le trio de tête des déposants français en matière de brevets.

Notre recherche académique, en France, est d’excellent niveau. L’année 2014, de ce point de vue, a été remarquable. La recherche a brillé dans de nombreux domaines : l’économie tout d’abord, l’espace avec l’aventure Rosetta – Philae – Tchouri mais aussi la décision d’Ariane 6, ce nouveau lanceur au quel Safran contribue si largement avec Airbus au sein d’une société commune mais aussi les sciences du vivant, les neurosciences, la santé...

Il faut pérenniser cette excellence et les arbitrages budgétaires ont, de ce point de vue, épargné la recherche. Mais nous devons aussi davantage transformer, chaque fois que possible, cette recherche en emplois. Le partenariat entre la recherche publique et privée est encore une fois l’un des vecteurs de l’accélération du passage de l’invention à l’innovation.

Nous devons aller vers toujours plus de collaboration et la politique menée par Safran depuis plusieurs années est tout à fait exemplaire. Si les objectifs sont atteints, ce sont 1500 personnes qui devraient travailler sur ce site, dont 300 scientifiques et technologues issus du monde académique.

Je voudrais rappeler aussi à destination de nos jeunes doctorants et jeunes chercheurs que la recherche publique académique n’est pas le seul débouché de la thèse.

Je veux aussi redire que le monde industriel a tout intérêt à accueillir davantage les doctorants et j’ai engagé une démarche en ce sens. Je veux saluer au passage le dispositif des thèses Cifre, des thèses en alternance dans l’entreprise qui contribuent à rapprocher l’université et les entreprises au bénéfice de l’insertion des jeunes docteurs dans le secteur privé.

Ouverture sur la recherche amont

Cette ouverture sur le monde académique traduit aussi la volonté de Safran de développer, parallèlement à l’innovation incrémentale, une stratégie de recherche à moyen et long terme, apte à faire émerger des technologies de rupture pour les décennies à venir.
Nous devons définitivement sortir du cloisonnement voire de l’opposition souvent artificielle entre la recherche fondamentale, la recherche technologique, la recherche partenarial et le transfert ou le partenariat avec l’industrie. Ce qui compte, avant tout, c’est la qualité des recherches menées.

C’est de cette façon que nous pourrons faire de la France une grande nation innovante, par le développement de produits et de services performants et innovants, et renforcer ainsi sa place dans la compétition internationale. Vous le savez aussi bien que moi : l’innovation implique un ensemble de compétences et d’interactions, entre une diversité d’acteurs (chercheurs, ingénieurs, designers, industriels, investisseurs).

Ecosystème d’innovation

Et c’est bien ce qui se passe aujourd’hui, ici à Saclay, là où tout un écosystème complet se construit.

Le projet Paris-Saclay est d’ores et déjà structuré autour de nombreuses institutions d’enseignement supérieur et de recherche : le nouveau centre de Safran vient renforcer la composante entrepreneuriale et industrielle du plateau aux côtés de sociétés comme Dassault Systèmes, Air Liquide, Alcatel-Lucent ou encore Thalès.

J’ai une grande admiration pour votre entreprise et ses équipes de management. Dans le dernier quinquennat, alors membre de la Commission des Affaires économiques, j’avais été, comme tous mes collègues, totalement séduite par la présentation de Safran faite par son P.D.G., Jean-Paul Hertemann. Des entreprises comme la vôtre, investies dans des secteurs porteurs et stratégiques, sont une fierté pour notre pays et un formidable levier de croissance.

La période des vœux n’est pas tout à fait finie et je vous souhaite, à vous tous qui allez travailler dans ce centre de recherches, d’y faire de grandes découvertes qui nous permettront de renforcer la place de la France parmi les nations innovantes.
Soyez remerciés de votre contribution au progrès, au redressement industriel de notre pays et à la création d’emplois, fondement de la cohésion sociale et source d’espoir pour les jeunes générations.

Je vous remercie.








1ère publication : 27.01.2015 - Mise à jour : 5.02.2015

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