Enseignement supérieur

Clôture du séminaire national des élus étudiants de la FAGE

Najat Vallaud-Belkacem

Najat Vallaud-Belkacem s'est exprimée, vendredi 17 avril 2015, en clôture du séminaire national des élus étudiants de la FAGE à Lyon.

Discours - 17.04.2015
Najat Vallaud-Belkacem

Je voudrais vous remercier pour votre invitation à m'exprimer devant vous.

Votre Séminaire National rassemble des élus étudiants venant de toute la France et vient conclure un cycle de réflexion et de démocratie participative de près de six mois dans le cadre des Etats généraux de la pédagogie que vous avez lancé l'hiver dernier. Je salue cette démarche, qui est une contribution précieuse au débat sur l'avenir de l'enseignement supérieur.

C'est la première fois qu'une ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche intervient devant vous. En vérité, nous nous connaissons bien puisque j'ai eu l'occasion de travailler avec la FAGE lorsque j'étais ministre de la jeunesse.

Je connais le dynamisme de votre organisation, dont la vitalité associative est incontestable et appréciée. J'ai eu l'occasion, d'ailleurs, d'apprécier votre expertise, en matière de vie étudiante comme de pédagogie. J'apprécie la capacité des élus de la FAGE, à tous les niveaux, à définir des objectifs clairs et bien analysés. Je salue aussi la capacité de dialogue de vos responsables nationaux et l'efficacité de vos fédérations locales ou mono-disciplinaires.

La FAGE est non seulement un acteur du monde étudiant, mais plus largement de la citoyenneté des jeunes. La culture du débat fait partie de votre A.D.N., parce que vous savez que c'est cela qui permet aux jeunes de comprendre la société, de s'y intégrer, pour ensuite la transformer. Je veux donc vous dire mon respect pour une organisation fédérée par des valeurs d'engagement, de respect de l'autre, forte de ses convictions et soucieuse de faire progresser les droits des étudiants.

Puisque vous venez de l'évoquer, en effet, la France a fait le choix de se réinvestir dans le processus de Bologne d'harmonisation européenne de l'enseignement supérieur en prenant la présidence du groupe de suivi du processus pour les deux prochaines années. Je serai à Erevan à la réunion des ministres pour marquer la priorité que nous y accordons.

Je sais que la jeunesse de France est impatiente. Je connais la pression qui s'exerce sur vous : obtenir son diplôme dans le temps le plus rapide possible, pour se projeter dans le marché du travail. Je mesure à quel point tout cela peut pousser à l'individualisme, et combien cela peut marginaliser les plus faibles.

Certains sociologues font d'ailleurs l'analyse d'une fracture générationnelle. Confrontées au double défi du vieillissement de la population et de l'appauvrissement de la jeunesse, les sociétés européennes ne peuvent pas se permettre de laisser vivre les générations les unes à côté des autres sans faire en sorte qu'elles vivent ensemble. Je crois que l'impatience de la jeunesse témoigne d'une demande solidarité sociale, mais aussi d'une demande de solidarité intergénérationnelle,  dont nous devons tenir compte.

Mais je voudrais vous dire qu'en plaçant son mandat sous le signe de la jeunesse, le Président de la République n'a pas choisi qu'un slogan de campagne. Il a fait le choix d'offrir à la jeunesse des perspectives nouvelles. Il a pris la mesure de vos attentes. Il a pris date.

Et je voudrais que nous mesurions ensemble le chemin parcouru depuis trois ans.

Le chômage des jeunes, trop élevé, a déjà reculé de 2 points depuis 2012 et en créant 150 000 emplois d'avenir, l'Etat a pris ses responsabilités.

La loi sur l'encadrement des stages et le statut des stagiaires que nous avons fait voter redonne aux stages leur dimension pédagogique et permet de lutter contre le bizutage social imposé aux jeunes au nom d'un prétendu "manque d'expérience" qui justifierait tous les abus.

La "garantie jeunes" que nous avons mise en place permettra d'accompagner vers l'emploi 50 000 jeunes les plus vulnérables issus de 60% des quartiers prioritaires de la politique de la ville en 2015, et 100 000 en 2017, pour les aider à rebondir et à s'insérer, au besoin grâce au versement d'une allocation.

La nouvelle prime d'activité qui sera créée par la fusion du Revenu de soildarité active (R.S.A.) et de la prime pour l'emploi mettra fin à la discrimination par l'âge injustifiée qui excluait les travailleurs de moins de 25 ans du bénéfice du R.S.A.. Entre 700 000 et 1 million de jeunes travailleurs pauvres seront éligibles à la nouvelle prime d'activité, quand seulement 8 600 jeunes bénéficient aujourd'hui du R.S.A. activité.

Comme vous le savez,  450 millions d'euros ont été investis dans le système de bourses pour les étudiants depuis 2012, dont 200 millions d'euros en faveur de mesures nouvelles pour aider 160 000 nouveaux étudiants. Ce Gouvernement a fait de l'amélioration de vos conditions de vie une priorité résolue de son action.

Et parce que la situation des étudiants étrangers devait s'améliorer, nous avons abrogé la circulaire Guéant dès 2012, marquant ainsi une rupture avec les politiques du passé qui tournaient le dos à la tradition d'accueil de la France et au rayonnement international de nos universités.

Depuis 2012, les moyens consacrés aux jeunes, et particulièrement à ceux de 16 à 25 ans, ont augmenté : 85 milliards d'euros sont consacrés à nos politiques de jeunesse, soit une augmentation de 12 % entre 2012 et 2015. La priorité jeunesse, elle est concrète et tangible.

Je sais que ces orientations étaient attendues. Mais je n'ignore pas que les attentes demeurent fortes et qu'il nous faut aller plus loin. C'est mon objectif, mon horizon, mon ambition. Ne doutez pas de ma détermination.

Vous avez placé vos débats d'aujourd'hui autour d'un objectif majeur : la relance de la démocratisation de l'enseignement supérieur.

Cette priorité guide l'action du Gouvernement et elle est au cœur de la loi de 2013 dont l'objectif est de parvenir à diplômer 50 % d'une classe d'âge.

L'exceptionnelle ambition de former au plus niveau une partie importante de la jeunesse avait été peu à peu délaissée ces dernières années. Plus nos prédécesseurs parlaient de gouvernance des universités, moins on parlait de l'essentiel : la réussite des jeunes et le projet du pays pour son enseignement supérieur. J'ai d'ailleurs la conviction que c'est parce que la République avait abandonné ce dessein que la jeunesse s'inquiétait pour son avenir.

Pire, de plus en plus de voix, y compris au sein de la communauté universitaire, commencent à remettre en cause l'ouverture sociale et la massification de l'enseignement supérieur, qui seraient responsables de tous ses malheurs. Comme si plus d'étudiants, venus d'horizons plus divers, étaient un problème. Comme si le transfert de ses résultats était une dénaturation de la recherche. Comme si la formation tout au long de la vie des salariés était une mission subalterne.

Alors je l'affirme clairement devant vous : élever le niveau de qualification de toute une génération, c'est un défi majeur pour le pays, c'est un facteur de progrès social, économique, et démocratique. Tous les travaux de recherche montrent que le diplôme reste le meilleur rempart contre le chômage. Former la jeunesse, ce n'est pas une dépense, c'est un investissement collectif pour préparer l'avenir. 

Je défendrai donc avec conviction le libre accès de tous les bacheliers à l'enseignement supérieur et je m'opposerai à l'introduction de toute barrière sélective à l'entrée de l'université. Et je sais pouvoir compter sur votre soutien.

Ne nous trompons pas de débat.  A l'heure où les effectifs étudiants continuent de progresser à un rythme rapide, l'enjeu n'est pas aux réflexes malthusiens. A l'horizon 2023, le nombre d'étudiants devrait même avoir augmenté de 9% par rapport au niveau 2013, et la France devrait alors compter 2,8 millions d'étudiants contre 2,5 millions aujourd'hui.  Je crois donc comme vous qu'il nous faut porter un projet positif pour l'enseignement supérieur qui permette de  donner un nouveau souffle à sa démocratisation

L'allongement de la durée de la vie, le progrès scientifique et technique, l'évolution des savoirs posent à la société française un double défi : organiser la formation supérieure de toute une génération et faire bénéficier l'ensemble de la société des savoirs réservés jusqu'ici à quelques-uns. C'est un choix de société majeur. Il faut donc mettre l'université au service des étudiants, et au service des besoins de la société en matière de qualification, de savoir, de recherche et d'innovation.

Et en la matière, je voudrais vous dire que nous n'avons pas à rougir de nos universités vis-à-vis de l'étranger. Soyons fiers de leur dynamisme, de leurs innovations, y compris pédagogiques. Appuyons-nous sur leurs formidables réussites !  Et ouvrons ensemble de nouveaux chantiers.

Le premier d'entre eux, c'est la réussite des étudiants et la réforme des premiers cycles. La loi de 2013 est un socle législatif ambitieux, sur lequel il nous faut désormais construire la réforme globale du premier cycle. Je souhaite déployer d'ici 2016 l'ensemble de ces mesures.

La simplification du maquis des intitulés de diplômes introduit plus de lisibilité pour les étudiants et les employeurs. Elle devra se poursuivre.

L'accès facilité des bacheliers professionnels en S.T.S. et des bacheliers technologiques en I.U.T., où leur taux de réussite est bien supérieur, est un progrès pour lutter contre l'orientation par défaut qui enferme des milliers de jeunes dans des parcours auxquels ils ne sont pas préparés. Je serai attentive à sa mise en œuvre.

La loi encourage la spécialisation progressive en Licence, pour favoriser les réorientations sans redoublement. Je sais que vous y êtes attachés. Là encore, l'Etat renforcera son pilotage stratégique lors de chaque vague d'accréditation, tout en laissant l'innovation pédagogique s'exprimer.

Vous avez soutenu ces avancées. Il nous faut poursuivre dans cette voie et nous doter d'une feuille de route ambitieuse en matière de réforme pédagogique.

Le rapport de Claude Bertrand sur la pédagogie à l'université, qui vous a été présenté lors du CNESER du 15 septembre dernier, a ouvert, je crois, des pistes intéressantes. Les difficultés que rencontrent les étudiants en premier cycle universitaire ne sont pas une fatalité.

Qu'il s'agisse de l'orientation, du continuum bac-3/bac+3, de la spécialisation progressive, des méthodes d'enseignement, de la formation des enseignants du supérieur au sein des ESPE à la diversité de leurs missions, et de la prise en compte de celles-ci, de l'impact de la révolution numérique : je souhaite que nous puissions discuter de tous ces sujets dans les prochains mois. Il en va de l'excellence de notre université, qui ne peut pas être seulement une excellence de la recherche, dont attestent  d'ailleurs nos médailles Fields et nos prix Nobel. L'excellence partagée, c'est la capacité de la formation à répondre aux aspirations des jeunes, et aux besoins en compétences et en innovation de notre pays.

Nous devons aussi poursuivre la rénovation des formations de santé. L'échec y est encore dévastateur, malgré la mise en place de la PACES, qui a constitué un progrès par rapport à la situation antérieure.

C'est la raison pour laquelle la loi de 2013 a ouvert la possibilité, pour les universités qui le souhaitent, de mettre en place à titre expérimental, pour une durée de six ans, des modalités particulières d'admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et maïeutiques. Ces expérimentations doivent permettre les réorientations sans redoublement, ainsi que la diversification des modes d'accès aux professions de santé. Dix universités, soit 30 % des établissements dispensant des formations de santé, proposent déjà ces expérimentations. Je suis avec beaucoup d'attention leur mise en œuvre, notamment celle développée à l'université d'Angers. Et nous examinerons à leur issue les conditions de leur généralisation.

Nous poursuivrons également la réforme des études paramédicales, afin d'améliorer leur reconnaissance universitaire conformément aux standards européens. Geneviève Fioraso avait demandé à l'IGAENR un rapport il y a deux ans pour analyser la situation et faire des propositions. Je vous confirme ma volonté de poursuivre le processus d'universitarisation de ces formations, dans les années à venir, en étroite collaboration avec ma collègue Marisol Touraine.

Cette priorité à la réforme du premier cycle nécessite des moyens. Depuis 2012, le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche a bénéficié de 300 millions supplémentaires. Je vous confirme que le Gouvernement poursuivra la création de 1 000 postes d'enseignants chercheurs, mais aussi de personnels techniques et administratifs chaque année jusqu'en 2017. Je voudrais que chacun ici mesure l'effort exceptionnel que cela représente en ces temps difficiles.

Je me suis battue, et j'ai obtenu gain de cause, pour que les mobilisations des fonds de roulement soient ponctuels, d'un montant très limité, et surtout pour que cette somme soit redéployée au bénéfice de tous les établissements d'enseignement supérieur. Il ne s'agit donc pas d'une économie sur le dos des universités pour combler le déficit de l'Etat, ni d'une remise en cause de leur capacité à investir, et cela ne concerne en rien leur budget de fonctionnement.

La relance de la démocratisation nécessite également une amélioration de vos conditions de vie et d'étude.

Je voudrais d'ailleurs vous dire merci pour votre engagement au quotidien au service des étudiants. Je crois que cet engagement doit pouvoir être reconnu et valorisé dans vos formations, par exemple dans le cadre d'une année de césure au cours des études. Vous savez que j'ai toujours été très intéressée par votre proposition d'année de césure et je souhaite que cet enjeu fasse l'objet d'avancées lors de la concertation à venir sur la vie étudiante, sur laquelle je vais revenir dans un instant.

Et puisque nous parlons d'engagement, laissez-moi vous dire qu'en matière de conditions de vie des étudiants, le gouvernement, lui aussi, s'engage et tient ses engagements.

La construction de 40 000 logements étudiants supplémentaires d'ici 2017 est engagée. Les premiers résultats sont d'ores et déjà positifs : 12 000 nouveaux logements étudiants ont été livrés en 2013 et 2014, soit près de 25% des objectifs du plan 40.000, et nous devrions atteindre les 20.000 nouveaux logements étudiants d'ici la fin de l'année.

Il nous faut encore accélérer : j'ai envoyé en janvier dernier une circulaire aux préfets et aux recteurs afin qu'ils examinent toutes les opportunités foncières, et qu'ils aident à lever les blocages. Je compte sur votre appui, sur chaque territoire, pour que la mobilisation de tous les acteurs locaux en faveur de cet objectif soit totale.

La réforme des bourses que nous avons mise en œuvre est une réforme essentielle. Quand le Gouvernement investit dans les bourses étudiantes, il marque la reconnaissance de la société pour la qualification des jeunes et la confiance que nous plaçons dans les générations futures.

Depuis la rentrée 2014, 132 500 boursiers supplémentaires ont ainsi bénéficié d'une bourse "échelon 0 bis" de 1 000 euros annuels. 2 000 allocations annuelles comprises entre 4 000 euros et 5 500 euros ont été créées pour des étudiants en situation d'autonomie avérée. L'ensemble des bourses ont été revalorisées à hauteur de 0,7 %, soit plus que l'inflation, afin de préserver le pouvoir d'achats de tous les étudiants boursiers. Et depuis 2013, 30 000 étudiants issus des familles aux revenus les plus faibles ont bénéficié du nouvel "échelon 7" permettant la revalorisation de 15 %, de leur bourse, soit 800 euros par an. Si je rappelle ces éléments, c'est que je m'étonne qu'on les oublie vite, parce que, comme on dit, "bouchée avalée n'a plus de saveur".

Depuis 2012, l'effort budgétaire en faveur des bourses étudiantes a été de plus de 400 millions d'euros, dont 200 millions de mesures nouvelles, pour mieux soutenir les étudiants modestes par l'intermédiaire de bourses plus nombreuses et dont le montant est plus important. C'est un effort budgétaire sans précédent depuis 15 ans, dans un contexte difficile.

Et je vous rassure également : il n'est pas question de changer le mode de calcul des bourses l'an prochain. A ce stade, c'est de stabilité dont nous avons besoin.

Pour autant, la politique de vie étudiante ne saurait se limiter aux bourses et à leur réforme. D'autres chantiers doivent être ouverts, et je sais que vos attentes en la matière sont importantes.

Je vous confirme donc ma volonté d'ouvrir dans les prochaines semaines une concertation pour élaborer un plan national de vie étudiante, dont les mesures viendraient compléter la réforme des bourses sur d'autres sujets. Ce plan sera au service de deux objectifs essentiels : renforcer l'accessibilité sociale à l'enseignement supérieur et améliorer la construction du parcours d'autonomie des étudiants.

Je souhaite en particulier que cette concertation s'organise autour de quatre enjeux essentiels :

D'abord, la simplification des démarches et le renforcement de l'accès aux droits. Etre étudiant ne doit plus être synonyme de parcours du combattant. Les étudiants doivent être mieux accompagnés, à chaque étape de leur parcours. L'accès aux droits constitue un enjeu central d'égalité et une mission de service public particulièrement nécessaire aux étudiants les plus en difficultés. Je pense à l'entrée dans l'enseignement supérieur, aux calendriers et aux modalités d'obtention d'une bourse ou d'un logement, aux simplifications des demandes d'aides au logement, à la multiplication des interlocuteurs, aux démarches administratives des étudiants étrangers. Tous ces sujets seront sur la table, et vous pourrez défendre vos idées.

Ensuite, l'amélioration des conditions de vie et de réussite. Je pense aux droits que nous devons accorder aux étudiants qui travaillent pour financer leurs études, à la qualité de la restauration sur les campus, ou du droit au logement. Je souhaite notamment rendre l'attribution des logements plus juste et transparente, en définissant par décret des critères d'attribution objectifs pour tous les logements étudiants, qu'ils soient gérés ou non par le réseau des œuvres universitaires.

Le troisième axe de ce plan concerne l'amélioration de la santé des étudiants. Nous devons notamment améliorer l'accès aux soins auxquels près d'un tiers des étudiants déclare renoncer, développer des offres de soins adaptées sur les campus en créant 30 centres de santé universitaire d'ici 2017, et renouveler la prévention en milieu universitaire.

Enfin, il est nécessaire de dynamiser la vie de campus et de faire des étudiants des acteurs dans leur établissement. Je souhaite en particulier que la question des "temps et rythmes étudiants" soit placée au cœur des politiques d'établissement, que les étudiants s'impliquent dans l'évaluation des formations et des établissements, que les engagements soient mieux valorisés et reconnus dans les cursus, et que les conditions d'exercice des responsabilités des élus étudiants soient clarifiées.

Il ne s'agit que de premières réflexions, et je compte sur la concertation pour alimenter ce plan national de vie étudiante. Il faut qu'y soient associées les organisations étudiantes, les conférences d'établissements, le CNOUS, les représentants des collectivités et les associations spécialisées. Il faudra cependant aller vite : je souhaite que ses conclusions me soient remises à la fin de l'année universitaire pour que de premières mesures puissent s'appliquer dès la rentrée prochaine.

Le service public d'enseignement supérieur doit donc être remis en mouvement, au service d'une politique de démocratisation qui donne toute leur place aux étudiants. Je souhaite les remettre au cœur du fonctionnement des universités, reconnaître leur contribution aux indispensables transformations de l'enseignement supérieur.

L'enseignement supérieur doit s'ouvrir à tous les publics, y compris aux salariés, et la révolution de la formation tout au long de la vie à l'université est encore devant nous. Elle est enthousiasmante.

L'enseignement supérieur est au cœur de notre cohésion sociale et de notre pacte républicain, en permettant la réussite et la promotion sociale pour le plus grand nombre.

L'enseignement supérieur ne peut rester en retrait des évolutions la société en matière d'égalité femmes - hommes. Avec la loi du 22 juillet 2013, nous avons passé un premier cap pour que les femmes et les hommes participent ensemble à la gouvernance de nos établissements d'enseignement supérieur. Nous ne pouvons pas nous résoudre à ce qu'avec seulement 6,5 % de femmes dirigeantes dans le supérieur, soit moitié moins que dans les autres pays de l'Union européenne, la France soit en fin de classement en matière d'accès des femmes aux responsabilités D'autres étapes sont à franchir.

Nous connaissons les freins à l'orientation des femmes dans certaines filières, notamment scientifiques, et vous savez que le ministère a lancé l'an dernier une campagne pour faire tomber certains préjugés et combattre l'autocensure dans l'orientation. C'est aussi dans l'enseignement supérieur que se gagnera la bataille de l'égalité professionnelle.

L'enseignement supérieur ne doit plus tolérer aucune violence à l'égard des femmes. Cette "tolérance zéro" n'est pas que symbolique ; elle doit s'organiser et je salue les établissements qui ont mis en place des procédures. J'ai pris les textes règlementaires pour permettre le dépaysement des procédures disciplinaires en matière de harcèlement sexuel. Un cadre est posé. C'est aussi l'image de nos établissements qui se joue.

Voilà, Mesdames et Messieurs, les orientations du gouvernement pour l'enseignement supérieur et pour les étudiants dont je souhaitais vous faire part.

L'enseignement supérieur est une priorité du Gouvernement. Pas seulement dans les discours, mais aussi dans les actes. Une priorité budgétaire, une priorité politique, une priorité chaque jour réaffirmée.

L'enseignement supérieur est en mouvement, il s'ouvre, il est dynamique. Son internationalisation est en marche, et contribue au rayonnement culturel et scientifique de notre pays.

Je vous remercie de tout cœur de contribuer à ces changements. Je serais à votre écoute, et attentive. Merci pour votre engagement, pour votre défense des étudiants. Merci d'y croire.

1ère publication : 17.04.2015 - Mise à jour : 24.04.2015

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