Simplification de l'enseignement supérieur et de la recherche

Consultation "Simplification" : contributions "COMUEs et regroupements"

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La démarche d’élaboration de la stratégie "Simplification" est basée sur le dialogue et la concertation. Une consultation publique est ouverte entre le 19 janvier et le 26 février 2016. Cette page présente les contributions du thème "COMUEs et regroupements"

Actualité - 28.04.2016

Toutes les contributions réceptionnées dans le cadre de la consultation publique et pour lesquelles les auteurs ont donné leur accord ont été publiées. Tous les contenus de ces publications n'engagent que leurs auteurs.

 

26/02/2016 - Daniel Sidobre - Maître de conférences à l'Université Toulouse III - Paul Sabatier - Chercheur au LAAS-CNRS

Il y a un grand nombre de statuts pour les établissements. Plutôt que de construire des COMUEs hétéroclites qui vont faire perdre leur temps à tout les acteurs pour quelques bénéfices hypothétiques à très longues échéances, ne serait-il pas enfin temps de s'attaquer au problème fondamental, à savoir le découpage entre grandes écoles et universités ? Le système des grandes écoles est couteux (3 fois plus cher par étudiant selon KPMG), il contribue à casser le nécessaire lien social à l'intérieur de notre société et le modèle international est basé sur les universités. Il convient donc de redonner toute leur place aux universités.



26/02/2016 - Erwan GUEGUEN et Alexandre SOULARD, MCU, Université Lyon I

  • Simplifier les strates de fonctionnement: équipe de recherche/laboratoire de recherche/Institut fédérative de recherche/departement de recherche/faculté des sciences/Université/COMUE/LABEX/IDEX/Ecole doctorale/délégation régionale de CNRS, INSERM, etc etc. Aller jusqu’à fusionner des organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRA, etc.) avec les universités. Cela serait en accord avec le point développé où TOUT les chercheurs doivent enseigner. Cela redirait énormément les coûts.
  • À chaque fois des moyens administratifs sont nécessaires pour faire fonctionner ces organismes. Si on sSi on simplifiait au maximum, l’argent dégagé retournerait dans les laboratoires pour augmenter les dotations et faire avancer la recherche


26/02/2016 - Coordination des Universités de Recherche Intensives Françaises (CURIF), association de défense des intérêts universitaires

Laisser la responsabilité de la nomination du directeur général des services (DGS) au président d’université :
Afin de garantir pleinement l’autonomie des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, et en respect de la volonté de simplification de l’ESR, la CURIF demande à ce que le directeur général



26/02/2016 - Pascale GILLON - Directrice de recherche CNRS Orléans

Ces dix dernières années ont vu la multiplication des structures dans le domaine de la recherche. Pour n’en citer que quelques-unes : en plus des laboratoires (UMR, UPR, EA,UMS, UPS, ERI), nous avons vu apparaitre les fédérations de recherche, les OSU, les CRT, les Carnot, les labex, les Idex, enfin dernièrement les COMUE, les associations d’établissement, les fondations, les grands campus et autres grands établissements.

Je n’oublie pas l’ensemble des structures qui ont été mises en place dans le domaine de la valorisation de la recherche où chaque établissement a créé sa propre structure : Fist SA, INSAVALOR, ... sur lesquelles sont venues se rajouter les SATT. A noter qu’il s’est développé aussi des structures de gestion des subsides régionales telles que AREPIC ou encore des structures d’aides à la rédaction des appels d’offres (cellule Europe par exemple).

Concernant les agences de financement de la recherche, dans ce domaine aussi il y a croissance continue du nombre de guichets : l’ANR bien sûr, la commission européenne, le CNES, l’ADEME, l’ESA  mais aussi les conseils régionaux et conseils départementaux sans oublier les appels d’offres lancés dans le cadre des labex , des idex et des PIA obtenus par les structures citées plus haut.
L’ensemble de ces structures nécessitent des moyens  pour exister bien avant de fonctionner (un logo, des locaux, une équipe dirigeante ...). Les moyens  que nécessitent ces structures toujours plus nombreuses viennent, à budget constant, réduire d’autant  ceux destinés à produire, que ce soit des connaissances, des innovations ou des formations.
 
En terme de simplification il serait raisonnable d’envisager de réduire le nombre de ces structures en réduisant les interférences entre structures et en focalisant et définissant clairement les missions de chacune. Par principe, toute nouvelle structure devrait viser à supprimer au moins 2 structures existantes. Il est essentiel que les structures d’excellence (labex, idex, ...) ne soient pas destinées à être pérennisées.

Plutôt que confier et sous-traiter un certain nombre d’actions liées à la recherche à des structures externes, il conviendrait de s’appuyer sur les services des établissements publics et leur personnel, en proposant des évolutions des métiers et des compétences si nécessaire.
 
Rapprocher les actions au plus proche de la production en réduisant les intermédiaires.



26/02/2016 - SNTRS - CGT

Préambule :

Le chantier sur la simplification de l’ESR a été initié par Thierry Mandon quelques semaines après le lancement des groupes de travail autour de l’agenda social du ministère. Ces groupes de travail au nombre de cinq sont actuellement à mi-parcours et malheureusement ne permettent pour le moment que de simples échanges de vue, sans grandes perspectives de changements positifs.

Certes le recouvrement entre ces deux processus de consultation n’est que partiel (au moins au travers du chantier sur les ressources humaines). Mais que penser des propositions de simplification élaborées dans un cercle restreint choisi parmi les décideurs des universités et organismes de recherche qui pour la plupart ne font que chercher à simplifier des principes d’organisations mis en œuvre par les lois LRU et Fioraso. Qu’a- t-on fait des conclusions du rapport Berger qui faisait suite aux assises lancées par Mme Fioraso. Nous ne partagions pas toutes les conclusions, mais certaines d’entre elles méritaient de ne pas tomber dans l’oubli, notamment celles relatives à la gestion des personnels : par exemple la proposition 109 sur un plan pluriannuel de recrutements, mais il y en avait d’autres.

Il est difficile de répondre aux quatre thématiques de cette consultation sans analyser l’ensemble de la politique mise en œuvre dans notre secteur. Pour le SNTRS-CGT, le gouvernement de François Hollande s’est inscrit dans la continuité d’une politique néolibérale initiée par les gouvernements précédents. Le Crédit Impôt Recherche n’a même pas été amendé à la marge : on voit maintenant des entreprises pouvoir déduire deux fois les salaires de leurs employés, par le Crédit Impôt Compétitivité Emploi et par le Crédit Impôt Recherche. La précarité généralisée dans notre ministère est toujours présente et dépasse largement les autres secteurs de la fonction publique d’État et il en est de même pour le retard des rémunérations et des carrières qui nous mettent dans les oubliés de la fonction publique. Les règles initiées par une mise en œuvre des théoriciens du « nouveau management public » sont devenues des principes d’organisation pour nos universités et nos organismes, sans que l’on se soucie du coût réel des procédures bureaucratiques contraignantes mises en œuvre. La mise en place de ce pilotage par la performance détruit les collectifs de travail en mettant en compétition les individus et en renforçant l’autoritarisme. Il se traduit par une évaluation des activités de recherche basée essentiellement sur des indicateurs quantitatifs qui met en arrière-plan la qualité scientifique.
En tant que syndicat des organismes de recherche nous n’interviendrons que les trois premiers ateliers : appel à projets, Comues et regroupements, Ressources humaines

Comues et regroupements :

Le SNTRS-CGT, comme les autres organisations syndicales de la CGT, a depuis la mise en place en place de la loi FIORASO exprimé son refus des COMUE. Ces mastodontes administratifs n’ont en rien contribué à la simplification du paysage de l’ESR. Ajoutés aux structures mises en place par le grand emprunt, ils ont au contraire contribué à sa complexification. Leurs mode de fonctionnement, leurs dispositifs électoraux complexes contribuent à la mise à mal de la collégialité et de la démocratie. Le renforcement du poids dans les conseils, des représentants extérieurs, patronat et régions, transforment la mission des universités et des établissements de recherche : le service public d’enseignement et de recherche se met au service de la compétitivité du tissu économique local. Les objectifs de rationalisation des coûts se mettent en place à la fois sur les formations mais aussi sur les thématiques scientifiques. Mais cette rationalisation ne touche pas les dérives salariales excessives que certains jugent bon de s’accorder, jusqu’au plus haut des instances de gouvernance.

La politique qui devrait être nationale des organismes de recherche se transforme en politique de site. Les laboratoires situés sur plusieurs sites ou plusieurs COMUE ont du mal à assurer leur pérennité. Les thématiques qui ne sont pas dans la « cible » des COMUE sont mises à mal. Les organismes ne sont plus en capacité de mener un politique nationale.
Ainsi les transferts de compétence prévus dans les statuts des COMUE donnent de nouvelles  prérogatives aux nouveaux établissements notamment en matière de ressources humaines. Ces transferts, plus ou moins étendus selon les sites, vont contribuer à vider les organismes de recherche de leurs missions d'opérateur de recherche au profit de ces nouvelles structures universitaires.
La volonté politique de transférer aux COMUE les bâtiments universitaires après la masse salariale ne peut se comprendre que dans le cadre du désengagement financier de l’Etat. Sommées de trouver de nouvelles ressources, comment imaginer longtemps que les COMUE et les universités ne choisissent pas l’augmentation des droits d’inscription.

Dans ce contexte, le SNTRS-CGT n’est pas favorable à l’ensemble des mesures préconisées. Les COMUE devraient être supprimées pour revenir à de universités à taille humaine, libres d’organiser entre elles des coopérations. L’Etat quant à lui doit garder la responsabilité du financement de celles-ci, d’abord sur la masse salariale, mais aussi sur les bâtiments universitaires. Les organismes de recherche doivent retrouver la maitrise de leur politique.



26/02/2016 - Etienne RUELLAN - Directeur de Recherche/Senior Scientist - C.N.R.S /OMP/GET

En matière de recherche océanographique le parcours imposé aux chercheurs des équipes françaises a atteint un niveau de complexité qui défit toute logique, hormis celle qui consisterait à entraver le bon déroulement de la recherche. On ne peut y croire ! Plus 85% de la production scientifique issue des campagnes océanographiques de la flotte française provient du CNRS, de l’IRD et des universités.

Prenons la situation de la FOF, ou Flotte Océanographique Française, Très Grande Infrastructure de Recherche (TGIR) et son organisation. La France dispose de l’une des flottes océanographiques les plus modernes et complètes mais totalement sous exploitée en raison d’une organisation défaillante, de financements insuffisants, de conflits d’intérêts majeurs et de luttes entre opérateurs.

La flotte se décompose en trois composantes, la flotte hauturière principalement opérée par l’Ifremer mais aussi l’IPEV et l’IRD, la flotte côtière et de station principalement opérée le CNRS mais aussi par l’Ifremer et l’IRD, et les grands équipements dédiés.
S’agissant des flottes opérées par les EPST, opérateurs de recherche, CNRS et IRD, celles-ci sont entièrement dévolues aux missions prioritaires de recherche académique, d’observation de l’environnement et de formation. Pour le CNRS, le budget de l’état est correctement dimensionné pour son fonctionnement, mais par contre celui-ci ne permet pas de réaliser les investissements nécessaires au maintien de l’infrastructure et à son indispensable évolution à moyens et longs termes. Pour l’IRD, le budget de l’état est notoirement insuffisant, tant pour assurer un plein fonctionnement des deux navires que pour assurer le maintien en condition opérationnelle et l’évolution à long terme.

S’agissant de la flotte opérée par l’IPEV, agence de moyens (GIP) dédiée à la recherche polaire et dans les mers australes, celle-ci comporte deux navires, l’un l’Astrolabe pour la logistique Antarctique et l’autre le Marion Dufresne II (propriété des TAAF) consacré à la recherche académique, à l’observation et à la formation. Le CNRS et l’IPEV ont bénéficié d’un Equipex (14 M€ dans le cadre de CLIMCOR) exceptionnel qui a permis de réaliser en 2015 la jouvence des équipements scientifiques à mi- vie. Par contre le budget de l’état n’est pas suffisant pour couvrir le coût d’exploitation du navire MD II pour les 220 jours à disposition de l’IPEV pour la communauté scientifique ; l’institut est donc régulièrement amené à réaliser, au détriment de ses missions prioritaires de recherche, des campagnes à caractère commercial afin de compléter son budget.

S’agissant de la flotte opérée par Ifremer, EPIC, la conjonction de plusieurs facteurs place celle-ci au centre d’un conflit d’intérêt entre les différentes missions de l’organisme à savoir sa fonction d’agence de moyens nationale (mise à disposition de la flotte hauturière pour la recherche académique), sa fonction d’opérateur de recherche propre (dédiée à la recherche pour l’exploitation de la mer), et ses missions à caractère industriel et commercial (qui l’obligent à trouver par lui-même une part importante de son budget). Sans entrer ici dans le détail qui nous amènerait trop loin, on retiendra qu’en définitive le temps bateau consacré à la recherche académique, à l’observation de l’environnement ou à la formation est très faible au regard du temps bateau total disponible tous navires hauturiers Ifremer confondus (plus de 1000 jours), donc très loin et en contradiction avec sa vocation première, car, écartelé, l’établissement de façon prévisible a tendance à faire passer en priorité ses propres intérêts aux dépens de ceux des autres organismes nationaux.
Dernier point, qui ne fait qu’alourdir encore plus la complexité du système, les agences Ifremer et IPEV n’ayant plus les financements suffisant pour opérer leur flotte à temps plein notamment pour la réalisation des campagnes de recherche académique, il est demandé aux équipes de recherche de solliciter l’ANR pour une prise en charge totale ou partielle du coût des campagnes, tant pour la préparation, la réalisation que l’exploitation des résultats. Mais l’ANR n’en a pas les moyens.

En conclusion, ne serait-il pas temps de simplifier le système :

  • en rassemblant l’ensemble de la FOF au sein d’une seule et unique agence de moyens exempte de conflits d’intérêt
  • en dotant cette agence des budgets nécessaires correctement dimensionnés pour assurer un fonctionnement optimal de l’ensemble des navires, sans perte de temps bateau
  • en dotant cette agence d’un plan d’évolution de la flotte et des équipements lourds pluriannuel à long terme
  • en dotant cette agence des procédures simples et uniques d’évaluation et de programmation scientifiques, comprenant les budgets associés pour la préparation, l’exécution et l’exploitation des résultats des campagnes. 
  • sans créer une nouvelle structure.

Concrètement, cette agence existe déjà et il suffirait d’en élargir ses missions actuelles. En effet, c’est tout simplement l’IPEV. En tant que pure agence de moyens exempte de tout conflit d’intérêt, gérant la TGIR Concordia et déjà pro-parte la TGIR FOF, disposant d’un statut de GIP dont sont déjà membres entre autres le MENESR, le C.N.R.S., l’Ifremer, et les TAAF, ce serait la structure idéale. Elle a déjà l’expérience et est dotée des instances ad hoc de gouvernance pour gérer en toute indépendance l’ensemble de la TGIR au service des opérateurs nationaux quelques soient leurs missions respectives.



 

26/02/2016 - Nathalie Dauvois -  professeur de littérature française université de Paris 3 - Ancienne présidente de la 9e section du CNU (2004-2007)
Michel Magnien -  professeur de littérature française université de Paris 3 - Ancien président de la 9e section du CNU (2011-2015)

Les regroupements d'universités ont des effets pervers beaucoup plus importants que les très hypothétiques effets  bénéfiques attendus de la création d'entités de  taille déraisonnable (pour SPC : 120  000 étudiants et 6000 EC) -- d'autant que les systèmes informatiques utilisés par le MESR (tel le logiciel Apogée) censés faciliter la gestion de pareils mastodontes démontrent depuis des décennies leur inefficience, et ne font qu'alourdir encore la tâche des secrétariats au lieu de l'alléger.

  • La création de couches superposées d'entités administratives rend la moindre démarche extrêmement lourde. A Paris 3, pour faire signer un simple ordre de mission il faut désormais passer par toute une série d'instances (au moins quatre), ce qui ralentit considérablement les procédures et alourdit en proportion la tâche de l'administration. Et tout cela a un coût, correspond à des heures de travail des personnels BIATS pour effectuer des tâches qui n'existaient pas auparavant.
    En termes de postes administratifs en effet, loin de permettre allègement et mutualisation, les COMUE telles qu'elles sont structurées multiplient les postes identiques, tout en laissant l'essentiel du travail à la base, celle des départements, où le manque au niveau des secrétariats  pédagogiques est patent.
  • De plus, et on le voit déjà avec la disparition de nombreux postes d'enseignement, transformés en postes de BIATSS, la mutualisation va se faire au détriment du coeur du métier, l'enseignement et la recherche, à coup de regroupements aberrants et difficilement justifiables : il n'a par exemple jamais été envisagé de regrouper Paris 1 et Paris 3, ce qui aurait été, dans le paysage parisien, le seul regroupement intéressant, créant une vraie complémentarité  entre les enseignements et une vraie dynamique du point de vue de la recherche interdisciplinaire. Il faudrait également prendre conscience de ce que signifient concrètement ces regroupements : qui va se déplacer d'un campus dans l'autre ? Les Professeurs ? Les étudiants ? Or, par exemple au sein de la COMUE SPC, aucun des étudiants de Paris 3 par exemple n'a envie d'affronter une heure et demie de transport pour aller suivre un séminaire à Villetaneuse, et vice-versa. Envisagerait-on alors une généralisation des visio-conférences et autres MOOC ? Il faudrait le dire clairement. Quand on voit la configuration de certaines COMUE, comme en Bretagne ou en Région Centre, avec des établissements partenaires distants de plus de 200 kilomètres, cela semble être la seule solution. Mais il faut bien prendre conscience que nous allons ainsi vider l'université de la dimension humaine et de la relation interpersonnelle entre étudiants et professeurs, qui la font vivre. 
  • Plus grave peut-être encore, en éloignant le pouvoir de l'usager, les COMUE  entravent le bon fonctionnement des instances universitaires qui reposaient sur des procédures démocratiques et auxquelles on a substitué une série de délégations, de préfigurateurs de pôles, de chargés de mission, tous nommés, tous libérés des charges d'enseignement, tous participant et bénéficiant d'une bureaucratie-nomenklatura détachée des réalités du métier d'enseignant et de chercheur. Qu'est devenue la collégialité, qui depuis l'origine a toujours été le mode de fonctionnement de l'Université française ?

25/02/2016 - Elisabeth Zaparucha - Animatrice de la Commission Politiques publiques d'ACI (qui rassemble des cabinets conseil en)
innovation

La superposition de structures ou de regroupements issus de différentes politiques (COMUE, Idex, Labex ...) multiplie les instances de gouvernance et les temps et coûts associés. Le système devient illisible pour les chercheurs.

Un principe de subsidiarité devrait être systématiquement appliqué avec une réelle hiérarchie des différentes instances et regroupements. En la matière, il serait utile de laisser aux acteurs de terrain un droit à la créativité pour trouver la meilleure configuration institutionnelle au cas par cas.



23/02/2016 - Yannick Dappe - chargé de recherche CNRS : contribution du Service de Physique de l'Etat Condensé (SPEC, CEA, CNRS, Université Paris-Saclay, CEA Saclay 91191 Gif-sur-Yvette

La question des COMUES et des regroupements rejoint la question administrative dans le sens où le système actuel multiplie les structures sans supprimer les structures existantes. Le SPEC estime que cette multiplication des strates nuit au bon fonctionnement du système. À titre d’exemple, à Saclay, l’Université Paris Saclay coexiste avec l’Université Paris Sud , ce qui multiplie les démarches administratives.

Le SPEC demande donc une simplification de ce système pour obtenir une structure unique et cohérente.



18/02/2016 - Thierry Guillet -  Professeur de Physique à l'Université de Montpellier, pour la section SNESup-FSU de l'Université de Montpellier-Site Triolet

"Vie démocratique dans les établissements et leurs composantes : Comment renforcer la place des représentants élus ?"



15/02/2016 -  Guy CORAZZOL - Ingénieur de Recherche - Directeur du Patrimoine de l'Université Lyon

1) Organiser l'Université sur le modèle des centres hospitaliers :
Un directeur, président du directoire qui conduit la politique générale de l'établissement et représente l'établissement dans tous les actes de la vie civile et agit en justice au nom de l'établissement.
Un directoire qui approuve le projet de recherche et pédagogique de l'établissement et qui dispose d'une mission de conseil auprès du directeur dans la gestion et la conduite de l'établissement
et un conseil de surveillance qui se prononce sur la stratégie et exerce le contrôle permanent de la gestion de l'établissement.
Suppression des UFR pour les remplacer par 4 pôles correspondant à chaque domaine de formation : ces pôles n'interviennent que dans la partie stratégique de la recherche et de la formation et sont représentés dans le directoire.
Des services administratifs sous un seul modèle : la direction. Suppression des services généraux, services communs ...
2) Permettre aux établissements de recourir à l'emprunt pour financer des projets immobiliers sous le contrôle financier du Recteur
3) intégrer les écoles d'ingénieur, les CPGE, BTS, IEP, ENS ... dans les universités afin d'assurer une véritable visibilité et cohérence de l'enseignement supérieur public. Ce serait donc l'Université, ainsi constituée, qui déterminerait l'allocation de ces moyens sur un même site en fonction de ses priorités stratégiques.
4) Utiliser la totalité de l'année civile pour les enseignements et donc simplifier l'utilisation des locaux. Actuellement les locaux universitaires sont utilisés « à plein » environ 2 x 12 semaines auxquelles il faut ajouter des périodes d'examen ( 4 à 6 semaines). Le regroupement proposé en 3) permettrait aussi une mutualisations des locaux ce qui n'existe pas actuellement (ou très peu).
5) Développer fortement les cours magistraux (organisés en amphithéâtre) en ligne pour se concentrer sur le présentiel pour les TD et TP.


15/02/2016 - Catherine BRAUN BRETON - Professeur- Université de Montpellier -UMR 5235-DIMNP

Les fusions d’Université peuvent se comprendre. Le rôle et les avantages des COMUES par contre sont pour le moins peu clairs et ces structures vont gaspiller les forces et l’argent des uns et des autres.


14/02/2016 - AFEA Association française d’ethnologie et d’anthropologie

La mutualisation des moyens au sein de COMUE entraîne une disparition de la diversité des formations, laquelle légitime rapidement une disparition des moyens humains et financiers. De plus, les COMUE posent différents problèmes de gestion compliquant considérablement le fonctionnement des structures de recherche et d’enseignement.



14/02/2016 - Raphael Leblois, représentant d'un collectif d'agents du Centre de biologie pour la gestion des populatons, UM INRA, IRD, Cirad et Montpellier Supagro

Souhait unanime d’aller vers une refonte du système visant à fusionner les actuels organismes de recherche pour créer des grands Instituts de Recherche Thématique (IRT) Environnement, Santé, Energie, etc... (les Alliances récemment mises en place démontrent bien que les thématiques sont partagées par les divers organismes de recherche actuels). Une discussion peut s’ouvrir sur l’intérêt d’identifier un institut de recherche académique (ex. CNRS) et des instituts de recherche finalisés ou d’identifier des départements de recherche à vocation académique ou finalisée au sein d’un même institut. Suppression des établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC).
 
Proposition d’intégrer les écoles d’ingénieurs dans les Universités. Suppression du distinguo chercheur et enseignant-chercheur et adoption d’un statut unique d’enseignant-chercheur (EC) avec ~50h d’enseignement /an dans le 2ème cycle. Les EC dépendent d’un seul institut de recherche technologique (IRT) et d’une Université.
 
La recherche est uniquement pilotée par les IRT. Chaque UMR est ainsi affiliée à 2 tutelles : l’université et l’IRT.  Ces deux mesures entrainent  de fait une complète cohérence en matière de programmation scientifique et une réelle simplification (optimisation) en termes de gouvernance et de fonctionnement administratif et financier (harmonisation des procédures, des soutiens de base, etc).
 
Abrogation de la loi sur l'autonomie des universités (loi LRU). La programmation de la recherche doit relever d’une politique nationale qui s’inscrit dans la durée. Une politique de pôles régionaux ne peut être faite qu’en concertation avec la programmation nationale qui veille à éviter la redondance entre pôles. Elle doit relever d’un partenariat entre la région et les IRT et la mise en œuvre d’appels à projets.
 
Suppression des Idex, Labex et autres Equipex mais soutien à la mutualisation d’équipements entre laboratoires au niveau de plateformes formalisées au niveau institutionnel (et donc soutenues par leurs tutelles).



 

14/02/2016 - Franz Bruckert - enseignant-chercheur, Grenoble INP Phelma - directeur du laboratoire des Matériaux et du Génie Physique (UMR 5628)

Elimination des tutelles multiples :

Pour prendre l’exemple de notre laboratoire, nous avons deux tutelles, le CNRS et Grenoble INP, qui contribuent à notre budget et auxquelles sont rattachés nos personnels. Mais depuis janvier, nous dépendons maintenant également de la COMUE UGA, qui apportera également des moyens (j’espère) et du personnel (peut-être). L’idéal serait que cette tutelle supplémentaire se glisse dans les deux qui précèdent. Mieux encore, on pourrait répartir les rôles de nos deux tutelles :

  • CNRS : gestion des personnels CNRS, des chercheurs post-doctorants et des techniciens/ingénieurs de recherche, budget du laboratoire hors salaires. 
  • Grenoble INP (universités) : gestion des enseignants, des personnels dépendant des universités, des doctorants.

    Il est en effet logique que les universités, où se trouvent les écoles doctorales, s’occupent des doctorants. Les chercheurs post-doctorants et les techniciens/ingénieurs sont en revanche des spécialistes de la recherche, quoique non permanents, et leur carrière devrait donc être suivie par un organisme de recherche.


14/02/2016 - Teresa Teixeira (DR2 CNRS) et Mickael Cohen (CR1 CNRS) IBPC-UMR8226, Paris

Actuellement ces regroupements représentent des entités méconnues de la plupart de nos collègues. Même quand on passe du temps à essayer de comprendre, il devient très difficile de s’y retrouver. Nous proposons donc un audit de l’efficacité de ces regroupements. Nous pensons qu’à minima il faudrait réduire l’enchevêtrement du mille-feuille administratif, des guichets et des strates qui se sont accumulés. Ceci dilue les ressources, rend invisible les responsabilités, multiplie les comités et commissions de tout genre aux contours peu définis.


13/02/2016 - Michel Retourna - 34 ans les fonctions de délégué régional d'organismes de recherche d'abord à l'INSERM (Marseille) puis au CNRS (Grenoble, Toulouse, Montpellier, Marseille, Nancy)


-Pour ce qui est des universités (garder en mémoire la phrase de Derek Bok, alors président de l'Université d'Harvard: "Changer les universités, c'est comme vouloir déménager un cimetière, on ne peut pas compter sur les forces en présence") :

  • créer par la Loi (hors région parisienne)la règle d'une seule université par grand site d'ESR ((le mode incitatif a totalement échoué devant les incuries locales) avec une fonction de tête de réseau en cas d'existence d'une autre ville dotée d'une université dans la région,
  • professionnaliser leur gouvernance en les nommant.(l'élection d'un spécialiste mondial en anticorps monoclonaux ne crée pas nécessairement le talent de manager même si il y a des exceptions).Nommerait-on un PDG de la RATP en raison de ces compétences en traitement du signal?

-Globalement :
mettre en place une gouvernance de site associant le directeur régional de la DNRS et la présidence de l'université en charge de la mise en place d'une politique de site et de sa mise en oeuvre (cette gouvernance devrait rester purement académique) moyennant par exemple un contrat quadriennal.


13/02/2016 - Cyril BUTTAY: chargé de recherche C.N.R.S. - Laboratoire Ampère - INSA de Lyon

1- multiplication des tutelles, et absence de coordination. Les budgets du laboratoire Ampère sont gérés par 4 tutelles (INSA de Lyon, Université Lyon 1, École Centrale, CNRS), et leurs filiales de valorisations (3, une par établissement d’enseignement). En conséquence, il est impossible d’avoir une vue globale des finances du laboratoire (chaque organisme possédant son propre système informatique). Le moindre investissement nécessite des conventions de reversement (chaque fois différentes). Le seul inventaire des équipements est un cauchemar. Une solution serait de donner une délégation globale de gestion à un établissement.

2- Du fait de la multiplication des tutelles, et de la structure multi-site du laboratoire (une configuration courante dans le domaine de l’ESR), les systèmes informatiques sont incompatibles, et il n’est pas possible (à moins d’efforts poussés, sans commune mesure avec le personnel disponible), d’avoir un système d’information unifié à l’échelle du laboratoire. Une solution serait d’unifier la gestion informatique, à l’image du fonctionnement du réseau éduroam, et de fournir des outils et une assistance informatique de haut niveau aux laboratoires.

3- Au niveau de l’organisation de la recherche, l’empilement de nouvelles structures est affolant : sur Lyon, je peux nommer l’insitut Carnot, les différents structures de valorisation des  établissements, du CNRS, de l’université de Lyon ; la Comue, la fondation ingéniérie, le collegium du même nom, les clusters, les pôles, les ITE/IRT, les labex, idex. . . Chacune de ces structures nécessite du personnel pour les faire fonctionner, ce qui vide les laboratoires. Lorsque j’explique l’organisation du laboratoire à l’étranger (où la structure « un labo n’appartient qu’à une université » domine), je passe pour un fou. Il est indispensable de retirer des couches du millefeuille. C’est sans doute difficile, chacun voulant conserver son jouet, mais une démarche de simplification qui ne traiterait pas ce point est condamnée à l’échec ou au ridicule.



13/02/2016 - Confédération des Jeunes Chercheurs et l'Association nationale des docteurs

Une simplification des procédures administratives pour les chercheuses et chercheurs étrangers est nécessaire au sein des établissements. En effet, généraliser la mise en place de « guichets uniques » au niveau des COMUE : préfecture, sécurité sociale, CAF,accompagnement administratif, permettrait un meilleur accueil.


12/02/2016  - SNESUP

Préambule aux propositions

Propositions COMUEs et regroupements



11/02/2016 Yann Boucher, MCF (HDR), ENI de Brest

La mise en place de la COMUE UBL (Bretagne-Pays de Loire), contre l'avis quasi-unanime des CT des établissements consultés représente le parfait contre-exemple de ce que devrait être une "simplification" : une nouvelle structure technocratique qui rajoute une couche de bureaucratie. Simplifier ? Chiche : supprimons les COMUEs !


10/02/2016 - Georges Lutfalla - Directeur de l’UMR5235, DIMNP, cc107 - CNRS/Université Montpellier

Si les fusions d’Université peuvent se comprendre, les COMUES et autre couches supplémentaires du mille feuille ne sont que poudre aux yeux pour gaspiller les forces et l’argent des uns et des autres.


10/02/2016 Patrice Dehais - Ingénieur INRA Toulouse

Les regroupements (de services, d'unités, d'universités ou instituts)  mettent souvent en avant un meilleur affichage et une mise en commun des  ressources et forces vives pour une plus grande efficacité ... cela  débouche bien souvent sur un machin qui n'est plus à taille humaine,  collage plutôt que fusion.

10/02/2016 Dominique BERNARD, Université Rennes 1

Dans le cadre de la simplification, politique déjà appliquée dans la  réforme régionale, réforme technocratique ou les électeurs et français  ont été mis à l'écart, on pourrait sans pb et sans que la vision  internationale de l'ESR ne soit mise en danger, supprimer les COMUEs,  grosses usines à gaz sans gaz qui ne sont que sources de création de  nouveaux postes de "présidents", vice-pdts... avec bien sûr de nouveaux  sièges dans de nouveaux bâtiments. cela ferait des économies d'échelle  et une peu plus de "sous" pour les laboratoires et les universités qui  en manquent tellement.

 10/02/2016  - Janique Guiramand - Chargée de Recherche

Simplifier l'E.S.R. c'est...
- Stopper la politique de croissance débridée du millefeuille institutionnel (ComUE , Alliances, IAVFF ...), de démantèlement des E.P.S.T., de territorialisation et d'inféodation de l'E.S.R. à des intérêts économiques, pour un accès de toutes et tous aux savoirs et une universalité de la recherche au service des citoyens.


09/02/2016 Dominique Laredo - Prce - Docteur en SHS - Université Nice Sophia Antipolis

Au sein des COMUEs et regroupements, mutualiser les ressources  humaines en fluidifiant les mutations, temps partagés et télétravail sur la base du volontariat, au sein d'un Pôle R.H.


 

04/02/2016 - Elisabeth JAMET, DR1 CNRS, Responsable équipe de recherche - LRSV, Université Toulouse 3/C.N.R.S

Objectif : réduire les contraintes administratives et simplifier les organigrammes.

  • Améliorer la visibilité des sites et les représenter pas un seul sigle revient trop souvent à ajouter une strate, sans valeur ajoutée pour services rendus. Faire remonter des services transversaux dans les COMUE : formation permanente, relations internationales, gestion du patrimoine pour une utilisation et un entretien concerté des locaux...
  • Limiter le nombre de couches administratives et les délais de transfert des dossiers entre les couches. 08/02/2016  - Anne Tanguy, professeur des universités, INSA Lyon.


05/02/2016 - Martial Mermillod, PR1, Univ. Grenoble Alpes

  • Au niveau de l'administration de l'université et grandes écoles : supprimer les différents niveaux séparant les chercheurs/enseignants-chercheurs de l'équipe centrale de direction. Entre un enseignant-chercheur et les services centraux nous avons actuellement : équipes -> laboratoires -> département -> UFR -> pôles de recherche -> universités -> COMUE. Ce modèle de fonctionnement et autant illisible de l'extérieur que chronophage (chaque niveau impliquant comité de direction, CA, etc.) Une structuration plus simple labo -> département -> université permettrait de sauver énormément de temps et d'argent.
  • La simplification des règles comptables, voire l'évaluation de chaque procédure en termes d'efficacité et de rapidité (par rapport aux standards internationaux publics comme privés) permettrait là aussi de sauver énormément de temps et d'argent.


 02/02/2016  - Luc CHARLES-DOMINIQUE - Professeur des Universités - Membre de l'Institut Universitaire de France - Président du CPRH (CNU 18) à l'Université de Nice

Tout enseignant-chercheur exerçant dans une université de province, à plus forte raison dans une « petite » discipline comme la musicologie, est frappé de la disparité existant entre sa situation dans sa propre université et ce qu’il peut entrevoir dans les grosses universités parisiennes, en l’occurrence pour ce qui est de la musicologie, par la situation  de l’université Paris-Sorbonne. Les locaux déjà, et leur équipement. Les étudiants ensuite, très nombreux à Paris, tellement nombreux qu’a priori les formations ne sont pas en péril. Et bien sûr, les enseignants-chercheurs, dont le nombre important permet d’envisager l’enseignement de la musicologie dans toute sa profondeur historique et dans toutes ses composantes, ainsi que les disciplines connexes (sociologie de la musique, etc.). Il y a d’autre part une situation parisienne qui permet d’envisager tous les partenariats possibles avec d’autres universités ou institutions prestigieuses (CNSMD, Cité de la Musique, etc.), de bénéficier de l’appui médiatique national. Et enfin, un environnement incomparable de la recherche : bibliothèques, musées, universités, etc. Un étudiant, à Paris, entre deux cours un peu éloignés, peut, d’un coup de métro, aller écouter une conférence à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales ou au Collège de France, assister à une soutenance de thèse, voir telle ou telle exposition, etc.

Sans tomber dans le misérabilisme, la situation est radicalement différente dans nos universités de province. Locaux exigus et inadaptés, étudiants et enseignants-chercheurs peu nombreux, crédits et moyens en berne, environnement à la recherche quasiment inexistant. Devant une telle situation, les collègues font preuve d’une imagination et d’une créativité débordantes et refusent d’abdiquer : à Nice, outre la licence de « musicologie », nous avons créé ces dernières années le parcours « Ethnologie des arts vivants » (formation unique en France à cheval sur l’ethnologie des arts vivants et l’ethnologie générale), et un parcours professionnel de type « Musicien interprète » en partenariat avec le CRR de Nice. D’autres diplômes au niveau du master et du doctorat sont en projet. Moyennant quoi, nos effectifs ont cessé de régresser et sont repartis à la hausse. Cependant, l’angoisse est toujours là de ne pas avoir l’effectif étudiant minimum requis pour permettre à nos formations de subsister...

Car, ne nous masquons pas la réalité : la situation est que sur une ville comme Nice, par exemple, et plus globalement le bassin « Alpes-Maritimes et Var oriental », le vivier étudiant en musique est environ de 120 étudiants, de la Licence au Master. En tout cas aujourd’hui, en 2013, car il y a 10 ou 15 ans, il aurait été environ de 200 étudiants. Bien évidemment, un tel vivier n’autorise pas des recrutements nombreux d’enseignants-chercheurs. À Nice, nous sommes 5 titulaires, ce qui fait que nous couvrons un champ limité de notre discipline. Sans prétendre parler au nom des autres universités du Sud-Est et donc à la place de mes collègues, la situation que je peux entrevoir de l’extérieur est un peu identique, même si, çà et là, les effectifs peuvent être un peu plus importants. Car le paradoxe est que la situation délicate que nous vivons à Nice se retrouve à Aix-en Provence (distante de Nice de 150 kms), ou à Montpellier (distante de 300 kms), voire même à Lyon 2. À chaque fois, des effectifs globaux entre 150 et 200 étudiants, et une poignée d’enseignants-chercheurs.

Que faire ? Comment empêcher que les meilleurs étudiants et les plus fortunés partent directement à Paris ? Comment les retenir ? Quoi leur proposer d’attrayant ? Doit-on se résigner à la fatalité ? Doit-on baisser les bras ?

C’est ici que je voudrais faire part de mon propre sentiment, tout à fait personnel, et dont j’ai absolument conscience qu’il va à l’encontre du dogme universitaire en général.

Car il s’agit ici ni plus ni moins d’un problème d’aménagement du territoire qui ne peut être résolu qu’à une large échelle territoriale et grâce à une très large concertation. À l’heure actuelle, quelle est la situation générale ? Un « centre » – parisien –, pléthorique, qui concentre de gros moyens, de gros effectifs, et qui propose une offre de formation importante et diversifiée (la disparité est particulièrement frappante – voire même choquante – dans la préparation aux concours. Les étudiants des universités de province sont beaucoup moins bien préparés, faute de moyens, que leurs camarades des grandes universités parisiennes, ce qui pose la question éthique de l’égalité des chances à de tels concours, CAPES ou Agrégation) ; puis une « périphérie » constituée par des microcellules provinciales, aux effectifs et aux moyens beaucoup plus réduits, à l’offre de formation plus limitée. Les étudiants qui n’ont pas d’autre choix s’agrègent à ces microcellules. Ceux qui le peuvent partent à Paris et vont grossir le « centre », et donc creuser encore davantage l’écart. Le paradoxe est qu’en voulant proposer une formation supérieure en musique également répartie sur l’ensemble du territoire national, on vide les universités de province de leur substance pour aller grossir toujours plus les universités parisiennes. Ceux qui ont les moyens auront une meilleure offre de formation que ceux qui n’ont pas les moyens de quitter leur ville de province (par meilleure offre de formation, je veux dire plus diversifiée car la qualité est également en province, bien entendu). Creusement des inégalités territoriales et des inégalités sociales... Tout le contraire de notre mission de service public.

Si nous étions dans un système intelligent, nous pourrions imaginer d’opérer des regroupements interuniversitaires pour constituer des pôles forts, attractifs. Par exemple, regrouper sur un seul site universitaire les formations en musique de Nice, Aix-en-Provence, Montpellier et Lyon 2. Tout d’un coup, 800 étudiants au lieu de 120 à 200. Tout d’un coup une véritable équipe d’enseignants-chercheurs au lieu de minuscules équipes s’épuisant localement dans la gestion pédagogique et administrative de leurs formations. Avec 20 enseignants-chercheurs au lieu de 5 comme à Nice, petit à petit, au fil du renouvellement des postes, on pourrait imaginer une véritable équipe avec des médiévistes, des spécialistes de la Renaissance, du baroque, des XIXe, XXe et XXIe siècles, du jazz et des musiques actuelles et « populaires », de l’ethnomusicologie, de la sociologie et de la psychologie de la musique, etc. Au lieu d’assister impuissants au spectacle désolant de collègues faisant tout pour quitter leur université de province afin d’aller enseigner à Paris, nous pourrions constituer des pôles réellement attractifs. Bien sûr, un tel système entraînerait de gros changements dans la vie professionnelle et personnelle des collègues. Mais il faudrait le planifier sur la durée d’un contrat par exemple pour laisser le temps à chacun de s’organiser au mieux. Quant aux universités qui abandonneraient ce secteur d’activité, elles en récupéreraient d’autres, au bénéfice d’un élargissement de ce principe à d’autres disciplines.

Franchement, qui peut prétendre aujourd’hui pouvoir continuer d’offrir dans toutes les universités de province une offre de formation généraliste, lorsque la réalité est celle d’effectifs en berne, de moyens et de crédits absents, de perspectives bloquées. Ne serait-il pas temps de repenser la carte universitaire des formations ?

Je sais tout ce que mon propos a d’iconoclaste et de politiquement incorrect. Jusqu’ici, la défense du service public a consisté à militer pour une offre généraliste pour tous, où que les étudiants soient. Mais la réalité humaine (celle des étudiants) et économique ne permet plus la poursuite à terme de ce principe. Ne devons-nous pas sérieusement réfléchir à la reconstitution de pôles universitaires forts, également répartis sur le territoire national, pour éviter que Paris concentre tout, comme à chaque fois, et que nous nous répartissions les quelques miettes restantes, maigre pitance que nous pouvons offrir à ceux de nos étudiants qui n’ont pas eu les moyens de quitter leur ville ?

De tels regroupements seraient de nature à opérer un certain nombre d’économies d’échelles. Non pas en terme de personnel, mais en terme de locaux et d’équipements. Ces économies devraient alors être consacrées à l’octroi de bourses aux étudiants les plus en difficulté, eux qui auraient à quitter leur ville d’origine le temps de leurs études.

Que manque-t-il pour qu’une telle réflexion puisse commencer à s’instaurer ? Que les universités ne pensent plus en terme de concurrence. Nous sommes encore trop placés en situation de concurrence et cela va probablement s’aggraver avec les COMUEs. Pourrait-on imaginer, secteur par secteur, une concertation entre les présidents et conseils centraux des universités concernées, et, surtout, avec les équipes d’enseignants-chercheurs ? Dans une telle négociation, il n’y aurait pas de perdants puisque ce serait donnant-donnant.

La seule difficulté, mais probablement la plus grosse, est de nous sortir d’une logique territoriale qui fait des universités autant de petites baronnies rivales. Ne pensons plus à l’échelle d’un seul établissement, ni même d’une COMUE. Ne pensons plus à l’échelle d’un laboratoire ou d’une petite équipe. Pensons en terme de pôles macro-régionaux, seuls susceptibles de constituer une véritable alternative à l’hypercentralisation et à la concentration des moyens sur les universités de la capitale. Réinventons un vrai service public adapté aux nouvelles réalités économiques et humaines. Créons les conditions d’une réorganisation dynamique et tournons le dos une bonne fois pour toutes aux difficiles conditions de survie qui sont les nôtres aujourd’hui dans nos universités de province.

Pour terminer, et au vu du contexte général (économique, etc.) sur lequel il n’est pas nécessaire de s’étendre ici, que vaut-il mieux ? Une concertation intelligente, ouverte et respectueuse de tous, entre les principaux concernés (les Universités et leurs conseils et les enseignants-chercheurs), dans le but d’aboutir à la mise en place d’une véritable alternative ? Ou bien la politique de l’autruche, du chacun pour soi, tout cela pour aboutir, un « beau » jour, à des décisions qui seront imposées d’en haut, brutales, unilatérales, autoritaires, antidémocratiques comme souvent, et dont la finalité sera peut-être purement et simplement la suppression des pôles provinciaux de ce type de formations, c’est-à-dire une véritable régression universitaire de la discipline ?
Mais tout cela est-il bien réaliste, compte tenu de l’état hyper-individualiste et concurrentiel de l’université en France, qui préfère aller au suicide collectif plutôt que de se livrer à une nécessaire prospective ?



01/02/2016 -  Gauthier DOBIGNY - Chargé de Recherche à l'Institut de Recherche pour le Développement

  • Souhait unanime d’aller vers une refonte du système visant à fusionner les actuels organismes de recherche pour créer des grands Instituts de Recherche Thématique (IRT) Environnement, Santé, Energie, etc... (les Alliances récemment mises en place démontrent bien que les thématiques sont partagées par les divers organismes de recherche actuels). Une discussion peut s’ouvrir sur l’intérêt d’identifier un institut de recherche académique (ex CNRS) et des instituts de recherche finalisée ou d’identifier des départements de recherche à vocation académique ou finalisée au sein d’un même institut. Suppression des EPIC.
  • Proposition d’intégrer les écoles d’ingénieurs dans les Universités. Suppression du distinguo chercheur et enseignant-chercheur et adoption d’un statut unique d’enseignant-chercheur avec ~50h d’enseignement /an dans le 2ème cycle. Les EC dépendent d’un seul IRT et d’une Université.
  • La recherche est uniquement pilotée par les IRT. Chaque UMR est ainsi affiliée à 2 tutelles : l’université et IRT.  Ces deux mesures entrainent  de fait une complète cohérence en matière de programmation scientifique et une réelle simplification (optimisation) en termes de gouvernance et de fonctionnement administratif et financier (harmonisation des procédures, des soutiens de base, etc).
  • Abrogation de la LRU. La programmation de la recherche doit relever d’une politique nationale qui s’inscrit dans la durée. Une politique de pôles régionaux ne peut être faite qu’en concertation avec la programmation nationale qui veille à éviter la redondance entre pôles. Elle doit relever d’un partenariat entre la région et les IRT et la mise en œuvre d’appels à projets.
  • Suppression des Idex, Labex et autres Equipex mais soutien à la mutualisation d’équipements entre UMR au niveau de plateformes formalisées au niveau institutionnel (et donc soutenues par leurs tutelles).


30/01/2016  - Benoît Kloeckner - Professeur à l'Université Paris-Est Créteil (mathématiques)

Le point central de la simplification doit être d'éviter de créer de multiples instances et niveaux de décision. Le ministère doit cesser de pousser les établissements au regroupement à tout prix, les laissant libres d'utiliser l'association sans avoir peur de se retrouver disqualifiés aux appels Idex et I-Site (dont l'utilité douteuse devrait d'ailleurs conduire à leur arrêt, dans l'esprit de la simplification des appels d'offres ci-dessus). La gestion d'universités énormes est nécessairement difficile et lourde. Il ne devrait pas y avoir plus de trois niveaux significatifs entre un membre d'une université et l'université elle-même (par exemple département / composante / université), alors qu'on se retrouve souvent avec 5 niveaux (par exemple laboratoire / composante / collegium / université / Comue).


30/01/2016  - David VALLAT -maître de conférences en économie
Lorsqu’un regroupement est effectué, au-delà de la fonction d’affichage, son intérêt principal réside, selon moi, dans les simplifications qu’il autorise :

  • possibilité d’effectuer des vacations (sous réserve de ne pas atteindre le plafond) dans les différents établissements regroupés ;
  • possibilité de mutualiser les abonnements aux bases de données en ligne qui sont hors de prix ;
  • possibilité de mutualiser les formations à destination des personnels ;
  • possibilité de mutualiser les vacataires en partageant bases de données.


30/01/2016  - Jean-Marie Merle - Professeur de Linguistique - Université Nice Sophia Antipolis

La création d'une strate administrative supplémentaire n'est jamais une simplification.
C'est le contraire d'une simplification.
Chaque strate supplémentaire a un coût financier, et pour exister, et pour fonctionner.

C'est d'ailleurs le même phénomène qui, avec l'évasion fiscale, l'optimisation fiscale et les intérêts de la dette, creuse de 100 milliards par an notre dette à l'échelle nationale (strate municipale, strate intercommunale, strate des métropoles, strate départementale, strate régionale, strate gouvernementale, strates législatives, strate européenne).

Si on ne supprime pas une strate, la COMUE ajoute et du coût administratif et de la perte de temps.
A une époque où l'Université française est étranglée par une politique crépusculaire, la création d'une strate supplémentaire est un non sens.



27/01/2016 - Dr. Marc PHILIPPE – maître de conférence- Université Lyon-1 et UMR 5276 du CNRS

MCF je suis dans un département rattaché à une faculté rattachée à une université rattachée à un PRES rattaché à COMUES piloté par un ministère ... vous avez dit simplification ?
"mucho cacique, pauco indios" dit-on au Chili.



27/01/2016 - Olivier AUBAILLY -  Elu CA CPE Université Lyon1

Il est essentiel de faire des regroupements d’établissements du supérieur. Pourquoi les Ecoles bénéficient de moyens supplémentaires (financiers et humains) par rapport aux Universités ?

L’existence même des Ecoles en France est une aberration !!! Au niveau Européen et International, tous les enseignements sont regroupés aux seins des Universités. Pourquoi le Ministère n’impose pas l’intégration forcée des Ecoles dans les Universités ? Cela aurait beaucoup d’avantage au niveau des fonctions supports et au niveau budgétaire... Mais, pour le Ministre c’est mission impossible, trop d’intérêts particuliers sont en jeux, donc comme d’habitude l’intérêt général de la nation passe à la trappe. Après on s’étonne du vote des citoyens aux élections... Les privilégiés ont leurs écoles et le prolétariat les Universités qui mettent en places les formations qui ne débouchent sur rien...
 
Vive l’ascenseur social...
 
Mon fils ainé, après son diplôme universitaire d’I.U.T. vient d’intégrer une Ecole d’ingénieur... Je sais donc de quoi je parle... Mon deuxième fils vient de rentrer à l’I.U.T.. Ce sont des formations professionnalisant qui fonctionnent mais qui ne permettront pas à la personne d’occuper les postes clés de la société française...   



 27/01/2016 - François-Xavier Boffy - Responsable informatique documentaire - Université Claude Bernard Lyon 1

On peut distinguer 2 modèles différents de stockage des données : les données en "tables"  et les données en "triplets".
 
L’immense majorité des données informatiques sur les personnes dans l’enseignement supérieur et la recherche est sous forme de tables (bases de données relationnelles, tables de données dans les outils de gestion type Harpège ou Apogée). Ce modèle oblige, quand une information doit être mise à jour, à modifier toutes les tables incluant cette information : par exemple si la date de naissance d’un personnel doit être corrigée, toutes les occurrences de cette date de naissance doivent être modifiées manuellement ou par import. Ou si un laboratoire change de nom, ce changement doit être répercuté sur toute une série de bases de données. Et symétriquement, quand une personne change de rattachement administratif, ce sont des dizaines de fichiers qui doivent être transférés, transformés, au risque d’oublis ou de retards.
Je n’ai pas d’évaluation chiffrée de ce phénomène, mais de très très nombreuses heures sont ainsi perdues dans la gestion des ressources humaines, du côté des gestionnaires comme du côté des agents.
 
L’utilisation de modèles de données en triplets (on parle aussi de données liées, de graphes, ces modèles servant de fondement au web sémantique ou web de données ; RDF est un exemple de ces modèles) apporte un gain considérable pour la réutilisation de ces données, dans un environnement de travail de plus en plus numérique et connecté. Au lieu de recopier localement les informations, les différents services peuvent « lire », utiliser, croiser en direct les informations issues d’une ou plusieurs bases de référence. Pour reprendre les exemples ci-dessus, modifier une date de naissance ou un nom de laboratoire se fait immédiatement simplement pour les gestionnaires autorisés et le changement est répercuté immédiatement pour tout service ayant besoin de l’information à jour.
 
Il y aurait certes un effort important pour la mise en place et la généralisation de cette modélisation dans les bases de gestion des structures et des personnes dans l’enseignement supérieur et la recherche. Mais les technologies (technologies web et langages de programmation web essentiellement) sont très bien maîtrisées maintenant, et au travers de ce changement c’est aussi l’exposition des données publiques qui est amplement facilitée.
 
Par-delà la question des ressources humaines, la mise en place de données en triplets intéresse tous les usagers des services de l’enseignement supérieur et de la recherche : les dossiers des étudiants, les dossiers de demandes de financement se constitueraient beaucoup plus vite et avec une plus grande fiabilité en s’appuyant sur ces données mieux organisées pour le traitement informatisé. Enfin l’un des freins majeurs à la constitution des COMUEs et aux regroupements est la difficulté de gestion à différentes échelles, nécessitant souvent des dispositifs complexes pour articuler les échelons d’information, de décision en particulier durant le processus de regroupement. Avec un système de données uniques sous forme de triplets, les regroupements en matière de données se font en quelques opérations simples, sans perte des informations ou des services précédents.



19/01/2016 - Pierre Dubois - Blogueur "histoires d'universités"

Dissoudre les COMUEs Léonard de Vinci et Bretagne Loire

Proposition de simplification : dissoudre les COMUEs Léonard de Vinci et Bretagne Loire et revenir à des regroupements régionaux (et non inter-régionaux)
Argumentation :
Un exemple de boursouflures bureaucratiques. Article 17 du décret de création de la COMUE Université Bretagne Loire : un article monstrueux



Publication : 28.04.2016

La consultation publique est ouverte du 19 janvier au 26 février 2016.

Vos contributions alimenteront la réflexion sur la définition des grandes priorités de la démarche de simplification

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