Parcours d'excellence pour les collégiens de REP+ de la troisième jusqu'à la terminale

Parcours d'excellence

Najat Vallaud-Belkacem a présenté les parcours d'excellence pour les collégiens des réseaux d'éducation prioritaire (REP+) volontaires de la troisième à la terminale, jeudi 14 janvier 2016.

Actualité - 20.01.2016
Najat Vallaud-Belkacem

Le parcours d'excellence est construit sur un fondement : accompagner des collégiens volontaires pour assurer l'égalité des opportunités de réussite. Il vise à conduire des jeunes de milieux modestes vers une poursuite d'études ou une insertion professionnelle ambitieuse et réussie, en leur proposant une offre de tutorat collectif et de visites culturelles dès la classe de 3e, puis un suivi individualisé tout au long de leur scolarité au lycée, quelle que soit la filière choisie.

Cette ambition s'appuie sur quatre principes:

  • Généraliser l'accompagnement des collégiens de REP+ volontaires de la 3e à la terminale : les parcours d'excellence
  • Mobiliser les acteurs et les moyens pour agir durablement sur les inégalités
  • Un comité indépendant pour un suivi exigeant de la démarche
  • Lutter contre les inégalités sociales dans l'accès à l'enseignement supérieur

Lutter contre les inégalités sociales dans l'accès à l'enseignement supérieur : état des lieux et actions engagées depuis 2012

Disparités en matière d'accès et de réussite dans l'enseignement supérieur : les chiffres clés

La démocratisation de l'accès et de la réussite dans l'enseignement supérieur reste trop limitée et l'origine sociale de l'ensemble des étudiants français évolue très peu d'une année à l'autre.

Les étudiants des catégories sociales les plus favorisées sont fortement sur-représentés par rapport aux jeunes de catégories sociales plus modestes :

  • Toutes formations confondues, 30 % des étudiants 2014-2015 déclarent des parents cadres supérieurs ou exerçant une profession libérale tandis que 11 % sont enfants d'ouvriers. La comparaison à l'ensemble des Français âgés de 18 à 23 ans est éloquente : 18 % sont enfants de parents cadres supérieurs ou exerçant une profession libérale, contre 29 % d'enfants d'ouvriers.
  • Les enfants de cadres représentent une part très forte des étudiants en classes préparatoires, dans les formations d'ingénieurs et dans les écoles normales supérieures (ENS) où ils atteignent 50 % des effectifs ; les enfants d'ouvriers sont proportionnellement moins nombreux dans la plupart des autres filières de l'enseignement supérieur, particulièrement dans les ENS et les écoles de commerce, gestion, vente et comptabilité (les enfants d'ouvriers ne sont que 5 % en cursus de doctorat ; ils ne sont d'ailleurs guère plus nombreux en CPGE (6,7 %) et seulement 3 % dans les ENS et autres grandes écoles).
  • La poursuite d'études longues à l'université est plus le fait de jeunes dont les parents sont cadres supérieurs ou exerçant une profession libérale : leur part passe de 28 % en cursus licence à 34 % en cursus doctorat. Inversement, alors que les enfants d'ouvriers représentent 13 % des étudiants inscrits en cursus licence, leur part est de 5 % en cursus doctorat. Ces inégalités d'accès évoluent peu depuis une dizaine d'années : les taux de diplômés parmi les 25-29 ans indiqués sont assez stables par rapport à la période 2003-2005. Elles pèsent aussi sur la capacité ensuite à obtenir un diplôme : les enfants de milieu moins aisé quittent plus souvent l'enseignement supérieur après y avoir eu accès sans avoir au final obtenu un diplôme. En 2011-2013, 21 % des enfants d'ouvriers ou d'employés de 25 à 29 ans qui ont eu accès à l'enseignement supérieur l'ont quitté sans diplôme ; c'est près de deux fois plus que pour les enfants de cadres ou de professions intermédiaires ayant eu accès à l'enseignement supérieur, dont 12 % quittent l'enseignement supérieur sans diplôme.


Source DEPP : État de l'enseignement supérieur et de la recherche "Le niveau d'études selon le milieu social » et Repères et références statistiques, fiche 6.14 "L'origine sociale des étudiants français".

Démocratiser l'accès à l'enseignement supérieur : un objectif au coeur des priorités du ministère

Le passage par l'enseignement supérieur ne peut être réservé à une minorité. C'est en effet en élevant le niveau de qualification que les jeunes seront mieux formés et mieux armés face au monde d'aujourd'hui et à celui de demain.

  • Outre les actions menées pour accompagner les élèves vers une orientation davantage choisie que subie et pour que les diplômés aient les compétences nécessaires pour leur vie professionnelle et personnelle, le ministère agit dans le cadre de la priorité présidentielle pour la jeunesse contre les inégalités d'accès à l'entrée dans l'enseignement supérieur :
  • Pour lever les freins financiers à l'accès dans l'enseignement supérieur, la réforme des bourses sur critères sociaux a bénéficié directement aux étudiants issus des familles aux revenus les plus faibles : 400 M€ ont été mobilisés pour augmenter de 5,4 % le nombre de boursiers depuis 2012 ; 666 000 boursiers sont inscrits à la rentrée 2015, soit 1 étudiant sur 4.
  • Dans le cadre du plan national de vie étudiante, l'accès aux droits sociaux est renforcé et simplifié.
  • Pour répondre aux demandes de logement, le Gouvernement a mobilisé ses moyens pour le logement étudiant à caractère social : 42 500 places nouvelles seront livrées d'ici le 31 décembre 2017 dans le cadre du plan 40 000 ; la caution locative étudiante (Clé) permet d'aider les étudiants dépourvus de garant personnel à accéder à un logement dans le parc locatif privé (10 000 étudiants ont bénéficié du dispositif à la fin 2015).
  • Pour répondre à la demande de poursuite d'études des bacheliers professionnels (ils étaient 17,1 % en 2000 à poursuivre des études supérieures, et 35,2 % en 2014), des quotas académiques facilitent depuis 2014 leur entrée en STS ; cette mesure commence à porter ses fruits, le nombre de propositions ayant augmenté de 2,5 % entre 2014 et 2015.
  • Pour lutter contre l'autocensure, un droit nouveau est accordé aux 10 % de meilleurs bacheliers de chaque filière générale, technologique et professionnelle de chaque lycée d'accéder à une filière sélective publique de l'enseignement supérieur ; 15 000 bacheliers étaient éligibles en 2015 et près de 2 000 ont accepté une proposition dans une filière sélective.

Démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur et insertion dans l'emploi

Aujourd'hui plus encore qu'hier, le fait de poursuivre ses études est garant d'une meilleure protection contre le chômage et d'une meilleure insertion professionnelle.

Ainsi, l'étude du Céreq sur la "génération 2010" montre que :

chiffres parcours d'excellence

Le parcours d'excellence, un dispositif qui s'appuie sur de nombreux partenaires

Les universités et les grandes écoles : premiers acteurs concernés, ils sont déjà nombreux à avoir mis en place des dispositifs à destination des élèves de l'éducation prioritaire (souvent dans le cadre des Cordées de la réussite). Parmi ceux ayant déjà manifesté leur intérêt pour être partie prenante du programme parcours d'excellence, on peut citer la conférence des présidents d'université (CPU), la conférence des grandes écoles (C.G.E.), la conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI), le réseau Polytech, l'assemblée des directeurs d'I.U.T. et le réseau des I.E.P. en régions.

Les étudiants : ils accompagneront les élèves concernés par les parcours d'excellence au lycée. La valorisation de leur engagement sera prévue dans leur parcours d'études.

Les élèves fonctionnaires des écoles du service public : le 26 novembre 2015, la ministre chargée de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur, et la ministre chargée de la Fonction publique ont conclu un partenariat pour l'engagement au service des valeurs de la République. Il fixe un cadre pour que les élèves fonctionnaires interviennent dans le tutorat des jeunes inscrits dans les parcours d'excellence.

Les acteurs économiques : ils ont un rôle indispensable à jouer dans l'ouverture des élèves sur le monde professionnel et certains sont déjà engagés dans des démarches d'accompagnement des élèves en REP+. Ils pourront activer leurs moyens RH pour soutenir les parcours d'excellence dans l'objectif de donner à chaque jeune la possibilité d'élaborer sa poursuite d'études ou son insertion professionnelle. Le Medef, la CGPME et l'Union professionnelle artisanale (UPA) ont déjà assuré de leur intérêt. Les branches professionnelles seront également sollicitées.

Le monde associatif : depuis longtemps engagé dans l'éducation prioritaire, il intervient là où les pouvoirs publics peinent parfois à accompagner sur la durée et totalement les élèves en difficulté, que ce soit pour le soutien scolaire, l'orientation et bien d'autres défis. On peut citer l'Afev, Frateli, Zup de Co, Énergie Jeunes, Passeport avenir et bien d'autres acteurs notamment locaux.

Les fédérations de parents d'élèves : avec leur propre expertise des mécanismes d'autocensure et des pistes vers l'excellence pour les collégiens les plus défavorisés, elles sont des alliés précieux dont le soutien est indispensable pour démultiplier les effets bénéfiques des parcours d'excellence.

Les collectivités territoriales : les départements et les régions mais aussi les communes et intercommunalités peuvent contribuer, par leurs compétences et leur soutien aux établissements scolaires, au développement du programme.



Publication : 20.01.2016

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