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Biologie et santé

Discours de Thierry Mandon à l'occasion de la Grande conférence de la santé

Grand conférence de santé© D.R.

Thierry Mandon s'est exprimé en introduction de la Grande conférence de la santé, organisée le jeudi 11 février 2016 au Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Discours - 11.02.2016
Thierry Mandon

Un grand merci tout d'abord à Anne-Marie Brocas et Lionel Collet pour leur implication.

L'écrivain Georges Bernanos disait que l'on n'attend pas l'avenir comme on attend un train : l'avenir, on le façonne, on le fait, on le veut.

Et c'est justement pour le façonner ensemble, pour le vouloir ensemble, que nous réfléchissons ensemble aux grandes mutations de la santé.

C'est-à-dire aussi aux grandes mutations du système de formation, qui fait de notre pays, l'un des champions mondiaux, en matière de pratique et de recherche médicales.

Et c'est la raison pour laquelle le ministère chargé de la Recherche et de l'Enseignement supérieur a un rôle très important à jouer, en lien avec le ministère chargé de la Santé. C'est à travers une réflexion commune et continue entre nos deux ministères que nous pourrons faire évoluer notre système de santé ! C'est dans les universités, les laboratoires de recherche, dans les paillasses et dans les tubes à essais, que s'invente la médecine de demain !

Depuis les 20 dernières années les progrès technologiques ont bouleversé le champ de la santé.

La formation des étudiants médicaux et paramédicaux engagés dans les professions de santé, est le moteur de cette révolution. C'est dans la formation d'aujourd'hui que l'on dessine le visage de la santé de demain.

Cette formidable accélération du progrès médical peut parfois contribuer à des inquiétudes, du côté des étudiants, des praticiens en formation, mais aussi des professionnels qui s'interrogent sur leurs pratiques professionnelles, la reconnaissance de leurs professions, de leur mode d'exercice et de leur évolution de carrière.

Cette grande conférence de santé tant attendue est l'occasion de revisiter les études médicales et paramédicales, ainsi que leur mode de régulation.

Deux grandes orientations ont inspiré nos réflexions.

Nous devons d'une part, tenir compte de la carte territoriale, pour couvrir au mieux les besoins de notre population.

D'autre part, faire reposer les formations sur une exigence de qualité et sur des référentiels de compétences.

La formation initiale

J'ai suivi avec attention l'avancée des travaux des tables-rondes.

Il est nécessaire de réfléchir à la manière de faire évoluer la formation des professionnels de santé. D'introduire des socles partagés et des passerelles entre les métiers. De créer de nouveaux métiers, aussi.


S'agissant de la formation initiale :

Un premier chantier concerne le premier cycle des études médicales ; ce qui inclut une réflexion conjointe avec les études paramédicales, parce que les équipes médicales et paramédicales travaillent en lien les unes avec les autres. C'est pourquoi il est important de proposer des socles communs à l'ensemble des professions médicales et paramédicales. Il est aussi important de favoriser une orientation progressive des étudiants, en diminuant le taux d'échecs et les redoublements.

L'organisation du 2e cycle des études médicales doit être revisitée. Cela est intimement lié à la question du mode d'accès aux spécialités médicales, c'est-à-dire le passage du 2e au 3e cycle.

Aujourd'hui, la validation du 2e cycle permet aux étudiants de s'inscrire et de passer l'examen national classant (E.C.N.), dont le déroulement sous forme électronique est prévu pour juin 2016. Cela constitue une première dans notre pays. D'ailleurs, je souhaiterais remercier les étudiants qui ont très récemment accepté de participer aux épreuves test de l'E.C.N. électronique.

La méthode actuelle de choix des spécialités est archaïque et engendre des frustrations. Je sais que les étudiants et les internes en médecine sont très demandeurs d'une évolution. La réflexion sur la régulation des spécialités médicales, qui doit aussi prendre en compte les besoins en santé au niveau territorial, est donc en marche.

Il convient ensuite de poursuivre la réforme du 3e cycle des études médicales. Elle est déjà en cours et doit être mise en œuvre pour la rentrée 2017. Benoît Schlemmer est actuellement en mission sur ce sujet et je tiens à l'en remercier. Il est très important que cette réforme soit bien acceptée par tous.

Je suis particulièrement attentif à la formation des médecins généralistes, car ce sont les premiers à être au contact des malades. La formation des futurs médecins généralistes doit s'adapter aux rôles et aux missions du médecin généraliste de demain, en cohérence avec le virage ambulatoire du système de santé.

Dans ce contexte, la maquette du DES de médecine générale pourra évoluer dans les années qui viennent. L'harmonisation des méthodes pédagogiques et des méthodes d'évaluation, l'augmentation quantitative de la formation en médecine générale ambulatoire sont les axes prioritaires à court terme.

Cette évolution doit être discutée au sein d'une commission rassemblant les acteurs concernés et se réunissant régulièrement pour suivre les évolutions du contenu pédagogique et de l'offre de stages en médecine générale ambulatoire.

Enfin, de nombreux étudiants, dans les filières paramédicales, sont formés dans des instituts parfois éloignés de l'université. Il est important qu'ils bénéficient de formations reconnues à leur juste valeur. Il pourrait être envisagé, - pour certains métiers -, des évolutions, avec des passerelles vers des exercices, au sein des professions médicales.

La formation continue

Pour maintenir leur niveau de connaissances et la qualité de leurs pratiques, les professionnels de santé doivent s'adapter de façon constante, continue, et suivre le rythme des changements technologiques.

Dans une société caractérisée par une mutation technologique de plus en plus rapide, ce développement de la formation professionnelle continue est la garantie de pratiques, qui sont en phase avec les progrès de la science.

L'université est garante de la qualité des formations et elle doit y trouver toute sa place.

La Recherche

J'ai parlé des universités, de l'enseignement supérieur ; il y a aussi la recherche qui doit venir irriguer constamment la formation et les pratiques.

Et le rôle de ce ministère est aussi de resserrer en permanence les liens entre la formation et recherche.

Notre objectif commun est de maintenir notre pays au meilleur niveau des indicateurs mondiaux de santé publique.

C'est notre capacité à décider en commun des orientations à donner au système de formation des professions de santé, comme nous le faisons aujourd'hui, - ministère des Affaires Sociales, ministère chargé de la Recherche et de l'Enseignement supérieur et l'ensemble des acteurs réunis aujourd'hui -, qui nous permettra d'atteindre cet objectif.

Dans ce domaine comme dans d'autres, pour que rien ne change, - rien, c'est-à-dire, notre niveau d'excellence -, il faut que tout change !

1ère publication : 11.02.2016 - Mise à jour : 17.02.2016

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