ENSAM : Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon décidés à faire cesser la pratique du bizutage

Groupe d'étudiants© M.E.S.R./PICTURETANK

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et Thierry Mandon, secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, ont pris connaissance du rapport de l'I.G.A.E.N.R. destiné à évaluer la mise en œuvre des recommandations formulées précédemment dans le rapport de février 2015 sur la période dite de "transmission des valeurs" à l'ENSAM.

Communiqué - 24.02.2016
Najat Vallaud-Belkacem - Thierry Mandon

Dans cette école, la période dite de "transmission des valeurs" (ou "usinage") est présentée et vécue comme un véritable rite initiatique aboutissant au "baptême" lors duquel l'élève devient "gadzart". Elle soumet les élèves à diverses activités pendant une durée qui peut varier entre 6 et 12 semaines, à raison de 2 à 5 heures par jour.

Le précédent rapport de l'I.G.A.E.N.R. avait été établi dans le cadre de la mission diligentée par les ministres à la rentrée 2014, à la suite de témoignages faisant état de dérives, de pratiques de bizutage et de plusieurs incidents graves survenus en marge d'événements liés à la vie étudiante de cet établissement.

Si ce nouveau rapport fait le constat que la direction générale de l'école s'est fortement mobilisée, non sans tensions avec l'association des anciens élèves, pour aboutir à la signature d'une charte et à la rédaction d'un nouveau règlement intérieur, il alerte surtout sur la persistance de dérives graves. En effet, selon la mission, "il est avéré que des actes de bizutage, au sens de la loi de 1998, sont perpétrés à l'occasion de manifestations liées à la [période dite de "transmission des valeurs"], comme en attestent des témoignages réguliers". Des cas de démissions d'élèves "incontestablement liées à la [période dite de "transmission des valeurs"]" ont également été signalés.

Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon sont décidés à faire cesser ces pratiques. Aucune tradition, aucun esprit de corps, ne sauraient justifier que des actes dégradants et humiliants soient infligés aux nouveaux étudiants sous la pression du groupe. Le bizutage est un délit, qui doit être strictement proscrit dans tous les établissements d'enseignement supérieur.

Conformément aux recommandations de l'I.G.A.E.N.R., les ministres vont donc engager une réforme de la gouvernance de l'ENSAM, au sein de laquelle l'association des ingénieurs Arts et métiers occupe une position atypique et jouit d'une influence excessive qui empêche la direction générale de s'engager dans une politique volontariste pour lutter contre ces dérives et pour moderniser l'établissement.

Sans nier l'apport qui peut être celui d'anciens élèves, le décret statutaire de l'ENSAM sera modifié pour rééquilibrer les pouvoirs au sein du conseil d'administration.

Par ailleurs, dans la mesure où le rapport de l'I.G.A.E.N.R. fait état d'actes de bizutage, les ministres ont demandé à leurs services d'étudier rapidement les suites qui doivent être données aux faits relevés.

Ces mesures sont indispensables pour doter l'ENSAM d'une gouvernance conforme aux standards d'une grande école d'ingénieurs, pour rétablir un climat serein au sein de l'établissement, pour lui permettre de conduire son projet de développement et pour améliorer la qualité de la formation et la réussite des étudiants.

Publication : 24.02.2016

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