Etre étudiant dans une université autonome, c'est évoluer dans une université qui s'engage davantage pour améliorer les dispositifs d'orientation et d'insertion professionnelle, mais aussi pour accompagner la réussite et lutter contre l'échec en licence. Et cela, contrairement à certaines idées reçues, avec deux garanties : les frais d'inscription sont fixés par le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et les diplômes restent nationaux.
Le SCUIO de l'université Paris V Descartes, très investi dans les questions d'orientation, a créé le Service Offre Formation Insertion (SOFI) pour regrouper les actions qui concourent à l'orientation, l'accompagnement et l'insertion professionnelle des étudiants. L'université accentue les dispositifs d'aide et d'accompagnement dès le L1 : généralisation du tutorat d'accueil et du suivi des primo-entrants, adaptation des enseignements du premier semestre de L1 afin d'accoutumer "progressivement" les étudiants à la logique disciplinaire.
Autre exemple, l'université de Marne-la-Vallée : dans le cadre de l'orientation active, l'université a lancé en 2009 une expérimentation avec les IUT, permettant aux étudiants de l'université qui sont en difficulté dès le 1er semestre d'entrer à l'IUT au deuxième semestre. Cette rentrée décalée permet à certains étudiants de licence et de DUT en échec de se réorienter sans perdre une année complète. L'université prévoit également le renforcement de l'accueil des étudiants par des tuteurs et la mise en œuvre de réseaux d'anciens élèves notamment grâce aux réseaux communautaires web (Facebook, vidéos...).
Les initiatives fourmillent pour améliorer la réussite des étudiants, et particulièrement en licence. 
L'université de Haute-Alsace généralise le dispositif des enseignants référents qui assurent un accompagnement personnalisé des étudiants de première année. Des entretiens entre l'enseignant et l'étudiant sont organisés à échéance régulière. 35 enseignants référents bénéficient d'une décharge de service ou d'heures complémentaires pour pouvoir y consacrer le temps nécessaire et avoir la disponibilité requise pour un suivi effectif des étudiants en difficulté. Ce dispositif est complété par un tutorat assuré par des étudiants avancés : 78 étudiants-tuteurs sont employés par l'université. L'université a également institué un partenariat avec le Pôle Développement de l'emploi et insertion professionnelle (qui relève de la direction régionale du travail et de la formation professionnelle), la chambre de commerce et d'industrie et les collectivités territoriales, afin de permettre la réorientation d'étudiants vers des formations qui correspondent à leur profil mais que ne propose pas l'université.
L'université Jean-Monnet de Saint-Etienne propose par exemple aux étudiants de licence en situation de décrochage un dispositif de semestre "tremplin". Les étudiants ayant échoué aux examens du premier semestre peuvent suivre un parcours adapté lors du deuxième semestre, incluant une remise à niveau sur les éléments fondamentaux non maîtrisés du programme. À l'issue de ce parcours, les étudiants peuvent repasser les épreuves du premier semestre et même, le cas échéant, celles du premier et du deuxième semestre, ce qui leur permet d'accéder directement à la deuxième année. Un contrat d'études est proposé à tout étudiant qui choisit de s'engager dans ce parcours. Ce semestre "tremplin" facilite aussi l'intégration d'étudiants venant de DUT, BTS, médecine ou classe préparatoire et souhaitant se réorienter en cours d'année.
A l'université de Cergy-Pontoise, un réseau universitaire et professionnel pour rapprocher les étudiants du monde de l'entreprise a été créé ; il met à disposition des étudiants une base d'offres de stages et d'emplois et une CVthèque. Par ailleurs, une collaboration avec PLACEOJEUNES est mise en place afin d'optimiser l'offre de stage. Une montée en puissance du dispositif permet d'élargir le panel de partenaires et d'offres de stage.
L'université Paris VI Pierre et Marie Curie a mis en place des conseils de perfectionnement dans chacun de ses départements de formation. Ceux-ci ont pour objet de vérifier les correspondances entre les contenus, les compétences à acquérir et les débouchés, de proposer des évolutions. Ils contribuent à aider au pilotage du bureau d'aide à l'insertion professionnelle (BAIP).
Qu'est-ce qui change pour moi?
Je suis enseignant-chercheur, bibliothécaire ou agent
Je suis un partenaire de l'université, un acteur structurant du territoire
Zoom sur 3 universités autonomes
Autonomie n.f. :
Possibilité de décider, pour un organisme, un individu, sans en référer à un pouvoir central, à une hiérarchie, une autorité ; indépendance.
Le passage aux responsabilités et aux compétences élargies façonne le nouveau visage des universités. Le laboratoire d’idées a été stimulé, il a renforcé la créativité et la réactivité, a favorisé aussi un climat politique propice à des évolutions et à des modernisations... Il n’en demeure pas moins que l’autonomie est exigeante en termes de transparence, de communication interne, d’accès de tous à l’assimilation des changements. Partager l’esprit d’autonomie est une condition nécessaire ; le rendre palpable par des actions ciblées et concrètes (sur des primes en particulier) est un gage de réussite.
Françoise Moulin Civil, Présidente de l’université de Cergy-Pontoise
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