Covid-19 : la recherche française mobilisée

Le Comité analyse, recherche et expertise (CARE) Covid-19

Chercheurs covid-19

Face à une crise sanitaire d'ampleur mondiale, la prise de décision publique se doit d'être éclairée par des experts scientifiques. C'est pourquoi le Président de la République a mis en place, le 24 mars dernier, le Comité analyse, recherche et expertise (CARE) Covid-19, composé de douze chercheurs et médecins, et présidé par Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de médecine. Cet organe indépendant, installé auprès d'Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, et de Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, remplit une fonction d'expertise scientifique rapide, à la demande du gouvernement, auquel il adresse des avis.

Actualité - 1ère publication : 17.04.2020 - Mise à jour : 20.05.2020

Éclairer les pouvoirs publics dans des délais très courts

Ils sont virologue, infectiologue-épidémiologiste, cancérologue, anthropologue, spécialiste des sciences des données-intelligence artificielle ou de la maladie de Lyme, expert auprès de l'ONU, spécialiste de la gestion des crises, ont découvert le virus du sida ou encore un traitement du lupus... Les 12 experts scientifiques, internationalement reconnus, qui composent le Comité analyse, recherche et expertise (CARE) Covid-19  disposent de compétences complémentaires. Une partie d'entre eux a été proposée par les directions des institutions de recherche concernées (Inserm, CNRS, CEA, Inrae, Inria, Institut Pasteur). Ce comité a été complété de personnalités qualifiées dont deux représentants du conseil scientifique Covid-19, pour assurer l'articulation entre les travaux des deux instances.

Présidé par Françoise Barré-Sinoussi, virologiste à l'Institut Pasteur/Inserm, Prix Nobel 2008 de médecine et découvreuse du virus du sida, le CARE reçoit des demandes du gouvernement et propose rapidement un avis. Il analyse la pertinence des nombreuses propositions scientifiques, technologiques et thérapeutiques innovantes remontant d'une grande diversité d'acteurs, scientifiques, laboratoires de recherche, entreprises, biotechs... En s'appuyant sur son expertise et sur sa vision des projets qui lui sont soumis, le CARE produit également des notes thématiques de synthèse adressées aux ministres chargé de la santé et chargée de la recherche.

Ses quatre sujets d'attention majeurs sont :

  • les tests diagnostic,
  • les essais de nouveaux traitements,
  • les pistes vers un futur vaccin,
  • l'apport du numérique et de l'intelligence artificielle.

Les missions principales du CARE

  • Donner un avis aux ministres chargé de la santé et chargée de la recherche sur des propositions (scientifiques, thérapeutiques, technologiques, etc.) de court terme qui peuvent permettre d'affronter la crise sanitaire ou la période de sortie de crise.
  • Réaliser une veille nationale et internationale et informer ou alerter les ministres sur tout sujet pertinent pour la lutte contre l'épidémie.
  • Proposer aux ministres des éclairages ou des recommandations concernant la mobilisation de nos capacités de recherche et d'innovation pour lutter contre l'épidémie.



LE CARE ET LE CONSEIL SCIENTIFIQUE COVID-19 : DEUX ORGANES COMPLEMENTAIRES

- Le Conseil scientifique et le CARE ont des mandats distincts et complémentaires. Les deux entités coordonnent leurs travaux. Certains membres font partie des deux comités comme l'infectiologue Yazdan Yazdanpanah ou l'anthropologue Laetitia Atlani-Duault..

- Le Conseil scientifique accompagne les réflexions des autorités sur les questions stratégiques liées à la gestion de l'épidémie. Il peut être saisi de questions précises relatives à la politique de santé publique dans le contexte de la crise : effet attendu des mesures de confinement, stratégie de dépistage, etc. Les conclusions du conseil sont publiques.

- Le CARE éclaire plus spécifiquement les pouvoirs publics sur les innovations scientifiques, thérapeutiques et technologiques proposées par la communauté scientifique pour lutter contre le Covid-19 (développement et déploiement de traitements de tests et d'essais, avec un accent particulier sur les expériences conduites à l'étranger).




Composition du Comité analyse, recherche et expertise (CARE)

  • Françoise Barré-Sinoussi, présidente du comité CARE, virologiste, prix Nobel de physiologie-médecine en 2008, Institut Pasteur et Inserm.
  • Laetitia Atlani-Duault, directrice de recherche à l'IRD, anthropologue, experte auprès des Nations Unies.
  • Christophe Junot, chef du département des médicaments et technologies pour la santé du CEA.
  • Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l'Inserm, infectiologue, ancienne directrice adjointe de l'Organisation mondiale de la santé.
  • Marc Lecuit, professeur à l'université de Paris, infectiologue à l'hôpital Necker-Enfants Malades, directeur de l'unité de biologie des infections à l'Institut Pasteur et l'Inserm, et directeur du Centre National de Référence et du Centre collaborateur de l'OMS Listeria.
  • Franck Molina, directeur de recherche au CNRS, spécialiste des technologies de diagnostic et des anticorps monoclonaux, directeur de l'unité mixte de recherche Sys2Diag à Montpellier (CNRS-Alcediag).
  • Sylviane Muller, directrice de recherche émérite au CNRS, immunologiste, directrice du labex Medalis à Strasbourg et titulaire de la chaire d'immunologie thérapeutique à l'Usias (Institut d'études avancées de l'université de Strasbourg).
  • Jean-Philippe Spano, PU-PH à Sorbonne Université, cancérologue, chef du département d'oncologie médicale à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière.
  • Bertrand Thirion, directeur de recherche à Inria, directeur de l'Institut Convergences DataIA.
  • Dominique Valeyre, professeur de pneumologie à l'université Sorbonne-Paris-Nord, ancien chef du service de pneumologie de l'hôpital Avicenne à Bobigny.
  • Muriel Vayssier, directrice de recherche à INRAE, infectiologue, directrice du département de santé animale.
  • Yazdan Yazdanpanah, professeur à l'université de Paris, infectiologue et épidémiologiste, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Bichat et directeur de l'institut I3M (immunologie, inflammation, infectiologie et microbiologie) de l'Inserm et d'Aviesan, directeur du consortium Reacting de réponse aux maladies infectieuses émergentes.
1ère publication : 17.04.2020 - Mise à jour : 20.05.2020

Faire remonter au CARE des idées, des actions, des innovations

Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, Recherche et de l'Innovation, invite les établissements d'enseignement supérieur et de recherche à transmettre au Comité analyse, recherche et expertise (CARE) Covid-19, des idées, des actions, des innovations dans tous les domaines, pouvant avoir un impact rapide sur la situation sanitaire et pouvant être menées, au moins dans leur première phase, avec les moyens dont ils disposent.


Les propositions doivent être soumises en ligne : https://fr.surveymonkey.com/r/CARE-Covid19



Le courrier de la ministre (3 avril 2020)

Le Comité analyse recherche et expertise (CARE) c'est :

  • Un comité d'experts composé de 12 chercheurs et médecins.
  • Un organe d'expertise scientifique rapide.
  • Des avis au gouvernement sur des propositions scientifiques, thérapeutiques et technologiques de court terme.
  • Des conseils sur le déploiement de stratégies scientifiques pertinentes en réponse à l'épidémie et sur les questions prioritaires à très court terme.
  • Des propositions de solutions pour résorber les points de blocages empêchant le déploiement de projets prioritaires.

La charte deontologique CARE

Les principes de probité, de confidentialité, d'indépendance et d'impartialité constituent le cadre déontologique dans lequel s'inscrivent toutes les actions conduites par tous les membres du CARE. La qualité des travaux menés au sein du comité ainsi que la relation de confiance avec les communautés scientifiques et la société dépendent du respect de ces principes.



La charte déontologique CARE

A SAVOIR

  • Le CARE n'a aucun pouvoir décisionnel, mais remplit une fonction d'expertise scientifique rapide, à la demande du gouvernement, auquel il adresse des avis.
  • Le CARE travaille en lien étroit avec le Conseil scientifique qui a pour mission de proposer un éclairage public et indépendant. Deux membres du Conseil scientifique sont également membres du CARE.

Interview

Questions à Muriel Vayssier-Taussat, membre du CARE, microbiologiste et chercheur au service de la santé humaine et animale. Investie dans la recherche sur les agents pathogènes transmis par les tiques, elle est  chef du département de la santé animale de l'Inrae.

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Déclarations publiques d’intérêt (DPI)

Compte tenu de la diversité des sujets qui peuvent lui être soumis dont un certain nombre recouvrent une dimension industrielle, le CARE est soumis à une procédure visant à prévenir les conflits d'intérêts dans le cadre de ses travaux, dans un processus similaire à celui mis en place pour les membres du Conseil scientifique.

Les déclarations publiques d'intérêt (DPI) de ses membres sont publiées sur le site dédié du ministère de la Santé.

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