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3 - Comment un établissement d'enseignement supérieur peut-il se mobiliser pour devenir tête de cordée ?

3 - Comment un établissement d'enseignement supérieur peut-il se mobiliser pour devenir tête de cordée ?

1ère publication : 5.04.2021 - Mise à jour : 3.05.2021
3.1 Un projet à définir au niveau de la gouvernance

Un établissement souhaitant s'engager comme tête d'une cordée de la réussite sur son territoire, ou au-delà, définira en interne comment il souhaite inscrire ce dispositif au sein de la politique d'établissement existante. 


Il indiquera les enjeux prioritaires à considérer lors de sa mise en œuvre : continuum pédagogique lycée-université, mission d'orientation, soutien à l'égalité des chances, soutien à l'insertion professionnelle, politiques d'inclusion (égalité Femmes-Hommes, handicap), rayonnement territorial, engagement étudiant, développement des compétences transversales, politique culturelle et stratégie CSTI (Culture Scientifique, Technique et Industrielle), etc.


Prendre le temps de discuter en amont avec toutes les parties prenantes de la façon dont on souhaite investir l'établissement dans ce dispositif peut faire gagner beaucoup de temps pour ensuite mobiliser les acteurs et les moyens nécessaires, éviter les malentendus et gagner en efficacité.


La rédaction d'un document de cadrage à l'échelle de l'établissement, rappelant les priorités du projet et indiquant le mode de pilotage choisi, et qui serait validé par les instances politiques, peut être un outil précieux pour servir de support et de base de travail aux agents qui prendront ensuite le relais au niveau opérationnel.


Lorsque la tête de cordée est un lycée doté de CPGE et/ou de STS, la mobilisation dans le dispositif s'inscrira pleinement dans le projet de l'établissement partagé avec la communauté éducative et ses partenaires.

Voir annexe : En savoir plus 3.1 « Les éléments de cadrage du projet »

3.2 Les divers acteurs internes à l’établissement d’enseignement supérieur potentiellement impliqués, la cartographie des acteurs

Voici une liste de différents acteurs qui, au sein d'un même établissement, peuvent être impliqués dans une cordée de la réussite, à différents niveaux (de la simple information autour du projet, jusqu'à une participation active), en fonction des priorités arrêtées par l'établissement.

Composantes/ équipes pédagogiques

 

Services communs / centraux / généraux

Équipe politique et chargé.e.s de mission

Un référent pédagogique / enseignant pour le suivi d'une cordée

 

Référents communication de l'établissement ou, pour les universités, de ses composantes

Service d'orientation et insertion professionnelle

 

Service Communication

 

Direction des études et de la vie étudiante

 

Service pédagogique

 

Service culturel et/ou bibliothèque universitaire

 

Service relations entreprises

 

Services support : financier, logistique, audiovisuel, informatique, juridique...

 

Vice-Président.e Formation ET/OU Orientation

 

Vice-Président.e Étudiants et élus étudiants

 

Mission égalité Femmes - Hommes

 

Mission handicap

 

Mission politique culturelle et CSTI

 

 

Lorsque la tête de cordée est un lycée doté de CPGE et/ou de STS, la gouvernance sera spécifique : l'équipe de direction et le référent cordée, ainsi que les personnes ressources identifiées dans l'établissement (enseignants, CPE, etc.) pourront bénéficier du soutien des équipes académiques du MENJS (DSDEN, inspections, rectorat) et de celles relevant d'autres ministères (DRAAF pour les établissements agricoles, DIRM pour les établissements maritimes).

3.3 Une équipe pour élaborer et conduire la démarche

Une fois définies les lignes politiques de la participation de l'établissement aux cordées, des moyens doivent être définis (ETP, éventuelles décharges horaires, budget) au sein de l'établissement, ou, pour ce qui concerne les universités au sein des composantes concernées, pour construire une équipe de travail. Le ministère en charge de l'enseignement supérieur attribue des moyens budgétaires permettant de rémunérer les personnels de la tête de cordées qui s'investissent dans le dispositif (cf. partie 5.1). 


L'identification d'un référent, interlocuteur du référent du collège ou du lycée partenaire participera à la qualité et à la continuité du dialogue établi dans le cadre de ce partenariat. Il assurera également la coordination entre les acteurs internes à la tête de cordées et leurs diverses actions (visites de l'établissement, ateliers disciplinaires, tutorat, rencontres entre les équipes pédagogiques...). 


L'organisation de l'accompagnement des étudiants tuteurs est également essentielle. Il s'agit de les former, de les soutenir, d'effectuer des évaluations et d'assurer la capitalisation et la continuité.

Certains d'entre eux seront amenés à tutorer des élèves mineurs : il est donc primordial de veiller à assurer une supervision de la relation tuteur/tutoré


Des partenaires extérieurs à l'établissement pourront être mobilisés (entreprises pour la découverte du monde professionnel, associations pour la formation des tuteurs...).

Les contours et méthodes de travail choisis peuvent différer selon la culture de travail et les habitudes qui ont cours dans l'établissement : réseau horizontal de référents relativement autonomes, ou mode de décision plus hiérarchique.

3.4 Un dispositif de pilotage

Le pilotage de chaque cordée se faisant en co-construction avec de nombreux partenaires externes, en premier lieu les établissements scolaires encordés, il ne semble pas forcément nécessaire de créer, en sus, une commission ou un comité de pilotage en interne, pour suivre l'ensemble des cordées dans lesquelles l'établissement s'est engagé. L'instance sera idéalement conjointe à la tête de cordée et à l'établissement encordé.

Cependant, la présentation d'un bilan annuel, précédé d'un bilan d'étape à mi-parcours, auprès des instances décisionnelles, constitue le bon moyen de vérifier que les actions menées et les moyens humains et financiers mis à disposition s'inscrivent bien dans le cadre fixé au départ par la gouvernance.

3.5 La mobilisation, l’implication et la valorisation des étudiants

Le recrutement des étudiants tuteurs


La mobilisation d'un réseau de tuteurs étudiants peut être réalisée à différentes échelles : les classes de CPGE et/ou STS pour ce qui concerne les lycées ; le service commun, la scolarité des composantes, les enseignants référents pour ce qui concerne les universités ; les structures propres à chacune pour ce qui concerne les grandes écoles.


L'implication d'étudiants tuteurs expérimentés sera utile, dans une logique de pair à pair.

Pour assurer la continuité une attention sera apportée au tuilage entre les tuteurs expérimentés qui mettent fin à leur contribution ou terminent leurs études et ceux qui débutent dans le dispositif.

Cette mobilisation peut s'inscrire dans les dispositifs existants pour stimuler l'engagement étudiant : élus étudiants et associations, UE Libres, réseau d'ambassadeurs en lycées, etc.

Il importera que les différents acteurs en charge de la formation et de l'accompagnement des tuteurs étudiants à ces différents niveaux s'organisent pour travailler de manière coordonnée et complémentaire.

La mise en place d'une plateforme numérique (via les médias sociaux par exemple) pour faciliter l'information et l'animation de cette communauté d'étudiants peut être un atout (on peut également investir une plateforme déjà existante).

L'établissement attachera une importance particulière dans la phase de recrutement des tuteurs et dans le respect de valeurs telles que l'honorabilité, la laïcité, l'intérêt général. Ces étudiants sont en effet appelés à intervenir auprès d'élèves mineurs, parfois très jeunes (4ème).

 

Les missions des tuteurs



L'étudiant tuteur est un élément clé du dispositif. Il est à la fois un bénéficiaire des cordées (montée en compétences et développement de sa conscience sociale) et un maillon essentiel de l'accompagnement des élèves grâce à la relation privilégiée de pair à pair établie.

L'étudiant tuteur aura pour mission, seul, en binôme ou en trinôme avec d'autres étudiants tuteurs, de témoigner de son parcours et de nouer une relation privilégiée avec l'élève afin de lever les obstacles psychologiques, sociaux, géographiques et/ou culturels qui peuvent freiner l'accès de ces jeunes aux formations de l'enseignement supérieur. Il contribue à les aider à construire progressivement un parcours choisi et ambitieux.

Le tuteur n'est ni enseignant, ni psychologue de l'Éducation nationale, ni un ami. Cette explicitation du rôle du tuteur est à partager avec toutes les parties prenantes de la cordée notamment les établissements scolaires encordés, les élèves et les familles.


Pour formaliser l'implication des étudiants tuteurs dans la mise en œuvre des cordées de la réussite, il est crucial de contractualiser leur engagement et expliciter leur missions (préparer et animer les séances de tutorat; organiser et/ou participer à des sorties culturelles ou autres temps favorisant l'ouverture sociale et culturelle, développer la culture numérique et l'éducation aux médias, rendre compte de la progression individuelle des tutorés et des activités mises en place, participer aux temps de formation et coordination des tuteurs, assurer la passation avec les tuteurs précédents et/ou suivants, etc.).
 

Mener à bien leur mission de tutorat nécessite une implication personnelle et une appropriation des valeurs du dispositif (laïcité, honorabilité, réciprocité, exigence bienveillante, confiance, ouverture, engagement) qui conduit à établir un processus de recrutement clair et requiert une formation et un encadrement de la part de la tête de cordée.

La formation et l'encadrement des étudiants tuteurs



L'établissement assurera la formation et le suivi des étudiants tuteurs afin de les soutenir dans leurs actions et de s'assurer de la conformité et de l'efficacité de leurs interventions.

 

Les services académiques peuvent être sollicités, notamment pour assurer une information précise sur le fonctionnement des établissements scolaires et sur les valeurs portées par l'éducation nationale. Le référent académique peut également mettre en relation la tête de cordée avec des établissements ayant développé des modules de formation.

 

Des intervenants extérieurs au monde éducatif pourront utilement être mobilisés, notamment parmi les associations investies dans le secteur de l'éducation.

 

La valorisation de l'expérience de tutorat dans le cursus académique



La valorisation de l'expérience de tutorat consiste à reconnaître et donner de la valeur aux actions, aux compétences et aux connaissances qui découlent de cet engagement.

 

Cette valorisation peut prendre la forme de facilités d'aménagement de l'emploi du temps pour permettre à l'étudiant de mieux concilier ses études et son engagement en tant que tuteur et de validation d'acquis. Il existe divers dispositifs de validation de l'expérience de tutorat. Ainsi, à titre d'illustration :

  • La validation entière ou partielle d'unité d'enseignement attribuant des crédits ECTS et pouvant dispenser l'étudiant, totalement ou partiellement, de certains des enseignements ou stages relevant de son cursus.
  • L'équivalence d'un mois ou plus d'expérience professionnelle selon le volume horaire engagé et dès lors que les étudiants ont respecté l'ensemble de leurs engagements.
  • L'octroi de bonus sur la moyenne générale.
  • La délivrance d'une attestation d'engagement ou certification de compétences.
  • L'inscription de l'expérience au supplément au diplôme spécifiant la mission ainsi que les compétences acquises.

Concernant les étudiants en BTS, l'épreuve facultative « Engagement étudiant » permet cette valorisation.

 

La valorisation apporte un cadre au tutorat et peut être un levier pour encourager l'engagement. 

 

Voir annexe : En savoir plus 3.5 « La valorisation de l'engagement étudiant »

3.6 Les contributions internes : pédagogiques, animation, gestion...

L'animation et la gestion d'une cordée de la réussite nécessite de mobiliser une pluralité de compétences. Elle peut constituer une opportunité pour fédérer des ressources internes sur un projet à forte visibilité potentielle interne et externe et qui s'inscrit dans la durée.

Lorsque la tête de cordée est un lycée doté de CPGE et/ou de STS, la gouvernance sera spécifique : elle impliquera l'équipe de direction, le référent cordée, les équipes pédagogiques, en particulier les enseignants et le psychologue de l'Éducation nationale en charge de l'orientation, les gestionnaires, les équipes académiques (DSDEN, inspections, rectorat) et celles relevant d'autres ministères (DRAAF, DIRM).

 

Les contributions utiles pour un projet de cordées

Les acteurs possibles au sein d'une université (la carte des acteurs est spécifique pour les lycées et grandes écoles têtes de cordées)

Impulsion politique et suivi

VP formation / vie étudiante / orientation, Conseil vie étudiante, missions EFH/handicap/culture, Conseil des directeurs de composantes

Pilotage, coordination, évaluation

Chargé de projet rattaché à la mission ou au service pilote des cordées, référent politique de la ville

Co-construction et communication avec les autres établissements membres de la cordée

Chargée de projet, enseignants référents

Soutien administratif, financier, juridique, logistique, informatique...

Services généraux concernés

Expertise et animation pédagogique

Enseignants référents, service d'ingénierie pédagogique

Animation des actions liées au continuum lycées - université

Service d'orientation et d'insertion professionnelle

Animation du réseau des tuteurs

Enseignants référents, Service commun d'orientation et/ou Vie étudiante

Communication et animation des partenariats

Service communication, service relations entreprises

Action culturelle et CSTI

Service culturel, bibliothèque universitaire, Service Recherche et valorisation, Unités de recherche, enseignants-chercheurs

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