Accueil >  [ARCHIVES des communiqués et des discours, avant mai 2017 >  [ARCHIVES] Discours

[ARCHIVES] Discours

Question au gouvernement

[archive]
Assemblée nationale© Assemblée nationale

Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a participé le 3 octobre à la séance de questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale.
Elle a répondu à une question posée par le député d'Ille-et-Vilaine, Monsieur René Couanau.

Discours - 1ère publication : 3.10.2007 - Mise à jour : 20.11.0007
Valérie Pécresse

René COUANAU, député UMP d'Ille et Vilaine

Madame la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
Madame la ministre,

En juillet, nous avons à votre initiative mis en place ce que je vous avez appelé le socle de la réforme de nos universités, c'est-à-dire leur autonomie. Des universités maîtrisant davantage leur gestion et leurs orientations, plus ouvertes sur l'extérieur, dotées des moyens d'assurer leur propre développement.

Le pas franchi était attendu depuis longtemps et il est déterminant. Il dépendra maintenant des responsables universitaires eux-mêmes et de l'accompagnement financier annoncé par l'Etat, que le pas soit aussi rapidement franchi dans les faits. Mais à l'approche de cette rentrée universitaire, nous savons tous ici que sur un million cinq cent mille étudiants, un tiers seulement sont engagés dans des études longues qu'ils ont expressément choisies et en toute connaissance de cause. Les autres, les deux tiers, se sont orientés pour ainsi dire par défaut. Nous savons aussi malheureusement, les uns et les autres que si rien ne change rapidement, près de cent mille d'entre eux quitteront l'université sans diplôme à la fin de l'année universitaire.

C'est un immense gâchis Madame la ministre. C'est aussi à mes yeux, si vous me permettez de vous le dire, une considérable injustice. Madame la ministre, personne ici je l'espère naturellement, ne considère qu'il y a trop d'étudiants en France. Mais la plupart d'entre nous pensent qu'il n'y en a pas assez qui réussissent.

Pouvez-vous nous indiquer les étapes que vous avez fixées maintenant à votre action pour éviter aux étudiants de s'engager dans des impasses et leur donner davantage de chance de succès et d'entrer dans la vie active.

Merci Madame la ministre.


*****


Valérie PECRESSE

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Monsieur le Député René COUANAU,

Votre diagnostic est tout à fait exact Monsieur le Député. Il y a encore beaucoup trop de jeunes qui échouent à l'université. Mais je veux que vous sachiez que la priorité de ce gouvernement c'est la réussite de ces étudiants. Et c'est pour ça que nous avons fait adopter en urgence et dès l'été, une loi sur l'autonomie des universités.

Cette loi, ça fait quinze ans que l'ensemble de la communauté universitaire l'attendait et cette loi nous l'avons fait adopter. Elle permettra à toutes les universités de recruter les meilleurs professeurs français et étrangers et de les recruter vite. Elle leur permettra d'adapter leurs formations aux besoins des étudiants. Elle leur permettra de nouer avec l'univers professionnel, des nouveaux partenariats. C'est le socle d'une réforme beaucoup plus vaste de l'enseignement supérieur. Mais pour la réussite des étudiants il faut aussi des moyens financiers. Ces moyens, ils existent.

Mesdames et Messieurs les Députés, c'est un milliard huit cent millions d'euros supplémentaires qui vont être donnés cette année au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Un effort inédit, de 8% d'augmentation, d'un gouvernement qui a compris que la connaissance était le seul moteur d'une croissance durable. Que la connaissance était le seul moteur de l'ascenseur social pour les jeunes générations. Alors moi je ne vous donne qu'un seul chiffre : c'est quatre cent cinq euros supplémentaires de crédit d'Etat par an et par étudiant.
Et ces quatre cent cinq euros supplémentaires, à quoi on va les utiliser ? Eh bien d'abord, à avoir des universités plus accueillantes, dignes du XXIème siècle, avec des vrais bâtiments immobiliers.
Ensuite, à mettre en place du tutorat pour accompagner les étudiants qui décrochent. A réformer aussi complètement notre système d'aides sociales, parce que, quand on ne peut pas prévoir le montant des aides sociales que lon va toucher, eh bien on autolimite ses ambitions et on n'ose pas l'université et ce n'est pas notre conception de l'égalité des chances.

Et enfin, nous allons utiliser ces nouveaux moyens pour mettre sur pied un grand chantier qui sera le chantier de 2008, qui est le chantier de la réussite en licence ; réussite en licence cela veut dire quoi ? Cela veut dire une orientation active; dès la Première, dès la Terminale, aller chercher les lycéens et les conduire vers les filières de réussite, les accompagner dans la première année d'université, mettre davantage d'enseignement dans cette licence et enfin préparer l'insertion professionnelle qui devient désormais la troisième mission de l'université.

Il était temps.

1ère publication : 3.10.2007 - Mise à jour : 20.11.0007

contact

Contact Presse

Retour haut de page