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Mise en place de la mission sur le sport à l'université

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Valérie Pécresse, Stéphane Diagana et Bernard Laporte

Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé, de la jeunesse et des sports et Bernard Laporte, secrétaire d'Etat chargé des sports, ont confié à Stéphane Diagana, président de la Ligue professionnelle d'athlétisme, et au Professeur Gérard Auneau, une mission sur le développement du sport universitaire lors de leur déplacement à Paris-11. L'ambition est double : proposer plus de sport aux étudiants et le valider dans le cursus, et encourager la pratique sportive dans un souci de santé publique.
Les conclusions du rapport sont attendues à la fin du mois de mai.

Discours - 1ère publication : 22.01.2008 - Mise à jour : 27.01.0008
Valérie Pécresse

Intervention  de Valérie Pécresse
Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche

Lancement de la mission "Sport à l'université"
Université Paris Sud - Orsay

Valérie Pécresse, Stéphane Diagana et Bernard Laporte
 

Mesdames et Messieurs

Vous le savez surement, nous avons amorcé une profonde réforme de notre système universitaire.

Ma volonté, mon ambition, c'est qu'on ne parle plus de l'université comme d'un second choix, que l'université ne soit plus pour les étudiants un choix par défaut, pour les employeurs une formation qui n'inspire pas confiance. Je veux que l'université française retrouve sa place parmi les meilleures formations du monde, parce que nos enseignants en sont dignes et que nos étudiants le méritent.

Pour cela, j'ai engagé plusieurs grands chantiers, dont certains montrent déjà leurs effets :

- Je veux améliorer les conditions de vie et d'étude de chacun. C'est donc d'abord la réforme du système des bourses afin de donner plus d'argent, plus d'aides, à ceux qui en ont le plus besoin : 100 000 d'entre eux voient déjà leur bourse augmenter de 7% en ce début d'année. Afin aussi de mieux aider les étudiants venus des classes moyennes : 50 000 étudiants supplémentaires entreront dans le système en septembre 2008, c'est-à-dire 10% de plus. Il s'agit de ceux qui étaient jusque là trop pauvres pour être riches et trop riches pour être pauvres, ces fameuses classes moyennes trop souvent oubliées.
- C'est ensuite la réforme de la licence : dès septembre 2008, 5 heures de cours supplémentaires par étudiant et par année de licence. A quoi ces heures devront-elles être utilisées ? Les universités vont devoir, en fonction de leur offre de formation, proposer à chaque étudiant des parcours de spécialisation progressive et non massive dès la première année comme aujourd'hui, avec une offre très généraliste en première année. Elles vont devoir définir des champs de métier ou de poursuite d'études vers lesquels portent ces formations. Elles devront mettre en place un suivi individualisé de chaque étudiant ainsi que des passerelles entre les formations pour mettre fin aux tunnels dans lesquels les étudiants s'engouffrent en début de première année et ne peuvent plus sortir.
- C'est enfin le plan campus que nous lançons à la demande du Président de la République. Grâce à la vente des actions EDF nous allons pouvoir investir massivement dans les campus qui en ont le plus besoin, pour en faire des campus dignes de ce nom, attractifs, dotés d'un rayonnement international aussi bien vis-à-vis des étudiants que vis-à-vis des enseignants et des chercheurs. Au-delà des conditions d'étude, je parle de créer de véritables lieux de vie étudiante : pas des lieux de passage, mais des lieux de vie, dans tous ses aspects : vie culturelle, associative, sportive, loisirs etc.

Et le sport dans tout ça ? eh bien dans le cadre de ces réformes que nous menons, j'ai souhaité que le sport tienne une place centrale :
- Par exemple, sur la réforme de la licence : la plupart des étudiants ne se voient même pas offrir la possibilité de pratiquer le sport dans leur cursus. Quand on sait parallèlement que les étudiants souffrent de stress à l'approche des examens, et que certains préfèrent recourir aux médicaments pour lutter contre cela, cela semble aberrant. Quant aux étudiants qui d'ores et déjà ont la possibilité de faire du sport en licence, ils doivent souvent choisir souvent entre sport, anglais ou informatique, alors que les trois font partie du socle commun nécessaire à l'épanouissement et la réussite de tous. C'est un des objets de la mission que nous vous confions, Messieurs Auneau et Diagana : quelle place pour le sport dans les cursus, quelle place digne de ce nom ? comment faire pour que le sport ne se pratique en sacrifiant d'autres disciplines essentielles ? comment redonner au sport ses lettres de noblesse ?

- Mais qui dit pratique du sport dit équipements sportifs et c'est là un aspect important du plan campus que nous lançons : les équipements vieillis devront être reconstruits ou modernisés, c'est aussi par là que passe l'attractivité de nos campus. Dans le cadre de votre mission, vous devrez donc également nous proposer un état des lieux de ces équipements : il faudra bien sûr aborder la question de leur utilisation optimale, de la répartition entre les différentes pratiques, des échanges avec les collectivités locales, et de la rénovation ou des constructions qui apparaissent nécessaires pour accompagner notre ambition de faire progresser de manière sensible la pratique sportive à l'université.

Vous le voyez, votre mission s'inscrit au cœur de notre travail et non en marge de celui-ci, car c'est bien là la place que nous souhaitons donner au sport à l'université : une place centrale et pas marginale.
Roselyne a très bien évoqué l'enjeu majeur de santé publique lié au développement de la pratique sportive en général. Je partage entièrement son analyse. Il s'agit pour moi, par cette mission, d'assurer la reconnaissance et le développement du sport dans le cadre des cursus de formation dispensés, dans le cadre de l'attractivité de nos universités également, mais aussi dans une logique de santé publique : le sport est une hygiène de vie, une réponse à certains maux dont souffrent nos étudiants, le mal-être pas si rare de ceux qui parlent de solitude, de stress ou d'addictions.
Avec Bernard, nous voulons également faire en sorte que les universités sachent mieux accueillir les sportifs de haut niveau comme c'est le cas à l'étranger. La compétition sportive c'est une école de vie. Elle a toute sa place à l'université. Il y a de nombreux mécanismes à développer : nous comptons sur notre « collectif » de choc, qui entoure Stéphane Diagana pour nous faire des propositions concrètes en ce domaine. Je salue donc aujourd'hui tout particulièrement la présence de Grévise Emane, championne du mon de judo 2007, d'Anne-Lyse Touya, championne du monde d'escrime 2007 et de Vincent Clerc, membre de l'équipe de France de Rugby et joueur de l'équipe de Toulouse.

Je vous remercie tous de votre présence, de cette série d'animation aussi, qui montre bien que le sport est un engagement certes, une discipline, une émulation, mais aussi une détente, un divertissement, un loisir qui permet des contacts humains d'une grande richesse. Ce que vous nous avez montré aujourd'hui, je souhaiterais le voir dans tous les campus de France l'année prochaine.

Monsieur Auneau, Monsieur Diagana, je vous remets votre lettre de mission et attends avec impatience vos conclusions.


Merci.

1ère publication : 22.01.2008 - Mise à jour : 27.01.0008
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