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Discours de Valérie Pécresse - Fondation de Clermont-Ferrand

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Fondation université d'Auvergne

La «Fondation Université d'Auvergne» a été inaugurée par Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, à l'occasion de son déplacement à l'université de Clermont I. La ministre a salué la naissance de la première fondation universitaire. Les fondations vont permettre de rapprocher les universités et les entreprises, pour construire un partenariat dans l'intérêt de tous, et plus particulièrement des étudiants.

Discours - 1ère publication : 20.06.2008 - Mise à jour : 22.05.0011
Valérie Pécresse

Nous nous retrouvons ici ce matin afin de célébrer la création  de la première fondation universitaire, par l'Université d'Auvergne, grâce à un dispositif particulièrement innovant de la loi sur l'autonomie des Universités d'août 2007.

Vous comprendrez alors combien je me réjouis de me trouver parmi vous ce matin, à Clermont-Ferrand, pour féliciter l'Université de son initiative.

Vous le savez, depuis un an, le Président de la République a confié aux membres de son gouvernement une feuille de route dense, dont l'objectif est la modernisation de notre pays. Nous pouvons le dire ce matin, Brice, Laurent ou moi : la tâche est rude mais réellement passionnante. Et, par exemple, pour ce qui concerne l'Enseignement supérieur et la Recherche, c'est un engagement financier historique : + de 50% pour l'enseignement supérieur et + de 40 % pour la recherche, en 5 ans. Plusieurs chantiers ont été engagés qui permettront de redonner demain à la France sa capacité d'innovation et de compétitivité au niveau international.

Ne l'oublions pas, l'accès à l'Université pour tous, lieu d'excellence pédagogique, est une fierté pour notre pays qu'il est un devoir de préserver. Pour autant, il ne faut pas non plus minimiser les difficultés et les pesanteurs qui ont freiné leur rayonnement.

Etait-il acceptable que l'Etat dépense 10 000€ par an pour un lycéen et seulement 7 000€ pour un étudiant ?
Etait-il acceptable que la France ne sache plus attirer les meilleurs étudiants du monde, à un moment où sa démographie pose durablement la question du renouvellement de ses cadres, de ses techniciens et de ses ingénieurs?
Etait-il acceptable que de trop nombreux jeunes soient contraints de renoncer à suivre une formation supérieure en raison de leur précarité financière ?

Voilà bien les questions qui se posaient à nous il y a un an : défi démographique, adaptation des formations au marché du travail, évolution des conditions de vie et d'études dans les universités.

Aujourd'hui, nous pouvons le dire, un grand chemin a été parcouru, plusieurs réformes ont été lancées et commencent à porter leurs fruits et je souhaite revenir quelques instants sur les principaux objectifs de cette loi.

La loi permet l'accès à l'autonomie pour les universités, en matière de gestion des moyens, de recrutement des personnels et à terme de gestion du patrimoine immobilier. Dès le 1er janvier 2009 une vingtaine d'universités accèdera à l'autonomie. Et d'ici 2012, l'autonomie sera une réalité pour toutes.
La loi a profondément modifié la gouvernance des universités, en faisant du conseil d'administration un véritable centre de décision stratégique.
La loi, enfin, a ouvert l'université sur le monde économique, grâce à une présence renforcée des chefs d'entreprises dans les conseils d'administration.

En accompagnement de cette réforme sur l'autonomie, d'autres chantiers ont été lancés :

  • l'amélioration des conditions sociales des étudiants, tout d'abord, grâce à une forte augmentation des bourses dès septembre 2007. Amélioration qui va encore s'étendre à la prochaine rentrée.
  • l'amélioration des conditions de travail dans les universités, ensuite. Ici, à Clermont-Ferrand, je sais que l'immobilier à besoin de rénovation et vous pourrez compter sur moi.
  • la revalorisation des formations courtes, également : pour la première fois au ministère de l'enseignement supérieur, de véritables statistiques ont été établies à propos du choix formulé par les bacheliers. Ces jeunes sont souvent très raisonnables, très pragmatiques et voudraient intégrer des IUT par exemple. Or, n'y entrent trop souvent que des Bacs généraux, 40% de S!, Ce ne sont pourtant pas à ces bacheliers-là que s'adressent les IUT !!
    Il faut donc créer davantage de places dans les formations courtes, IUT ou BTS, et davantage y accueillir les bacs pros ou les bacs technologiques.
  • la revalorisation de la licence, avec le Plan Licence, renforcera la formation générale en première année, évitera une spécialisation trop précoce et prendra en compte également les besoins des entreprises dans chaque bassin d'emploi. Mon ambition est de faire de la licence un diplôme à part entière, donnant à ses titulaires les compétences nécessaires pour entrer dans le monde du travail.
  • il faut encourager le tutorat et l'apprentissage dès la première année. Et là, je m'adresse particulièrement aux acteurs économiques présents, car sans eux rien ne sera possible.
  • enfin, la modernisation de l'université se fera grâce à l'ensemble de la communauté universitaire, enseignants-chercheurs et personnel. Je souhaite tirer toutes les conséquences de la mission Schwartz sur l'attractivité et les métiers de l'université.

 

Peu à peu et grâce à l'implication des chefs d'entreprises au sein de la nouvelle gouvernance de l'université, dans les conseils d'administration, il sera plus facile de réfléchir ensemble pour adapter les filières de formation aux métiers du futur. Car l'université a désormais une troisième mission, essentielle à mes yeux, après celle de la formation et de la recherche, c'est celle de l'insertion professionnelle.

Or, une bonne insertion professionnelle passe par les relations que vont nouer les universités avec les entreprises. Cette relation, désormais nécessaire, devient un enjeu majeur, qui dépasse les relations habituelles des contrats de recherche, négociés au niveau des seuls laboratoires.
Pendant des décennies, l'université n'a pas souhaité nouer des liens avec le monde économique, souvent pour des raisons idéologiques fondées sur le mythe de l'indépendance intellectuelle et de la créativité.
Quant aux entreprises, elles restaient méfiantes envers un monde qu'elles ne comprenaient pas toujours.

Les fondations universitaires complètent donc les nombreux dispositifs qui, déjà, favorisaient le lien entre universités et entreprises (le Crédit Impôt-recherche, les contrats CIFRE, les « doctorants-conseils », le mécénat de doctorat...)

La fondation de l'université d'Auvergne est un exemple réussi de ce nouveau dispositif, que j'ai à cœur de féliciter et d'encourager.

La fondation universitaire est une formule innovante en France mais bien connue et ancrée dans les universités anglo-saxonnes. A Oxford, ou à Harvard, anciens élèves, professeurs, entreprises, chacun se retrouve dans la fondation avec la même ambition : servir les objectifs de l'Université, en matière de recherche, de valorisation, de formation, de mobilité internationale, ou encore d'accompagnement au mérite.

Longtemps, dans une vie antérieure au Conseil d'Etat, j'ai été chargée de délivrer les reconnaissances d'utilité publique aux Fondations. Or, nous le savons tous, il faut environ 3 ans et un véritable parcours du combattant pour arriver à en créer une, qui ne sera d'ailleurs ensuite pratiquement plus contrôlée pendant 20 ans !!!

Pour l'université, j'ai donc pensé... qu'il fallait faire l'inverse !
Une simple délibération du conseil d'administration suffit donc à conférer l'utilité publique à la fondation universitaire; en revanche un conseil de gestion et un commissaire aux comptes doivent veiller à la bonne utilisation des fonds et en rendre compte chaque année.

Bravo donc, à vous tous les donateurs, qui illustrez si parfaitement l'esprit de la loi telle que nous l'avons voulue. Ainsi, en quelques mois, l'Université de Clermont 1 a réussi à lever 2 M€ auprès de partenaires économiques, industriels et même auprès de généreux particuliers. Pas seulement MICHELIN, dont l'histoire familiale est bien sûr profondément enracinée dans l'histoire de la ville, mais de nombreux autres partenaires : le Crédit Agricole Centre France, le Groupe la Montagne/fondation Alexandre Varenne, les laboratoires THEA, MSD Chibret, Pradeyrol Recherche Développement, le Conseil général du Puy-de-Dôme, l'association AUREP, le cabinet Jacques Barthélémy, le cabinet d'avocats Fidal,  la Banque Populaire du Massif Central, Eurofins Environnement, Mac Kesson France, les laboratoires Cyclopharma,  Almerys, la société TellHow, la Région Auvergne, et également trois particuliers, M.Dennery, M.Giorsetti, et M.& Madame Bessadet.

Le tissu économique local est, on le voit, fortement impliqué et je vous remercie tous sincèrement d'avoir accepté d'accompagner l'initiative du Président Dulbecco et son équipe.

D'aucuns ont cru que seules les « grosses » universités...ou les « Parisiennes »...ou les « scientifiques »....seraient capables de lever des fonds. Et bien, non ! C'est ici, loin de Paris, que naît la première fondation ! Ce n'est donc pas tout à fait un hasard si nous nous sommes déplacés nombreux pour en saluer la naissance.

Cet argent des fondations je le rappelle, n'est pas et ne sera pas synonyme du désengagement de l'Etat, bien au contraire.

Les barrières sont en train de tomber entre le monde académique et le monde économique, avec un seul objectif : excellence et solidarité.

Car nous avons tous, élus locaux ou nationaux, enseignants, responsables syndicaux, chefs d'entreprise, un devoir moral à cet égard. Permettre à chacun l'accès à l'enseignement supérieur c'est bien, mais pas suffisant. Permettre que cet enseignement supérieur donne un métier à chacun, voilà notre mission.

 

Je formule donc des vœux pour que la fondation de l'université d'Auvergne, qui commence sa vie aujourd'hui, s'inscrive durablement dans la vie de cette université, de ses enseignants, et de ses étudiants !

 

Merci de m'avoir permis de réaffirmer ce matin, mon engagement à vos côtés dans ce défi qu'est l'avenir de l'Université française.

1ère publication : 20.06.2008 - Mise à jour : 22.05.0011
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