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Lancement de la seconde phase du chantier 'vie étudiante'

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Dossier prese: Chantier vie étudiante phase 2

Valérie Pécresse, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et Martin Hirsch, Haut Commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et à la Jeunesse, ont lancé jeudi 11 février la seconde phase du chantier "vie étudiante". Ils ont rappelé l'ensemble des mesures prises dans le cadre de la première phase du chantier, lancée en juillet 2007, notamment s'agissant des bourses étudiantes, du logement, de la santé, des activités sportives, mais aussi de l'accessibilité de l'Université aux étudiants handicapés. Ils ont souligné leur volonté de poursuivre l'effort entrepris, et d'ouvrir rapidement de nouveaux champs de réflexion avec les étudiants et la communauté universitaire.

Discours - 1ère publication : 12.02.2009 - Mise à jour : 12.02.0009
Valérie Pécresse

Monsieur le Haut-Commissaire, Cher Martin,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’organisations étudiantes,
Madame la Présidente (S. Bonnafous),

Si nous vous avons tenu, Martin et moi, à vous rassembler aujourd’hui, c’est avant tout pour vous redire notre conviction : agir pour la jeunesse, c’est agir en réalité pour le bien de tous.

C’est d’autant plus vrai dans la période de crise que nous traversons. Les jeunes ne sont pas épargnés par la crise économique et financière naturellement, et nous devons y remédier. Mais ils ne sont pas non plus épargnés par la crise de confiance. Et la confiance de la jeunesse en son avenir, la confiance des étudiants en leur capacité à intégrer le marché de l’emploi, est un élément capital de réponse à la crise.

La réussite des étudiants, leur entrée dans la vie active, leur confiance en l’avenir sont étroitement liés à leurs conditions de vie et d’étude. Leur épanouissement est au cœur de mes préoccupations. J’ai déjà eu l’occasion de vous le dire.
En juillet 2007, nous avons ouvert un chantier « vie étudiante ». Nous avons mené un long travail de concertation et abouti à une série de mesures qui visaient à améliorer les conditions de vie des étudiants.

C’est la réforme des bourses d’abord, qui a permis, en injectant plus de 100 millions d’euros dans le système, de le rendre plus juste et plus lisible. D’aider mieux ceux qui en ont le plus besoin. Je pense par exemple aux 100 000 étudiants les plus défavorisés dont les bourses ont été revalorisés de 10% en deux ans, ou aux 55 000 étudiants boursiers supplémentaires entrés dans le système pour permettre aux ménages gagnant moins de 32 000 euros par an (contre 25 000 auparavant) de bénéficier enfin d’une aide de l’Etat. Cet élargissement en direction des classes moyennes est un geste symbolique fort de la réforme. Nous avons également doublé le nombre de bourses de mobilité et créé les bourses au mérite, pour tous les bacheliers mention TB, mais aussi pour les meilleurs étudiants de licence, afin de reconnaître la progression de chacun au sein d’un parcours universitaire.

C’est aussi le logement étudiant pour lequel nous avons fait et continuons de faire un effort inédit : en terme de moyens financiers bien sûr, c’est indispensable, et l’année 2009 voit les crédits consacrés au logement étudiant augmenter de 70% par rapport à ceux de 2008, en incluant les 47 millions d’euros du plan de relance. Mais aussi en mobilisant les collectivités locales et signant des accords avec elle (3000 logements de plus dans les Yvelines, 3000 logements de plus dans les Hauts-de-Seine). En mobilisant le foncier disponible par le biais d’un accord avec Hervé Morin sur les logements militaires libérés par la restructuration de la défense. En développant la colocation (dispositions qui figurent dans la loi Boutin), le logement intergénérationnel, en expérimentant le logement modulaire... Bref en y consacrant une grande partie de notre énergie et en faisant feu de tous bois ! Car je ne sais que trop que le logement est une des conditions majeures de l’accès à l’autonomie.

Mais nous avons aussi fait des avancées importantes en matière de santé, notamment avec la signature d’une convention avec l’ANAEM pour améliorer la prise en charge des étudiants étrangers. En matière de handicap, nous avons tenu notre objectif et cette année, 1000 étudiants handicapés supplémentaires ont pu entrer dans l’enseignement supérieur. 

Enfin, le plan de relance nous a permis de donner un signal politique fort sur un sujet qui me tient à cœur : le développement du sport à l’université. Ainsi, dans le cadre de la ligne fixée par le rapport Auneau / Diagana, j’ai tenu à mobiliser une partie des crédits du plan de relance pour développer les équipements sportifs. Cette année ce sont ainsi plus de 14 équipements sportifs supplémentaires qui seront construits ou réhabilités sur les universités françaises, contre 7 avant le plan de relance. Nous devons poursuivre notre travail pour développer le sport à l’université. J’attends vos propositions là-dessus.

Nous avons résumé toutes avancées dans le document qui vous a été remis. Il doit servir de base à nos discussions car avant d’aller plus loin nous devons faire un bilan des réformes, s’accorder sur les points de réussite et étudier ensemble les améliorations à y apporter.

Mais ce n’est pas tout. Nous sommes aussi décidés à poursuivre l’effort entrepris et à ouvrir de nouveaux champs de réflexion. Je pense par exemple à la question du numérique et de l’accès de tous les étudiants au WiFi, je pense à la culture à l’université et de l’université. Je pense au développement des associations d’anciens élèves, à la mobilité nationale et internationale.

Notre agenda n’est pas arrêté car nous voulons vous entendre. Quels sont les sujets qui vous préoccupent ? quels sont ceux sur lesquels vous voulez avancer ? quels sont ceux sur lesquels il faut aller encore plus loin ?

A vous de me dire, nous allons utiliser cette séance pour arrêter ensemble les sujets sur lesquels nous allons travailler pendant ces prochaines semaines. Je souhaite que nous ayons des rendez-vous réguliers ; nous vous ferons des propositions concrètes fondées sur vos réflexions.

 Mais avant de passer la parole à Martin Hirsch je voudrais aussi vous dire quelques mots sur les circonstances un peu particulières dans lesquelles se déroule cette journée. Dans de nombreuses villes, les étudiants se sont mobilisés depuis quelques jours. Dans les nombreuses informations qui me remontent, j’entends surtout, plus que des revendications précises, une vraie volonté d’être écoutée, associé. L’envie d’être mieux compris et rassurés. Les étudiants expriment des inquiétudes et demandent des réponses concrètes à des problèmes légitimes. Je veux que ce dialogue que nous entretenons depuis deux ans déjà et qui va s’intensifier dans les semaines à venir, soit aussi l’occasion de leur apporter des réponses concrètes. Sachez que je n’oublierai pas leurs questions tout au long de nos échanges. Car à travers vous, je veux que nous puissions répondre à chacun d’entre eux.

Après ces quelques mots d’introduction et de cadrage, je voudrais bien sûr saluer la présence aujourd’hui de Martin Hirsch qui va s’exprimer dans quelques instants. Martin et son cabinet participeront à nos groupes de travail sur la vie étudiante. Vous le savez, le Président de la République a confié à Martin Hirsch une mission importante : celle de proposer pour notre pays une politique de la jeunesse rénovée et innovante, qui répondent à leurs attentes et apaisent leurs craintes. La politique de la vie étudiante s’inscrit dans ce cadre : elle peut donner l’exemple pour des mesures plus larges ou encore s’inspirer et décliner à l’université des mesures nationales. Martin Hirsch doit assurer la cohérence de nos décisions et de nos mesures avec son plan beaucoup plus vaste en direction de l’ensemble de la jeunesse française. C’est le sens de sa présence aujourd’hui. Je voudrais profiter de l’occasion pour saluer sa nomination parce que nous nous sommes sentis depuis 18 mois parfois un peu enfermés dans les frontières du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Les étudiants ont des préoccupations qui vont bien au-delà des compétences propres de ce ministère et elles sont légitimes mais il ne m’est pas toujours possible d’y répondre. La présence de Martin Hirsch, sa dimension interministérielle est ainsi une excellente chose.

Je vous remercie de votre attention et lui laisse la parole, avant de vous entendre à votre tour.

1ère publication : 12.02.2009 - Mise à jour : 12.02.0009

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